Modèle de concours : CNC 2014 Mathématiques II (TSI) — Concours National Commun
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En bref
Ce document est une ancienne épreuve écrite du concours de Concours d'accès aux écoles d'ingénieurs organisé par Concours National Commun (CNC) — CPGE (2014), publiée sur Wadifa Info en consultation et téléchargement PDF gratuits, avec une correction proposée.
- Organisme
- Concours National Commun (CNC) — CPGE
- Grade
- Concours d'accès aux écoles d'ingénieurs
- Spécialité
- Mathématiques II
- Année
- 2014
- Pages
- 3
- Langue des questions
- français
- Correction
- correction proposée disponible sur cette page
📝 Texte des questions (extrait automatiquement des pages scannées)
Ce texte est extrait automatiquement des images de l'épreuve et peut contenir des erreurs de lecture — les images ci-dessus font foi.
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ÿ Concours National Commun — Session 2014 — TSI
L’énoncé de cette épreuve, particulière aux candidats de la filière TSI,
comporte 3 pages.
L’usage de la calculatrice est interdit
Les candidats sont informés que la qualité de la rédaction et de la présentation, la clarté et la précision
des raisonnements constitueront des éléments importants pour l’appréciation des copies. Il convient en
particulier de rappeler avec précision les |références | des questions abordées. F
Si, au cours de l’épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d’énoncé, il le signale
sur sa copie et poursuit sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu’il est amené à prendre.
Le sujet de cette épreuve est composé d'un exercice et d'un problème indépendants entre eux.
Exercice
Soient a et b deux réels strictement positifs avec à › b. On note 2 l’ellipse, du plan euclidien R*,
d’équation 2
2
2
2 اج
On paramètre ع à l’aide de l’application ل + (acost, bsint) définie sur ]0,27[. On pose F = (c,0)
avec c= va? — b? ; le point F est l’un des foyers de l’ellipse €.
Pour tout t € [0,27], on note M(t) = (acost, bsint) le point courant de l’ellipse €.
1. On considère un point M(t) = (acost, bsint) de € avec t € [0,27].
(a) Donner une équation de la tangente Tyg() à l’ellipse € au point M(t).
(b) On note P(t) = (x(t), y(f)) le projeté orthogonal du foyer F sur la droite Tyç). Déterminer
les composantes x(t) et y(t) du point P(t) en fonction de t.
2. Montrer que lorsque le paramètre أ varie dans l’intervalle [0, 27], le point P(t) décrit un cercle, noté
T, de centre (0,0) dont on précisera le rayon.
3. On prend a = 5 et b = 3. Tracer € et 1 sur un même graphique, et placer les points F, M(F) et
P(F) sur ce graphique. (unité lem)
Problème
Sous-espaces de M2(K) formés de matrices diagonalisables
Dans ce problème, M2(K) désigne l’algèbre des matrices carrée d’ordre 2 à coefficients dans K = R
ou C, et GLe(K) le groupe des matrices inversibles de M2(K). Une matrice A € M2(K) est dite scalaire
si elle est de la forme À = À I, où À € K et و7 la matrice identité de M2(K).
Les trois parties du problème s’enchaînent entre elles. Dans la première partie, on étudie une ca-
ractérisation des homothéties et on applique le résultat obtenu pour déterminer le commutani d’un endo-
morphisme ou d’une matrice en dimension 2 ; la seconde partie porte sur la diagonalisation de matrices
et abouti à l'étude, pour deux matrices diagonalisables À et B de M2(K), du lien entre le fait d’être
commutables et le fait que A+ À B soit diagonalisable pour tout À € K. La dernière partie est consacrée
à l’étude des sous-espaces vectoriels de M2(K) formés de matrices diagonalisables.
1ère Partie
Caractérisation des homothéties en dimension 2
Application au commutant
E désigne un espace vectoriel de dimension 2 et L(E) l’algèbre des endomorphismes de F. Si f EL(E),
on note C(f) l’ensemble des endomorphismes de Æ qui commutent avec f.
Épreuve de Mathématiques II 1/3 Tournez la page S.V.P.
