Modèle de concours : CNC 2024 Physique II (MP) — Concours National Commun
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En bref
Ce document est une ancienne épreuve écrite du concours de Concours d'accès aux écoles d'ingénieurs organisé par Concours National Commun (CNC) — CPGE (2024), publiée sur Wadifa Info en consultation et téléchargement PDF gratuits, avec une correction proposée.
- Organisme
- Concours National Commun (CNC) — CPGE
- Grade
- Concours d'accès aux écoles d'ingénieurs
- Spécialité
- Physique II
- Année
- 2024
- Pages
- 7
- Langue des questions
- français
- Correction
- correction proposée disponible sur cette page
📝 Texte des questions (extrait automatiquement des pages scannées)
Ce texte est extrait automatiquement des images de l'épreuve et peut contenir des erreurs de lecture — les images ci-dessus font foi.
— صفحة 1 — Concours National Commun - Session 2024 - Filière MP L’énoncé de cette épreuve comporte 7 pages. L’usage de la calculatrice est autorisé On veillera à une présentation claire et soignée des copies. Il convient en particulier de rappeler avec précision les | références | des questions abordées. L'épreuve est composée de quatre parties largement indépendantes. Chaque partie contient des informations qui peuvent vous aider dans les parties suivantes, une lecture attentive est alors recommandée. Il est fortement recommandé de commencer par la première partie. Cette partie est notée sur 4 points et le reste de l’épreuve sur 16 points. Quelques aspects de la physique des semi-conducteurs Les semi-conducteurs sont des matériaux importants dans l’électronique moderne. Leur conductivité électrique se situe entre celle des conducteurs et celle des isolants. À l’état pur, les atomes des cristaux semi-conducteurs partagent des électrons pour former des liaisons covalentes. Ces matériaux ne conduisent pas l'électricité à basse température. À tempéra- ture ambiante, certaines liaisons sont rompues et les électrons sont excités dans la bande de conduction. Le matériau devient alors légèrement conducteur. La conductivité des semi-conducteurs peut être modifiée grâce à un processus spécifique appelé dopage. Cette propriété fait que les semi-conducteurs jouent un rôle central dans de nombreuses applications. Le silicium est le matériau semi-conducteur le plus utilisé. Données numériques : - Charge élémentaire : e = 1,6 x 10-"°C; - Masse de l’électron : m = 9,1 x 10-*kg; - Constante de Boltzmann : وم = 1,38 x 10-2377121 Partie 1 Action d’un champ électrique sur une particule chargée (Barème : 4/20) On considère une particule assimilée à un point matériel M de masse m et de charge q soumise à un champ électrique constant F = EU, La particule se déplace à la vitesse 7 par rapport au référentiel de laboratoire R supposé galiléen. Nous supposons que, en plus de l’action du champ électrique, la particule est soumise à une force de frottement visqueux : — 8 7 Yi وى 0 5 14 À 5 + Aoli 3 M 5 f = - 7, avec T une constante positive homogène à un temps. On néglige l’action de la pesanteur sur la particule. 1.1. Ecrire la deuxième loi de Newton (relation fondamentale de la dynamique) dans le référentiel R pour la particule M. Physique 2 1/7 نماذج المباريات من موقع وظيفة إنفو wadifa-info.com — صفحة 2 — Concours National Commun - Session 2024 — Filière MP 1.2. Résoudre l’équation différentielle vérifiée par 7 sachant D (t =0)= mouvement de la particule est suivant l’axe 02 et qu’une vitesse limite (régime stationnaire) Quelle est la constante de temps d’établissement de cette vitesse limite ? Montrer que le . 0 un peut être atteinte : 1.3. Tracer l’allure de la courbe représentative de la vitesse en fonction du temps v(t). 