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Modèle de concours : CNC 2017 Chimie (TSI) — Concours National Commun

🏢 Concours National Commun (CNC) — CPGE 👤 Concours d'accès aux écoles d'ingénieurs 🎯 Chimie 📅 2017 👁️ 31 vues

En bref

Ce document est une ancienne épreuve écrite du concours de Concours d'accès aux écoles d'ingénieurs organisé par Concours National Commun (CNC) — CPGE (2017), publiée sur Wadifa Info en consultation et téléchargement PDF gratuits, avec une correction proposée.

Organisme
Concours National Commun (CNC) — CPGE
Grade
Concours d'accès aux écoles d'ingénieurs
Spécialité
Chimie
Année
2017
Pages
6
Langue des questions
français
Correction
correction proposée disponible sur cette page
Sujet officiel de l'épreuve de Chimie du Concours National Commun (CNC) 2017 d'admission dans les établissements de formation d'ingénieurs et assimilés, pour les élèves des classes préparatoires (CPGE) de la filière TSI. Ce modèle contient les 6 pages de l'énoncé original. Les autres épreuves et sessions du CNC sont aussi disponibles sur le site.
📝 Texte des questions (extrait automatiquement des pages scannées)

Ce texte est extrait automatiquement des images de l'épreuve et peut contenir des erreurs de lecture — les images ci-dessus font foi.

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ROYAUME DU MAROC

Ministère de l’Education Nationale, de la Formation Professionnelle, de l’Enseignement

Supérieur et de la Recherche Scientifique

Présidence du Concours National Commun

Institut National de Statistique et d’Economie Appliquée

INSEA

CONCOURS NATIONAL COMMUN

d’admission aux Etablissements de Formation d’Ingénieurs et Etablissements Assimilés

Session 2017

EPREUVE DE CHIMIE

Filière TSI

Durée 2 heures

Cette épreuve comporte 5 pages au format A4, en plus de cette page de garde
L’usage de la calculatrice est autorisé

page de garde

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Concours Commun Marocain-Session 2017- Filière TSI

QUELQUES MATÉRIAUX UTILISÉS DANS LE GÉNIE CIVIL

On se propose d‘’aborder des aspects chimiques relatifs à certains matériaux utilisés en génie
civil, il s'agit par exemple du ciment et du fer. En particulier, le ciment est un matériau stratégique
au point que le béton, qui en dérive, est le 2ème produit consommé après l’eau à travers le Monde.
Le ciment est élaboré à une température voisine de 1450 ° C, il résulte de combinaisons entre la
chaux, la silice, l’alumine et l’oxyde ferrique ; ces oxydes sont apportés par un mélange dosé formé
de 80% de calcaire et de 20% d'argile.

Bien que les matières premières nécessaires à leur fabrication soient courantes à la surface de la
Terre, leur élaboration introduit des contraintes écologiques, comme la pollution par le dioxyde de
carbone notamment, et les contraintes énergétiques dues aux températures élevées et au transport.

Le problème comporte quatre parties indépendantes .
Si, au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur dénoncé il le signale sur sa
copie et poursuit sa composition en indiquant les raisons des initiatives qu’il est amené à prendre.

* Données atomiques

Elément (7 X) 1H 6C ‏0ع‎ 145i CA 48
Masse molaire(g.mol !) 1 12 16 28 40 56
Nombre d’Avogadro : Na = 6,02.10”.

*Données thermodynamiques à 298 K :
P°=1 bar=10°Pa
Constante des gaz parfaits : R=8,314 J.mol-!.K1.

Corps ‏ون‎ CaOs CaCO3s
S°(J.K}*mol-*) 213.7 381 92,9
COU.Klmol”l) 371 428 | 709

Les capacités calorifiques molaires standards ‏ول‎ sont supposées indépendantes de la température.
Enthalpie de formation en kJ.mol* : Si0,,, : —910; CazSiO5, : —2930.

*Données de chimie des solutions aqueuses à 298 K

Produit ionique de l’eau Ke = 107 14

Le dioxyde de carbone dissous dans l’eau est un diacide faible : ‏ووكلم‎ = 6,4 et pK = 10,3.
Produit de solubilité : Ks1 (Ca(OH)2,s) = 10-°*;Ks2(CaCO3,5) = 10-84 ;K53(Fe(OH)2,s) = 10-15
Potentiel standard : E°(H30* /H2,g) = 0,00V, E° (Fe?*+/Fe) = —0,44V.