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Concours National Commun - Session 2014 — TSI
1.1. Soit f € L(E) tel que, pour tout x € E, la famille (x, f(x)) est liée.
1.1.1. Montrer que, pour tout 2 € E \ {0z}, il existe un unique و2 € K tel que f(2) = À, x.
1.1.2. Soit (e1,€2) une base de EF; montrer que دمو = ري
1.1.3. On pose À = .يول = ريل Montrer que f = Aidp (homothétie de rapport À).
1.2. Soit f un endomorphisme de F.
1.2.1. Montrer que C(f) est un sous-espace vectoriel de L(F).
1.2.2. Déterminer C(f) si f est une homothétie.
1.3. Soit 7 un endomorphisme de E qui n'est pas une homothétie.
1.3.1. Justifier qu’il existe e € E tel que la famille (e, f(e)) soit une base de F.
1.3.2. Si و € L(E), justifier qu’il existe un unique couple (a, 8) € K* tel que g(e) = œe + B f(e) et
montrer que و € C(f) si, et seulement si, و = œidg + B f.
1.3.3. Préciser C(f) ; quelle est sa dimension ?
1.4. Traduction matricielle : Soit A € M2(K) ; on pose C(A) = {M € M2(K) ; AM = MA}.
1.4.1. Si À est une matrice scalaire, déterminer C(A).
1.4.2. Si A n’est pas une matrice scalaire, montrer que C(A) = Vect(I», À) ; quelle est sa dimension ?
2ème Partie
Diagonalisation simultanée dans M2(K)
0
2.2. Donner alors un exemple de matrice de M2(K) qui n’est pas diagonalisable dans M2(K).
2.3. Soit A € M2(K) et À € K; montrer que la matrice À est diagonalisable dans M2(K) si, et seulement
si, 18 matrice À + À Ia l’est aussi.
2.4. Soient À et B deux matrices diagonalisables de M2(K) telles que AB = BA.
2.4.1. Montrer que les matrices À et B sont simultanément diagonalisables dans M2(K), c’est à dire
qu’il existe P € GLa(K) telle que les matrices PAP-! et PBP-* soient diagonales. On pourra remarquer
que B € C(A) et traiter à part le cas où À est une matrice scalaire.
2.4.2. Montrer que, pour tout À € K, la matrice A + À B est diagonalisable dans M2(K).
2.1. Pour quels triplets (a, b, c) € K* la matrice À = ( 0" est-elle diagonalisable dans M2(K) 7
2.5. On considère les matrices J = ( ل et 7 9 ل où a et d sont des nombres réels.
2.5.1. Montrer que, pour tout À € R, la matrice ل + À K est diagonalisable dans M2(R).
2.5.2. Est-ce que les matrices ل et K commutent entre elles ?
2.6. On se place dans le cas complexe et on se donne deux matrices À et B diagonalisables dans Mn (C)
telles que, pour tout À € C, la matrice À + À B soit diagonalisable dans M2(C). On suppose que B n’est
pas une matrice scalaire.
2.6.1. Montrer qu’il existe P € GLa(C) et deux complexes distincts به et 8 tels que B = ل 5 م 5-1
Dans la suite, on pose y = 8 — a et P-LAP = fa 4 . Pour tout À € C, on note x, le polynôme
caractéristique de la matrice À + \(B — al») et 6, le discriminant de xx.
2.6.2. Calculer 6, en fonction de a, b, c, d, y et À, et montrer que c’est un polynôme de degré 2 en À.
2.6.3. En déduire qu’il existe ول € © tel que À + Ao(B — al) soit une matrice scalaire.
2.6.4. Conclure que AB = BA.
Épreuve de Mathématiques II 2/3 هب
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7 Concours National Commun - Session 2014 - 1
gème Partie
Étude des sous-espaces de M2(K) formés de matrices diagonalisables
3.1. Soit Æ un sous-espace vectoriel non nul de M2(C) formé de matrices diagonalisables.
3.1.1. Si # contient une matrice À qui n’est pas scalaire, montrer que # C C(A) puis conclure que
F =C(A) ou F = 4 = {\ A ; À € C}. Préciser la dimension de # dans chacun de ces deux cas.
3.1.2. Envisager le cas restant en précisant la dimension de #.
3.2. Donner un exemple de sous-espace vectoriel de Ma2(C), formé de matrices diagonalisables, et qui
soient de dimension 1 (resp. 2).
Dans la suite du problème, on s'intéresse aux sous-espaces vectoriels de M2(R), formé de matrices diago-
nalisables dans Ma(R). On note 7(R) le sous-espace vectoriel de M2(R) formé des matrices symétriques.
Si- Æ est un sous-espace vectoriel de Mz(R) et P € GLe(R), on note P.# P”*! l’ensemble défini par
3.3. Montrer que si Æ# est un sous-espace vectoriel de Mz(R) et P € GLa(R), alors PP”! est aussi
un sous-espace vectoriel de M2(R), de même dimension que #.