1.4. Déterminer les expressions de Pr et P;, les puissances respectives de la force électrique et de la force de frottement, en régime stationnaire en fonction de q, m, E et 7. Conclure. Partie 2 Modèles de conduction électrique dans un matériau On considère un conducteur électrique métallique modélisé par un gaz d’électrons libres de charge —e et de masse m. Ces électrons responsables de la conduction électrique, qui sont au nombre de N par unité de volume, se déplacent librement dans un cristal d'ions supposés fixes dans le référentiel de laboratoire R supposé galiléen. Les électrons libres subissent des collisions (chocs) de manière aléatoire. L'action de la pesanteur sur ces électrons sera négligée. 2.1. Modèle macroscopique de la conduction électrique dans un conducteur Dans le modèle macroscopique de conduction électrique connu sous le nom de « modèle de Drude », nous supposerons que : - En présence d’un champ électrique Æ appliqué, l’électron de conduction est animé de la vitesse moyenne ; cette vitesse est appelée vitesse d’ensemble ou vitesse de dérive des électrons libres à travers le cristal ; - Les chocs amortissent l’établissement du mouvement d’ensemble des électrons. L'effet des chocs est analogue à celui d’une force de frottement de type visqueux égale à — — 7 T agissant sur chaque électron libre ; 7 est une constante homogène à un temps. On se place en régime stationnaire, la vitesse d’un électron est donnée par la relation (1) établie dans la première partie : 7 = Tr. 2.1.1. Donner la signification physique de la vitesse d'ensemble (ou de dérive) des électrons libres à travers le cristal métallique. 2.12. Définir le vecteur densité volumique de courant 7 qui apparait en régime station- naire au sein du conducteur, en fonction de ,أ N et e. 2.13. Ecrire la loi d’'Ohm locale dans le conducteur en reliant la densité de courant et le champ électrique. En déduire que la conductivité o du matériau conducteur s’écrit sous la forme : 5 Ne“T Physique 2 277 نماذج المباريات من موقع وظيفة إنفو wadifa-info.com — صفحة 3 — Concours National Commun - Session 2024 - Filière MP 2.2. Approche microscopique de la conduction électrique Le modèle microscopique de la conduction électrique stipule que : - Les électrons libres responsables de la conduction électrique, dits « électrons de conduc- tion », subissent des chocs de manière aléatoire ; - Un électron libre possède, juste après un choc (t = 0), une vitesse ول d'orientation et de norme aléatoires. Les chocs sont dus aux rencontres avec des électrons, des ions du réseau cristallin ou avec des atomes d’impuretés ; - La durée moyenne entre deux chocs consécutifs est notée (t) = 7. En absence de champ électrique, le mouvement des électrons libres du conducteur est totalement aléatoire dans le référentiel R. Sous l’action d’un champ électrique uniforme F, il se produit mouvement d’ensemble, appelé dérive, à l’origine du courant électrique. 2.2.1. Appliquer la relation fondamentale de la dynamique à un électron libre entre deux chocs successifs (chocs 1 et 2) dans le référentiel R. On notera له la vitesse de l’électron. En déduire l’expression de À (t) en supposant que la date t = 0 correspond à la sortie de l’électron du choc précédent (choc 1). 2.2.2. Evaluer la valeur moyenne (y) juste après un choc. Montrer que la vitesse moyenne entre deux chocs consécutifs له = (a) , peut s’écrire sous la forme بم = له E. La grandeur !ا est appelée mobilité de l’électron. Préciser l’unité de بر et montrer qu'elle s'exprime sous la forme : 2.23. Exprimer le vecteur densité volumique de courant 7 apparaissant en régime sta- tionnaire au sein du conducteur, en fonction de Æ, N, e, 7 et m. Montrer qu’on retrouve la même expression de la conductivité ه que la relation (2). 2.3. La vitesse de dérive de la section 2.1. est une valeur moyenne calculée à un instant sur l’ensemble des électrons. Par contre, la vitesse moyenne de la section 2.2. est calculée sur la durée entre deux chocs pour un seul électron. Selon une hypothèse connue, ces deux vitesses sont égales. Comment appelle-t-on cette hypothèse ? 2.4. Calculer 7 sachant que dans un métal, la conductivité est de l’ordre de 10° S.m”* et que le nombre d'électrons par unité de volume est de l’ordre de N = 10% .