Formule de Nernst donnant le potentiel E(ox/red) :

Ox + n.e7 + a.H30* = red + BH,0 : E(ox/red) = E°(ox/red) + be 0810
où ax représente l’activité de la substance chimique X considérée.

0
+0 و

Ared /

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Concours Commun Marocain-Session 2017- Filière TSI

1 Étude structurale

1.1. Généralités
1.1.1. En chimie, on utilise la notation : Zn X, donner la signification de X, Z, et N.
1.1.2. Rappeler le principe de Pauli et la règle de Klechkowski permettant d'obtenir la structure
électronique d’un atome.
1.1.3. Donner la structure électronique des atomes de carbone, d'oxygène et de silicium. Classer
ces trois éléments par électronégativité croissante.
1.1.4. Donner la structure de Lewis et la géométrie prévue par la théorie de Gillespie pour le
dioxyde de carbone, pour l'ion carbonate cor et pour l'ion silicate S io :
1.2. Le cristal d'oxyde de calcium
C’est un cristal ionique qui cristallise dans le système de type chlorure de sodium. les ions
Ca?*+ forment une structure cubique à faces centrées, les ions O2- forment aussi une deuxième
structure à faces centrées et qui se déduit de la première par une translation parallèle aux arêtes
de la maille et de valeur égale à la moitié du coté de la maille. On donne les rayons ioniques :
Teg+ = 99pm et Ro2- = 142pm.
1.2.1. Dessiner la maille du cristal CaO et déterminer le nombre N de motifs CaO par maille
1.2.2. Donner le type de site occupé (octa ou tétra) et la coordinence pour chacun des ions.
1.2.3. La masse volumique de l’oxyde de calcium est pcao = 3250kg.m”*. En déduire la valeur
du paramètre de maille a ; déterminer ce paramètre par une autre méthode.
1.2.4. Définir puis calculer la compacité + du cristal.

2 Élaboration de la chaux

Le calcaire est formé principalement de carbonate de calcium CaCO3,s. Sa calcination apporte
l’oxyde de calcium et constitue l’une des étapes importantes dans l'élaboration du ciment; sous
l’action de la chaleur, le carbonate de calcium se décompose selon la réaction :

CaCO3,5 = CaOs + CO2g

2.1. Calculer, à 1-298 K, l'enthalpie de réaction A,H° et l'entropie de réaction A,S°.

2.2. Déterminer, à T=298 K et P=1bar, l’enthalpie standard de réaction A-G°. La réaction est-elle
possible à 298 K? Justifier.

2.3. Avec quelle précision relative peut-on supposer A,H°(T) constante dans l'intervalle de tem-

pératures Ty = 298 › 1 › T, = 1200K? On déterminera ‏ع‎ = 100. (%).

2.4. Déterminer, alors,l'expression de l’enthalpie libre standard de réaction A,G°(T).

2.5. Déterminer la température d’inversion T;. Dans quel intervalle de température faut-il se placer
pour obtenir la chaux (CaO) à partir du carbonate de calcium (à 1 bar)?

3 Notions sur le ciment Portland

Le ciment est élaboré en partant de 80% de calcaire et 20% d'argile. Ces deux matières sont mé-
langées et infiniment broyées, puis chauffées dans un four à 1700 K. Les différents oxydes apportés
par ces matières premières réagissent entre eux. Le principal constituant du ciment est le silicate
tricalcique ‏و4510‎ (qu’on peut noter (CaO)3.5iO7),il est obtenu par la réaction totale :

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Concours Commun Marocain-Session 2017- Filière TSI
3CaCO3, + SIO2,5 — CazSiO5, + 3CO2g

3.1. Élaboration du ciment
3.1.1. Calculer l’enthalpie standard A,H° (Ty = 298K) de cette réaction.

3.1.2. Expliquer pourquoi doit-on travailler à haute température pour élaborer le ciment.

On suppose que cette enthalpie A-H° est indépendante de la température.
Dans toute la suite, on assimile le ciment au composé (majoritaire) Ca3SiO5,s.
La production mondiale moyenne annuelle de ciment par habitant est me = 555kg.

3.1.3. Déterminer la masse totale de CO, g accompagnant cette production.
3.1.4. Évaluer en kilowattheures la chaleur totale Qp fournie pour obtenir cette masse de 0035705.
3.1.5. Commenter ces deux valeurs.