3.4. Montrer que %(R) est un hyperplan de M2(R) formé de matrices diagonalisables.
3.5. Justifier que si R € GL2(R) alors R%(R)R-! est un hyperplan de M2(R) formé de matrices
diagonalisables.
3.6. Soit # un hyperplan de Mz2(R) formé de matrices diagonalisables ; on se propose de montrer que
F est conjugué à (R), c’est à dire qu’il existe une matrice P € GL2(R) telle que F = P.#(R)P-*.
3.6.1. Montrer que I» € #. On pourra raisonner par l’absurde.
3.6.2. Soit À € # \ C.I2 ; montrer qu’il existe Q € GL2(R) telle que Q 0 1 90-1 .هق On pourra
diagonaliser À et exploiter le fait que ل est un sous-espace vectoriel de Mz(R).
Dans la suite, une telle matrice Q est choisie et on pose Ÿ = QFQ . Il est clair que Ÿ est un
hyperplan de M2(R) formé de matrices diagonalisables et contenant les matrices 12 et A; = : à ;
Soit B € # \ Vect(I2, A1).
3.6.3. On pose B = fa ل . Montrer que f ل ›77 \ Vect(I2, A1) et que be › 0.
2
3.6.4. En déduire qu’il existe w › 0 tel que B, = fi 2 € Ÿ et justifier que Ÿ = Vect(12, A1, B1).
3.6.5. Diagonaliser la matrice B; et en déduire que Ÿ est conjugué à %(R) puis conclure.
3.7. Montrer que tout sous-espace vectoriel Ÿ de M2(R), formé de matrices diagonalisables, est conjugué
À un sous-espace vectoriel de J7(R). Si dimŸ = 2, on pourra distinguer les cas I, € Ÿ et IL @ Ÿ.
3.8. Préciser les sous-espaces vectoriels de M2(R) formés de matrices orthogonalement diagonalisables.
FIN DE L’ÉPREUVE
Épreuve de Mathématiques II 3/3 FIN
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✅ Correction proposée
Il s'agit d'une correction proposée, rédigée par l'équipe wadifa-info pour vous aider à comprendre la méthode — ce n'est pas un corrigé officiel de l'administration organisatrice.
Ce modèle est l'épreuve de Mathématiques II du Concours National Commun (CNC), session 2014, filière TSI (admission aux écoles d'ingénieurs). Énoncé de 3 pages, calculatrice interdite. Il comprend un exercice de géométrie (cercle podaire du foyer d'une ellipse) et un problème en trois parties enchaînées : commutant en dimension 2, diagonalisation simultanée, sous-espaces de M2(K) formés de matrices diagonalisables. Voici une correction proposée ; les matrices 2×2 sont écrites ligne par ligne : (a b / c d).
💡 Le résultat central du problème est la question 2.6 : dans M2(ℂ), si A + λB est diagonalisable pour tout λ, alors A et B commutent. La 3ème partie l'utilise directement en 3.1.1 ; la question 2.5 montre que c'est faux sur ℝ.
Exercice
1.
(a) Le vecteur dérivé M'(t) = (−a sin t, b cos t) est non nul, donc dirige la tangente. Par dédoublement de l'équation de l'ellipse : TM(t) : (cos t / a)·x + (sin t / b)·y = 1, soit b cos t·x + a sin t·y = ab. (Le point M(t) la vérifie, et le vecteur normal n = (b cos t, a sin t) est orthogonal à M'(t).)
(b) P(t) = F + s·n avec s réel et P(t) ∈ TM(t) :
b cos t (c + s b cos t) + a sin t (s a sin t) = ab, d'où s(b2cos2t + a2sin2t) = b(a − c cos t).
Or b2cos2t + a2sin2t = a2 − c2cos2t = (a − c cos t)(a + c cos t), avec a − c cos t ≥ a − c > 0. Donc s = b/(a + c cos t) et :
x(t) = c + b2cos t/(a + c cos t) = (ac + (c2 + b2)cos t)/(a + c cos t), soit
x(t) = a(c + a cos t)/(a + c cos t) et y(t) = ab sin t/(a + c cos t).
2.
x(t)2 + y(t)2 = a2[(c + a cos t)2 + b2sin2t]/(a + c cos t)2. Le crochet vaut
c2 + b2 + 2ac cos t + (a2 − b2)cos2t = a2 + 2ac cos t + c2cos2t = (a + c cos t)2.
