Modèle de concours d'accès à l'Institut National de l'Action Sociale (INAS) Tanger 2008 — Dissertation en français
En bref
Ce document est une ancienne épreuve écrite du concours de Étudiant — 1er cycle organisé par Institut National de l'Action Sociale (INAS) — Tanger (2008), publiée sur Wadifa Info en consultation et téléchargement PDF gratuits, avec une correction proposée.
- Organisme
- Institut National de l'Action Sociale (INAS) — Tanger
- Grade
- Étudiant — 1er cycle
- Spécialité
- Dissertation en français
- Année
- 2008
- Pages
- 1
- Langue des questions
- français
- Correction
- correction proposée disponible sur cette page
📝 Texte des questions (extrait automatiquement des pages scannées)
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Concours d’entrée au 1er cycle de l’Institut National de l’Action Social 08 Juillet 2008 Durée :2h D'après les statistiques officielles, il y aurait 600.000 enfants âgés de moins de 15 ans qui sont en situation de travail. Quelles sont selon vous les causes principales de ce phénomène ? Et comment peut-on agir pour en réduire les conséquences sur le bien-être des enfants et protéger leurs droits ? wadifa-info.com نماذج المباريات من موقع وظيفة إنفو
✅ Correction proposée
Il s'agit d'une correction proposée, rédigée par l'équipe wadifa-info pour vous aider à comprendre la méthode — ce n'est pas un corrigé officiel de l'administration organisatrice.
Ce modèle est l'épreuve de dissertation en français du concours d'entrée au 1er cycle de l'Institut National de l'Action Sociale (INAS) de Tanger, session du 8 juillet 2008. Durée : 2 heures. Sujet : à partir du chiffre de 600 000 enfants de moins de 15 ans en situation de travail, analyser les causes du phénomène puis proposer des moyens d'action pour réduire ses conséquences sur le bien-être des enfants et protéger leurs droits.
💡 Lire la consigne : deux questions, donc deux parties : I. les causes, II. les solutions. Les conséquences ne sont pas une partie à part : elles servent à justifier l'urgence (introduction) et à orienter les solutions. Pour un concours de travail social, le jury attend une approche concrète : famille, école, protection, accompagnement, et non un simple discours moral.
Introduction
- Amorce : l'enfance devrait être le temps de l'école, du jeu et de la protection ; or le sujet rappelle que, selon les statistiques officielles, quelque 600 000 enfants de moins de 15 ans travaillent au Maroc.
- Définition : le travail des enfants désigne ici toute activité économique exercée par un enfant n'ayant pas atteint l'âge minimum légal, qui l'empêche d'être scolarisé ou nuit à sa santé et à son développement. Au Maroc, le Code du travail (loi 65-99, article 143) interdit d'employer un mineur avant 15 ans révolus, âge qui correspond aussi à la fin de la scolarité obligatoire (6 à 15 ans).
- Problématique : pourquoi tant d'enfants travaillent-ils malgré l'interdiction légale, et comment agir efficacement pour les protéger ?
- Annonce du plan : on examinera d'abord les causes du phénomène, puis les actions possibles.
I. Les causes principales du travail des enfants
1. Des causes économiques : la pauvreté des familles
- La cause première est la pauvreté : le salaire de l'enfant, même faible, est vital pour le budget familial (chômage ou maladie du père, famille nombreuse, veuvage, divorce).
- L'exode rural et la précarité urbaine poussent des familles à placer leurs enfants comme aides ménagères (les « petites bonnes ») ou apprentis.
- Une partie des employeurs y trouvent leur intérêt : main-d'œuvre bon marché, docile, sans déclaration ni protection sociale (secteur informel, artisanat, agriculture, commerce ambulant).
2. Des causes scolaires
- Insuffisance de l'offre scolaire en milieu rural (éloignement de l'école, manque de transport et d'internats, coût des fournitures).
- Abandon scolaire et échec : l'école paraît inutile si elle ne débouche pas sur un emploi ; l'enfant déscolarisé devient disponible pour le travail.
- Les filles sont particulièrement touchées en milieu rural (travail domestique, mariage précoce).
3. Des causes socioculturelles et institutionnelles
- Tolérance sociale : le travail précoce est souvent perçu comme une « école de la vie » ou un apprentissage du métier.
- Analphabétisme des parents et méconnaissance des droits de l'enfant.
- Faiblesse des contrôles : le travail domestique et le secteur informel échappent largement à l'inspection du travail ; les sanctions sont rarement appliquées.
Transition : les conséquences sont lourdes : atteintes à la santé physique et psychique (travaux pénibles ou dangereux, accidents, maltraitance, abus), privation d'éducation, et reproduction de la pauvreté d'une génération à l'autre. D'où la nécessité d'une action globale.
II. Comment agir pour protéger les enfants et leurs droits ?
1. Agir sur la cause économique
- Soutenir les revenus des familles vulnérables : aides conditionnées à la scolarisation des enfants, microcrédit, activités génératrices de revenus (en 2008, l'Initiative nationale pour le développement humain, lancée en 2005, va déjà dans ce sens).
- Lutter contre la pauvreté rurale : désenclavement, emploi des adultes.
2. Agir par l'école
- Rendre effective l'obligation scolaire jusqu'à 15 ans : écoles de proximité, transport et cantines scolaires, internats, fournitures gratuites.
- Prévenir l'abandon (suivi des absences, soutien scolaire) et proposer aux enfants déjà sortis de l'école une éducation non formelle (« deuxième chance ») puis une formation professionnelle adaptée à partir de l'âge légal.
3. Agir par le droit et le contrôle
- Appliquer l'interdiction du travail avant 15 ans et l'interdiction des travaux dangereux pour les mineurs ; renforcer l'inspection du travail et sanctionner les employeurs et les intermédiaires.
- Mettre la législation en conformité avec les engagements internationaux du Maroc : Convention relative aux droits de l'enfant, conventions de l'OIT n° 138 (âge minimum, ratifiée par le Maroc en 2000) et n° 182 (pires formes de travail des enfants).
4. Agir par l'accompagnement social et la sensibilisation
- Repérer et retirer les enfants des situations de travail, notamment des pires formes ; les prendre en charge (centres d'accueil, soutien psychologique, réinsertion scolaire ou professionnelle).
- Travailler avec les familles : médiation, accompagnement, information sur les droits de l'enfant.
- Sensibiliser l'opinion, les médias et les employeurs ; mobiliser les associations, les collectivités locales et les travailleurs sociaux, qui sont en première ligne.
Conclusion
Le travail des enfants est d'abord le produit de la pauvreté et des insuffisances de l'école, entretenu par une certaine tolérance sociale. Aucune mesure isolée ne suffit : la loi doit être appliquée, l'école rendue accessible et attractive, les familles soutenues, et les enfants retirés du travail accompagnés. Ouverture : en investissant dans l'enfance, la société investit dans son propre développement ; le travailleur social a un rôle décisif à jouer dans ce combat.
Mise à jour : depuis 2008, la loi 19-12 sur les travailleuses et travailleurs domestiques (entrée en vigueur en 2018) a interdit le travail domestique des mineurs de moins de 18 ans, avec une période transitoire pour les 16-18 ans ; un candidat d'aujourd'hui peut la citer.
Questions fréquentes sur ce sujet
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