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Télétravail et freelance depuis le Maroc : auto-entrepreneur, impôts et paiements de l'étranger

Sources : Code général des impôts 2026 (tax.gov.ma, art. 23, 42 bis, 42 ter, 73, 77, 82), Instruction générale des opérations de change 2026 (oc.gov.ma) et pages CNSS sur l'assurance volontaire et l'AMO des non-salariés, consultés le 2 octobre 2026. Page informative, qui ne remplace pas la DGI ou un comptable.

Mis à jour le

Pour travailler à distance depuis le Maroc : en freelance, le statut d'auto-entrepreneur (1 % du chiffre d'affaires pour les services, plafond 200 000 DH par an, retenue de 30 % au-delà de 80 000 DH chez un même client marocain). Salarié d'une société étrangère, vous êtes imposable sur vos revenus mondiaux si vous êtes résident fiscal (plus de 183 jours) et déclarez avant le 1er mars. Les recettes d'exportation de services doivent être rapatriées sous 90 jours.

Cas 1 : freelance auto-entrepreneur

Le statut d'auto-entrepreneur (loi 114-13) est optionnel, à condition que le chiffre d'affaires encaissé ne dépasse pas 200 000 DH pour les services et 500 000 DH pour les activités commerciales, industrielles et artisanales (art. 42 ter du CGI 2026). La liste des activités autorisées comprend le conseil, l'hébergement et le développement informatique, la rédaction de presse, le conseil en communication et en gestion ; sont exclues des professions comme avocat, comptable, médecin, architecte. Impôt : 1 % du chiffre d'affaires pour les services, 0,5 % pour le commerce (art. 73), déclaré et payé mensuellement ou trimestriellement, libératoire de la déclaration annuelle. Voir auto-entrepreneur.

La règle des 80 000 DH par client

Depuis le 1er janvier 2023 : si le chiffre d'affaires réalisé avec un même client dépasse 80 000 DH par an, le surplus est soumis à l'IR par retenue à la source de 30 % opérée par ce client (art. 42 bis et 73). La retenue incombe aux personnes morales et professionnels établis au Maroc ; le traitement du surplus lorsque le client est à l'étranger n'est pas précisé par le CGI : interrogez la DGI avant de dépasser ce seuil.

Cas 2 : salarié à distance d'une société étrangère

Une personne ayant son domicile fiscal au Maroc (foyer permanent, centre des intérêts économiques, ou plus de 183 jours sur toute période de 365 jours) est imposable sur l'ensemble de ses revenus, marocains et étrangers (art. 23). L'employeur n'étant pas établi au Maroc, il n'y a pas de retenue à la source : vous devez déposer la déclaration annuelle de revenus avant le 1er mars (art. 82), avec imputation de l'impôt étranger en cas de convention fiscale (art. 77).

Recevoir l'argent de l'étranger (Office des changes)

Selon l'Instruction générale des opérations de change 2026 : l'exportation de services vers un non-résident suppose un contrat, et le montant doit être rapatrié intégralement dans les 90 jours puis cédé sur le marché des changes. Les exportateurs inscrits au registre du commerce peuvent ouvrir un compte en devises ou en dirhams convertibles et y loger jusqu'à 70 % des recettes. Le cas de l'auto-entrepreneur (inscrit au registre national de l'auto-entrepreneur, pas au RC) n'est pas précisé : vérifiez auprès de votre banque.

Couverture sociale

L'auto-entrepreneur relève obligatoirement de l'AMO des travailleurs non salariés à la CNSS (voir AMO TNS). Le salarié d'une société étrangère sans établissement au Maroc n'entre pas automatiquement au régime salarié ; un ancien assuré peut demander l'assurance volontaire CNSS (au moins 1 080 jours cotisés, dans les 60 mois suivant l'arrêt).

L'essentiel à retenir

  • Auto-entrepreneur (services) : 1 %, plafond 200 000 DH
  • Même client > 80 000 DH : retenue 30 %
  • Résident fiscal : 183 jours → revenus mondiaux
  • Rapatriement : 90 jours
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