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Modèle du Concours National d'Accès aux Écoles de Management (CNAEM) 2019 — filières ECT/ECS — Résumé de texte

🏢 Concours National d'Accès aux Écoles de Management (CNAEM) 👤 1ère année des ENCG / ESI (après CPGE économiques et commerciales) 🎯 Résumé de texte 📅 session 2019 👁️ 15 vues

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En bref

Ce document est une ancienne épreuve écrite du concours de 1ère année des ENCG / ESI (après CPGE économiques et commerciales) organisé par Concours National d'Accès aux Écoles de Management (CNAEM) (2019), publiée sur Wadifa Info en consultation et téléchargement PDF gratuits, avec une correction proposée.

Organisme
Concours National d'Accès aux Écoles de Management (CNAEM)
Grade
1ère année des ENCG / ESI (après CPGE économiques et commerciales)
Spécialité
Résumé de texte
Année
2019
Pages
3
Langue des questions
français
Correction
correction proposée disponible sur cette page
Sujet de l'épreuve « Résumé de texte » du CNAEM 2019 (filières ECT et ECS). Document officiel publié sur cpge.ac.ma (copie archivée), 3 page(s). Sans corrigé.
📝 Texte des questions (extrait automatiquement des pages scannées)

Ce texte est extrait automatiquement des images de l'épreuve et peut contenir des erreurs de lecture — les images ci-dessus font foi.

