Modèle de concours : CNC 2018 Physique II (MP) — Concours National Commun
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En bref
Ce document est une ancienne épreuve écrite du concours de Concours d'accès aux écoles d'ingénieurs organisé par Concours National Commun (CNC) — CPGE (2018), publiée sur Wadifa Info en consultation et téléchargement PDF gratuits, avec une correction proposée.
- Organisme
- Concours National Commun (CNC) — CPGE
- Grade
- Concours d'accès aux écoles d'ingénieurs
- Spécialité
- Physique II
- Année
- 2018
- Pages
- 7
- Langue des questions
- français
- Correction
- correction proposée disponible sur cette page
📝 Texte des questions (extrait automatiquement des pages scannées)
Ce texte est extrait automatiquement des images de l'épreuve et peut contenir des erreurs de lecture — les images ci-dessus font foi.
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Concours Commun Marocain - Session 2018 - Filière MP
e On veillera à une présentation et une rédaction claires et soignées des copies. Il convient en
particulier de rappeler avec précision les |références| des questions abordées.
* Toutes les réponses devront être très soigneusement justifiées.
e Si un résultat donné par l'énoncé est non démontré, il peut néanmoins être admis pour les
questions suivantes. Les différentes parties du problème sont très indépendantes entre elles.
e Si, au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur dénoncé, il le signale
sur sa copie et poursuit sa composition en indiquant clairement les raisons des initiatives qu'il est amené à
prendre.
Quelques aspects relatifs aux rayons X
Le problème étudie quelques aspects relatifs aux rayons X. Ces rayonnements électromagné-
tiques très énergétiques ont été découverts par Rôntgen en 1895.
Les rayons X sont utilisés dans des domaines très divers, par exemple : en cristallochimie, en
analyse élémentaire, en imagerie médicale, dans la détection de corps étrangers, etc.
Données :
- Masse de l’électron : m = 9.10 317
- Charge de l’électron : q = —e = —1,6.10-"?C
- Nombre d’Avogadro : Na = 6,02.10?°
-Vitesse de la lumière : c = 3.108m.s—!
- Constante de Planck : h = 6, 64.10 5
- Constante de Stefan : ع = 567.10 917.022. *
- Permittivité diélectrique du vide : eg = 8,854.10 127.11
I Généralités sur les rayons X
Dans une enceinte sous vide, des électrons émis par un filament chauffé sont accélérés grâce
à une haute tension et bombardent une cible métallique appelée anode, de numéro atomique Z.
L'impact de ces électrons produit un rayonnement électromagnétique appelé rayons X.
Tension accélératrice
Enceinte de verre
à = courant anodique
filament
1
Courant de chauffage
pièce de concentration
Rayons X
Figure 1 — Principe de production des rayons X : tube de Coolidge
1.1. Emission des électrons
Le filament de tungstène d’un tube de Coolidge est assimilé à un fil cylindrique de longueur / et de
diamètre d = 0,2mm ; il est enroulé en hélice. En régime permanent, il est parcouru par un courant
électrique d'intensité I, et sa température, constante, est notée 1٠
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1.1.1. Donner l'expression de la résistance électrique R du filament.
1.1.2. Donner l'expression de la puissance de Joule dissipée dans le filament.
1.1.3. Rappeler la loi de Stefan donnant la puissance surfacique rayonnée par le filament à la
température T.
1.1.4. Déterminer l'intensité du courant permettant d'atteindre une température 2600 K. On donne
la résistivité du tungstène p(T = 2600) = 7,51.10-7O.m.
1.1.5. On suppose que chacun des électrons est émis sur la cathode sans vitesse initiale. Exprimer,
puis calculer sa vitesse d'impact v sur l’anode lorsqu'il est accéléré par une différence de
potentiel U = U4 — Uc = 40kV. Commenter.
Lorsqu'ils pénètrent dans l’anode (appelée aussi anticathode), les électrons y interagissent selon
deux processus. Le premier processus est un freinage des électrons dans l’anode et il donne un
spectre continu (ou bremsstrahlung). Le deuxième processus donne un spectre discontinu, plus
intense, dû aux transitions électroniques dans les atomes de la cible, et dans l'exemple considéré
dans la figure 2 on a deux raies À et À».