قو Commenter. Partie 3 Propriétés électriques d’un semi-conducteur intrinsèque Un semi-conducteur intrinsèque est un cristal parfait sans défauts d’empilement ni impu- retés. C’est un isolant à température nulle. À une température 7’, l’agitation thermique rompt quelques liaisons covalentes. Un électron, de charge —e, faisant généralement partie d’une liai- son covalente, est délogé et devient libre, laissant une liaison covalente incomplète, appelée trou. On considère le trou comme une particule de charge +e et de masse m égale à celle de Physique 2 3/7 نماذج المباريات من موقع وظيفة إنفو wadifa-info.com — صفحة 4 — Concours National Commun - Session 2024 — Filière MP l’électron. Les trous et les électrons sont des porteurs de charges et contribuent à la conduction électrique. On note n la concentration en électrons et p la concentration en trous. La neutralité électrique du matériau impose que les trous et les électrons sont en nombres identiques, c’est- à-dire n = p = n; où n, est appelée concentration intrinsèque. Pour le silicium pur à T = 300 K, n = p = 1,5 x 1090173. Ce nombre est très faible si on le compare au nombre d’atomes par unité de volume : ns; = 5 x 102173. 3.1. Semi-conducteur intrinsèque Sous l’action d’un champ électrique 72 , les électrons et les trous d’un semi-conducteur se mettent en mouvement. On suppose que le modèle de conduction de la partie précédente est aussi valable pour le semi-conducteur et que la courant électrique est la somme des contribu- tions des électrons et des trous dans la conduction. La vitesse d'ensemble d’un type de porteurs est liée au champ électrique par la relation 7; = يم où 1; est la mobilité du porteur. L'indice « j » fait référence à un type de porteur particulier (électron ou trou). On notera ملا et ملا les mobilités respectives des électrons libres et des trous. À 7 = 300 K, les mobilités des porteurs de charges dans le silicium intrinsèque sont : fn = —1500 x 10-* SI et up, = 600 x 10-* SI. 3.1.1. On associe au mouvement d’ensemble de charges le vecteur densité de courant élec- trique 7 . Donner l’expression de 7 en fonction de n, p, 6 Un et ل puis en fonction عل n, P, €, حملا Ep et : 3.1.2. Montrer que la conductivité électrique ه du semi-conducteur pur s’écrit : 3.13. Calculer la valeur numérique de ه pour le silicium à 7 = 300 Æ. Comparer cette valeur à celle du cuivre qui est de l’ordre de 107 5.01 3.2. Variation de la conductivité électrique du silicium avec la température La variation de la densité n; des porteurs de charges dans le silicium intrinsèque avec la température est donnée sur la figure 1. Cette figure donne n; (en cm”*) sur l’axe des ordonnées, gradué en échelle logarithmique, en fonction de l’inverse de la température (mesurée en Æ). Le graphe est tracé pour des températures situées entre 250 K et 2000 K. 3.21. Montrer à l’aide de la représentation graphique de la figure 1, que la densité des porteurs de charges intrinsèques suit une loi dite de Boltzmann, c’est-à-dire que nm; = ngexp|— F3 5 .ل représente la constante de Boltzmann. Déterminer les valeurs numériques de ny et de وآ Donner la valeur de F, en électron-volt. Physique 2 4/7 نماذج المباريات من موقع وظيفة إنفو wadifa-info.com — صفحة 5 — Concours National Commun - Session 2024 — Filière MP 1500 1019 71 00-0 SOO 200 TOO 27 O—Z20 10!'8 ›= 1017 16 3 10 E 1015 7 09 2 10!4 5 13 v 10 2 1012 3 ë 11 5 10 0 1010 نو 108 : 2 107 + 1 1 31 oé 1 1 1 0.5 1.0 1.5 2.0 2.5 3.0 3.5 4.0 1000/T(K) FIGURE 1 - Effet de la température sur la densité des porteurs de charges dans le silicium. 3.2.2. On néglige l’effet de la température sur la mobilité des porteurs de charges. En uti- lisant la relation établie dans la question 3.1.2, déterminer la valeur numérique de la conduc- tivité du silicium intrinsèque à la température 300 Æ. Commenter. Partie 4 Structure de bandes d’énergie Dans les matériaux semi-conducteurs, l’énergie d'un électron peut être dans une bande de basse énergie, appelée bande de valence ou dans une bande d'énergie supérieure appelée bande de conduction. Ces deux bandes sont séparées par un intervalle d’énergie appelé bande interdite dont la largeur est وموك valence à la