Modèle de concours : CNC 2014 Physique I (TSI) — Concours National Commun
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En bref
Ce document est une ancienne épreuve écrite du concours de Concours d'accès aux écoles d'ingénieurs organisé par Concours National Commun (CNC) — CPGE (2014), publiée sur Wadifa Info en consultation et téléchargement PDF gratuits, avec une correction proposée.
- Organisme
- Concours National Commun (CNC) — CPGE
- Grade
- Concours d'accès aux écoles d'ingénieurs
- Spécialité
- Physique I
- Année
- 2014
- Pages
- 7
- Langue des questions
- français
- Correction
- correction proposée disponible sur cette page
📝 Texte des questions (extrait automatiquement des pages scannées)
Ce texte est extrait automatiquement des images de l'épreuve et peut contenir des erreurs de lecture — les images ci-dessus font foi.
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Concours National Commun - Session 2014 - Filière TSI
e On veillera à une présentation et une rédaction claires et soignées des copies.
Il convient en particulier de rappeler avec précision les |références des
questions abordées.
e Si, au cours de l’épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur
d’énoncé, il le signale sur sa copie et poursuit sa composition en indiquant
clairement les raisons des initiatives qu’il est amené à prendre.
e Toutes les réponses devront être très soigneusement justifiées.
e Si un résultat donné par l'énoncé est non démontré, il peut néanmoins être
admis pour les questions suivantes. Ainsi, les diverses parties du problème
sont relativement indépendantes entre elles.
L’épreuve se compose de deux problèmes indépendants.
Problème I - Etude d'un pendule de torsion
1. Détermination de la constante de raideur d'un fil de torsion
On considère un pendule de torsion constitué d'un fil de torsion vertical (F)
supportant par son centre une tige horizontale )7( de masse négligeable et de
longueur 2/, aux extrémités A et B de laquelle son fixées deux petites sphères
identiques de même masse m. L’extrémité supérieure du fil est reliée à un
support fixe. La tige peut tourner autour de l’axe Oz matérialisé par le fil de
torsion. Cet axe vertical est orienté vers le haut.
figure 1.2
figure 1.1 883
règle
Lorsqu'on fait tourner la tige selon l'axe du fil d'un angle 0 (figure 1.1), on
"tord" le fil. Lorsqu'on lâche la tige, le fil se "détord" en exerçant sur la tige un
couple de rappel 1--09 où C est la constante de torsion du fil. On suppose
qu'au repos, l'angle de torsion est nul.
L'étude du mouvement du pendule est faite dans le référentiel terrestre
R(O,x,y,z,t) supposé galiléen auquel on associe la base cartésienne (e,,e,…e.).
Epreuve de Physique | 1/7
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Concours National Commun - Session 2014 - Filière TSI
A l’instant choisi comme origine des temps, le pendule est abandonné avec les
conditions initiales 00 =0)=0, et 23 (( =0)=0.
1.1. Qu'appelle-t-on référentiel galiléen 2
1.2. Définir le référentiel terrestre. Citer une expérience historique qui a permis de
mettre en évidence le caractère non galiléen de ce référentiel. Justifier que
dans notre étude, ce référentiel peut être considéré galiléen.
1.3. On suppose dans cette question qu'il n'y a aucun frottement. Déterminer
l'équation différentielle vérifiée par l'angle 0. Donner dans ce cas la loi horaire
0() du mouvement de la barre et exprimer la pulsation رت caractérisant le
mouvement du pendule de torsion en fonction des données.
1.4. On tient compte maintenant des frottements sur les masses et on les modélise
par une force F =-Av s'exerçant sur chaque masse m , où v est la vitesse de
l'une des masses et À est une constante positive. On néglige cependant les
frottements s'exerçant sur la tige.
1.4.1. Quelle est l’origine physique des frottements s'exerçant sur chaque masse ?
1.4.2. En appliquant le théorème du moment cinétique au pendule, montrer que
l'équation différentielle du mouvement de l'ensemble {masses+tige} est de la
; ë + pee +y0=0. Exprimer ل[ et y et donner leur dimension.
0
1.4.3. Montrer que la solution de cette équation différentielle peut se mettre sous
la forme : 0()=g().exp(+/7) où 7 est une constante que l'on exprimera en
fonction des données. Sans chercher à expliciter la fonction g(), décrire
brièvement les différents régimes du mouvement du pendule.
1.4.4. ذ quelle(s) condition(s) sur À aura-t-on g(t)=c, cos(at)+c,sin(at) ? Exprimer
forme :
alors les constantes رن c, et w en fonction des données. On suppose cette
condition vérifiée dans la suite.
1.4.5. A quelle condition sur À l’erreur relative introduite par l’approximation
ره د ته est-elle inférieure à 1% ?
1.4.6. Tracer la représentation graphique de @() en fonction du temps, les
courbes enveloppes et la tangente à l'origine de l’enveloppe.
1.4.7. On appelle décrément logarithmique 6& la quantité دي Dre , 4
1 +1
7-22 estla pseudo-période. Exprimer à en fonction de 7 ,n et ‹٠
1.5. Le pendule de torsion oscille de 2 pseudo-périodes pendant 32 s. L'amplitude
des oscillations est réduite d'un facteur 3 au bout de 10 oscillations. On
prendra pour cette question 27113 =2,6.107 kg.m’ et 1=20 em.
