Modèle de concours : Ingénieurs d'État du 1er grade — Ministère de l'Agriculture, de la Pêche Maritime, du Développement Rural et des Eaux et Forêts — Économie agricole et ingénierie du développement économique et social 2026
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En bref
Ce document est une ancienne épreuve écrite du concours de Ingénieurs d'État du 1er grade organisé par Ministère de l'Agriculture, de la Pêche Maritime, du Développement Rural et des Eaux et Forêts (2026), publiée sur Wadifa Info en consultation et téléchargement PDF gratuits, avec une correction proposée.
- Organisme
- Ministère de l'Agriculture, de la Pêche Maritime, du Développement Rural et des Eaux et Forêts
- Grade
- Ingénieurs d'État du 1er grade
- Spécialité
- Économie agricole et ingénierie du développement économique et social
- Année
- 2026
- Pages
- 5
- Langue des questions
- français
- Correction
- correction proposée disponible sur cette page
📝 Texte des questions (extrait automatiquement des pages scannées)
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— صفحة 1 — المملكة المغربية وتوت | كنيو ROYAUME DU MAROC وزارة الفلاخة والصبد البعري والتلمية القروية والمياه والغابات +eColOHHHHHOAH À +XCOH +اباا2ء+ À HACE HAMoO0HA UoColA + Ministère de l'Agriculture, de la Pêche Maritime, du Développement Rural et des Eaux et Forêts مباراة لتوظيف مهندسي الدولة من الدرجة الأولى بتاريخ 05 أبريل 2026 الشعبة: الاقتصاد الزراعي / هندسة التنمية الاقتصادية والاجتماعية / هندسة الاقتصاد الزرا المدة: ثلاث (3) ساعات PARTIE | : répondre à toutes les questions (10 points) 1- Définir ce qui suit (2 points) : a. Indice élémentaire b. Indice synthétique €. Produit intérieur brute (définir avec - approche dépense et - approche production) (0. Valeur ajoutée (e. Consommation intermédiaire VE. Modèle économétrique 2- On sélectionne tous les échantillons possibles de taille n au sein d'une population et on calcule la moyenne de chaque échantillon. Quelle est la moyenne des moyennes des échantillons ? (1 points) a. Identique à la moyenne de la population b. Supérieure à la moyenne de la population c. Inférieure à la moyenne de la population d. Impossible à estimer à l'avance 3- Discuter un protocole d'enquête agricole. Le sujet de cette enquête agricole est de votre choix. (3 points) 4- Discuter l'utilité de l'élaboration des bases de données agricoles et leurs rôles dans les enquêtes statistiques agricoles. Discuter l'importance et l'utilité de l'instauration d'un registre agricole au Maroc dans le développement agricole (2 points). 5- Comment se servir des outils d'analyse suivants : (Intérêt, but.) (2 points) a. ACP : analyse en composantes principale b. ANOVA : analyse de la variance Page 1sur 9 — صفحة 2 — المملكة المغربية HE VOLS | أعنبونا ROYAUME DU MAROC وزارة الللاحة والصيد البحري والتنمبة القروية والميساه والغابات HeCoUOHHXHMAH À HXCOH He FHaHH A /14ء0)20.و+164ر+ UoColA 11 Ministère de l’Agriculture, de la Pêche Maritime, du Développement Rural et des Eaux et Forêts PARTIE ١١ : choisir un des deux exercices suivants (10 points) Exercice 1: (10 points) Un fabricant de yaourt produit 2 types de yaourts À et B à partir de fraise, de lait et de sucre. La production de 1 Kg de chaque type de yaourt doit respecter les proportions suivantes : Quantité en Kg de | Quantité en Kg de Sucre Sachant que les matières premières sont disponibles en quantités limitées comme suit : 90 Kg (Kilogrammes) de fraises, 60 Kg de lait et 30 Kg de sucre. Et que la vente du yaourt À rapporte 40 Dh par Kg et celle du yaourt B rapporte 60 Dh par Kg. 1- Identifier les variables de décision 2- Ecrire la fonction d'objectif 3- Identifié les contraintes de l’entreprise agricole 4- Formuler un modèle de programmation linéaire servant à aider l'entrepreneur sur les quantités à produire en yaourt À et B. formuler le modèle dual à ce modèle. 