4 Intensité Ix
10000:; ::40000
3000 }
2000
1000
A 1 À, A Longueur d'onde A
Figure 2 — Spectre de rayonnements émis par une anode en cuivre sous une tension de 40 kV
1.1.6. Déterminer la relation entre la tension accélératrice U et la longueur d'onde ووم du spectre,
et expliquer à quelle situation correspond ce rayonnement روما ? Déterminer Ain pour
U = 40kV.
1.1.7. Étude du processus de freinage
Le noyau (cible) de charge q = Ze, supposé fixe en un point O, exerce sur l’électron, se trouvant en
E : ve Ze
M, la force électrique F = — .يغ
1.1.7.1. Donner la nature et l'allure de la trajectoire de l’électron au voisinage du noyau; ce
mouvement est-il varié ? Justifier.
1.1.7.2. Donner une interprétation expliquant pourquoi le spectre de freinage est continu. On
pourra s’aider de schéma(s).
1.2. Considérations énergétiques de fonctionnement du tube de rayons X.
Le tube de production de rayons X est parcouru par un courant d'intensité i = 10 mA et son
rendement est 7 = 1%. La tension d'accélération est U = 40kV.
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1.2.1. Déterminer la puissance électrique consommée par le circuit de haute tension.
1.2.2. Déterminer la puissance rayonnée P,.
12.3. Expliquer la nécessite de refroidissement d’un tube de production de rayons X.
1.2.4. L'anode de cuivre est refroidie par la circulation d’eau ; celle-ci entre à 0, = 20°C et sort à
6, = 55°C. La capacité thermique massique de l’eau est ce = 4,18kJ.ke !.K*. Quel doit
être la valeur du débit massique De de l’eau ?
II Transitions électroniques et spectres de raies atomiques
On se propose d'interpréter le rayonnement discret émis par un atome. On étudie d’abord
l'exemple, simple, de l'atome d'hydrogène ; puis on pourra généraliser aux atomes de la cible bom-
bardée par des électrons lors de la production de rayons X.
11.1. Étude de l'atome d'hydrogène.
C’est un système, supposé isolé, formé d’un proton (noyau), de masse my, = 1836.m, et d’un électron
(de masse m); ce dernier est en mouvement autour du proton sous l’action de la force d'attraction
_ de valeur k = 2,30.10-%51.
410/7
11.1.1. Modèle classique de Rutherford de l'atome de d'hydrogène
coulombienne F ; on posera k =
Dans le référentiel galiléen R(OXYZ) centré sur le proton, fixe au point O, on repère le mouvement
de l’électron par OM = r. = dans la base, de travail, cylindrique Ü Ve, 7, ;
Figure 3 — L'atome d'hydrogène
I[.1.1.1. Rappeler l'expression de la force F exercée par le noyau sur l’électron, et montrer que
sa trajectoire est plane.
11.1.1.2. On suppose que la trajectoire de l’électron autour du noyau est circulaire de rayon r.
Exprimer les vecteurs : vitesse 7, accélération 7 et moment cinétique, en O, Lo.
IL1.1.3. Déterminer l'énergie potentielle E,(r), on prendra Ey(r + œ) = 0.
I[.1.1.4. Donner l'expression de l'énergie mécanique E(r) en fonction de k et r.
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11.1.2. Insuffisances du modèle classique de l'atome d'hydrogène.
L'électromagnétisme classique, prévoit que l’électron d'accélération 7 rayonne, et perd, de l’éner-
gie ; il devrait, alors, tomber sur le noyau au bout d’une durée T.
11.1.2.1. Donner l'expression du dipôle électrique 7 constitué par l’électron et le proton.
IL1.2.2. Montrer que ce système est équivalent à deux dipôles 71 = pi(t). Vx et 72 =
p2(t). 7, On donne p1(t) = po.cos(w.t), déterminer les expressions de po et de p2(t).
La base cartésienne est notée 1 Ux, Uy, 1 } ;
Soit un point M’ du plan XOY, repéré par OM’ = ٠. y et par l'angle « tel que « = (1x, L,). Le
dipôle 71 crée un champ électrique de la forme HA )11,1( ا .له )1 ح es
IL.1.2.3. Justifier le terme t — F dans )رم — 2 )
IL1.2.4. Au loin, أ › r, l'onde est supposée localement plane; déterminer l'expression du
vecteur de Poynting 1.
2 e
3م4760 3
La puissance moyenne rayonnée par l’électron est de la forme : P, = 7 2, donc l'énergie
diminue ainsi que le rayon r. On donne = 3,95.10-°SI.
IL1.2.5. Exprimer, puis déterminer la "durée de vie" + de l'atome d'hydrogène, sachant que le
rayon initial est 7 = 53,3pm. Commenter.