Résumé de texte/ Durée : 2 heures
Vous résumerez le texte ci-dessous en 200 mots avec une marge de tolérance de 10%. Vous
indiquerez obligatoirement le nombre total de mots utilisés en bas de votre copie et vous aurez
soin d'en faciliter la vérification en mettant un trait vertical tous les 50 mots.
Des points de pénalité seront soustraits en cas de non-respect du nombre total de mots +10%
utilisés.
Ce que nous appelons la Mémoire n'a que peu de commun avec l'Histoire. Ce sont deux
démarches différentes, parfois contradictoires, en tout cas incompatibles. Faire mémoire
conduit à évoquer des événements du passé de façon émotionnelle, engagée, pour exalter des
hauts faits d'armes, justifier telle ou telle entreprise, ou, plus souvent peut-être, pour maintenir
5 16 souvenir des heures sombres et des martyrs.
Les lecteurs, et les auditeurs plus encore, prennent intérêt à une Histoire manifestement
subjective qui, pour mieux asseoir ses jugements, fait appel aux acteurs eux-mêmes ou aux
témoins encore en vie. Les livres consacrés à un passé tout récent occupent de longs rayons de
nos bibliothèques. Et ces livres ne sont, bien souvent, que la mise en forme des récits d'un
10 personnage particulièrement bien placé qui parle de ses expériences, de ses relations ou de
rencontres occasionnelles et se croit autorisé à faire partager ses réflexions, ses convictions et
ses états d'âme.
Les témoignages du genre « Le Président (ou le Général) que j'ai bien connu m'a dit... »
ou « Tel que je l'ai connu... » ou « Sur les pas 46... » ou encore « Vingt ans avec... ‏,د‎ font fureur
15 grâce à ce cachet d'authenticité et même d'impartialité hautement revendiqué. Les lecteurs qui
apprécient ces ouvrages, souvenirs et confidences, y trouvent toutes sortes d'anecdotes,
d'aperçus inattendus sur la vie d'un homme célèbre ainsi dévoilée sans que celui-ci puisse
répondre pour confirmer ou démentir. Ils devraient pourtant s'interroger sur le mémorialiste lui-
même, sur ses intentions et ses convictions.
20 Plus difficiles à déchiffrer peut-être, les Entretiens mettent en scènes de longs, très longs,
"face à face” entre un auteur, souvent estimé pour ses propres travaux, et un homme public de
grande notoriété ou l'un de ses proches, de ses héritiers, fils ou fille, neveu ou nièce (sauf
exceptions, on ne va pas plus loin). Ces ouvrages ne sont certes pas dénués d'intérêt : interroger
un témoin, et surtout un témoin vraiment privilégié, est toujours passionnant. C'est entendre un
25 homme de qualité parler de sa vie ; c'est connaître ses choix et ses refus. Rien de médiocre ni
de méprisable mais notre connaissance de la période et du personnage mis en scène n'en tire
que peu de profit tant le miroir peut être déformant. À en lire quelques-uns, l'on en vient à
penser que ce ne sont qu'exercices d'autosatisfaction ou plaidoyers pour la défense d'un proche
et l'on trouve alors « qu'il est regrettable qu'outrepassant ce rôle, péremptoire! sur tous les
30 sujets qui le dépassent, se donnant à tous moments un rôle qu'il n'a pas eu et se présentant
comme le seul détenteur de la vérité historique contre les historiens qu'il injurie pour la plupart
au passage, il transforme son témoignage en règlement de comptes »2
1 Qui détruit d'avance toute objection ; contre quoi on ne peut rien répliquer.
2 Pierre NORA dans Le Débat, mars-avril 2005.
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La recherche historique n'a rien de commun avec ce genre de publications. Pourtant,
contrairement à toute rigueur qui exigerait recul et confrontation, ces entretiens gagnent de plus
35 en plus et, de curieuse façon, s'affirment comme une méthode d'enquête pour des chercheurs et
des auteurs qui se disent historiens. À la façon des spécialistes socio-ethnologues qui, tant bien
que mal, rassemblent les traditions orales de l'Afrique profonde, ils interrogent les ruraux
d'aujourd'hui, ceux du moins qui cultivent encore des terres, sur les pratiques agraires de leurs
ancêtres plus ou moins lointains. Sur leur lancée, certains remontent jusqu'aux temps obscurs
40 du Moyen Âge. Plus communément, "le chercheur" s’intéresse à un passé tout récent, consulte
les témoins survivants et s'en tient là sans plus outre. C'est ainsi que certaines études consacrées
au Concile de Vatican IF ne présentaient d'autre documentation que les interrogatoires des
cardinaux* encore en vie. Nous voyons aussi nombre de mémoires d'étudiants consacrés à la
littérature ou à l'art des temps tout proches de nous, donner large place aux confidences de la
45 veuve et des enfants de l'écrivain ou de l'artiste.
Pour évoquer le passé, la Mémoire se nourrit aussi de récits qui se disent irrécusables”.