Calculer numériquement à partir de ces valeurs :
(i) la pseudo-période 7 ;
(ii) ع1 décrément logarithmique 6 ;
(iii)la constante de temps + ;
(iv)la pseudo-pulsation هه et la pulsation propre œ, ;
(v) la constante de raideur du fil de torsion C .
2. Application : mesure de la constante de gravitation
Epreuve de Physique | 2/7
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L’interaction de gravitation est l’une des quatre interactions fondamentales de
la physique responsables de tous les phénomènes observés dans l'univers. Elle
fut introduite en 1687 pour interpréter le mouvement des planètes, le mouvement
de la Lune et le mouvement des corps dans le voisinage de la Terre.
2.1. Enoncer la loi de la gravitation universelle. Quel physicien est à l’origine de
cette loi 2
2.2. Quelles sont les trois autres interactions fondamentales de la physique 2
2.3. Parmi toutes ces interactions, quelles sont celles existant à l’échelle d’un
noyau atomique ?
Pour mesurer la constante de gravitation G, Henry Cavendish utilise, en
1798, une balance de torsion (figure 1.2) identique au pendule décrit dans la
partie 1. La tige est suspendue à un fil de torsion de même nature que celui
étudié dans la partie précédente et de constante de torsion C'. Les deux masses
du pendule de torsion peuvent être soumise à l'attraction de deux grosses boules
fixes (B,) et (B,) identiques de même masse M dans les centres respectifs B, et
B, sont situés dans le plan horizontal de la tige (T ) d'extrémités A, et A,.
En l'absence des boules (B,) et (B,), la tige (A,A,) occupe une position
d'équilibre telle que la torsion du fil soit nulle.
On ramène les deux boules dans deux positions symétriques par rapport au
milieu O de la tige (T) telles que les directions (A,B,) et (A,B,) soient
perpendiculaires à la direction de la tige (7 ) au repos et que A,B, =A,B, =d . Les
interactions gravitationnelles entres les boules (B,) et (B,) et les petites sphères
rompent l'équilibre initial du pendule. La tige tourne alors d'un angle œ très
faible mais mesurable tordant l'extrémité O du fil du même angle.
Afin de mesurer l'angle مه on colle un petit miroir plan en 0 sur le fil de
torsion. On l'éclaire ensuite à l'aide d'une lanterne. Le miroir réfléchit le faisceau
lumineux incident et donne un spot lumineux sur une règle graduée. En
l'absence de torsion du fil, ce spot coïncide avec le zéro de la règle située à la
distance D du fil de torsion. En présence de torsion du fil d'angle a, le spot se
déplace sur la règle de la longueur a =8,89 mm .
On négligera l'action de chaque grosse boule sur la petite sphère la plus
éloignée.
2.4. Donner l'expression de la force gravitationnelle Fa, exercée par la boule
(B,) sur la petite sphère (A,) et Fa. exercée par la boule (B,) sur la petite
sphère (A,). En déduire le couple 1١ exercé sur l’ensemble {tige (T ) + masses
m } par les interactions de gravitation.
2.5. Ecrire la condition d'équilibre de la tige (T ). En déduire la relation donnant la
constante de gravitation G en fonction de M ,m,d,!,C'eta.
2.6. Exprimer littéralement l'angle @ en fonction de a et D. Calculer sa valeur
numérique en radian et en déduire celle de la constante de gravitation G.
Comparer à la valeur estimée aujourd'hui 6,67259.10-!! N.m?.kg-?.
On donne : M =30kg, m=50g, d=15em, 1=5em, 05,0107 N mrad”* et
2.7. A partir de ce qui précède, montrer qu'en mesurant la période T, d'un
pendule pesant réalisé en suspendant une des petites sphères de masse m à
Epreuve de Physique | 3/7
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un fil de longueur ١ et connaissant le rayon R, de la Terre on pourra
déterminer la masse M, de la Terre. Expliquer qu'on peut aussi déduire la
masse des corps célestes.
Problème II - Thermodynamique
1. Généralités
On désigne par P et T respectivement la pression et la température d'un
corps pur.
1.1. Donner l'allure du diagramme d'état (P, 7) d'un corps pur pouvant exister
sous trois phases solide, liquide et vapeur en précisant la signification des
courbes et des domaines qu'elles délimitent. Définir le point triple et le point
critique.
1.2. Quelle est la particularité du diagramme d'état de l'eau ? Expliquer la cause
de cette particularité.
1.3. Représenter l’allure des courbes d'ébullition et de rosée sur le diagramme de
Clapeyron (P, v). On note 1 la température du point critique. Tracer sur ce
diagramme l'allure des trois isothermes 7 ‹T,., T =T, et T ›T. d'un corps
pur constitué de deux phases liquide et vapeur en équilibre. Définir la
pression de la vapeur saturante.
1.4. On désigne par 70 ( l'enthalpie massique d'un corps pur à la température T .
Montrer que le titre massique en vapeur est donné par :
Les indices 1 et v sont relatifs respectivement à la phase liquide et la phase
vapeur du corps.