11.1.3. Modèle semi-quantique de Bohr (1885-1962, Nobelisé en 1922)
Expérimentalement on avait établi qu’un atome excité, était capable de rayonner une onde électro-
magnétique. Pour l'atome d'hydrogène, les longueurs d'onde موا caractéristiques de ces rayonne-
1 1
ments vérifient la loi expérimentale de Balmer-Rydberg : = = ).يرا — —), Où p et و sont des
2
entiers non nuls (p › q) et R;; est la constante de Rydberg. م À
On souhaite retrouver théoriquement ce résultat pour l'atome d'hydrogène.
En tenant compte de résultats connus en 1913, Bohr a introduit deux hypothèses :
- La relation entre l'énergie E et la fréquence رونا du rayonnement émis : E = وح — Ep = h-vap.
- De plus, il a posé la condition de quantification du moment cinétique : Lo = n.h, où n € N° et
h = Æ = 1,05.10-%*S1 est la constante réduite de Planck.
IL1.3.1. D’après la relation de quantification déterminer le rayon r, de l'orbite circulaire de
l’électron en fonction de m , ep, e, À et n.
IL.1.3.2. Calculer le rayon de Bohr de l'atome H dans son état fondamental : r1.
1L.1.3.3. Déterminer le module de la vitesse v,, en fonction de n et d’une constante وه à explici-
ter. Est-ce une vitesse relativiste ? Justifier.
I1.1.3.4. Déterminer l'énergie E, (Tr, ), en fonction de n et d’une constante Ep à expliciter.
IL1.3.5. En déduire l'interprétation de la loi expérimentale de Balmer-Rydberg, et donner l’ex-
pression de la constante de Rydberg برك en fonction de m, 60 , e fietc.
1L1.3.6. Déterminer en eV l'énergie d’ionisation de l'atome H.
Dans une lampe spectrale à hydrogène, on considère les raies correspondant aux transitions de
l’électron de l'atome d'hydrogène mettant en jeu les raies visibles de Balmer p = 2.
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11.1.3.7. Montrer qu’on a quatre raies dans le spectre visible de longueur d'onde : A4 › 712 ›
À3 › بها on donnera les longueurs d'ondes extrêmes. On donne : R5 7 Ag = 91,2nm.
1L1.3.8. L'ordre de grandeur de la longueur d'onde des rayons X est 100pm. Peut-on générer
des rayons X par les transitions électroniques de l'hydrogène ?
11.1.4. Production de raies X sur une cible de cuivre
Pour le cuivre de numéro atomique Z = 29, on donne les énergies des électrons des couches K, L et
Men keV : Er =—8, 98, Ez, = 0,93 et Em = - 007.
IL.1.4.1. Préciser, avec justification, laquelle de ces couches est la plus proche du noyau.
1[1.4.2. Déterminer les longueurs d'ondes correspondant aux transitions électroniques vers
cette couche.
111 Application : utilisation des rayons X en imagerie médicale
Les rayons X sont absorbés par la matière en fonction de la nature de la matière et de l'épaisseur
de matière traversée. On considère un faisceau de rayons X, de direction x'x, constitué d’un flux
homogène de photons. Les phénomènes de diffraction et de diffusion sont négligés. On suppose
que la couche de matière d'épaisseur dx et de surface 5 est constituée d’un seul type d’atome. Le
matériau possède une masse volumique p et une masse molaire M. Voir figure 4.
جر Faisceau de rayons X
ا وا ا ا ا اا ا أ ا eee ie ا
هب يج
كا 5
Figure 4 — Absorption de rayons X
111.1. Exprimer le nombre dN, d’atomes contenus dans ce volume en fonction de M, p, S, dx et de
la constante d’Avogadro Na.
On suppose dx suffisamment petit pour que tous les atomes de la couche soient contenus dans un
même plan et on appelle r, le rayon de ces atomes. On appelle N(x) ع1 nombre de photons incidents
du faisceau de rayons X, arrivant en x sur une section 5 par unité de temps et N(x + dx) le nombre
de photons transmis au-delà de la couche d'épaisseur dx, par unité de temps.
IIL.2. Proposer un modèle simple de l'absorption permettant d'expliquer la variation de N entre x
et x+dx.