5- Représenter graphiquement le problème en hachurant l’espace de solutions réalisables. Page 2 sur 9 — صفحة 3 — المملكة المغربية نيت الثتنتا ROYAUME DU MAROC وزارة الفلاحة والصيد البحري والتنمية القروية والمياه والغابات +eCoUcOHFHMMOAH À 4/104 #aFHolt A الهاو الامتاملا /14ي,0ف)4+35+0 Ministère de l'Agriculture, de la Pêche Maritime. du N‹«‹lappement Rural ot des Eaux et Foréts Exercice 2 (10 points) Dans un secteur de production agricole, on s'intéresse à la relation des bénéfices réalisés par les entreprises et le budget annuel consacré à la publicité : 15 observations ont été réalisés Budget de publicité Budget de publicité (séréfies | © | 10 | 1- On veut établir un modèle de régression linéaire entre les deux variables mentionnées dans le tableau ci-dessus : Décider quelles doivent être les variables endogène et exogène de ce modèle ; 2- Quelles sont les hypothèses de la régression linéaire par la méthode des moindres carrées ; 3- Formuler et calculer les coefficients de cette relation ; 4- Estimer le coefficient de corrélation entre les deux variables ; S- Préciser l'équation de l'analyse de la variance et en déduire le coefficient de détermination ; 6- Sachant que la variance estimée des erreurs est de 10,155 Estimer les variances des coefficients de l'équation. Page 3sur9 — صفحة 4 — المملكة المغرببة و١ اكنيو ROYAUME DU MAROC وزارة الفلاحة والصيد البخري والتنمية الثروية والمياه والغابسات الما À HRCOH to FHolt A 4XCLHAKO0H4A UoColA 01140144 ينامج.+ Ministère de l’Agriculture, de la Pêche Maritime, du Développement Rural et des Eaux et Forêts PARTIE :ااا choisir un des sujets de dissertation suivants (10 points) Sujet 1 : Dans le contexte actuel marqué par la raréfaction progressive des ressources naturelles, l'intensification des effets du changement climatique et la volatilité des marchés agricoles et énergétiques, les pays dépendants des importations alimentaires et م ونه doivent gérer de manière efficace les interactions entre les secteurs de l'eau, de l'énergie et de l’agriculture, conceptuellement désignées sous le terme de nexug éaÿ ل esagriculture. Le Maroc, pays confronté à un déficit hydrique structurel et dépendant d’importations pour son approvisionnement alimentaire et énergétique, illustre parfaitement ces enjeux. Le Maroc à ainsi élaboré des stratégies agricoles nationales, notamment le Plan Maroc Vert et le programme Génération Green, visant à améliorer la sécurité alimentaire, renforcer l'efficacité économique et assurer la durabilité des ressources naturelles. À la lumière de ce qui précède, dans quelle mesure une stratégie fondée sur l'optimisation des ressources, plutôt que sur la recherche d'une aut a itosuffisance totäle, permet-elle au Maroc de concilier sécurité alimentaire, efficacité économique € et durabilité environnementale ? À ce titre, il vous est demandé de : 1. Identifier et analyser les contraintes structurelles propres à une économie à déficit hydrique et dépendante « des importations alimentaires et énergétiques. 2. Mobiliser de manière pertinente les concepts et outils d'analyse © en agroéconomie, notamment : eau virtuelle, productivité de l'eau, efficience allocative, avantages comparatifs. 3. Examiner les arbitrages liés à l'allocation des ressources, en particulier entre production nationale ét recours aux importations 4, Analyser le rôle des ju publiques et des mécanismes de gouvernance dans la estion intégrée du pue griculture. ىن le raisonnement”par dés exemples empiriques pertinents, en mettant À tin l'accent sur le contexte national en lien avec les stratégies agricoles nationales. 3/9 — صفحة 5 — المملكة المغرببة KL VOLS | اكنيو ROYAUME DU MAROC وزارة الفلاحة والصبد البحري والتنمية القروية والمياه والغابات 411+ الأمعاطا /4لو6544.()40/+ À HXACOH te FHolt A +084( 0111 ملارع.