Mais le fait que des écrits, relations® ou plaidoyers de toutes sortes, nous viennent de loin,
découverts en un fonds d'archives peu exploité ou sur les rayons d'une bibliothèque privée,
quasi confidentielle, ne leur donne, sur le plan historique, aucune valeur supplémentaire. Ni le
50 parchemin’, ni l'encre vieillie à peine lisible, ni l'écriture quasi indéchiffrable parfois, n'incitent
à croire davantage ces auteurs qui, illustres ou anonymes, n'ont certainement pas, plus que ceux
d'aujourd'hui, pris la plume pour dire le vrai, libres de toute passion ou intérêt. Ce que l'homme
peut dire de ce qu'il a vécu, observé et analysé à sa manière, n'a de valeur et d'intérêt que pour
connaître ses propres façons de penser, de juger les personnages et les événements de son
55 époque.
Le mémorialiste est toujours un homme engagé, soumis ou à un maître ou à la mode,
presque toujours au désir de bien parler de lui. Ce sont cependant ces témoignages,
généralement uniques, que les auteurs des premiers manuels ont privilégiés. En effet, les textes
anciens demandent de longs apprentissages, beaucoup de patience et de discernement. 11 faut,
60 le plus souvent, maîtriser un latin enrichi, alourdi d'emprunts aux parlers vulgaires ou à ceux
des métiers. Cette langue, truffée de nombreuses abréviations, est, dès qu'il s'agit d'un document
tout ordinaire, si mal écrite qu'elle en devient parfois incompréhensible. Chaque historien
pourrait, sur ce sujet, évoquer de fallacieuses interprétations provoquées par de mauvaises
lectures et citer nombre de documents demeurés indéchiffrables et inexploités. La crainte de
65 devoir affronter tant de difficultés a, pendant longtemps, orienté les recherches vers des fonds
documentaires plus accessibles que d'autres. Les historiens avaient tout à défricher ; 65
manquaient de repères et de bonnes chronologies. Contraints de construire la trame des
événements, ils sont allés au plus important et, 11 faut bien le dire, au plus facile. Ils ont d'abord
et surtout étudié, l'on pourrait plutôt dire démarqué, mis en relief et en couleurs, ce que disaient
70 les grands témoins du temps. Ces "mémoires", le plus souvent d'une grande richesse, furent
publiées, traduites en parler moderne, bien annotées par des érudits qui avaient pris le soin de
tout identifier, personnages et lieux de l'action. On les trouvait rassemblées dans de grandes
3 Une des plus importante assemblées des évêques de l'Église catholique, tenue le 8 décembre 1965.
4 Religieux de haut rang dans la hiérarchie de l'Eglise catholique.
$ Qu'on ne peut refuser, contester, mettre en doute. — Indiscutable.
6 Récit fait par un témoin, un voyageur où un explorateur.
7 Autrefois, peau d'animal (mouton, chèvre) préparée spécialement pour l'écriture, la reliure.
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collections, disponibles dans toutes les bibliothèques. L'étude en était aisée et cette Histoire se
limitait généralement à présenter les faits dans un bon ordre, à clarifier des situations trop
75 embrouillées et à tout assortir de doctes commentaires, notamment de différentes manières de
jugements.
Cependant, l'on doit bien considérer que ces textes ont, en leur temps, été forgés à
dessein® et n'étaient, pour la plupart, que des travaux de commande ou des plaidoyers pour soi.
L'auteur ne prenait évidemment pas la plume dans le seul souci d'occuper ses loisirs ou pour
80 revivre en secret les grands et moins grands moments de sa vie. Presque toujours, c'était pour
plaire à un maître, pour se justifier, pour clamer justice de fausses accusations ou, tout
ordinairement, pour le délicat bonheur de se placer sur le devant de la scène, de s'attribuer
mérites et hauts faits. Ouvrages, le plus souvent, de combat politique où le point de vue
personnel, les engagements familiers ou communautaires, les souvenirs obsédants et, par-
85 dessus tout, le désir de plaire pèsent plus lourd que l'application à faire connaître la vérité. Le
mémorialiste parle forcément de lui, de ceux qui l'ont aidé et, plus encore, des malfaisants et
des méprisables qui avaient grand tort de ne pas l'apprécier, ont contrarié ses projets ou brisé sa
carrière et, au prix de vilaines manières, magouilles et corruption, ont mieux réussi que lui-
même.
90 Suivre ces témoins est, en quelque sorte, se faire complice d'une manœuvre et nous
devons donc admettre que, plus l'homme paraît important, plus haut situé sur l'échelle des
charges et des fortunes, plus au cœur des décisions et des événements, plus 11 doit nous être
suspect.
Jacques Heers, L'histoire assassinée. Les pièges de la mémoire, Éd. de Paris, 2006, pp. 9-12
Fin
8 À dessein : dans un but précis.
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Correction proposée