111.3. En utilisant le modèle précédent, exprimer N(x + dx) en fonction de : N(x), رم M, ra, Na et dx
et montrer que l'équation différentielle vérifiée par N(x) s’écrit :
ro + مامت N(x) = 0
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111.4. Donner la solution de cette équation différentielle. On note par Ny le nombre de photons par
unité de temps sur la face d'entrée, repérée par x = 0, et on introduit le coefficient d'absorption
y — 1020
111.5. On étudie la radiographie d’un doigt de la main supposé cylindrique : voir figure 5.
L'os du doigt assimilé à un cylindre plein, de rayon و7 = 0, 4cm, est entouré par le muscle d’épais-
seur e = 0,1cm. Pour le faisceau de rayons X utilisé, on donne les coefficients d'atténuation (ou
d'absorption) linéique de l'os up = 1, 6cm -1 et du muscle سلا = 0,38cm =,
Intensité initiale
Muscle £
| Intensité transmise
Figure 5 — Modélisation de la radiographie d’un doigt d’une main
IIL.5.1. Entre le muscle et l'os, et sur une même épaisseur, lequel absorbe le plus les rayons X?
Donner une interprétation.
Imax—Imin
111.5.2. On peut caractériser une radiographie par le contraste : C = se, où Imax et [min SONt
les intensités transmises maximale et minimale respectivement.
Quel est le sens physique du contraste ? Dans quel intervalle varie-t-il ?
IIL.5.3. Déterminer l'expression du contraste C, avec lequel apparait la radiographie de l'os.
IIL.5.4. Déterminer l'expression du contraste ون avec lequel on radiographie la forme du muscle
entourant 105.
IIL.5.5. Calculer le contraste du muscle .من Le contraste de l'os vaut 0,55; quel commentaire peut-
on faire ?
IIL.5.6. Expliquer comment sera modifiée la radiographie si l'os est cassé ou fêlé.
IV Application : utilisation des rayons X en cristallographie
On étudie la diffraction par réflexion d’un faisceau parallèle de rayons X, monochromatique
de longueur d'onde À = 1,54.10-°m, par une poudre d’un cristal (échantillon étudié), celui-ci est
formé d’entités (atomes, par exemple) régulièrement placés dans l’espace. La figure 6(a) représente
le dispositif expérimental utilisé, il mesure l'intensité I lorsque l'angle 0, entre le faisceau incident
et le porte-échantillon, varie ; les entités (diffractantes) sont représentées par des points.
IV.1. Rappeler le principe de Huyghens-Fresnel de la diffraction des ondes électromagnétiques par
une ouverture (Z). Dans la suite on admettra le phénomène de diffraction par réflexion.
IV.2. Montrer que le rayon diffracté par réflexion est dévié d’un angle 20 : voir figure 6.
Épreuve de Physique II 6/7 Tournez la page SVP
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détecteur Faisceau incident Faisceau diffracté
tube fixe parallèle د parallèle
PlanA1 — 3 اي su FRE
PlanA: -- ا ل هت
échantillon ER ; ; |
Figure 6 — Dispostif d'étude de diffraction X
IV.3. Quelle est la forme des surfaces d'ondes pour un faisceau parallèle ? Justifier.
17.4. A l’aide d’un schéma soigné de la figure 6(b), déterminer la différence de marche optique
&a(M) entre les deux rayons diffractés par réflexion et parallèles dans la direction 6 ; ces rayons
sont diffractés par deux entités (atomes) appartenant aux plans A, et A» d’une famille de plans
A : {Ai=12,.,p}, distants de du.
IV.5. Montrer que les maximas d'intensité vérifient la relation 2.d 4.sin(Omax,A) = N.À avec n entier.
IV.6. Application en cristallographie
On étudie la diffraction d’un faisceau parallèle de rayons X par une poudre d’un cristal cubique
d’arête a tridimensionnel, mais pour simplifier on raisonne sur la figure 7, à deux dimensions.
On étudie l'intensité I(20), diffractée par différentes familles de plans parallèles diffractants, par
exemple À : {Ai=12,.p}, B : {B:=12,.4} et C : ريمح On s'intéresse à la diffraction à l’ordre
1 5 81 1%
1 ا 2
Lee
Figure 7 — Traces des plans, d’un cristal, diffractants les rayons X
IV.6.1. Déterminer les distances interplanaires da, dp et dc.
sin (0 max B ) sin (O max 0 )
: : : sn (@max, A ) 8 2 sin (Omax,A )
maximas d'intensité de ces trois familles de plans أ = A, B, C.