+ Ministère de l'Agriculture, de la Pêche Maritime, du Développement Rural et des Eaux et Forêts Sujet 2: Dans un contexte mondial marqué par l'instabilité géopolitique et la forte volatilité des prix de l'énergie, la cherté du pétrole à des impacts directs et indirects sur le secteur agricole, notamment au niveau des coûts de production, de l'irrigation et du transport des produits agricoles. Le Maroc, qui dépend en grande partie des importations énergétiques, est particulièrement exposé à ces fluctuations. La hausse du prix du pétrole se traduit par une augmentation des coûts de production agricole et par des pressions sur la compétitivité et la sécurité alimentaire. Tenant compte de ce qui précède, comment l'instabilité géopolitique et la hausse des prix du pétrole influencent-elles le secteur agricole au Maroc, et quelles stratégies peuvent être mises en œuvre pour en atténuer les effets et renforcer la résilience du système agricole national ? A ce titre, il vous est demandé de traiter le sujet sous forme de dissertation structurée et argumentée, en respectant les exigences suivantes : 1. Identifier les impacts directs et indirects de l'instabilité géopolitique et de la cherté du pétrole sur le secteur agricole marocain, notamment sur les coûts de production, l'irrigation, le transport et la compétitivité. 2. Mobiliser de manière pertinente des concepts et outils d'analyse agroéconomiques, tels que : coût de production, élasticité-prix, dépendance énergétique, efficience des intrants. 3. Examiner les arbitrages et choix stratégiques visant à réduire l'exposition du secteur aux fluctuations énergétiques. 4. Analyser le rôle des politiques publiques et des mécanismes d’adaptation, tels que les subventions ciblées, la diversification énergétique, l'amélioration de l'irrigation et le recours aux énergies renouvelables. S. Illustrer l'argumentation par des exemples empiriques pertinents, en particulier dans le contexte marocain. Page 5 sur 9
Correction proposée
Il s'agit d'une correction proposée, rédigée par l'équipe wadifa-info pour vous aider à comprendre la méthode — ce n'est pas un corrigé officiel de l'administration organisatrice.
Ce modèle est le concours de recrutement des ingénieurs d'État du 1er grade du Ministère de l'Agriculture, de la Pêche Maritime, du Développement Rural et des Eaux et Forêts, filière économie agricole / ingénierie du développement économique et social / ingénierie de l'économie agricole. L'épreuve a eu lieu le 5 avril 2026, dure 3 heures et a un coefficient de 4. C'est une épreuve mixte en trois parties :
- la Partie I (10 points) regroupe des questions de cours (définitions, statistique, enquêtes, analyse de données) ;
- la Partie II (10 points) propose deux exercices au choix : programmation linéaire ou régression linéaire ;
- la Partie III (10 points) propose deux sujets de dissertation au choix.
Le scan contient 5 pages sur les 9 annoncées (pages 1 à 5 ; la page 4 porte par erreur l'indication « 3/9 »). Toutes les questions des trois parties y figurent. Voici une correction méthodologique proposée.
💡 Avant de commencer : le total fait 30 points pour 3 heures, soit environ 1 heure par partie. Dans la Partie II, les deux exercices sont faisables : la programmation linéaire est plus rapide, mais elle cache un piège (des solutions optimales multiples) ; la régression demande plus de calculs, mais ceux-ci peuvent être vérifiés grâce à la variance des erreurs donnée dans l'énoncé (10,155). Dans la dissertation, ne citez aucun chiffre (déficit hydrique, volumes importés, subventions) que vous ne connaissez pas avec certitude : le jury note l'usage des concepts demandés et la qualité de l'argumentation.
Partie I : questions de cours (10 points)
1. Définitions (2 points)
- Indice élémentaire : il compare la valeur d'une seule grandeur (prix ou quantité d'un seul produit) entre une période courante t et une période de base 0 : It/0 = (xt / x0) × 100. Il est circulaire et réversible.