Donc x2 + y2 = a2 : P(t) est sur le cercle Γ de centre O et de rayon a (cercle principal de l'ellipse).
Tout le cercle est décrit : t ↦ P(t) est continue, x(0) = a, x(π) = a(c − a)/(a − c) = −a, et y(t) ≥ 0 sur [0, π] ;
par le théorème des valeurs intermédiaires appliqué à x, tous les points du demi-cercle supérieur sont atteints ; de même le demi-cercle inférieur sur [π, 2π].
3.
a = 5, b = 3, c = √(25 − 9) = 4, donc F = (4, 0). Γ est le cercle de centre O et de rayon 5 ; l'ellipse a pour sommets (±5, 0) et (0, ±3) et est tangente intérieurement à Γ en (±5, 0).
M(π/4) = (5√2/2, 3√2/2) ≈ (3,54 ; 2,12) ; tangente en ce point : x/5 + y/3 = √2.
P(π/4) : a + c cos(π/4) = 5 + 2√2 ;
x = (100 + 45√2)/34 ≈ 4,81 et y = (75√2 − 60)/34 ≈ 1,35 (contrôle : 4,812 + 1,352 ≈ 25).
Sur le dessin, P(π/4) est sur Γ, sur la tangente en M(π/4), et le segment [F, P(π/4)] est perpendiculaire à cette tangente.
Problème — 1ère Partie : homothéties et commutant
1.1.
1.1.1. Soit x ≠ 0. La famille (x, f(x)) est liée : il existe (α, β) ≠ (0, 0) avec αx + βf(x) = 0. Si β = 0, alors α ≠ 0 et αx = 0 donne x = 0, exclu. Donc β ≠ 0 et f(x) = λxx avec λx = −α/β. Unicité : λx = μx avec x ≠ 0 implique λ = μ.
1.1.2. e1 + e2 ≠ 0, donc f(e1+e2) = λe1+e2(e1+e2). Par linéarité c'est aussi λe1e1 + λe2e2. La famille (e1, e2) étant libre : λe1 = λe1+e2 = λe2.
1.1.3. Pour x = x1e1 + x2e2 : f(x) = x1λe1 + x2λe2 = λx. Donc f = λ idE.
1.2.
1.2.1. 0 ∈ C(f). Si g, h ∈ C(f) et α ∈ K : f(αg + h) = αfg + fh = αgf + hf = (αg + h)f. C(f) est un sous-espace vectoriel de L(E).
1.2.2. Si f = λidE, fg = λg = gf pour tout g : C(f) = L(E).
1.3.
1.3.1. Par contraposée de 1.1, f n'étant pas une homothétie, il existe e ∈ E tel que (e, f(e)) soit libre ; libre à 2 vecteurs en dimension 2, c'est une base.
1.3.2. (α, β) existe et est unique : ce sont les coordonnées de g(e) dans la base (e, f(e)).
Si g = αid + βf, g commute avec f (polynôme en f) : g ∈ C(f).
Réciproquement, si g ∈ C(f), posons h = αid + βf. Alors h(e) = g(e), et g(f(e)) = f(g(e)) = f(h(e)) = h(f(e)) (h commute avec f).
g et h coïncident sur la base (e, f(e)), donc g = αidE + βf.
1.3.3. C(f) = Vect(idE, f). id et f sont libres (sinon f serait une homothétie) : dim C(f) = 2.
1.4.
On applique ce qui précède à l'endomorphisme de K2 canoniquement associé à A (A scalaire ⇔ cet endomorphisme est une homothétie).
1.4.1. A scalaire : C(A) = M2(K).
1.4.2. A non scalaire : C(A) = Vect(I2, A), de dimension 2.
2ème Partie : diagonalisation simultanée
2.1. A est triangulaire, de valeurs propres a et c.
Si a ≠ c : deux valeurs propres distinctes en dimension 2, A est diagonalisable.
Si a = c : la seule valeur propre est a ; A diagonalisable ⇔ A semblable à aI2 ⇔ A = aI2 ⇔ b = 0.
A diagonalisable ⇔ (a ≠ c ou b = 0).
2.2. a = c = 0, b = 1 : (0 1 / 0 0) n'est pas diagonalisable.
2.3. Si A = PDP−1 avec D diagonale, A + λI2 = P(D + λI2)P−1 est diagonalisable. Réciproquement on applique ce résultat à A + λI2 et −λ : A = (A + λI2) − λI2.
2.4.