1.5. Donner l'expression de la chaleur latente de vaporisation L,(W) du corps pur à
la température 7 en fonction de h,T) et 70٠
1.6. La variation élémentaire de l'entropie massique d'un corps pur à l'état liquide,
en fonction de la pression P et de la température T est donnée par :
ds =c, 7 - 7,47 , où c, et a désignent respectivement la capacité thermique
massique du corps pur à l'état liquide et le coefficient de dilatation isobare du
corps. Les deux grandeurs c, et œ sont supposées indépendantes de la
température et de la pression. Le volume massique v, est supposé
indépendant de la pression.
1.6.1. Quelle est la caractéristique d'une transformation …—adiabatique
quasi-statique ?
1.6.2. Calculer la variation AT =T,-T, de la température de l'eau liquide lors
d'une compression adiabatique quasi-statique amenant le fluide de l'état 1
(T, =306 K, P, =0,05 bar) à l'état 2 (T,, P, =55 bar). Commenter.
Epreuve de Physique | 4/7
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On donne v, -103 m° kg”, c, =4,18J.kg 'K"! et a=3,510*K".
2. Etude d'une centrale thermique motrice
On se propose Générateur de vapeur
d'étudier un
circuit figure 2.1
secondaire d'une
centrale
thermique
motrice. Le Turbine
circuit calorifugée
secondaire est
constitué par 1 جل 0ح م
une machine à Ahomnatour
vapeur
permettant la D
rotation d'un Pompe calorifugée Condenseur
alternateur.
Le schéma de la figure 2.1 décrit le fonctionnement d’une machine réelle. Elle
comprend principalement quatre éléments : un générateur de vapeur, une
turbine, un condenseur et une pompe d'alimentation. Le générateur de vapeur
(chaudière) produit de la vapeur saturée qui traverse la turbine où elle se détend
avant de se condenser, puis l'eau condensée retourne à la chaudière à travers la
pompe alimentaire.
Les différentes étapes du cycle décrit par une masse d'eau égale à m=1kg
sont les suivantes :
A—›B—C: dans la chaudière, l'eau sous forme liquide est chauffée de
façon isobare de la température T, =33 °C à la température T, =270 °C sous la
pression P, =55 bars puis vaporisée totalement de façon à l'amener à l'état de
vapeur juste saturante.
C—D : de la vapeur saturante sèche à la pression P, est introduite dans la
turbine où elle se détend de façon isentropique jusqu'à une pression P, =0,05 bar .
Dans l'état D , l'eau se trouve sous deux phases liquide — vapeur en équilibre. La
turbine entraîne la rotation de l'alternateur.
D 1ج : l'eau est évacuée dans un condenseur où la condensation s'achève à
la pression P,.
E—A : une pompe élève ensuite la pression de l'eau liquide de façon
isentropique de P, à P, puis l'eau est chauffée et vaporisée dans la chaudière à
pression constante P, .
Données :
Température Pression Entropie massique Enthalpie massique
Liquide Vapeur Liquide Vapeur
saturant saturante saturant saturante
2,97 5,92 1184 277
0,475 8,39 138 2560
Epreuve de Physique | 5/7
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On rappelle que l'entropie massique d'un corps pur sous deux phases liquide —
vapeur en équilibre s'écrit : s(x,,T)=c, Ln(T (+ a +Sy; S, étant une constante.
2.1. Représenter l'allure du cycle ABCDEA dans le diagramme de Clapeyron 0 sv )
faisant apparaître la courbe de saturation de l'eau. On positionnera les points
A, B, C, D et E en justifiant sans faire de calcul leur position et on
indiquera le sens de parcours du cycle.
2.2. Représenter le cycle ABCDEA dans le diagramme entropique (Ts). Expliquer
qualitativement comment on peut sur un tel diagramme évaluer le rendement
du cycle.
2.3. Le travail des forces de pesanteur ainsi que la variation d'énergie cinétique
subie par l'unité de masse du fluide sont supposés négligeables devant les
autres quantités d'énergie échangées. Montrer que, pour un fluide en
écoulement permanent, le premier principe de la thermodynamique, relatif à
l'unité de masse s'écrit : Ah =w, +g OÙ w, et q représentent respectivement le
travail massique utile et la chaleur massique échangés avec l'extérieur.
2.4. Calculer le travail massique de compression lors de la compression
isentropique du liquide EF .مرج
2.5. Déterminer la valeur numérique du titre x,(@,) et celle de l'enthalpie
massique h, (7, ) de la vapeur d'eau à la sortie de la turbine.
2.6. Préciser en le justifiant les signes des quantités de chaleurs massiques q, et
q, que l'eau échange avec l'extérieur respectivement dans le condenseur et
dans le générateur de vapeur. Calculer q, et q, .
2.7. Calculer le travail utile w,, fourni par 1 kg de vapeur d'eau à la turbine lors de
son passage.
2.8. Donner la définition du rendement thermodynamique n, du cycle du circuit
secondaire de la centrale thermique. Donner son expression et calculer sa
valeur numérique. Comparer n, au rendement م7 du cycle de Carnot décrit
entre les mêmes températures extrêmes T, et T, . Conclure.
2.9. Expliquer pourquoi le cycle de Rankine est plus avantageux que le cycle de
Carnot d'un point de vue pratique.