- Indice synthétique : il résume l'évolution d'un ensemble de grandeurs hétérogènes (un panier de biens) par une moyenne pondérée d'indices élémentaires. Exemples : l'indice de Laspeyres (pondération de la période de base), l'indice de Paasche (pondération de la période courante) et l'indice de Fisher (moyenne géométrique des deux). L'indice des prix à la consommation en est un exemple.
- Produit intérieur brut (PIB) : la valeur des biens et services finals produits sur le territoire pendant une période. Il se calcule de deux façons :
- par l'approche production : PIB = Σ des valeurs ajoutées + impôts sur les produits − subventions sur les produits ;
- par l'approche dépense : PIB = consommation finale (ménages et administrations) + formation brute de capital fixe + variation de stocks + exportations − importations.
- Valeur ajoutée : VA = production − consommation intermédiaire. C'est la richesse créée par l'unité de production, qui sert à rémunérer le travail, le capital et l'État.
- Consommation intermédiaire : la valeur des biens et services transformés ou entièrement détruits au cours du processus de production. En agriculture : semences, engrais, produits phytosanitaires, énergie, aliments du bétail.
- Modèle économétrique : une représentation mathématique et stochastique d'une relation économique, par exemple Y = β0 + β1X + ε. Ses paramètres sont estimés sur des données observées, puis testés et utilisés pour expliquer, prévoir ou simuler des politiques.
2. Moyenne des moyennes d'échantillons (1 point)
Réponse : a (identique à la moyenne de la population). La moyenne empirique est un estimateur sans biais : E(x̄) = μ. La distribution d'échantillonnage de x̄ est centrée sur μ, et sa variance vaut σ²/n (avec une correction pour un tirage sans remise dans une population finie).
3. Protocole d'enquête agricole (3 points)
Exemple : une enquête sur les rendements et les charges de production du blé tendre en zone bour dans une région. Le protocole comporte les étapes suivantes :
- Objectifs : estimer le rendement moyen, le coût de production par quintal et l'usage des intrants, et mesurer l'effet de la pluviométrie.
- Population et unités : les exploitations agricoles qui cultivent du blé ; l'unité statistique est l'exploitation (ou la parcelle).
- Base de sondage : le recensement général de l'agriculture ou le registre agricole, par commune.
- Plan de sondage : un sondage stratifié (strates selon la taille de l'exploitation et la zone agroclimatique), à deux degrés (communes ou douars, puis exploitations). La taille de l'échantillon se fixe par n = z² · σ² / e², puis se répartit proportionnellement ou selon l'allocation de Neyman.
- Questionnaire : identification, superficies, variétés, intrants (quantités et prix), main-d'œuvre, mécanisation, production, ventes. Il faut tester le questionnaire au préalable (pré-enquête).
- Mesures objectives : les carrés de rendement (récolte sur des placettes) complètent les déclarations des agriculteurs.
- Collecte : formation des enquêteurs, tablettes (collecte assistée par ordinateur), calendrier aligné sur la récolte, supervision.
- Traitement : apurement, contrôle de cohérence, traitement des non-réponses, pondération par l'inverse des probabilités de tirage.
- Analyse et diffusion : estimations avec leurs intervalles de confiance, tableaux par strate, rapport.
4. Bases de données agricoles et registre agricole (2 points)
- Utilité des bases de données : elles fournissent des bases de sondage à jour (condition d'un échantillon représentatif), réduisent le coût et la durée des enquêtes, permettent le suivi dans le temps (panels), le croisement avec d'autres sources (cadastre, images satellitaires, météo) et le calcul d'indicateurs pour la planification.
- Intérêt d'un registre agricole au Maroc : il identifie chaque agriculteur et chaque exploitation (superficie, cultures, cheptel). Il permet :
- de cibler les aides de l'État (subventions du Fonds de développement agricole, assurance agricole, aides en cas de sécheresse) ;
- de lutter contre les doubles emplois et les fraudes ;
- d'accompagner la protection sociale des agriculteurs et l'émergence d'une classe moyenne agricole, objectif de la stratégie Génération Green ;
- d'organiser les filières et l'agrégation ;
- d'améliorer les statistiques et l'évaluation des politiques publiques.