bande de conduction, un électron doit absorber une énergie au moins égale à Fyap- appelée "gap" du matériau. Pour passer de la bande de Pour mettre en évidence la structure de bandes d'énergie, nous examinons le comportement d’un électron de masse m, en tant que particule quantique, dans un solide cristallin périodique. Le potentiel attractif au voisinage de chaque ion constitue un puits de potentiel. Ces puits sont séparés par des barrières de potentiel. Pour simplifier, nous considérons le modèle de réseau unidimensionnel dans lequel l’électron est soumis au potentiel rectangulaire périodique de période a, dont le profil est donné par la figure 2 et défini par : Physique 2 5/7 نماذج المباريات من موقع وظيفة إنفو wadifa-info.com — صفحة 6 — Concours National Commun - Session 2024 — Filière MP 0 FIGURE 2 - Potentiel périodique unidimensionnel. En utilisant la périodicité du réseau, nous examinerons les états propres d’énergie, qui sont des solutions stationnaires de l’équation de Schrôdinger. 4.1. Etude sur une période On rappelle que les états propres stationnaires &(x), d'énergie propre F, sont solutions de l’équation de Shrôdinger : 2m da? h= —, où h désigne la constante de Planck. On cherche les états stationnaires d’énergie 7 E telle que : 0 › 12 › ٠ 4.11. Déterminer la solution de l’équation (4) dans la zone 0 › x › a — b. On notera A et B les constantes d’intégrations et on posera k = y2mE/h?. 4.1.2. Déterminer, de même, la solution de l’équation (4) dans la zone نع › x ‹a. On notera 0 et D les constantes d’intégrations et on posera أي = و 201/16 — E)/h?. 4.1.3. Ecrire les deux conditions de continuité que doit satisfaire la fonction d’onde &(x) et sa dérivée au point ع = a — b. 4.2. Etude sur le réseau périodique On admet que la solution générale (x) en tout point du réseau peut s’écrire avec à le nombre complexe tel que à? = —1, u(x) une fonction périodique de période a et Physique 2 6/7 نماذج المباريات من موقع وظيفة إنفو wadifa-info.com — صفحة 7 — Concours National Commun - Session 2024 — Filière MP 4.2.1. Calculer |6(x + pa)|? avec م entier. Interpréter. 4.22. Calculer &(x + a) en fonction de &(x), avec &(x) la solution de l’équation (4) déter- minée dans la section 4.1. 4.2.3. En déduire &(a) et م = a), et écrire les deux conditions de continuité en x = a. 2 4.3. Bandes d’énergie Une fonction d’onde solution de (4) doit satisfaire les conditions de continuité en x = pa—b et en x = pa. Cette solution n'existe que si l'équation ci-dessous est vérifiée (on ne demande pas d’établir cette équation) : 7 و17 4.3.1. Dans la limite où b + 0 et M — مه avec bM = y fixé, montrer que l’équation précédente devient : cos Ka = cos(ka) + ee (5) avec Q = mya/h. La figure 3 donne les variations de la fonction F(ka) = cos(ka) + 1 pour Q = 10 (par exemple). 4.3.2. Montrer qu’il existe des valeurs de l’énergie pour lesquelles l'équation (5) ne peut être satisfaite. Ces valeurs d’énergie appartiennent à des intervalles appelés "bandes interdites". Interpréter le cas Q = 0. —2 J 3 2.5 5.0 7.5 10.0 12.5 15.0 17.5 20.0 FIGURE 3 - Représentation graphique de F(ka), avec Q = 10. FIN DE L'ÉPREUVE Physique 2 7/7 نماذج المباريات من موقع وظيفة إنفو wadifa-info.com
✅ Correction proposée
Il s'agit d'une correction proposée, rédigée par l'équipe wadifa-info pour vous aider à comprendre la méthode — ce n'est pas un corrigé officiel de l'administration organisatrice.
Ce modèle est l'épreuve de Physique II du Concours National Commun (CNC), session 2024, filière MP (accès aux écoles d'ingénieurs après les classes préparatoires). Thème : quelques aspects de la physique des semi-conducteurs. Quatre parties largement indépendantes ; la partie 1 est notée sur 4 points, le reste sur 16 points ; calculatrice autorisée. Voici une correction proposée, question par question.
💡 Fil conducteur : la partie 1 donne le résultat clé vlim = qτE/m, réutilisé en partie 2 (modèle de Drude, σ = Ne²τ/m) puis en partie 3 (mobilités, σ = e(pμp − nμn)). La partie 4 (bandes d'énergie, modèle de Kronig-Penney) est indépendante.
