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Modèle du Concours National Commun (CNC) 2019 — Français — filières MP/PSI/TSI/BCPST (écoles d'ingénieurs)

🏢 Ministère de l'Enseignement Supérieur — Concours National Commun d'admission aux écoles d'ingénieurs 👤 Élève de CPGE scientifique 🎯 Français 📅 2019 👁️ 19 vues

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En bref

Ce document est une ancienne épreuve écrite du concours de Élève de CPGE scientifique organisé par Ministère de l'Enseignement Supérieur — Concours National Commun d'admission aux écoles d'ingénieurs (2019), publiée sur Wadifa Info en consultation et téléchargement PDF gratuits, avec une correction proposée.

Organisme
Ministère de l'Enseignement Supérieur — Concours National Commun d'admission aux écoles d'ingénieurs
Grade
Élève de CPGE scientifique
Spécialité
Français
Année
2019
Pages
2
Langue des questions
français
Correction
correction proposée disponible sur cette page
Épreuve de français, session 2019 : résumé d'un texte sur deux types d'amour et dissertation.
📝 Texte des questions (extrait automatiquement des pages scannées)

Ce texte est extrait automatiquement des images de l'épreuve et peut contenir des erreurs de lecture — les images ci-dessus font foi.

TEXTE
Il nous faut reconnaître deux types d’amours. L’un et l’autre éprouvent un même besoin de l’être
aimé, le bienheureux vertige de communier avec lui, et la secrète mais constante angoisse de le perdre.
Toute différente est néanmoins la forme que prend chacun d’eux.
Dans le premier, l’amant cherche à tellement absorber l'être aimé qu’il aspire à en effacer
5 l’altérité'. Une telle aspiration révèle l’origine narcissique” de cet amour. Ainsi qu’en un miroir, on
attendrait donc de l’autre qu’il devint un double de nous-mêmes. Il partagerait nos émotions et nos goûts
comme nous voudrions pouvoir partager sa mémoire. De même que chacun renverrait à l’autre son
image, de même chacun pourrait-il donc se retrouver dans l’autre. En même temps que nous
reconnaîtrions dans l’autre notre plus pur et plus intime nous-même, ce que nous aimerions en lui serait
10 l’amour qu’il a pour nous... C’est cet amour malheureux de soi qui nous ferait alors attendre du regard
d’un autre l’image à laquelle nous voudrions nous identifier.
Parce que la personne aimée serait à la fois la dépositaire” et la gardienne de cette image, nous
aurions en elle le gage de notre identité. Quoi qui puisse m’arriver, rien ne pourra entamer en elle l’image
qu’elle a de moi. Comme l’idée que Dieu a de moi est immuablement en lui de toute éternité, l’image
15 qu’en a la personne aimée est semblable à l’idée que Dieu en a. Son amour me garantit d’avoir donc
toujours en elle mon chez-moi. Me voici donc en elle abrité de toutes les mésaventures et de tous les
dangers. Quoi qui puisse m’arriver, en elle rien ne m'’arrivera.
A l'inverse, l’autre type d’amour n’éprouve rien d’aussi émouvant ni d’aussi fascinant que ce qui
fait de l’autre un être différent de moi. Tout au contraire du précédent, n’éprouvant pour soi-même
20 qu’indifférence ou qu’ennui, il sent sa propre existence ranimée par l’émerveillement qu’une autre lui
fait éprouver. Comme on aime une œuvre musicale pour la vie différente qu’elle nous communique en
nous la faisant imaginer, ainsi une autre personne nous bouleverse-t-elle en nous faisant pressentir un
style d’humanité que nous n’aurions pas imaginé sans elle. Or c’est son style qui caractérise une œuvre
musicale, et rien ne caractérise ce style autant que l’amplitude ou la brièveté de sa respiration, la douceur
25 ou l’éclat de sa tonalité, l’organisation de ses tensions et de leur résolution. Ainsi en va-t-il de toute
personne lorsque son phrasé, le rythme et la modulation de ses attitudes, nous font pressentir quelque
forme subtile de sensibilité ou quelque manière originale d’interpréter la vie.