3. Augmentation du rendement
On désire augmenter le rendement de la machine thermique. On réalise alors
une machine fonctionnant suivant le cycle de Hirn. Pour cela, on ajoute un
surchauffeur à la centrale thermique. La vapeur fournie par la chaudière (point
C ) est maintenant portée à une température 1. supérieure à la température 7
de saturation, à la pression constante P,, dans le surchauffeur avant d'être
admise dans la turbine (figure 2.2). Le reste du cycle demeure inchangé.
Epreuve de Physique | 6/7
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Concours National Commun - Session 2014 - Filière TSI
Générateur de vapeur
B c i figure 2.2
Turbine
calorifugée
Alternateur
Pompe calorifugée Condenseur
Données : Vapeur d'eau surchauffée à 55 bars .
Température T..(°C) 500 600 700
Entropie massique 6.58 6.92 79 7.46
Enthalpie massique
4 3182 3426 3660 3894
3.1. Représenter l'allure du nouveau cycle ABCC'D'E'A dans le diagramme de
Clapeyron (P,v ) faisant apparaître la courbe de saturation de l'eau (on ne fera
aucun calcul).
3.2. Représenter l'allure du nouveau cycle ABCC'D'E'A dans le diagramme
entropique (T,s).
3.3. Expliquer pourquoi on ne doit pas faire fonctionner la turbine avec de la
vapeur humide.
3.4. En utilisant les données et les résultats précédents, déterminer pour les
différentes valeurs de la température T.. :
3.4.1. la quantité de chaleur .و fournie à 1kg de vapeur dans le surchauffeur,
3.4.2. le titre x,,. de la vapeur en fin de détente à la sortie de la turbine,
3.4.3. l'enthalpie massique h,. de la vapeur humide au point D'.
3.4.4. le travail massique w',, fourni à la turbine,
3.4.5. le rendement thermodynamique n, du cycle du circuit secondaire de la
centrale thermique. Commenter.
3.5. Quel est le paramètre qui limite la valeur du rendement نت ?
Epreuve de Physique | 7/7
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✅ Correction proposée
Il s'agit d'une correction proposée, rédigée par l'équipe wadifa-info pour vous aider à comprendre la méthode — ce n'est pas un corrigé officiel de l'administration organisatrice.
Ce modèle est l'épreuve de Physique I du Concours National Commun (CNC), session 2014, filière TSI (admission en écoles d'ingénieurs après les classes préparatoires). Elle comporte deux problèmes indépendants : I – le pendule de torsion (oscillations amorties, puis expérience de Cavendish) et II – la thermodynamique (changements d'état, cycle de Rankine puis cycle de Hirn d'une centrale thermique). Voici une correction proposée, question par question, avec la numérotation de l'énoncé.
Méthode : dans le problème I, tout découle d'une seule équation (théorème du moment cinétique sur l'axe Oz). Dans le problème II, travaillez systématiquement avec le premier principe industriel Δh = wu + q et lisez les valeurs dans les tableaux : la plupart des questions se ramènent à une soustraction d'enthalpies.
Problème I – Étude d'un pendule de torsion
1. Constante de raideur du fil de torsion
1.1. Un référentiel est galiléen si le principe d'inertie y est vérifié : un point matériel isolé (ou pseudo-isolé) y est au repos ou en mouvement rectiligne uniforme. Tout référentiel en translation rectiligne uniforme par rapport à un référentiel galiléen est lui aussi galiléen.
1.2. Le référentiel terrestre est lié à la Terre : origine en un point de la surface terrestre, axes fixes par rapport au sol. Il tourne par rapport au référentiel géocentrique avec la vitesse angulaire Ω ≈ 7,3.10-5 rad.s-1, il n'est donc pas rigoureusement galiléen. Expérience historique : le pendule de Foucault (1851, Panthéon de Paris) dont le plan d'oscillation tourne lentement par rapport au sol (on peut citer aussi la déviation vers l'est dans la chute libre). Dans notre étude, la durée de l'expérience (quelques minutes) est très petite devant la période de rotation de la Terre (24 h) et les effets d'inertie d'entraînement et de Coriolis sont négligeables devant les forces mises en jeu : on peut considérer le référentiel terrestre comme galiléen.
1.3. Système {tige + 2 masses}. Moment d'inertie par rapport à Oz (tige de masse négligeable, masses ponctuelles à la distance l) : J = 2ml². Le poids et la tension du fil ont un moment nul par rapport à Oz ; seul agit le couple de rappel Γ = −Cθ. Théorème du moment cinétique scalaire :
2ml² θ'' = −Cθ ⟹ θ'' + ω0² θ = 0 avec ω0 = √(C / 2ml²).
Avec θ(0) = θ0 et θ'(0) = 0 : θ(t) = θ0 cos(ω0t) (oscillations harmoniques de période T0 = 2π/ω0).
1.4.1. Les frottements sur les masses sont dus à l'air : résistance visqueuse du fluide sur les sphères en mouvement. À faible vitesse, cette force est proportionnelle à la vitesse et opposée à elle (F = −λv).