2.4.1. Si A est scalaire, A = aI2 : B étant diagonalisable, il existe P ∈ GL2(K) avec PBP−1 diagonale, et PAP−1 = aI2 est diagonale.
Si A n'est pas scalaire : B ∈ C(A) = Vect(I2, A) (1.4.2), donc B = αI2 + βA. Si P est tel que PAP−1 = D diagonale, alors PBP−1 = αI2 + βD est diagonale.
Dans les deux cas A et B sont simultanément diagonalisables.
2.4.2. Avec ce P : P(A + λB)P−1 = PAP−1 + λPBP−1 est diagonale : A + λB est diagonalisable.
2.5. J = (0 0 / 0 1), K = (a 1 / 1 d)
2.5.1. J + λK = (λa λ / λ 1+λd) est symétrique réelle, donc diagonalisable dans M2(ℝ) (théorème spectral). Vérification élémentaire : le discriminant de son polynôme caractéristique vaut (λa − 1 − λd)2 + 4λ2 ; pour λ ≠ 0 il est > 0 (deux valeurs propres réelles distinctes) ; pour λ = 0, J est diagonale.
2.5.2. JK = (0 0 / 1 d) et KJ = (0 1 / 0 d) : JK ≠ KJ. Sur ℝ, « A + λB diagonalisable pour tout λ » n'entraîne donc pas la commutation (la réciproque de 2.4.2 est fausse dans M2(ℝ)).
2.6. Cas complexe
2.6.1. B est diagonalisable : B = P diag(α, β) P−1. Si α = β, B = P(αI2)P−1 = αI2 serait scalaire. Donc α ≠ β.
2.6.2. P−1(B − αI2)P = diag(0, γ), donc P−1(A + λ(B − αI2))P = (a b / c d+λγ), qui a le même polynôme caractéristique :
χλ = X2 − (a + d + λγ)X + a(d + λγ) − bc. Son discriminant :
δλ = (a + d + λγ)2 − 4a(d + λγ) + 4bc = (d − a + λγ)2 + 4bc, soit
δλ = γ2λ2 + 2γ(d − a)λ + (d − a)2 + 4bc.
Comme γ = β − α ≠ 0, le coefficient de λ2 est non nul : polynôme de degré 2 en λ.
2.6.3. Dans ℂ, ce polynôme de degré 2 a une racine λ0 (théorème de d'Alembert-Gauss). Alors χλ0 a une racine double μ. Or A + λ0(B − αI2) = (A + λ0B) − λ0αI2 est diagonalisable (hypothèse et 2.3). Diagonalisable avec une seule valeur propre μ, elle est semblable à μI2, donc égale à μI2 : A + λ0(B − αI2) est scalaire.
2.6.4. A = (μ + λ0α)I2 − λ0B est un polynôme en B, donc AB = BA.
3ème Partie : sous-espaces formés de matrices diagonalisables
3.1.
3.1.1. Soit M ∈ F. M et A sont diagonalisables et, F étant un sous-espace, M + λA ∈ F est diagonalisable pour tout λ ∈ ℂ. A n'étant pas scalaire, 2.6 (appliquée au couple (M, A)) donne MA = AM. Donc F ⊂ C(A) = Vect(I2, A), de dimension 2. Comme ℂ.A ⊂ F ⊂ C(A) : si dim F = 2, F = C(A) (dimension 2) ; si dim F = 1, F = ℂ.A (dimension 1).
3.1.2. Cas restant : toutes les matrices de F sont scalaires. Alors F ⊂ ℂ.I2 et F ≠ {0}, donc F = ℂ.I2, de dimension 1.
3.2. Dimension 1 : ℂ.I2 (ou ℂ.diag(1, 0)). Dimension 2 : les matrices diagonales Vect(I2, diag(1, 0)) = C(diag(1, 0)).
3.3. φ : M ↦ PMP−1 est linéaire et bijective sur M2(ℝ) (réciproque M ↦ P−1MP). PℳP−1 = φ(ℳ) est l'image d'un sous-espace par une application linéaire, donc un sous-espace, et φ étant injective, elle transforme une base de ℳ en une base de φ(ℳ) : même dimension.
3.4. S2(ℝ) = {(a b / b d)} = Vect(E11, E22, E12 + E21), de dimension 3 = 4 − 1 : c'est un hyperplan (noyau de la forme linéaire non nulle M ↦ m12 − m21). Diagonalisabilité : théorème spectral ; ou directement, le discriminant du polynôme caractéristique de (a b / b d) vaut (a − d)2 + 4b2 ≥ 0 ; s'il est > 0, deux valeurs propres réelles distinctes ; s'il est nul, a = d et b = 0, la matrice est scalaire.