3.2. Hydratation du ciment

Pour élaborer le mortier ou le béton, le ciment est mis en contact avec l’eau. L’hydratation du
ciment peut être modélisée par la réaction :

2Ca3SiO5,s + 61120 — 3Ca(OH)› + (CaO),.(SIO2)y.(H2O).

On obtient ainsi deux composés : l’'hydroxyde de calcium et un ’gel’ modelable ((CaO),-(SiO2),-(H,0)z)
qui durcit avec le temps. Ce ciment hydraté basique est assimilé à une solution saturée de Ca(OH)2 6٠

3.2.1. Écrire la réaction de dissolution du Ca (OH), dans l’eau et donner les relations entre les
différentes concentrations.

3.2.2. Déterminer, avec justification, le pH du ciment hydraté.

Le caractère fortement basique du ciment offre la possibilité 7 y inclure du fer pour former du
béton armé permettant d’ édifier des structures plus solides.

3.2.3. Commenter en expliquant qualitativement ce que donnerait l'oxydation du fer par l’eau
en milieu très basique et en milieu très acide.

L’eau de pluie s’acidifie grâce au dioxyde de carbone atmosphérique dissous CO» 7 et peut altérer
le ciment hydraté. Dans l'air la fraction molaire du dioxyde de carbone est XCO3g = 3,3.1074,
3.2.4. A 298 K et 1 bar, on considère l'équilibre : ‏بدن خ 11:0 + يون‎ de constante de loi
d'action de masse K = 3,36.10 2. Déterminer la concentration [CO à].
3.2.4.1. A l’aide d’approximations justifiées, déterminer le pH de cette eau acide.
3.2.4.2. Expliquer ce que donnerait l'attaque de cette eau acide sur l’'hydroxyde de calcium.
3.2.4.3. Commenter et discuter des conséquences de ces phénomènes sur le béton (ciment+fer)

3.2.5. La présence de chaux libre CaO dans le ciment est indésirable. En effet, elle peut pro-
voquer le craquage du béton (ou du mortier) puisque par hydratation elle donne l’hy-
droxyde de calcium de volume molaire ‏وروم يم‎ = 33, Ocm*.mol*.

Um,Ca(OH), — Pm,CaO

- ; (lire la ques-
Um,CaO

Déterminer la variation relative du volume (%) ‏مء‎ = 100.

tion 1.2.3). Commenter

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4 Le fer, matériau de construction

Comme la plupart des métaux, le fer se trouve dans la nature sous forme d’oxydes. En les rédui-
sant par un réducteur convenable (C, CO), on peut obtenir le métal (fer). On se propose d'étudier
le diagramme d’Ellingham simplifié des couples oxred du fer et du couple CO2,g / ‏,و0‎ en écrivant
les réactions correspondantes en prenant une mole O2 g-

4.1. Donner la structure électronique de l'atome de fer et de celles de ses ions stables.
4.2. Déterminer le nombre d'oxydation de Fe dans les oxydes : FeO, Fe304 et Fe2O3.

4.3. Écrire les réactions d’oxydation, par 1 mole ‏رون‎ notées : (1), (2) et (3) respectivement pour les
couples oxred : FeO/Fe ,Fe304 / FeO et Fe,03 / FezO4.

On s’intéresse à un intervalle de températures où métal et oxydes sont tous solides, et on donne,

en kJ.mol”*, les valeurs de AG:°(T),i=1,2,3.

AG? (FeO/Fe) = —532, 6 + 0, 1420.T

A,G5 (Fe304/FeO) = —641,8 + 0,2677.T

A,G53 (Fe2O3/Fe304) = —449,0 ++,

4.4. Montrer que l’oxyde de fer FeO est instable et peut se dismuter pour une température infé-
rieure à Tp qu’on calculera.

4.5. La figure 1 ci-dessous donne le diagramme d’Ellingham simplifié du fer.
Donner l'équation de la droite A,G?(T) séparant A et D.
Identifiez chacune des espèces chimiques notées : À, ‏رق‎ D et E parmi les substances : Fe, FeO, Fe304
et Fe,O3. Justifier vos réponses.

‎T T T T T‏ اناد

‎-600 ; i 1 1
200 400 600 800 1000 12
Figure 1 — Diagramme d'Ellingham du fer
Épreuve de Chimie 4/5 Tournez la page SVP

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4.6. Quelle est la variance d’un système représenté par le point P de la figure 1? Commenter.
4.7. Étude de la réduction des oxydes (couple CO2,g/CO2).