1.4.2. Chaque masse décrit un cercle de rayon l : v = l θ' eθ. La force −λ l θ' eθ appliquée à la distance l de l'axe a pour moment −λ l² θ' sur Oz ; pour les deux masses : −2λ l² θ'. Le théorème du moment cinétique donne
2ml² θ'' = −Cθ − 2λl² θ' ⟹ θ'' + (λ/m) θ' + (C/2ml²) θ = 0.
Donc β = λ/m, homogène à l'inverse d'un temps (s-1), et γ = C/(2ml²) = ω0², homogène à l'inverse d'un temps au carré (s-2).
1.4.3. On pose θ = g(t) e−t/τ. Alors θ' = (g' − g/τ) e−t/τ et θ'' = (g'' − 2g'/τ + g/τ²) e−t/τ. En reportant :
g'' + (β − 2/τ) g' + (γ − β/τ + 1/τ²) g = 0.
En choisissant τ = 2/β = 2m/λ, le terme en g' disparaît et il reste g'' + (ω0² − 1/τ²) g = 0. D'où les régimes :
- ω0τ > 1 (frottement faible, λ < 2mω0) : g est sinusoïdale → régime pseudo-périodique (oscillations dont l'amplitude décroît exponentiellement) ;
- ω0τ = 1 (λ = 2mω0) : g est affine → régime critique (retour le plus rapide à l'équilibre sans oscillation) ;
- ω0τ < 1 (λ > 2mω0) : g est une combinaison d'exponentielles réelles → régime apériodique (retour lent, sans oscillation).
1.4.4. g(t) = c1cos(ωt) + c2sin(ωt) exige ω0² − 1/τ² > 0, soit λ < 2mω0 = √(2mC) / l. Alors ω = √(ω0² − 1/τ²) = √(C/2ml² − λ²/4m²).
Conditions initiales : θ(0) = g(0) = c1 ⟹ c1 = θ0 ; θ'(0) = g'(0) − g(0)/τ = c2ω − θ0/τ = 0 ⟹ c2 = θ0/(ωτ) = λθ0/(2mω).
1.4.5. Erreur relative : (ω0 − ω)/ω0 = 1 − √(1 − 1/(ω0τ)²) < 0,01 ⟺ 1/(ω0τ)² < 1 − 0,99² = 0,0199 ⟺ λ/(2mω0) < 0,141, soit
λ < 0,28 mω0 = 0,28 √(mC/2) / l ≈ 0,2 √(mC) / l (équivalent : ω0τ > 7,1).
1.4.6. θ(t) = θ0 e−t/τ [cos ωt + sin(ωt)/(ωτ)] = A e−t/τ cos(ωt − φ) avec A = θ0√(1 + 1/(ωτ)²) ≈ θ0. Allure à tracer :
- une sinusoïde amortie qui part de θ0 avec une tangente horizontale (θ'(0) = 0) ;
- elle reste comprise entre les deux enveloppes ± A e−t/τ, qu'elle touche une fois par demi-pseudo-période ;
- la tangente à l'origine de l'enveloppe supérieure coupe l'axe des temps en t = τ (elle part de A avec la pente −A/τ).
1.4.7. g est périodique de période T, donc g(t + nT) = g(t) et
δ = ln[θ(t)/θ(t + nT)] = ln[e−t/τ / e−(t+nT)/τ] ⟹ δ = nT/τ.
1.5. Applications numériques :
- (i) 2 pseudo-périodes en 32 s : T = 16 s.
- (ii) Amplitude divisée par 3 en 10 oscillations : pour n = 10, δ = ln 3 ≈ 1,10 (soit δ1 = ln3/10 ≈ 0,110 par pseudo-période).
- (iii) τ = nT/δ = 10 × 16 / ln 3 ⟹ τ ≈ 146 s.
- (iv) ω = 2π/T ⟹ ω ≈ 0,3927 rad.s-1 ; ω0 = √(ω² + 1/τ²) = √(0,15421 + 4,7.10-5) ⟹ ω0 ≈ 0,3928 rad.s-1. L'écart relatif est d'environ 0,015 % : l'approximation ω ≈ ω0 est excellente (ω0τ ≈ 57 ≫ 7).
- (v) C = 2ml² ω0² = 2,6.10-5 × 0,15426 ⟹ C ≈ 4,0.10-6 N.m.rad-1.
(Pour information : m = 2,6.10-5/(2 × 0,2²) = 3,25.10-4 kg et λ = 2m/τ ≈ 4,5.10-6 kg.s-1.)
2. Application : mesure de la constante de gravitation
2.1. Loi de la gravitation universelle (Isaac Newton, 1687) : deux corps ponctuels (ou à symétrie sphérique) de masses m1 et m2, distants de r, s'attirent avec des forces opposées, portées par la droite qui les joint :
F1→2 = −G m1m2/r² · u12 (u12 unitaire de 1 vers 2), de norme G m1m2/r².
2.2. Les trois autres interactions fondamentales : l'interaction électromagnétique, l'interaction nucléaire forte et l'interaction nucléaire faible.
2.3. À l'échelle du noyau, les quatre existent, mais celles qui jouent un rôle sont l'interaction forte (cohésion des nucléons), l'interaction électromagnétique (répulsion entre protons) et l'interaction faible (radioactivité β) ; la gravitation y est totalement négligeable.