5. ACP et ANOVA (2 points)
- ACP (analyse en composantes principales) : une méthode descriptive multivariée pour des variables quantitatives. Elle résume un grand nombre de variables corrélées en quelques axes non corrélés (les composantes principales) qui conservent le maximum d'inertie (de variance). Elle sert à visualiser les proximités entre individus et les corrélations entre variables (cercle des corrélations), à construire une typologie (souvent suivie d'une classification) et à réduire la dimension avant une régression. Exemple : une typologie des exploitations selon la superficie, le cheptel, les intrants et les rendements.
- ANOVA (analyse de la variance) : elle teste si les moyennes d'une variable quantitative diffèrent selon les modalités d'un ou plusieurs facteurs qualitatifs. Elle décompose la variance totale en variance inter-groupes et variance intra-groupes, puis calcule la statistique F = (SCEinter/(k−1)) / (SCEintra/(n−k)). Ses conditions sont la normalité, l'homoscédasticité et l'indépendance. Exemple : comparer le rendement de trois variétés ou de trois doses d'engrais dans un essai agronomique.
Partie II, Exercice 1 : programmation linéaire (10 points)
Les données par kg de yaourt sont les suivantes : A utilise 2 kg de fraise, 1 kg de lait et 0 kg de sucre ; B utilise 3 kg de fraise, 2 kg de lait et 1 kg de sucre. Les stocks disponibles sont de 90 kg de fraise, 60 kg de lait et 30 kg de sucre. Les prix sont de 40 Dh/kg pour A et 60 Dh/kg pour B.
1. Variables de décision
x1 désigne la quantité (kg) de yaourt A produite et x2 la quantité (kg) de yaourt B produite.
2. Fonction objectif
Max Z = 40x1 + 60x2 (le chiffre d'affaires en Dh).
3. Contraintes
- Fraise : 2x1 + 3x2 ≤ 90
- Lait : x1 + 2x2 ≤ 60
- Sucre : x2 ≤ 30
- Non-négativité : x1 ≥ 0, x2 ≥ 0
4. Modèle primal et modèle dual
Primal : Max Z = 40x1 + 60x2, sous les contraintes 2x1 + 3x2 ≤ 90 ; x1 + 2x2 ≤ 60 ; x2 ≤ 30 ; x1, x2 ≥ 0.
Dual : y1, y2 et y3 sont les prix implicites (en Dh/kg) de la fraise, du lait et du sucre.
Min W = 90y1 + 60y2 + 30y3
sous les contraintes : 2y1 + y2 ≥ 40 (produit A) ; 3y1 + 2y2 + y3 ≥ 60 (produit B) ; y1, y2, y3 ≥ 0.
5. Représentation graphique et solution
Dans le plan (x1 en abscisse, x2 en ordonnée), on trace les trois droites :
- la droite de la fraise, 2x1 + 3x2 = 90, passe par (45 ; 0) et (0 ; 30) ;
- la droite du lait, x1 + 2x2 = 60, passe par (60 ; 0) et (0 ; 30) ;
- la droite du sucre, x2 = 30, est horizontale.
Les trois droites se coupent au point (0 ; 30). Pour tout x1 > 0, la droite de la fraise est au-dessous des deux autres. L'espace des solutions réalisables, à hachurer, est donc le triangle de sommets O(0 ; 0), A(45 ; 0) et B(0 ; 30). Les contraintes du lait et du sucre sont redondantes : elles ne touchent le domaine qu'au point B, où la solution est dégénérée.
On évalue la fonction objectif aux sommets : Z(O) = 0 ; Z(A) = 40 × 45 = 1 800 ; Z(B) = 60 × 30 = 1 800.