Partie 1 — Action d'un champ électrique sur une particule chargée
1.1. Deuxième loi de Newton
Dans R galiléen, la particule subit la force électrique qE et la force de frottement −(m/τ)v (pesanteur négligée) :
m dv/dt = qE − (m/τ) v, soit dv/dt + v/τ = (q/m) E.
1.2. Résolution, vitesse limite, constante de temps
Équation linéaire du 1er ordre à second membre constant ; avec v(0) = 0 :
v(t) = (qτ/m) E (1 − e−t/τ).
Projections : sur Oy et Oz, dvy/dt + vy/τ = 0 avec vy(0) = 0 donne vy = 0 (idem pour vz) : le mouvement se fait suivant l'axe Ox (direction de E). Quand t → ∞, e−t/τ → 0 :
vlim = (qτ/m) E (relation (1)).
La constante de temps d'établissement est τ : le régime stationnaire est atteint à 1 % près au bout de ≈ 5τ (v = 0,99 vlim pour t = τ ln 100 ≈ 4,6τ).
1.3. Allure de v(t)
Courbe exponentielle croissante partant de 0, de tangente à l'origine de pente qE/m (qui coupe l'asymptote en t = τ), tendant vers l'asymptote horizontale v = vlim = qτE/m (pour q > 0 ; courbe symétrique sous l'axe si q < 0). À t = τ : v = 0,63 vlim.
1.4. Puissances en régime stationnaire
- Force électrique : PE = qE·vlim = qE × qτE/m, soit PE = q²τE²/m > 0 (puissance motrice).
- Force de frottement : Pf = −(m/τ) vlim² = −(m/τ)(qτE/m)², soit Pf = −q²τE²/m < 0 (puissance résistante).
Conclusion : PE + Pf = 0, cohérent avec le théorème de l'énergie cinétique (dEc/dt = 0 en régime stationnaire) : toute la puissance fournie par le champ est dissipée par le frottement. Dans un conducteur, c'est l'origine de l'effet Joule.
Partie 2 — Modèles de conduction électrique dans un matériau
2.1.1. Signification de la vitesse d'ensemble (de dérive)
C'est la moyenne vectorielle, à un instant donné, des vitesses de tous les électrons libres d'un petit volume (mésoscopique). L'agitation thermique, désordonnée et isotrope, a une moyenne nulle (vitesses ~105–106 m/s mais de directions aléatoires) ; le champ E superpose un mouvement d'ensemble lent (typiquement de l'ordre du mm/s), seul responsable du courant.
2.1.2. Densité volumique de courant
Charge volumique mobile ρm = −Ne animée de la vitesse v : j = −N e v.
2.1.3. Loi d'Ohm locale et conductivité
Loi d'Ohm locale : j = σ E. Avec v = vlim = (q τ/m) E et q = −e : v = −(eτ/m) E, d'où
j = −Ne × (−eτ/m) E = (Ne²τ/m) E, et par identification σ = Ne²τ/m (relation (2)).
2.2.1. RFD entre deux chocs
Entre deux chocs, l'électron n'est soumis qu'à la force −eE (pas de frottement : les chocs sont décrits explicitement) :
m du/dt = −eE, d'où, avec u(0) = u0 : u(t) = u0 − (eE/m) t.
2.2.2. Valeur moyenne, mobilité
Juste après un choc, la vitesse u0 a une orientation aléatoire (isotrope) : ⟨u0⟩ = 0.
En moyennant u(t) : v = ⟨u⟩ = ⟨u0⟩ − (eE/m)⟨t⟩ = −(eτ/m) E. On a bien v = μE avec
μ = −eτ/m. Unité : μ = v/E s'exprime en (m·s−1)/(V·m−1) = m²·V−1·s−1 (μ < 0 pour l'électron : il dérive en sens inverse du champ).
2.2.3. Densité de courant et conductivité
j = −Ne v = −Ne μ E = −Ne (−eτ/m) E, soit j = (Ne²τ/m) E : on retrouve σ = Ne²τ/m, identique à (2).
2.3. Nom de l'hypothèse
L'égalité entre la moyenne d'ensemble (sur tous les électrons à un instant) et la moyenne temporelle (sur un électron au cours du temps) est l'hypothèse ergodique.
2.4. Calcul de τ
τ = σm/(Ne²) avec σ = 107 S·m−1, N = 1022 cm−3 = 1028 m−3 :
τ = (107 × 9,1×10−31) / (1028 × (1,6×10−19)²) = 9,1×10−24 / 2,56×10−10 ≈ 3,6×10−14 s.