Or, bien loin que nous aimions une œuvre musicale parce que nous nous y reconnaîftrions, c’est
par la singularité de son expressivité qu’elle nous émeut au contraire, en nous invitant à découvrir en
30 elle un autre style d'humanité. Indépendamment de tout caractère formel, c’est cette pathétique
expressivité qui nous bouleverse et que nous aimons en elle. Même quand il nous semble entendre en
telle partition* l’écho de notre tristesse ou de notre mélancolie, ce que nous aimons n’est pas tant de les
y reconnaître que de leur découvrir un visage nouveau. C’est de toute semblable façon qu’on s’éprend
d’une personne à cause de la musicalité que tout son style exprime. Son style peut n’être pas le nôtre.
35 Du moins communique-t-il à tout ce qu’elle approche la marque de son tempérament et l’expression de
sa sensibilité. Tout en est différent. Par le plus simple de ses gestes, elle affranchit le monde de sa
banalité. A la manière dont certaines œuvres communiquent à notre vie un surcroît” d’énergie et
1 L’altérité est le fait d'être un autre, le caractère de ce qui est autre.
? Le narcissisme est l’admiration ou l’amour de de soi-même, l'attention exclusive portée à soi-même.
3 Personne chez qui on dépose quelque chose, à laquelle on confie quelque chose.
+ Composition musicale.
$ Ce qui apporte un accroissement, ce qui vient s'ajouter à ce que l'on a déjà. — augmentation,
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d'intensité, la personne que nous aimons transfigure* notre existence par la lumière, la couleur, le tempo
que son style y apporte ]....[
40 En ce sens, aimer quelqu'un, ce serait être tellement bouleversé par sa musicalité qu’on ne désirât
rien tant que l’accompagner, tant on voudrait qu’il ne pût être aussi parfaitement lui-même qu’en l’étant
avec nous. L'amour serait donc le contraire du complexe de Pygmalion’. Bien loin d’admirer dans la
personne aimée ce double de nous-mêmes que nous en aurions fait, on s’émerveillerait qu’elle nous eût
associé à la manière si poétique d’exister que nous appelons son style. Le merveilleux de ce que nous
45 aurions été serait alors de l’avoir été pour elle.
Nicolas Grimaldi, Métamorphoses de l’amour, Grasset, 2011, pp. 82-84.
1 - RESUME DE TEXTE (8 points)
Vous résumerez le texte ci-dessus en 100 mots avec une marge de tolérance de 10%.
Vous indiquerez obligatoirement le nombre total de mots utilisés en bas de votre copie et vous aurez
soin d'en faciliter la vérification en mettant un trait vertical tous les vingt mots.
Des points de pénalité seront soustraits en cas de non-respect du nombre total de mots +10% utilisés.
RAPPEL : On appelle mot, toute unité typographique signifiante séparée d'une autre par un espace ou un signe de
ponctuation.
Exemples :
"c'est-à-dire =4 mots ; j'estime = 2 mots ; après-midi = 2 mots
“Mais : aujourd'hui = 1 mot ; socio-économique = 1 mot, puisque les deux unités typographiques n'ont pas de sens à
elles seules.
“ A-t-il=2 mots car ‏"ا"‎ n'a pas une signification propre.
II - DISSERTATION (12 points)
« À la manière dont certaines œuvres communiquent à notre vie un surcroît d'énergie et d'intensité,
la personne que nous aimons transfigure notre existence.» lignes 37-38.
Cette réflexion de Nicolas Grimaldi s’accorde-t-elle à votre lecture de La chartreuse de Parme de
Stendhal, du Songe d’une nuit d’été de Shakespeare et du Banquet de Platon ?
FIN DE L’ÉNONCÉ
6 Transfigurer : transformer en donnant une beauté et un éclat inhabituels. + embellir
7 Dans la mythologie grecque, le sculpteur Pygmalion tombe amoureux de Galatée, une statue qu’il a lui-
même sculptée.
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Correction proposée

Il s'agit d'une correction proposée, rédigée par l'équipe wadifa-info pour vous aider à comprendre la méthode — ce n'est pas un corrigé officiel de l'administration organisatrice.