2.4. Chaque grosse boule est à la distance d de la petite sphère voisine, la direction A1B1 étant perpendiculaire à la tige :
FB1→A1 = G Mm/d² · uA1B1 et FB2→A2 = G Mm/d² · uA2B2, de même norme F = GMm/d², perpendiculaires à la tige et de sens opposés (positions symétriques par rapport à O).
Elles forment un couple ; chacune a un bras de levier l par rapport à Oz et elles tournent la tige dans le même sens :
Γ' = 2 l G Mm / d² · ez (au signe près selon le sens de rotation choisi sur la figure 1.2).
2.5. À l'équilibre, le couple de gravitation est compensé par le couple de torsion : 2lGMm/d² − C'α = 0, d'où
G = C' α d² / (2 M m l).
2.6. Quand le miroir tourne de α, le rayon réfléchi tourne de 2α. Donc tan(2α) = a/D et, α étant très petit, α = a/(2D) = 8,89.10-3/(2 × 5,0) ⟹ α ≈ 8,89.10-4 rad.
G = 5,0.10-7 × 8,89.10-4 × (0,15)² / (2 × 30 × 0,050 × 0,05) ⟹ G ≈ 6,67.10-11 N.m².kg-2.
Par rapport à 6,67259.10-11, l'écart relatif est d'environ 0,08 % : excellent accord.
2.7. Pendule simple de longueur l (petites oscillations) : Tp = 2π√(l/g), donc g = 4π²l / Tp². À la surface de la Terre, le poids s'identifie (en négligeant la rotation terrestre) à l'attraction gravitationnelle : mg = G MT m / RT². D'où
MT = g RT² / G = 4π² l RT² / (G Tp²).
Une fois G connu, on « pèse » de même les autres astres : pour un satellite (naturel ou artificiel) en orbite circulaire de rayon a et de période T autour d'un astre de masse Ma, la troisième loi de Kepler donne T²/a³ = 4π²/(G Ma), soit Ma = 4π²a³/(GT²) (masse du Soleil à partir de l'orbite terrestre, de Jupiter à partir de ses lunes, etc.).
Problème II – Thermodynamique
1. Généralités
1.1. Le diagramme (P, T) comporte trois courbes d'équilibre diphasé :
- la courbe de sublimation (solide ⇄ vapeur), aux basses pressions et températures ;
- la courbe de fusion (solide ⇄ liquide), très raide ;
- la courbe de vaporisation (liquide ⇄ vapeur), qui s'arrête au point critique.
Elles délimitent trois domaines : solide (basses températures / hautes pressions), liquide (entre fusion et vaporisation), vapeur (hautes températures / basses pressions). Sur une courbe, deux phases coexistent et P ne dépend que de T.
Point triple : point unique (Tt, Pt) où les trois phases coexistent en équilibre (pour l'eau : 273,16 K ; 611 Pa). Point critique : extrémité de la courbe de vaporisation ; au-delà de TC et PC, on ne distingue plus liquide et vapeur (état fluide supercritique ; pour l'eau ≈ 647 K ; 221 bar).
1.2. Pour l'eau, la courbe de fusion a une pente négative (dP/dT < 0) : augmenter la pression fait fondre la glace. Cause : la glace est moins dense que l'eau liquide (vsolide > vliquide, structure ouverte due aux liaisons hydrogène). D'après la relation de Clapeyron Lf = T(vl − vs) dP/dT avec Lf > 0 et vl − vs < 0, on obtient bien dP/dT < 0.
1.3. Dans le diagramme de Clapeyron (P, v) :
- la courbe de saturation a la forme d'une « cloche » : branche gauche = courbe d'ébullition (liquide saturant), branche droite = courbe de rosée (vapeur saturante sèche) ; elles se rejoignent au sommet, le point critique C ; sous la cloche, le corps est diphasé ;
- isotherme T < TC : très raide dans le domaine liquide (liquide peu compressible), puis palier horizontal sous la cloche (à la pression Ps(T)), puis décroissante, de type hyperbole, dans le domaine vapeur ;
- isotherme critique T = TC : le palier se réduit à un point d'inflexion à tangente horizontale en C ;
- isotherme T > TC : courbe décroissante sans palier, qui tend vers une hyperbole Pv = cte aux hautes températures.
Pression de vapeur saturante Ps(T) : pression à laquelle le liquide et sa vapeur coexistent en équilibre à la température T ; elle ne dépend que de T (c'est la hauteur du palier).
1.4. Pour une masse m dont mv en vapeur et ml = m − mv en liquide, l'enthalpie est extensive : m h = ml hl(T) + mv hv(T), soit avec xv = mv/m : h = (1 − xv) hl + xv hv, d'où
xv = (h − hl) / (hv − hl). Le même raisonnement avec l'entropie (également extensive) donne xv = (s − sl) / (sv − sl) (théorème des moments).
1.5. La vaporisation se fait à T et P constantes ; la chaleur reçue à pression constante est égale à la variation d'enthalpie : Lv(T) = hv(T) − hl(T).
1.6.1. Une transformation adiabatique (pas d'échange thermique, entropie échangée nulle) et quasi-statique (réversible, entropie créée nulle) est isentropique : ds = 0.
1.6.2. ds = 0 ⟹ cl dT/T = α vl dP ⟹ ln(T2/T1) = α vl (P2 − P1)/cl.