IV.6.2. Déterminer les rapports r, = les angles ري COrrespondent aux
On considère le cristal de chlorure de césium CsCl : 01 est au centre d’un cube, de coté a, dont les
sommets sont occupés par 5
IV.6.3. On observe des maximas d’intensités pour les angles : 260, = 21,6°, 20, = 30,79 et 20, =
49,5°. Faites correspondre chacun de ces angles à l’une des trois familles de plans. En dé-
duire la valeur du paramètre a.
Épreuve de Physique II 7/7 Fin
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✅ Correction proposée
Il s'agit d'une correction proposée, rédigée par l'équipe wadifa-info pour vous aider à comprendre la méthode — ce n'est pas un corrigé officiel de l'administration organisatrice.
Ce sujet est l'épreuve de Physique II du Concours National Commun (CNC) 2018 (« Concours Commun Marocain »), filière MP, concours d'accès aux écoles d'ingénieurs marocaines. Le scan contient les 7 pages de l'énoncé (sans page de garde, donc sans la durée). C'est un problème intitulé « Quelques aspects relatifs aux rayons X », en quatre parties indépendantes : I) production des rayons X dans un tube de Coolidge (filament, rayonnement de freinage, bilan thermique), II) spectres de raies (modèle classique de l'atome d'hydrogène, durée de vie classique, modèle de Bohr, raies K du cuivre), III) absorption des rayons X et contraste en radiographie, IV) diffraction de Bragg et détermination du paramètre de maille de CsCl. Voici une correction méthodologique proposée.
💡 Avant de commencer : le sujet mélange électrocinétique, mécanique à force centrale, rayonnement dipolaire, physique quantique élémentaire et optique ondulatoire : repérez d'abord les questions « de cours » (loi de Stefan, Duane-Hunt, force centrale, modèle de Bohr, loi de Beer-Lambert, relation de Bragg), qui représentent plus de la moitié des points. Gardez le lien entre les parties : la raie Kα du cuivre calculée en II.1.4 (≈ 154 pm) est exactement la longueur d'onde utilisée en IV.
I. Généralités sur les rayons X
I.1. Émission des électrons
- I.1.1. R = ρ l/(π d2/4) = 4ρ l/(π d2).
- I.1.2. PJ = R Ic2 = 4ρ l Ic2/(π d2).
- I.1.3. Loi de Stefan (corps noir) : φ = σ T4 (W·m−2).
- I.1.4. En régime permanent, la puissance Joule est rayonnée par la surface latérale π d l (conduction et rayonnement reçu négligés) : 4ρ l Ic2/(πd2) = σT4 π d l. La longueur l se simplifie : Ic = (πT2/2)√(σ d3/ρ). A.N. : σd3/ρ = 5,67·10−8 × 8·10−12/7,51·10−7 ≈ 6,04·10−13 ; Ic ≈ 1,06·107 × 7,77·10−7 ≈ 8,3 A.
- I.1.5. Théorème de l'énergie cinétique : ½mv2 = eU, v = √(2eU/m) ≈ 1,19·108 m/s ≈ 0,40 c. Commentaire : v n'est pas négligeable devant c, le calcul classique est approximatif (eU = 40 keV contre mc2 = 511 keV) ; le calcul relativiste donne γ ≈ 1,078 et v ≈ 1,12·108 m/s.
- I.1.6. La longueur d'onde minimale correspond au cas où un électron cède toute son énergie cinétique eU en un seul photon : hc/λmin = eU, soit λmin = hc/(eU) (loi de Duane-Hunt), indépendante du métal de l'anode. A.N. : λmin = 6,64·10−34 × 3·108/(1,6·10−19 × 4·104) ≈ 31 pm.
I.1.7. Rayonnement de freinage
- I.1.7.1. La force est centrale, attractive, en 1/r2 (électron −e, noyau +Ze) : la trajectoire est plane et conique ; l'électron incident n'est pas lié (énergie mécanique positive), c'est une branche d'hyperbole dont le noyau occupe le foyer intérieur (l'électron contourne le noyau et est dévié). Le mouvement est accéléré (non uniforme) : a = F/m ≠ 0, la vitesse change de direction et de norme (conservation de l'énergie : v maximale au périastre). Une charge accélérée rayonne : c'est l'origine du bremsstrahlung.