Ce modèle est l'épreuve de français du Concours National Commun (CNC) 2019 d'admission aux écoles d'ingénieurs (filières MP, PSI, TSI, BCPST). Elle comporte un résumé de texte (8 points) — un extrait de Nicolas Grimaldi, Métamorphoses de l'amour (Grasset, 2011) à réduire en 100 mots ± 10 % — et une dissertation (12 points) sur le thème de l'année, l'amour, à partir des trois œuvres au programme : La Chartreuse de Parme (Stendhal), Le Songe d'une nuit d'été (Shakespeare) et Le Banquet (Platon). Voici une correction proposée.

💡 Répartition du temps : le résumé rapporte 8 points pour un texte court ; ne lui consacrez pas plus d'un tiers du temps. Comptez les mots selon le rappel de l'énoncé (« l'autre » = 2 mots, « lui-même » = 2 mots) et tracez un trait tous les vingt mots.

I. Résumé de texte (8 points)

Structure du texte

  • §1 (l. 1-3) — Thèse : deux amours, même besoin de l'autre et même angoisse de le perdre, mais formes différentes.
  • §2-3 (l. 4-17) — L'amour narcissique : absorber l'autre, effacer son altérité, attendre de lui notre propre image ; l'aimé, dépositaire de cette image, garantit notre identité et nous abrite de tout.
  • §4-5 (l. 18-39) — L'amour de l'altérité : s'émerveiller de ce qui fait l'autre différent ; comme une œuvre musicale, une personne nous émeut par la singularité de son style et transfigure notre existence.
  • §6 (l. 40-45) — Conclusion : aimer, c'est vouloir accompagner l'autre pour qu'il soit pleinement lui-même : le contraire du complexe de Pygmalion.

Résumé proposé (environ 106 mots)

Il existe deux amours, animés par le même besoin de l'autre et la même crainte de le perdre, mais opposés. Le premier, narcissique, veut absorber l'aimé jusqu'à nier sa différence : on attend de lui qu'il nous renvoie notre image. Dépositaire de cette image, l'aimé garantit notre identité et nous protège de tout. Le second, au contraire, s'émerveille de l'altérité : comme une œuvre musicale, l'autre nous révèle, par son style singulier, une manière inédite de vivre et transfigure notre existence. Aimer serait donc, à l'opposé de Pygmalion, vouloir accompagner l'autre pour qu'il soit pleinement lui-même.

💡 Le résumé garde l'énonciation de l'auteur (pas de « l'auteur dit que »), suit l'ordre du texte et reformule : on ne recopie pas « dépositaire et gardienne », « phrasé », « surcroît d'énergie ». L'opposition image de soi / altérité est l'idée qu'un correcteur cherche en premier.

II. Dissertation (12 points)

Sujet : « À la manière dont certaines œuvres communiquent à notre vie un surcroît d'énergie et d'intensité, la personne que nous aimons transfigure notre existence. » Cette réflexion s'accorde-t-elle à votre lecture des trois œuvres ?

Analyse du sujet

  • « Transfigurer » : transformer en donnant beauté et éclat (note 6) — l'amour ne change pas seulement la vie, il l'embellit, l'intensifie.
  • La comparaison avec l'œuvre d'art : l'aimé agit comme une musique ; il nous fait sentir une autre manière d'exister. C'est l'amour de l'altérité, pas celui du reflet narcissique.
  • Problématique possible : l'amour est-il toujours cette force qui élève et embellit l'existence, ou peut-il aussi l'aveugler, l'enfermer et la détruire ?

Introduction

Amorce sur l'expérience commune du « coup de foudre » qui change la couleur du monde. Citer la phrase de Grimaldi et l'expliquer en une ligne. Poser la problématique, annoncer le plan en trois temps.