4.7.1. Écrire la réaction d’oxydation du CO, (pour 1 mole O2), notée (5), d’enthalpie libre stan-
dard : A,G£ = —565, 4 + 0,1740.T en kJ.mol—*.
Reproduire la figure 1 sur votre copie et la compléter avec le tracé de A,G£ (T)

4.7.2. Le monoxyde de carbone est aussi susceptible de dismutation. On considère l'équilibre de
Boudouard : C, + CO7,g # 2CO,, avec K(T) = exp(21.28 — 2072).
4.7.2.1. Exprimer la fraction molaire du monoxyde de carbone xco en fonction de la pression
totale P et de K(T).

4.7.2.2. À P = cte, faire une étude asymptotique à basse puis à haute température et tracer
l'allure de xco(T); on donne : ces )T=o = O*.
4.7.2.3. A T = cte, tracer l'allure de xco(P) pour T = 900K et T = 1200K. Commenter.
4.7.3. Étudier la réduction de l’oxyde Fe,O4 par CO.

4.7.4. Étudier la réduction de l’oxyde Fe304 par CO et discuter selon que T › Ty ou T › Tp.
Préciser les conditions sur la température favorables à la réduction.

4.7.5. Étudier la réduction de l’oxyde FeO par CO pour T › Ty. Préciser l'influence de la tempé-
rature sur la réduction.

Épreuve de Chimie 5/5 Fin

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✅ Correction proposée

Il s'agit d'une correction proposée, rédigée par l'équipe wadifa-info pour vous aider à comprendre la méthode — ce n'est pas un corrigé officiel de l'administration organisatrice.

Ce sujet est l'épreuve de Chimie du Concours National Commun (CNC) 2017, filière TSI, d'admission aux établissements de formation d'ingénieurs et assimilés (présidence du concours : INSEA). Durée : 2 heures, calculatrice autorisée, 5 pages. C'est un problème en quatre parties indépendantes sur le thème « Quelques matériaux utilisés dans le génie civil » : structure de la matière et cristallographie de CaO, thermochimie de la calcination du calcaire, chimie du ciment Portland (thermochimie, solutions aqueuses, corrosion), puis diagramme d'Ellingham du fer et réduction par CO. Voici une correction méthodologique proposée.

💡 Avant de commencer : les quatre parties sont indépendantes : commencez par les plus « rentables » (partie 2 et 3.1 : calculs directs de Hess et d'Ellingham), puis la cristallographie et les solutions aqueuses. Posez toujours la réaction avant tout calcul, gardez les unités (kJ vs J) cohérentes et vérifiez vos résultats de la partie 4 sur la figure 1 : le point P doit tomber vers 870 K et −409 kJ.mol−1.

Partie 1 — Étude structurale

1.1.1 Notation Z+NZX

X : symbole de l'élément ; Z : numéro atomique (nombre de protons, et d'électrons pour l'atome neutre) ; N : nombre de neutrons. A = Z + N est le nombre de masse (nucléons).

1.1.2 Pauli et Klechkowski

  • Pauli : deux électrons d'un même atome ne peuvent avoir leurs quatre nombres quantiques (n, l, ml, ms) identiques ; une orbitale contient au plus 2 électrons de spins opposés.
  • Klechkowski : les sous-couches se remplissent par (n + l) croissant et, à (n + l) égal, par n croissant : 1s, 2s, 2p, 3s, 3p, 4s, 3d, 4p…

1.1.3 Configurations et électronégativité

  • C (Z = 6) : 1s2 2s2 2p2 ; O (Z = 8) : 1s2 2s2 2p4 ; Si (Z = 14) : 1s2 2s2 2p6 3s2 3p2.
  • L'électronégativité croît de gauche à droite dans une période et diminue en descendant une colonne (Si est sous C) : Si < C < O.

1.1.4 Lewis et VSEPR

  • CO2 : O=C=O, deux doublets non liants sur chaque O ; C de type AX2 → linéaire, 180°.
  • CO32− : C central lié à un O par une double liaison et à deux O− par des liaisons simples (trois formes mésomères équivalentes) ; AX3 → triangulaire plane, 120°.
  • SiO44− : Si lié à quatre O− par des liaisons simples ; AX4 → tétraédrique, ≈ 109,5°.