La fonction objectif s'écrit 40x1 + 60x2 = 20 (2x1 + 3x2) : elle est parallèle à la contrainte de la fraise. Il y a donc une infinité de solutions optimales : tout le segment [AB], c'est-à-dire tous les couples tels que 2x1 + 3x2 = 90 avec 0 ≤ x1 ≤ 45. Le chiffre d'affaires maximal est Z* = 1 800 Dh. Par exemple, 45 kg de A seulement, ou 30 kg de B seulement, ou 15 kg de A et 20 kg de B.
Vérification par le dual : y1 = 20 et y2 = y3 = 0 satisfont les contraintes (2 × 20 = 40 ≥ 40 ; 3 × 20 = 60 ≥ 60) et donnent W = 90 × 20 = 1 800 = Z*. Le prix implicite de la fraise est de 20 Dh/kg, et celui du lait et du sucre est nul, car ces ressources sont non limitantes. Seule la fraise est un facteur rare.
Partie II, Exercice 2 : régression linéaire (10 points)
1. Variables
La variable endogène (expliquée) est le bénéfice Y ; la variable exogène (explicative) est le budget de publicité X. C'est la publicité qui est censée générer du bénéfice. Le modèle s'écrit : Yi = a + bXi + εi.
2. Hypothèses des moindres carrés ordinaires
- le modèle est linéaire dans ses paramètres ;
- X est non aléatoire (ou indépendante de ε) et n'est pas constante ;
- E(εi) = 0 ;
- homoscédasticité : V(εi) = σ², constante ;
- absence d'autocorrélation : Cov(εi, εj) = 0 pour i ≠ j ;
- pour les tests, εi suit une loi N(0, σ²).
Sous ces hypothèses, les estimateurs MCO sont BLUE (théorème de Gauss-Markov).
3. Calcul des coefficients
On a n = 15, ΣX = 362, ΣY = 938, donc X̄ = 24,133 et Ȳ = 62,533.
ΣX² = 12 490 ; ΣY² = 64 926 ; ΣXY = 27 437.
Sxx = ΣX² − nX̄² = 12 490 − 362²/15 = 3 753,73
Syy = ΣY² − nȲ² = 64 926 − 938²/15 = 6 269,73
Sxy = ΣXY − nX̄Ȳ = 27 437 − 362 × 938/15 = 4 799,93
b̂ = Sxy / Sxx = 4 799,93 / 3 753,73 ≈ 1,279
â = Ȳ − b̂X̄ = 62,533 − 1,279 × 24,133 ≈ 31,67
La droite estimée est donc Ŷ = 31,67 + 1,279 X. Interprétation : un dirham supplémentaire de publicité est associé à environ 1,28 dirham de bénéfice en plus (dans les unités du tableau). Sans publicité, le bénéfice estimé serait d'environ 31,7.
4. Coefficient de corrélation
r = Sxy / √(Sxx · Syy) = 4 799,93 / √(3 753,73 × 6 269,73) ≈ 0,989. La liaison linéaire est positive et très forte.
5. Équation d'analyse de la variance et coefficient de détermination
SCT = SCE + SCR, c'est-à-dire Σ(Yi − Ȳ)² = Σ(Ŷi − Ȳ)² + Σ(Yi − Ŷi)².
SCT = 6 269,73 ; SCE = b̂ · Sxy = 1,279 × 4 799,93 ≈ 6 137,72 ; SCR = 6 269,73 − 6 137,72 ≈ 132,01.
R² = SCE / SCT ≈ 0,979 (on retrouve r² = 0,989²). Le budget publicitaire explique environ 97,9 % de la variance des bénéfices.
Vérification : σ̂² = SCR/(n − 2) = 132,01/13 ≈ 10,155, ce qui est exactement la valeur donnée par l'énoncé et confirme les calculs.
Le test de Fisher donne F = (SCE/1) / (SCR/13) ≈ 6 137,72 / 10,155 ≈ 604, très supérieur au seuil F(1 ; 13) à 5 %, qui est d'environ 4,67. La régression est significative.
6. Variances des coefficients
V̂(b̂) = σ̂² / Sxx = 10,155 / 3 753,73 ≈ 0,00271, soit un écart-type d'environ 0,052.