- I.1.7.2. Chaque électron subit dans l'anode de nombreuses déviations avec des paramètres d'impact et des distances au noyau aléatoires ; l'énergie perdue à chaque interaction (donc l'énergie du photon émis) prend toutes les valeurs entre 0 et l'énergie cinétique disponible (au plus eU). La superposition de ces émissions donne un spectre continu, limité du côté des courtes longueurs d'onde par λmin. Schéma : trajectoires hyperboliques plus ou moins déviées selon le paramètre d'impact, avec des photons d'énergies différentes.
I.2. Bilan énergétique du tube
- I.2.1. P = U i = 4·104 × 10−2 = 400 W.
- I.2.2. Pr = η P = 4 W.
- I.2.3. 99 % de la puissance, soit ≈ 396 W, est convertie en chaleur dans une petite zone de l'anode (impact du faisceau) : sans refroidissement, l'anode fondrait ou se dégraderait (d'où la circulation d'eau, les anodes tournantes, les métaux réfractaires).
- I.2.4. Premier principe pour l'eau en écoulement : De ce(θ2 − θ1) = 396 W, De = 396/(4180 × 35) ≈ 2,7·10−3 kg/s (≈ 2,7 g/s, environ 0,16 L/min).
II. Transitions électroniques et spectres de raies
II.1.1. Modèle classique de Rutherford
- II.1.1.1. F = −(k/r2) ur, k = e2/(4πε0). Force centrale : dLO/dt = OM ∧ F = 0, donc LO est constant et OM reste perpendiculaire à ce vecteur fixe : mouvement plan (plan passant par O, orthogonal à LO).
- II.1.1.2. Mouvement circulaire, uniforme (LO = m r2 θ' constant) : v = r θ' uθ, a = −r θ'2 ur = −(v2/r) ur. Le PFD donne m v2/r = k/r2, soit v = √(k/(m r)), a = −k/(m r2) ur et LO = m r v uz = √(m k r) uz.
- II.1.1.3. Ep(r) = −k/r.
- II.1.1.4. Ec = ½mv2 = k/(2r), donc E = −k/(2r).
II.1.2. Insuffisance du modèle classique
- II.1.2.1. Le dipôle est orienté de la charge négative vers la charge positive : p = −e OM = −e r ur.
- II.1.2.2. Avec θ = ωt : ur = cos(ωt) ux + sin(ωt) uy, donc p = p1(t) ux + p2(t) uy avec p1 = −e r cos(ωt), p0 = −e r (amplitude e r), p2(t) = −e r sin(ωt) = p0 sin(ωt) : deux dipôles oscillants en quadrature, de pulsation ω = √(k/(m r3)).
- II.1.2.3. Le champ se propage à la vitesse finie c : le champ en M' à l'instant t a été émis par le dipôle à l'instant antérieur t − r'/c (temps de propagation r'/c, potentiels retardés, causalité).
- II.1.2.4. Structure d'onde plane locale : B1 = ur' ∧ E1/c, d'où Π1 = E1 ∧ B1/μ0 = ε0 c E12 ur' = ε0c f2(r', α) [d2p1/dt2(t − r'/c)]2 ur', radial, dirigé vers l'extérieur. Avec l'expression classique du champ rayonné, |f| = μ0|sin α|/(4πr') : Π1 = μ0 sin2α [p̈1]2/(16π2 c r'2) ur' (nul dans l'axe du dipôle, maximal perpendiculairement).
- II.1.2.5. dE/dt = (k/(2r2)) dr/dt = −Pr = −(2/3)(k/c3)(k/(m r2))2, d'où r2 dr = −(4/3)(k/m)2 dt/c3. En intégrant de r0 à 0 : τ = (m/k)2 c3 r03/4. A.N. : (3,95·10−3)2 × 2,7·1025 × (53,3·10−12)3/4 ≈ 1,6·10−11 s. Commentaire : l'atome classique s'effondrerait quasi instantanément et émettrait un spectre continu, alors que les atomes sont stables et émettent des raies : il faut un modèle quantique.
II.1.3. Modèle de Bohr
- II.1.3.1. m r v = nħ et m v2 r = k donnent rn = n2ħ2/(m k) = 4πε0 n2 ħ2/(m e2).
- II.1.3.2. r1 = (1,05·10−34)2/(9·10−31 × 2,30·10−28) ≈ 53,3 pm.
- II.1.3.3. vn = nħ/(m rn) = v0/n, avec v0 = k/ħ = e2/(4πε0ħ) ≈ 2,19·106 m/s ≈ c/137 : vitesse non relativiste (v0/c ≈ 7·10−3).