α vl ΔP / cl = 3,5.10-4 × 10-3 × 54,95.105 / 4180 ≈ 4,6.10-4, donc T2 = 306 × e4,6.10-4 et ΔT ≈ 0,14 K.
Commentaire : l'échauffement est négligeable : le liquide est quasi incompressible, une compression adiabatique ne le chauffe pratiquement pas. Dans la suite, on pourra considérer que la pompe ne modifie pas la température de l'eau (TA ≈ TE).
2. Étude d'une centrale thermique motrice
États : E liquide saturant (33 °C ; 0,05 bar) ; A liquide comprimé (≈ 33 °C ; 55 bar) ; B liquide saturant (270 °C ; 55 bar) ; C vapeur saturante sèche (270 °C ; 55 bar) ; D mélange liquide-vapeur (33 °C ; 0,05 bar).
2.1. Allure dans le diagramme (P, v), avec la cloche de saturation de l'eau :
- E est sur la courbe d'ébullition, à la basse pression 0,05 bar ;
- E → A : compression du liquide quasi incompressible → segment quasi vertical (v ≈ constant) jusqu'à 55 bar ; A est dans le domaine liquide, à gauche de la cloche ;
- A → B : chauffage isobare du liquide (55 bar) → segment horizontal jusqu'à B, sur la courbe d'ébullition ;
- B → C : vaporisation totale isobare et isotherme → palier horizontal sous la cloche jusqu'à C, sur la courbe de rosée (55 bar < PC ≈ 221 bar, donc le palier existe) ;
- C → D : détente isentropique → courbe descendante qui entre sous la cloche, jusqu'à D (0,05 bar, mélange diphasé) ;
- D → E : condensation isobare → palier horizontal à 0,05 bar jusqu'à E.
Le cycle est parcouru dans le sens horaire : c'est un cycle moteur (W = −∮P dv < 0).
2.2. Dans le diagramme entropique (T, s) :
- E → A : verticale (isentropique) quasi ponctuelle (ΔT ≈ 0,14 K, question 1.6.2) ;
- A → B : montée le long de la courbe d'ébullition (l'isobare d'un liquide en est très proche) de s ≈ 0,475 à s = 2,97 kJ.K-1.kg-1, de 33 °C à 270 °C ;
- B → C : palier horizontal à 270 °C de s = 2,97 à s = 5,92 ;
- C → D : verticale descendante (isentropique) à s = 5,92, jusqu'à 33 °C ;
- D → E : palier horizontal à 33 °C, retour à s = 0,475.
Sens horaire. Pour une évolution réversible δq = T ds : l'aire sous la courbe A→B→C représente la chaleur reçue q2 et l'aire intérieure du cycle représente le travail fourni |w| (car ∮T ds = −w). Le rendement est le rapport de ces deux aires : η = aire du cycle / aire sous ABC.
2.3. On considère un volume de contrôle (machine) traversé en régime permanent ; pendant dt, une masse dm entre (état 1) et la même masse sort (état 2). On applique le premier principe au système fermé Σ* = {fluide contenu dans la machine + dm qui va entrer} :
- régime permanent : la variation d'énergie de Σ* se réduit à dm (u2 − u1) (énergies cinétique et potentielle négligées) ;
- travail reçu : travail utile des parties mobiles dm wu + travail des forces de pression en amont et en aval P1v1 dm − P2v2 dm (travail de transvasement) ;
- chaleur reçue : dm q.
dm (u2 − u1) = dm wu + (P1v1 − P2v2) dm + dm q, et avec h = u + Pv : Δh = h2 − h1 = wu + q.
2.4. Pompe E → A : adiabatique réversible, donc q = 0 et wP = hA − hE. Avec dh = T ds + v dP et ds = 0, v = vl constant :
wP = vl(PA − PE) = 10-3 × (55 − 0,05).105 ⟹ wP ≈ 5,5 kJ.kg-1 (d'où hA ≈ 138 + 5,5 = 143,5 kJ.kg-1).
Ce travail est très faible devant les autres énergies du cycle.
2.5. Détente C → D isentropique : sD = sC = sv(270 °C) = 5,92 kJ.K-1.kg-1. Avec le théorème des moments à 33 °C :
xvD = (sD − sl)/(sv − sl) = (5,92 − 0,475)/(8,39 − 0,475) = 5,445/7,915 ⟹ xvD ≈ 0,688.
hD = hl + xvD(hv − hl) = 138 + 0,688 × (2560 − 138) ⟹ hD ≈ 1804 kJ.kg-1.
Si l'on utilise plutôt l'expression rappelée s = cl ln T + xvLv/T + s0 (avec Lv = hv − hl : 1603 kJ.kg-1 à 543 K, 2422 kJ.kg-1 à 306 K), on trouve xvD = (TD/LvD)[cl ln(TB/TD) + LvB/TB] ≈ 0,676 et hD ≈ 1775 kJ.kg-1 : l'écart (≈ 2 %) vient du modèle de liquide incompressible. Les deux démarches sont correctes si elles sont justifiées ; les valeurs suivantes sont calculées avec celles du tableau.
2.6. Échangeurs sans travail utile : q = Δh.