1.2.1 Maille de CaO

Maille type NaCl : décrire (en mots ou schéma) un cube d'arête a avec Ca2+ aux 8 sommets et aux centres des 6 faces, et O2− aux milieux des 12 arêtes et au centre du cube (ou l'inverse). Ca2+ : 8 × 1/8 + 6 × 1/2 = 4 ; O2− : 12 × 1/4 + 1 = 4. Donc N = 4 motifs CaO par maille.

1.2.2 Sites et coordinence

Chaque ion occupe les sites octaédriques du réseau CFC de l'autre ion ; coordinence 6/6 (Ca2+ entouré de 6 O2− et réciproquement).

1.2.3 Paramètre de maille

  • Par la masse volumique : ρ = N·M(CaO)/(NA·a3) avec M = 56 g.mol−1, d'où a = (4 × 0,056 / (3250 × 6,02.1023))1/3 → a ≈ 4,86.10−10 m = 486 pm.
  • Autre méthode : cations et anions sont tangents le long d'une arête : a = 2(rCa2+ + RO2−) = 2(99 + 142) = 482 pm. Accord à moins de 1 %. (Vérification : les anions ne se touchent pas, car 2√2·R = 402 pm < a.)

1.2.4 Compacité

τ = volume occupé par les ions / volume de la maille = 4 × (4/3)π(r3 + R3) / a3. Avec a = 486 pm : τ ≈ 0,56 (0,57 avec a = 482 pm).

Partie 2 — Élaboration de la chaux : CaCO3,s ⇌ CaOs + CO2,g

2.1 Enthalpie et entropie standard à 298 K

Loi de Hess : ΔrH° = −635,1 − 393,5 − (−1206) = 177,4 kJ.mol−1 (endothermique). ΔrS° = 38,1 + 213,7 − 92,9 = 158,9 J.K−1.mol−1 (> 0 : formation d'un gaz).

2.2 Enthalpie libre standard à 298 K

ΔrG° = ΔrH° − TΔrS° = 177,4 − 298 × 0,1589 = ≈ 130 kJ.mol−1 > 0. K° = exp(−ΔrG°/RT) ≈ 1,6.10−23 = PCO2,éq/P° : la pression d'équilibre en CO2 est infime, la décomposition n'est pas possible en pratique à 298 K (le calcaire est stable à l'ambiante).

2.3 Précision de l'approximation d'Ellingham

Kirchhoff : dΔrH°/dT = ΔrCp° = 42,8 + 37,1 − 81,9 = −2,0 J.K−1.mol−1. Donc ΔrH°(T1) − ΔrH°(T0) = −2,0 × (1200 − 298) = −1,80 kJ.mol−1, et ε = 100 × (−1,80/177,4) ≈ −1,0 %. On peut considérer ΔrH° constante (à 1 % près), et de même ΔrS°.

2.4 Expression de ΔrG°(T)

ΔrG°(T) = 177,4 − 0,1589·T (kJ.mol−1).

2.5 Température d'inversion

ΔrG°(Ti) = 0 ⇒ Ti = 177 400/158,9 ≈ 1116 K (≈ 843 °C). Sous PCO2 = 1 bar, la décomposition nécessite K° > 1 donc T > 1116 K (on travaille en pratique vers 1200 K et plus ; balayer le CO2 formé abaisse aussi la température nécessaire).

Partie 3 — Notions sur le ciment Portland

3.1.1 Enthalpie de 3CaCO3 + SiO2 → Ca3SiO5 + 3CO2

ΔrH° = −2930 + 3(−393,5) − 3(−1206) − (−910) = +417,5 kJ.mol−1.

3.1.2 Pourquoi une haute température ?

La réaction est fortement endothermique : d'après la loi de van 't Hoff, K° augmente avec T. Elle libère 3 moles de gaz, donc ΔrS° > 0 et ΔrG° = ΔrH° − TΔrS° ne devient négatif qu'à haute température. De plus, les réactions entre solides sont très lentes : la haute température (et le broyage fin) accélère la diffusion et la cinétique.

3.1.3 Masse de CO2

M(Ca3SiO5) = 3 × 40 + 28 + 5 × 16 = 228 g.mol−1 ; n = 555 000/228 ≈ 2434 mol. n(CO2) = 3n ≈ 7303 mol, soit m(CO2) = 7303 × 44 g ≈ 321 kg de CO2 par habitant et par an.