Commentaire : τ est extrêmement court ; le régime stationnaire s'établit quasi instantanément, ce qui justifie l'usage de la loi d'Ohm en régime continu et même pour des fréquences jusqu'à ~1012–1013 Hz (ωτ ≪ 1). La mobilité correspondante vaut |μ| = eτ/m ≈ 6×10−3 m²·V−1·s−1.
Partie 3 — Propriétés électriques d'un semi-conducteur intrinsèque
3.1.1. Densité de courant
Les deux types de porteurs contribuent : j = −n e vn + p e vp.
Avec vn = μnE et vp = μpE : j = e (p μp − n μn) E.
3.1.2. Conductivité
Par identification avec j = σE : σ = e (p μp − n μn) (relation (3)). Comme μn < 0, les deux termes s'ajoutent : σ = e (p|μp| + n|μn|).
3.1.3. Application numérique (Si, 300 K)
n = p = 1,5×1016 m−3, μp = 0,06 et μn = −0,15 m²·V−1·s−1 :
σ = 1,6×10−19 × 1,5×1016 × (0,06 + 0,15) ≈ 5,0×10−4 S·m−1.
Rapport au cuivre : 107 / 5×10−4 ≈ 2×1010 : le silicium pur conduit environ 1010 fois moins que le cuivre, car il a ~1012 fois moins de porteurs (1,5×1016 contre ~1028 m−3), partiellement compensé par des mobilités plus grandes.
3.2.1. Loi de Boltzmann, n0 et Es
En échelle logarithmique, la courbe log10(ni) en fonction de 1000/T est une droite décroissante. Or ni = n0 exp(−Es/(kBT)) donne log10 ni = log10 n0 − (Es/(kB ln 10)) × (1/T) : une droite en 1/T. Le graphe valide donc la loi de Boltzmann.
Lecture du graphe : ni ≈ 1018 cm−3 pour 1000/T = 1,0 et ni ≈ 108 cm−3 pour 1000/T = 4,0 : 10 décades pour 3 unités, pente = −3,33 décades par unité de 1000/T, soit −3,33×103 K en log10.
- Es/kB = 3,33×103 × ln 10 ≈ 7,7×103 K, d'où Es ≈ 7,7×103 × 1,38×10−23 ≈ 1,06×10−19 J ≈ 0,66 eV.
- Ordonnée à l'origine : log10 n0 = 18 + 3,33 ≈ 21,3, d'où n0 ≈ 2×1021 cm−3 = 2×1027 m−3.
💡 Les valeurs lues dépendent de la précision de lecture (Es ≈ 0,6–0,7 eV). Es est voisine de la moitié du gap du silicium (Egap ≈ 1,1 eV) : la création d'une paire électron-trou coûte Egap, partagée entre deux porteurs.
3.2.2. Conductivité à 300 K et commentaire
À 300 K, 1000/T = 3,33 : log10 ni ≈ 21,33 − 3,33 × 3,33 ≈ 10,2, soit ni ≈ 1,7×1010 cm−3 = 1,7×1016 m−3 (cohérent avec la valeur 1,5×1016 m−3 de l'énoncé). Avec (3) :
σ(300 K) = e ni (μp − μn) ≈ 1,6×10−19 × 1,7×1016 × 0,21 ≈ 5,6×10−4 S·m−1 (≈ 5×10−4 S·m−1 comme en 3.1.3).
Commentaire : à mobilités fixées, σ ∝ ni croît exponentiellement avec T : σ ≈ 0,3 S·m−1 à 400 K et ≈ 16 S·m−1 à 500 K. C'est l'inverse d'un métal, dont la conductivité diminue quand T augmente (N constant, τ diminue). La conductivité intrinsèque reste très faible à l'ambiante, d'où l'intérêt du dopage pour la contrôler.
Partie 4 — Structure de bandes d'énergie
4.1.1. Zone 0 < x < a − b (V = 0)
L'équation (4) devient φ'' + k²φ = 0 avec k = √(2mE)/ħ :
φ(x) = A eikx + B e−ikx (forme équivalente : A cos kx + B sin kx).
4.1.2. Zone a − b < x < a (V = V0 > E)
φ'' − q²φ = 0 avec q = √(2m(V0 − E))/ħ réel :
φ(x) = C eqx + D e−qx (forme équivalente : C ch qx + D sh qx).