- Condenseur (D → E) : l'eau se condense, elle cède de la chaleur à la source froide : q1 < 0. q1 = hE − hD = 138 − 1804 ⟹ q1 ≈ −1666 kJ.kg-1.
- Générateur de vapeur (A → C) : l'eau est chauffée puis vaporisée, elle reçoit de la chaleur : q2 > 0. q2 = hC − hA = 2787 − 143,5 ⟹ q2 ≈ 2644 kJ.kg-1 (2649 kJ.kg-1 si l'on néglige le travail de pompe).
2.7. Turbine calorifugée (q = 0) : wTu = hD − hC = 1804 − 2787 ⟹ wTu ≈ −983 kJ.kg-1 : chaque kilogramme de vapeur fournit environ 983 kJ à la turbine.
2.8. Rendement = énergie utile / énergie coûteuse :
ηR = −(wTu + wP) / q2 = 1 + q1/q2 (premier principe sur le cycle : wTu + wP + q1 + q2 = 0).
ηR = (983 − 5,5)/2644 ⟹ ηR ≈ 0,37 (37 %).
Carnot entre TA = 306 K et TB = 543 K : ηC = 1 − TA/TB ⟹ ηC ≈ 0,44 (44 %).
Conclusion : ηR < ηC, conformément au théorème de Carnot. L'écart vient de l'étape A → B : l'eau liquide est réchauffée de 33 °C à 270 °C, donc elle reçoit une partie de sa chaleur à une température inférieure à TB (échange irréversible avec la chaudière). Le rendement reste néanmoins proche de celui de Carnot (≈ 85 % de celui-ci).
2.9. Pour réaliser un cycle de Carnot entre les mêmes températures, il faudrait arrêter la condensation avant l'état liquide puis comprimer de façon isentropique un mélange liquide-vapeur jusqu'à l'état de liquide saturant : c'est techniquement très difficile (compresseur diphasé, instabilités, cavitation, érosion) et cela demande un travail de compression important. Dans le cycle de Rankine, la condensation est totale : la pompe ne comprime que du liquide, avec un travail très faible (≈ 5,5 kJ.kg-1 contre ≈ 983 kJ.kg-1 fournis par la turbine) et un matériel simple et fiable.
3. Augmentation du rendement (cycle de Hirn)
3.1. Diagramme (P, v) : le cycle est identique jusqu'à C, puis C → C' est un segment horizontal (isobare 55 bar) qui sort de la cloche vers la droite, dans le domaine de la vapeur sèche (surchauffée). La détente isentropique C' → D' redescend jusqu'à 0,05 bar et entre sous la cloche en un point D' situé plus à droite que D (vapeur plus sèche). D' → E' → A comme avant (E' = E). Sens horaire.
3.2. Diagramme (T, s) : après le palier B → C à 270 °C, l'isobare C → C' monte dans le domaine vapeur (T et s croissent) jusqu'à TC' ; puis C' → D' est une verticale descendante à sC' > sC, qui coupe la courbe de rosée et s'arrête sur le palier 33 °C, à droite de D ; D' → E palier horizontal. L'aire du cycle est augmentée par la « bosse » de surchauffe.
3.3. Une vapeur trop humide contient des gouttelettes de liquide qui, à grande vitesse, érodent et corrodent les aubes de la turbine, provoquent vibrations et pertes par frottement (baisse du rendement de la turbine). On impose en pratique un titre en sortie élevé (de l'ordre de 0,85 à 0,9 au moins) ; ici xvD ≈ 0,69 est trop faible, d'où l'intérêt de la surchauffe.
3.4. Formules utilisées (hC = 2787, wP = 5,5, q2 = 2644 kJ.kg-1) :
- 3.4.1. qS = hC' − hC (surchauffe isobare) ;
- 3.4.2. xvD' = (sC' − 0,475)/7,915 (détente isentropique, sD' = sC') ;
- 3.4.3. hD' = 138 + 2422 xvD' ;
- 3.4.4. w'Tu = hD' − hC' ;
- 3.4.5. ηH = (|w'Tu| − wP) / (q2 + qS).
| TC' (°C) | 400 | 500 | 600 | 700 |
|---|---|---|---|---|
| qS (kJ.kg-1) | 395 | 639 | 873 | 1107 |
| xvD' | 0,771 | 0,814 | 0,850 | 0,882 |
| hD' (kJ.kg-1) | 2006 | 2110 | 2196 | 2275 |
| w'Tu (kJ.kg-1) | −1176 | −1316 | −1464 | −1619 |
| ηH | 0,385 | 0,399 | 0,415 | 0,430 |
Commentaire : la surchauffe augmente à la fois le rendement (de 37 % sans surchauffe à 43 % à 700 °C) et le titre en sortie de turbine (vapeur plus sèche, turbine moins exposée à l'érosion). Le rendement reste inférieur à celui de Carnot entre 33 °C et TC' (55 % à 400 °C, 69 % à 700 °C).
3.5. Le paramètre limitant est la température maximale de la vapeur surchauffée TC' : elle est bornée par la tenue mécanique et thermique des matériaux (tubes du surchauffeur, aubes de la turbine), qui perdent leur résistance (fluage, corrosion) aux très hautes températures. À l'autre extrémité, la température de condensation est imposée par la source froide disponible (eau de rivière ou de mer).
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