3.1.4 Chaleur fournie

Qp = n·ΔrH° = 2434 × 417,5 ≈ 1,02.106 kJ = 1,02.109 J ; divisé par 3,6.106 J/kWh : Qp ≈ 282 kWh.

3.1.5 Commentaire

Environ 0,58 kg de CO2 par kg de ciment rien que par la décarbonatation, sans compter le CO2 des combustibles ; et ≈ 0,5 kWh par kg de ciment pour la seule réaction, sans compter l'énergie de chauffage des matières jusqu'à 1700 K, les pertes du four, le broyage et le transport. À l'échelle mondiale, l'industrie cimentière est donc un émetteur majeur de gaz à effet de serre et très énergivore, ce qui confirme les contraintes écologiques et énergétiques citées dans l'introduction.

3.2.1 Dissolution de Ca(OH)2

Ca(OH)2,s ⇌ Ca2+ + 2HO−, Ks1 = [Ca2+][HO−]2 = 10−5,3. Électroneutralité : 2[Ca2+] + [H3O+] = [HO−] ≈ 2[Ca2+] (milieu basique) ; produit ionique [H3O+][HO−] = Ke. Avec s la solubilité : [Ca2+] = s, [HO−] = 2s.

3.2.2 pH du ciment hydraté

Ks1 = 4s3 ⇒ s = (10−5,3/4)1/3 ≈ 1,08.10−2 mol.L−1 ; [HO−] ≈ 2,16.10−2 mol.L−1 ⇒ pOH ≈ 1,67 et pH ≈ 12,3. Hypothèse vérifiée : [H3O+] ≈ 5.10−13 ≪ [HO−].

3.2.3 Oxydation du fer par l'eau

  • Milieu très basique : le fer s'oxyde en Fe(OH)2 solide (Ks3 = 10−15, très peu soluble). Potentiel du couple : E = −0,44 + 0,03 log(Ks3/[HO−]2) = −0,05 − 0,06 pH (V), soit −0,79 V à pH 12,3, à peine sous le couple H2O/H2 (−0,06 pH = −0,74 V). L'oxydation est thermodynamiquement possible mais faiblement, et le produit forme une couche d'hydroxyde/oxyde adhérente qui isole le métal : passivation, le fer est protégé en pratique.
  • Milieu très acide : Fe + 2H3O+ → Fe2+ + H2 + 2H2O ; l'écart de potentiel est grand et Fe2+ est soluble, aucune couche protectrice : corrosion du fer.

C'est pourquoi la basicité du béton protège les armatures.

3.2.4 Concentration de CO2 dissous

K = [CO2,d]·C°/(PCO2/P°) avec PCO2 = xCO2·P = 3,3.10−4 bar : [CO2,d] = 3,36.10−2 × 3,3.10−4 ≈ 1,11.10−5 mol.L−1.

3.2.4.1 pH de l'eau de pluie

Approximations : la solution est acide, donc on néglige l'autoprotolyse de l'eau ; pH < pKa2 − 1, donc on néglige la seconde acidité (CO32−) ; [CO2,d] est imposée par l'équilibre avec l'air. Réaction prépondérante : CO2,d + 2H2O ⇌ HCO3− + H3O+, avec [HCO3−] = [H3O+] = h. Donc h = √(Ka1·[CO2,d]) = √(10−6,4 × 1,11.10−5) ≈ 2,1.10−6 ⇒ pH ≈ 5,7. Vérifications : pH < 6,5 et pH < 9,3 : approximations justifiées.

3.2.4.2 Attaque de Ca(OH)2

Carbonatation : Ca(OH)2,s + CO2,d → CaCO3,s + H2O, de constante K = Ks1·Ka1·Ka2/(Ks2·Ke2) = 10−5,3−6,4−10,3+8,4+28 = 1014,4 : réaction quantitative. La portlandite est consommée (et en partie dissoute et lessivée sous forme de Ca2+ par l'eau acide) ; le pH de la pâte chute fortement, jusqu'au domaine imposé par le carbonate (autour de 8 à 9 environ, valeur indicative).

3.2.4.3 Conséquences sur le béton armé

Le front de carbonatation progresse de la surface vers l'intérieur. Quand il atteint les armatures, le pH n'est plus assez basique : le fer se dépassive et se corrode (rouille). Les produits de corrosion occupent un volume plus grand que le fer, ce qui crée des contraintes internes, fissure le béton et fait éclater l'enrobage ; la dissolution de la chaux augmente aussi la porosité. Conséquences : perte de résistance mécanique et de durabilité, d'où l'importance d'un enrobage épais et d'un béton peu poreux.