4.1.3. Continuité en x = a − b
Le potentiel a un saut fini : φ et dφ/dx sont continues.
- A eik(a−b) + B e−ik(a−b) = C eq(a−b) + D e−q(a−b)
- ik [A eik(a−b) − B e−ik(a−b)] = q [C eq(a−b) − D e−q(a−b)]
4.2.1. |φ(x + pa)|²
φ(x + pa) = eiK(x+pa) u(x + pa) = eiKpa eiKx u(x) (u périodique de période a), donc
|φ(x + pa)|² = |eiKpa|² |φ(x)|² = |φ(x)|².
Interprétation : la densité de probabilité de présence a la périodicité du réseau : l'électron a la même probabilité d'être trouvé dans chaque maille ; il est délocalisé sur tout le cristal (ce n'est plus un électron lié à un ion particulier).
4.2.2. φ(x + a)
φ(x + a) = eiK(x+a) u(x + a) = eiKa eiKx u(x), soit φ(x + a) = eiKa φ(x) (théorème de Bloch).
4.2.3. φ(a), φ'(a) et continuité en x = a
En prenant x = 0 (limite par valeurs supérieures, côté puits de la maille suivante) avec la solution de 4.1.1 :
- φ(a) = eiKa φ(0) = eiKa (A + B)
- φ'(a) = eiKa φ'(0) = ik eiKa (A − B)
Continuité en x = a entre la barrière (solution de 4.1.2) et le puits suivant :
- C eqa + D e−qa = eiKa (A + B)
- q (C eqa − D e−qa) = ik eiKa (A − B)
Avec les deux relations de 4.1.3, on obtient un système linéaire homogène de 4 équations en (A, B, C, D), dont le déterminant nul conduit à l'équation admise en 4.3.
4.3.1. Limite b → 0, V0 → ∞ avec bV0 = γ
- q² = 2m(V0 − E)/ħ² ≈ 2mV0/ħ², donc q²b ≈ 2mγ/ħ² reste fini, tandis que qb = √(q²b × b) → 0.
- Alors ch(qb) → 1 et sh(qb) ≈ qb.
- q/k − k/q ≈ q/k (car q → ∞), d'où ½ (q/k) × qb = q²b/(2k) = mγ/(ħ²k).
- k(a − b) → ka.
Donc cos Ka = cos(ka) + (mγ/(ħ²k)) sin(ka) = cos(ka) + (mγa/ħ²) × sin(ka)/(ka), soit
cos Ka = cos(ka) + Q sin(ka)/(ka) avec Q = mγa/ħ² (relation (5)).
4.3.2. Bandes interdites ; cas Q = 0
Comme K est réel, |cos Ka| ≤ 1 : l'équation (5) n'a de solution que si −1 ≤ F(ka) ≤ 1. Sur la figure 3 (Q = 10), F(ka) sort de la bande [−1 ; 1] sur plusieurs intervalles : par exemple F > 1 pour ka < 2,6 environ, F descend jusqu'à ≈ −2,6 vers ka ≈ 4,1, remonte à ≈ +1,7 vers ka ≈ 7,1, etc. Les valeurs de k correspondantes, donc d'énergie E = ħ²k²/(2m), sont interdites.
| Bandes permises (ka) | Bandes interdites (ka) |
|---|---|
| [2,63 ; π] | [0 ; 2,63] |
| [5,31 ; 2π] | [π ; 5,31] |
| [8,07 ; 3π] | [2π ; 8,07] |
| [10,91 ; 4π] | [3π ; 10,91] |
| [13,82 ; 5π] … | [4π ; 13,82] … |
Chaque bande permise se termine en ka = nπ (où F = (−1)n exactement). Comme sin(ka)/(ka) décroît, les bandes permises s'élargissent et les bandes interdites se rétrécissent quand l'énergie augmente.
Cas Q = 0 (γ = 0, pas de barrières) : cos Ka = cos ka, toujours satisfaite ; il n'y a plus de bande interdite, K = k (à 2π/a près) et E = ħ²K²/(2m) varie continûment : c'est l'électron libre. Les bandes interdites sont donc dues au potentiel périodique du cristal ; le « gap » Egap présenté en introduction de cette partie correspond à l'une d'elles.
Questions fréquentes sur ce sujet
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