- II.1.3.4. En = −k/(2rn) = −E0/n2, avec E0 = m k2/(2ħ2) = m e4/(32π2ε02ħ2) ≈ 2,16·10−18 J ≈ 13,5 eV.
- II.1.3.5. Transition q → p (q > p) : hc/λqp = Eq − Ep = E0(1/p2 − 1/q2) : on retrouve la loi de Balmer-Rydberg avec RH = E0/(hc) = m e4/(64π3ε02ħ3c) ≈ 1,1·107 m−1.
- II.1.3.6. Ionisation depuis n = 1 jusqu'à n → ∞ : Ei = E0 ≈ 13,5 eV (13,6 eV avec les valeurs précises des constantes).
- II.1.3.7. p = 2 : λ = 4q2λ0/(q2 − 4). q = 3 : 657 nm ; q = 4 : 486 nm ; q = 5 : 434 nm ; q = 6 : 410 nm ; q = 7 : 397 nm (ultraviolet, < 400 nm) ; la série converge vers 4λ0 ≈ 365 nm. Il y a donc quatre raies visibles, de λ1 ≈ 410 nm (violet) à λ4 ≈ 657 nm (rouge, Hα).
- II.1.3.8. Le photon le plus énergétique de l'hydrogène (ionisation, 13,6 eV) a λ ≥ λ0 = 91,2 nm, très supérieure à 100 pm (soit ≈ 12 keV) : non, l'hydrogène ne peut pas émettre de rayons X ; il faut des atomes lourds dont les électrons profonds sont liés par des keV.
II.1.4. Raies X du cuivre
- II.1.4.1. La couche K : c'est la plus liée (|EK| = 8,98 keV, la plus grande) ; comme pour En = −E0Z2/n2, l'énergie de liaison la plus forte correspond au rayon d'orbite le plus petit (n = 1).
- II.1.4.2. λ = hc/ΔE. L → K (Kα) : ΔE = 8,98 − 0,93 = 8,05 keV, λ ≈ 154,7 pm. M → K (Kβ) : ΔE = 8,98 − 0,07 = 8,91 keV, λ ≈ 139,7 pm. Sur la figure 2, λ1 ≈ 140 pm (Kβ) et λ2 ≈ 155 pm (Kα, la plus intense).
III. Rayons X en imagerie médicale
- III.1. dNa = ρ S dx NA/M.
- III.2. Modèle : chaque atome est un disque opaque de section π ra2 ; tout photon qui rencontre un disque est absorbé, les autres passent. La couche étant mince, les disques ne se recouvrent pas : la fraction absorbée est la surface couverte divisée par S.
- III.3. N(x + dx) = N(x)[1 − dNa π ra2/S] = N(x)[1 − π ra2 ρ NA dx/M], d'où dN/dx + (π ra2 ρ NA/M) N = 0.
- III.4. N(x) = N0 e−μx (loi de Beer-Lambert), μ = π ra2ρNA/M.
- III.5.1. μo = 1,6 cm−1 > μm = 0,38 cm−1 : l'os absorbe davantage. Interprétation : l'os est plus dense et contient des atomes plus lourds (Ca, P) ; μ croît avec la densité atomique ρNA/M et avec la section efficace des atomes (en réalité fortement croissante avec Z).
- III.5.2. Le contraste mesure l'écart relatif d'intensité entre les zones les plus claires et les plus sombres, donc la visibilité d'un détail sur son fond. 0 ≤ C ≤ 1 (C = 0 : image uniforme, C = 1 : Imin = 0).
- III.5.3. Rayons parallèles perpendiculaires à l'axe du doigt, modèle en couches de la figure : un rayon traversant l'os traverse 2e de muscle et 2ro d'os, Imin = I0 e−2μme − 2μoro ; le rayon voisin ne traversant que le muscle donne Imax = I0 e−2μme. Co = (1 − e−2μoro)/(1 + e−2μoro) = th(μoro) ≈ th(0,64) ≈ 0,56, cohérent avec la valeur 0,55 donnée (si l'on tient compte de la corde réelle dans le muscle pour le rayon tangent à l'os, on trouve ≈ 0,51).
- III.5.4. Même raisonnement entre un rayon qui passe à côté du doigt (Imax = I0) et un rayon qui ne traverse que le muscle (Imin = I0e−2μme) : Cm = th(μme).