V̂(â) = σ̂² (1/n + X̄²/Sxx) = 10,155 × (1/15 + 24,133²/3 753,73) ≈ 2,253, soit un écart-type d'environ 1,501.
Les statistiques t sont tb ≈ 1,279/0,052 ≈ 24,6 et ta ≈ 31,67/1,50 ≈ 21,1. Les deux coefficients sont significatifs, car t0,975 ; 13 ≈ 2,16.
Partie III : dissertation (10 points, un sujet au choix)
Sujet 1 : le nexus eau-énergie-agriculture, optimiser les ressources plutôt que viser l'autosuffisance totale
Problématique : pour un pays en déficit hydrique structurel et dépendant des importations alimentaires et énergétiques, la sécurité alimentaire passe-t-elle par l'autosuffisance, ou par l'allocation optimale d'une eau rare entre les productions et entre production nationale et importations ?
Introduction : définir le nexus eau-énergie-agriculture (des secteurs interdépendants : l'irrigation consomme de l'énergie, le pompage et le dessalement aussi, l'agriculture est la première utilisatrice d'eau). Distinguer la sécurité alimentaire, au sens de la FAO (disponibilité, accès, utilisation, stabilité), de l'autosuffisance, qui consiste à produire soi-même tout ce que l'on consomme. Présenter le contexte : sécheresses récurrentes, baisse des réserves des barrages, Plan Maroc Vert, puis Génération Green 2020-2030. Annoncer le plan.
I. Des contraintes structurelles qui rendent l'autosuffisance totale coûteuse, voire impossible
- Le stress hydrique : pluviométrie irrégulière, surexploitation des nappes, salinisation. L'agriculture, en grande partie pluviale (bour), est très sensible aux sécheresses.
- La dépendance aux importations : céréales, oléagineux, sucre, et énergie. Cela expose le pays à la volatilité des cours et au taux de change.
- Le coût énergétique de l'eau : pompage profond, et dessalement, fortement consommateur d'énergie.
- Le concept d'eau virtuelle : importer un produit revient à importer l'eau nécessaire à sa production. Produire localement des cultures très consommatrices d'eau et à faible valeur revient à « exporter » de l'eau rare.
II. L'optimisation des ressources, une réponse plus efficiente, mais sous conditions
- La productivité de l'eau (en kg ou en dirhams par m³) doit guider l'allocation vers les cultures qui valorisent le mieux chaque m³.
- L'efficience allocative : les ressources vont là où leur valeur marginale est la plus élevée, en tenant compte des prix de l'eau et de l'énergie et des externalités.
- Les avantages comparatifs : se spécialiser (agrumes, primeurs, olivier, fruits rouges) et importer une partie des céréales. Mais attention au paradoxe : des exportations à forte valeur peuvent aussi être très consommatrices d'eau (exemples de débats connus sur certaines cultures d'exportation). L'optimisation doit donc intégrer la durabilité des nappes, pas seulement la valeur.
- Les arbitrages entre production nationale et importations : garder une production stratégique minimale (céréales, lait) pour la stabilité et le revenu rural, et constituer des stocks de sécurité ; diversifier les fournisseurs pour les importations.
- Les limites : le risque de marché (crises de 2008 et 2022), la dépendance géopolitique et la dimension sociale (l'emploi rural).
III. Des politiques publiques et une gouvernance intégrées pour concilier les trois objectifs
- Côté eau : l'irrigation localisée (goutte-à-goutte) avec ses limites, notamment l'effet rebond (l'économie d'eau à la parcelle peut accroître les surfaces irriguées) ; la réutilisation des eaux usées épurées ; le dessalement couplé aux énergies renouvelables ; le programme national d'approvisionnement en eau potable et d'irrigation.
- Côté énergie : le pompage solaire, qu'il faut encadrer car il peut accélérer la surexploitation des nappes, et le mix renouvelable.
- Côté gouvernance : la gestion intégrée par bassin hydraulique (loi 36-15 sur l'eau, agences de bassin), les contrats de nappe, la tarification et les quotas, et la coordination entre ministères (agriculture, eau, énergie).