Il s'agit d'une correction proposée, rédigée par l'équipe wadifa-info pour vous aider à comprendre la méthode — ce n'est pas un corrigé officiel de l'administration organisatrice.

Ce modèle est l'épreuve de résumé de texte des filières ECT / ECS, durée 2 heures. Consigne : résumer en 200 mots, à ±10 % près (soit entre 180 et 220 mots), indiquer le nombre total de mots et tracer un trait vertical tous les 50 mots ; le non-respect du nombre de mots est pénalisé. Texte : Jacques Heers, L'histoire assassinée. Les pièges de la mémoire (2006), sur l'opposition entre mémoire et histoire.

💡 Méthode : un résumé suit l'ordre du texte, garde son énonciation (on écrit comme l'auteur, sans « l'auteur dit que »), reformule au lieu de recopier, et supprime exemples et citations. Lisez deux fois, dégagez la structure, puis rédigez en comptant au fur et à mesure.

1. Structure du texte

  1. Thèse (l. 1-5) : mémoire et histoire sont deux démarches incompatibles ; la mémoire est émotionnelle et engagée (glorifier, justifier, honorer les martyrs).
  2. Succès des témoignages (l. 6-19) : le public aime une histoire subjective fondée sur des témoins ; les livres de souvenirs plaisent par leurs anecdotes et leur prétendue impartialité ; il faudrait s'interroger sur le mémorialiste.
  3. Les entretiens (l. 20-32) : intéressants mais déformants ; autosatisfaction, plaidoyer, règlement de comptes.
  4. Dérive de la recherche (l. 33-45) : ces entretiens deviennent une méthode d'enquête ; des chercheurs se contentent d'interroger les survivants (Vatican II, mémoires d'étudiants).
  5. Les documents anciens (l. 46-55) : l'ancienneté d'un récit ne lui donne aucune valeur historique ; il ne renseigne que sur la façon de penser de son auteur.
  6. Les premiers historiens (l. 56-76) : rebutés par des archives difficiles, ils ont privilégié les mémoires des grands témoins, faciles d'accès, et se sont contentés de les ordonner et de les commenter.
  7. Le mémorialiste partial (l. 77-89) : ces textes étaient des œuvres de commande ou des plaidoyers pour soi : plaire, se justifier, se mettre en valeur.
  8. Conclusion (l. 90-93) : suivre ces témoins, c'est se faire complice ; plus le témoin est puissant, plus il doit être suspect.

2. Résumé proposé

La mémoire et l'histoire sont deux démarches opposées. La première évoque le passé avec émotion et parti pris, pour glorifier, justifier ou honorer les victimes.

Pourtant, le public raffole d'une histoire subjective, nourrie de témoins vivants. Les ouvrages de souvenirs se multiplient : ils séduisent par leurs anecdotes et leur prétendue impartialité, alors qu'on devrait s'interroger sur les intentions de leurs auteurs. Les entretiens avec des personnalités ou leurs proches déforment la réalité et tournent à l'autosatisfaction, au plaidoyer, voire au règlement de comptes.

Rien de commun avec la recherche historique. Or ces témoignages oraux deviennent une méthode d'enquête : certains chercheurs se contentent d'interroger les survivants, sans recul ni confrontation.

De même, l'ancienneté d'un document ne lui confère aucune valeur supplémentaire : les auteurs d'autrefois n'étaient pas plus désintéressés que ceux d'aujourd'hui. Leur récit éclaire seulement leur façon de penser.

Car le mémorialiste est toujours engagé. Rebutés par des archives difficiles, les premiers historiens ont pourtant privilégié ces mémoires accessibles, se bornant à les ordonner et les commenter. Or ces textes, commandés ou écrits pour soi, servaient à plaire, se justifier ou se mettre en valeur.

Suivre ces témoins, c'est donc devenir complice : plus ils sont puissants, plus ils sont suspects.

Nombre de mots : 203 (en comptant « l'histoire », « d'une », « qu'on » comme un seul mot ; 213 si l'on compte séparément chaque mot élidé). Dans les deux cas, le résumé reste dans l'intervalle 180-220. Indiquez sur la copie le décompte selon la règle annoncée par le jury et placez les traits verticaux tous les 50 mots.

3. Erreurs à éviter

  • Reprendre les exemples (Vatican II, la veuve de l'écrivain, le parchemin, le latin abrégé) : ils illustrent, ils ne font pas avancer l'argument.
  • Recopier des formules du texte (« miroir déformant », « se faire complice d'une manœuvre ») au lieu de reformuler.
  • Ajouter un avis personnel ou un commentaire : le résumé est fidèle à la pensée de l'auteur.
  • Oublier la phrase finale, qui donne la conclusion pratique de l'auteur (méfiance proportionnelle à la position du témoin).
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Questions fréquentes sur ce sujet

Ce sujet est-il téléchargeable gratuitement ?
Oui. La totalité du sujet (3 pages) est consultable et téléchargeable gratuitement, sans inscription ni compte.
Le corrigé est-il inclus ?
Oui. Un corrigé proposé figure sur cette page, sous les pages du sujet : méthode de réponse et éléments attendus, rédigés par l'équipe Wadifa Info.
Quel organisme et quel grade concerne ce sujet ?
Ce sujet provient d'un concours organisé par Concours National d'Accès aux Écoles de Management (CNAEM). Il concerne le grade : 1ère année des ENCG / ESI (après CPGE économiques et commerciales).
De quelle session s'agit-il et dans quelle langue ?
Session : session 2019. Les questions sont en français.
Où trouver d'autres sujets du même concours ?
Tous nos sujets de la même famille sont regroupés sur la page les sujets de concours « Accès aux écoles et instituts supérieurs ». Les sujets y sont classés par session, du plus récent au plus ancien.

Organisme : Concours National d'Accès aux Écoles de Management (CNAEM) · session 2019 — Copie issue de : archive de modèles de concours — document archivé tel que reçu ; l'avis officiel du concours fait foi.

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