- III.5.5. Cm = th(0,038) ≈ 0,04, environ 14 fois plus faible que Co ≈ 0,55 : l'os apparaît nettement, les tissus mous presque pas. C'est pourquoi la radiographie standard sert surtout à l'imagerie osseuse ; pour les tissus mous on utilise des produits de contraste, le scanner ou d'autres techniques (échographie, IRM).
- III.5.6. Une fracture ou une fêlure est remplie de tissu mou ou de liquide, beaucoup moins absorbant : les rayons y sont davantage transmis. On voit une ligne de transmission plus forte (sombre sur le cliché, où l'os apparaît clair) qui interrompt l'image de l'os, voire un décalage des fragments.
IV. Rayons X en cristallographie
- IV.1. Huygens-Fresnel : chaque point P de l'ouverture (Σ) atteinte par l'onde se comporte comme une source secondaire ponctuelle émettant une onde sphérique, d'amplitude proportionnelle à l'amplitude incidente en P et à l'élément de surface dΣ ; ces sources sont cohérentes entre elles et l'amplitude en un point est la somme (interférence) de leurs contributions.
- IV.2. Le faisceau incident fait l'angle θ avec le plan et le faisceau diffracté (direction de réflexion) fait θ de l'autre côté : en notant ui = (cos θ, −sin θ) et ud = (cos θ, sin θ), cos(ui, ud) = cos2θ − sin2θ = cos 2θ : la déviation vaut 2θ (c'est pourquoi le détecteur tourne de 2θ quand l'échantillon tourne de θ).
- IV.3. Faisceau parallèle : rayons parallèles, et d'après le théorème de Malus les surfaces d'onde sont orthogonales aux rayons : ce sont des plans perpendiculaires à la direction de propagation (onde plane, source à l'infini).
- IV.4. Deux rayons réfléchis par deux atomes situés à la verticale l'un de l'autre sur A1 et A2 : le second parcourt en plus deux segments de longueur dA sin θ (projections de la distance dA), d'où δA = 2 dA sin θ (le même pour deux atomes quelconques des deux plans, puisque la réflexion sur un même plan n'introduit aucune différence de marche).
- IV.5. Interférences constructives de toutes les ondes diffractées par les plans successifs : δA = nλ, soit 2 dA sin θmax,A = nλ (relation de Bragg).
- IV.6.1. Sur la figure 7 : plans A verticaux, dA = a ; plans B de pente 1 (direction (1,1)), droites x − y = cste, dB = a/√2 ; plans C de pente 1/2 (direction (2,1)), droites x − 2y = cste, dC = a/√5.
- IV.6.2. À l'ordre 1, sin θmax,i = λ/(2di), donc r1 = dA/dB = √2 ≈ 1,414 et r2 = dA/dC = √5 ≈ 2,236.
- IV.6.3. θ1 = 10,8°, θ2 = 15,35°, θ3 = 24,75° : sin θ = 0,1874 ; 0,2647 ; 0,4187. Rapports : 0,2647/0,1874 ≈ 1,413 ≈ √2 et 0,4187/0,1874 ≈ 2,234 ≈ √5. Donc 2θ1 = 21,6° ↔ famille A, 2θ2 = 30,7° ↔ famille B, 2θ3 = 49,5° ↔ famille C. Paramètre : a = λ/(2 sin θ1) = 1,54·10−10/(2 × 0,1874) ≈ 4,11·10−10 m ≈ 0,41 nm.
💡 À retenir pour le CNC MP (Physique II) : résultats clés : Ic ≈ 8,3 A, v ≈ 1,2·108 m/s, λmin = hc/(eU) ≈ 31 pm, P = 400 W, Pr = 4 W, De ≈ 2,7 g/s ; τclassique ≈ 1,6·10−11 s ; r1 ≈ 53 pm, v0 ≈ 2,2·106 m/s, E0 ≈ 13,5 eV, raies de Balmer 410 à 657 nm ; Kα ≈ 155 pm et Kβ ≈ 140 pm ; Co ≈ 0,56, Cm ≈ 0,04 ; dA : dB : dC = 1 : 1/√2 : 1/√5 et a ≈ 0,41 nm. À réviser : rayonnement thermique (Stefan), mouvement à force centrale newtonienne (énergie, trajectoires coniques), rayonnement du dipôle oscillant et vecteur de Poynting, modèle de Bohr et spectres atomiques, loi de Beer-Lambert, diffraction et relation de Bragg. Vérifiez toujours la cohérence entre parties (ici λ de la partie IV = raie Kα du cuivre) : c'est un excellent contrôle de vos calculs.
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