- Côté agricole (Génération Green) : la valorisation de la production, l'agrégation, l'assurance, la recherche variétale (variétés tolérantes à la sécheresse) et l'agriculture de conservation (semis direct).
Conclusion : une stratégie d'optimisation est plus pertinente que l'autosuffisance totale, à condition d'y intégrer la soutenabilité des nappes, une part de production stratégique et une gouvernance intégrée du nexus. Ouverture : la sécurité alimentaire comme résilience plutôt que comme autarcie.
Sujet 2 : l'instabilité géopolitique, la cherté du pétrole et l'agriculture marocaine
Problématique : comment un choc énergétique externe se transmet-il au secteur agricole d'un pays importateur d'énergie, et quelles stratégies peuvent réduire cette exposition ?
I. Des impacts directs et indirects
- Directs : le carburant pour la mécanisation, l'énergie pour le pompage d'irrigation et le transport ; la hausse du coût de production et de la consommation intermédiaire.
- Indirects : les engrais azotés, dont le coût dépend du gaz, les aliments du bétail importés, le fret maritime, la logistique du froid ; l'inflation alimentaire et la perte de pouvoir d'achat ; la baisse de la compétitivité des exportations.
- Les concepts à mobiliser : le coût de production (part de l'énergie dans les charges), l'élasticité-prix de la demande d'intrants (faible à court terme, d'où un choc sur les marges) et de la demande alimentaire, la dépendance énergétique (part des importations dans la consommation) et l'efficience des intrants.
II. Les arbitrages et les choix stratégiques
- L'intensification, qui repose sur une forte consommation d'intrants, s'oppose à la sobriété (agriculture de conservation, fertilisation raisonnée).
- Les cultures d'exportation, sensibles au fret, s'opposent aux cultures vivrières.
- La substitution énergétique a un coût : pompage solaire, biogaz, efficacité des moteurs. Le risque est la surexploitation des nappes.
- Il faut arbitrer entre des subventions générales, coûteuses et mal ciblées, et des aides ciblées.
III. Les politiques publiques et les mécanismes d'adaptation
- Des subventions ciblées sur les petits agriculteurs (le registre agricole facilite ce ciblage) et des aides au transport professionnel pendant les pics de prix.
- La diversification énergétique : les énergies renouvelables et le pompage solaire encadré.
- L'amélioration de l'irrigation (efficience) et de la logistique (plateformes, circuits courts).
- Le stockage et la diversification des fournisseurs ; la valorisation des phosphates et de la production nationale d'engrais comme atout national.
- Les exemples empiriques à citer sans inventer de chiffres : la flambée de 2022 après le déclenchement de la guerre en Ukraine, et les aides publiques décidées à cette occasion. Vérifiez les montants dans les communiqués officiels si vous voulez les citer.
Conclusion : la résilience passe par la réduction de l'intensité énergétique de l'agriculture et par des filets de sécurité ciblés.
💡 Réponses clés : Q2 : a. Programmation linéaire : Z* = 1 800 Dh, solutions multiples sur le segment 2x1 + 3x2 = 90 (de 45 kg de A à 30 kg de B), la fraise étant la seule ressource limitante (prix dual de 20 Dh/kg). Régression : Ŷ = 31,67 + 1,279X ; r ≈ 0,989 ; R² ≈ 0,979 ; V(b̂) ≈ 0,0027 ; V(â) ≈ 2,25. À réviser pour ce concours : la comptabilité nationale (PIB, VA, CI), les indices, l'échantillonnage et les enquêtes, l'économétrie des MCO, la programmation linéaire (méthode graphique, dual, simplexe), l'analyse de données (ACP, ACM, ANOVA), et l'économie de l'eau et des politiques agricoles (Plan Maroc Vert, Génération Green, loi 36-15 sur l'eau).
Questions fréquentes sur ce sujet
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Organisme : Ministère de l'Agriculture, de la Pêche Maritime, du Développement Rural et des Eaux et Forêts · 05 avril 2026 — Copie issue de : archive publique de modèles de concours — document archivé tel que reçu ; l'avis officiel du concours fait foi.
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