3.5. Par 3.3, RS2(ℝ)R−1 est un sous-espace de dimension 3, donc un hyperplan ; chacun de ses éléments RSR−1 est semblable à S diagonalisable, donc diagonalisable.
3.6.
3.6.1. Par l'absurde, si I2 ∉ F, alors M2(ℝ) = F ⊕ ℝ.I2 (F hyperplan). Toute matrice M s'écrit M = N + λI2 avec N ∈ F diagonalisable, donc M est diagonalisable (2.3). C'est faux pour M = (0 1 / 0 0) (question 2.2). Donc I2 ∈ F.
3.6.2. A ∈ F non scalaire et diagonalisable dans M2(ℝ) : A = Q diag(α, β) Q−1 avec α ≠ β réels (sinon A serait scalaire, cf. 2.6.1). Alors (A − βI2)/(α − β) = Q diag(1, 0) Q−1, combinaison linéaire de A et I2 qui sont dans F : Q (1 0 / 0 0) Q−1 ∈ F.
3.6.3. (0 b / c 0) = B − dI2 − (a − d)A1 ∈ W. Vect(I2, A1) est l'ensemble des matrices diagonales ; si (0 b / c 0) y était, B y serait aussi : donc (0 b / c 0) ∈ W \ Vect(I2, A1) et (b, c) ≠ (0, 0). Cette matrice est diagonalisable dans M2(ℝ), de polynôme caractéristique X2 − bc. Si bc < 0, pas de valeur propre réelle : impossible. Si bc = 0, 0 est seule valeur propre, la matrice serait nulle : impossible. Donc bc > 0.
3.6.4. c ≠ 0 et b/c > 0 ; on pose w = √(b/c) > 0 : B1 = (1/c)(0 b / c 0) = (0 w2 / 1 0) ∈ W. I2, A1, B1 sont libres (B1 n'est pas diagonale) et dans W de dimension 3 (3.3) : W = Vect(I2, A1, B1).
3.6.5. χB1 = X2 − w2 : valeurs propres w et −w, vecteurs propres (w, 1) et (−w, 1).
B1 = U diag(w, −w) U−1 avec U = (w −w / 1 1) = RΩ, où R = diag(w, 1) et Ω = (1 −1 / 1 1) (√2 fois une rotation).
Calcul : R−1I2R = I2, R−1A1R = A1 (matrices diagonales) et R−1B1R = (0 w / w 0) = w(E12 + E21).
Donc R−1WR = Vect(I2, E11, E12 + E21) = S2(ℝ). (Comme Ω−1SΩ est symétrique pour S symétrique, on a aussi U−1WU = S2(ℝ).)
Ainsi W = RS2(ℝ)R−1 et F = QWQ−1 = (QR) S2(ℝ) (QR)−1 : tout hyperplan de M2(ℝ) formé de matrices diagonalisables est conjugué à S2(ℝ), avec P = QR.
3.7.
Soit V un sous-espace de M2(ℝ) formé de matrices diagonalisables. dim V ≤ 3 (V ≠ M2(ℝ) qui contient (0 1 / 0 0)).
- dim V = 0 : V = {0} ⊂ S2(ℝ).
- dim V = 1 : V = ℝ.A, A = PDP−1 ; P−1VP = ℝ.D ⊂ S2(ℝ).
- dim V = 2 et I2 ∈ V : V = Vect(I2, A) avec A non scalaire, A = PDP−1 ; P−1VP = Vect(I2, D) ⊂ matrices diagonales ⊂ S2(ℝ).
- dim V = 2 et I2 ∉ V : V' = V ⊕ ℝ.I2 est de dimension 3 et ses éléments M + λI2 sont diagonalisables (2.3). Par 3.6, V' = PS2(ℝ)P−1, donc P−1VP ⊂ S2(ℝ).
- dim V = 3 : c'est 3.6.
Dans tous les cas, V est conjugué à un sous-espace de S2(ℝ).
3.8.
Une matrice réelle est orthogonalement diagonalisable (A = ODO−1 = ODtO, O orthogonale) si et seulement si elle est symétrique : le sens direct vient de t(ODtO) = ODtO, le sens réciproque est le théorème spectral. Les sous-espaces de M2(ℝ) formés de matrices orthogonalement diagonalisables sont donc exactement les sous-espaces vectoriels de S2(ℝ) (le plus grand étant S2(ℝ) lui-même).
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