I. Oui : l'amour transfigure l'existence et lui donne énergie et intensité

  • Stendhal : avant Clélia, Fabrice se croit incapable d'aimer et vit en aventurier. Enfermé dans la tour Farnèse, il découvre Clélia depuis sa cellule : la prison devient pour lui un lieu de bonheur qu'il ne veut plus quitter. L'amour change littéralement le sens des lieux et du temps.
  • Platon : dans le discours de Phèdre, l'amour donne du courage et pousse à se surpasser (Alceste prête à mourir pour son époux) ; dans celui de Diotime rapporté par Socrate, Éros élève l'âme, de la beauté d'un corps à la beauté en soi : l'amour est une force d'ascension.
  • Shakespeare : la forêt nocturne, lieu de l'amour et de la magie, s'oppose à la loi d'Athènes et au père d'Hermia ; les amants y vivent une existence plus intense, comme dans un rêve.

II. Mais cette transfiguration peut être illusion, possession ou souffrance

  • L'illusion : dans le Songe, le suc de la fleur magique fait aimer le premier être aperçu ; Titania s'éprend de Bottom affublé d'une tête d'âne. L'amour transfigure… ce qu'il ne voit pas : il n'est pas vision de l'autre mais projection.
  • La possession : la duchesse Sanseverina aime Fabrice d'un amour jaloux qui la conduit jusqu'au crime ; c'est l'amour qui veut garder l'autre pour soi — le premier type décrit par Grimaldi.
  • La fusion et le manque : le mythe d'Aristophane présente l'amour comme recherche de sa moitié perdue, désir de ne faire qu'un : on aime en l'autre ce qui nous complète, non sa différence. Diotime définit Éros comme désir de ce qui manque : l'amour est aussi tourment.
  • La souffrance : le vœu de Clélia à la Madone, la séparation, la mort de l'enfant puis des amants : chez Stendhal, l'intensité de l'amour se paie par le malheur.

III. La vraie transfiguration : accueillir l'autre et se dépasser

  • L'amour qui transfigure durablement est celui qui respecte l'altérité : Fabrice et Clélia s'aiment à distance, par signes et par regards ; l'obstacle même rend leur amour plus pur.
  • Chez Platon, l'échelle de Diotime montre que l'amour fait engendrer dans la beauté (œuvres, vertus, savoir) : il transforme la vie au-delà du couple, rejoignant la comparaison de Grimaldi avec l'œuvre d'art. L'éloge de Socrate par Alcibiade montre un amour fasciné par un être singulier, irréductible.
  • Chez Shakespeare, une fois l'enchantement dissipé, les couples se forment et la fête finale (mariages, pièce de Pyrame et Thisbé) unit amour et théâtre : l'imagination amoureuse est sœur de l'imagination poétique.

Conclusion

La pensée de Grimaldi s'accorde aux trois œuvres lorsqu'elles décrivent l'amour comme énergie et élévation, mais celles-ci montrent aussi ses envers : aveuglement, possession, douleur. L'amour transfigure vraiment quand il cesse d'être miroir pour devenir rencontre. Ouverture possible : la « cristallisation » décrite par Stendhal dans De l'amour, où l'amant pare l'aimée de perfections imaginaires.

💡 Ce qui fait la différence : chaque partie doit croiser les trois œuvres ; une dissertation qui traite les livres l'un après l'autre perd beaucoup de points. Appuyez chaque argument sur un épisode précis plutôt que sur un résumé général.

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Questions fréquentes sur ce sujet

Ce sujet est-il téléchargeable gratuitement ?
Oui. La totalité du sujet (2 pages) est consultable et téléchargeable gratuitement, sans inscription ni compte.
Le corrigé est-il inclus ?
Oui. Un corrigé proposé figure sur cette page, sous les pages du sujet : méthode de réponse et éléments attendus, rédigés par l'équipe Wadifa Info.
Quel organisme et quel grade concerne ce sujet ?
Ce sujet provient d'un concours organisé par Ministère de l'Enseignement Supérieur — Concours National Commun d'admission aux écoles d'ingénieurs. Il concerne le grade : Élève de CPGE scientifique.
De quelle session s'agit-il et dans quelle langue ?
Session : 2019. Les questions sont en français.
Où trouver d'autres sujets du même concours ?
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