3.2.5 Gonflement dû à la chaux libre

vm,CaO = M/ρ = 56/3,25 ≈ 17,2 cm3.mol−1 (donnée de la question 1.2.3). εv = 100 × (33,0 − 17,2)/17,2 ≈ +92 %. L'hydratation de CaO → Ca(OH)2 quasiment double le volume après la prise du béton : fortes contraintes internes, fissuration (gonflement), d'où la nécessité de limiter la chaux libre (bonne cuisson, dosage correct du calcaire).

Partie 4 — Le fer, matériau de construction

4.1 Configurations électroniques

Fe (Z = 26) : 1s2 2s2 2p6 3s2 3p6 4s2 3d6 = [Ar] 4s2 3d6. Les électrons 4s partent en premier : Fe2+ : [Ar] 3d6 ; Fe3+ : [Ar] 3d5 (sous-couche d à moitié remplie, particulièrement stable).

4.2 Nombres d'oxydation

FeO : +II ; Fe2O3 : +III ; Fe3O4 : +8/3 (valeur moyenne : oxyde mixte FeO·Fe2O3, un Fe(+II) et deux Fe(+III)).

4.3 Réactions pour une mole de O2

  • (1) 2Fe + O2 → 2FeO
  • (2) 6FeO + O2 → 2Fe3O4
  • (3) 4Fe3O4 + O2 → 6Fe2O3

4.4 Dismutation de FeO

(2) − (1) donne 8FeO → 2Fe3O4 + 2Fe, soit 4FeO → Fe + Fe3O4, avec ΔrG° = (ΔrG2° − ΔrG1°)/2 = (−109,2 + 0,1257·T)/2 kJ.mol−1. Pour des solides purs (activités 1), la dismutation est totale dès que ΔrG° < 0, soit pour T < T0 = 109,2/0,1257 ≈ 869 K. Autrement dit, sous T0, la droite (2) est sous la droite (1) : FeO serait à la fois oxydant de (2) et réducteur de (1) dans des domaines disjoints, il n'a pas de domaine de stabilité.

4.5 Droite A/D et identification des espèces

Pour T < T0, le couple à considérer est Fe3O4/Fe : (4) 3/2 Fe + O2 → 1/2 Fe3O4 = [3 × (1) + (2)]/4, d'où ΔrG4° = −559,9 + 0,1734·T (kJ.mol−1). Cohérent avec la figure : −560 à T = 0 et ≈ −409 à T0 (point P).

Au-dessus d'une droite d'Ellingham se trouve la forme oxydée, en dessous la forme réduite ; le n.o. du fer croît quand on monte :

  • A = Fe (sous les droites (4) et (1), domaine le plus bas) ;
  • D = Fe3O4 (entre la droite (4) et la droite (3) : −449 + 0,2511·T, qui passe à −449 à T = 0) ;
  • B = FeO (pour T > T0, entre la droite (1) de pente 0,142 et la droite (2) de pente 0,268 qui partent de P) ;
  • E = Fe2O3 (au-dessus de la droite (3)).

4.6 Variance au point P

En P coexistent Fe, FeO, Fe3O4 (trois phases solides pures) et O2 (gaz) avec deux équilibres indépendants (1) et (2). v = (4 constituants − 2 réactions) + 2 − 4 phases = 0 : système invariant. La température (T0 ≈ 869 K) et la pression d'O2 sont imposées : ln(PO2/P°) = ΔrG1°(T0)/(RT0) avec ΔrG1°(T0) ≈ −409 kJ.mol−1, soit PO2 ≈ 2.10−25 bar. L'expérimentateur ne peut rien choisir : c'est un point triple.

4.7.1 Couple CO2/CO

(5) 2CO + O2 → 2CO2, ΔrG5° = −565,4 + 0,1740·T. Tracé : droite passant par (0 ; −565) et (1200 ; −357). Positions relatives utiles pour la suite :

  • ΔrG5° − ΔrG4° = −5,5 + 0,0006·T : la droite (5) est presque parallèle à (4), juste en dessous (≈ 5 kJ) pour T < T0 ;
  • (5) coupe (1) à T = 32,8/0,032 = 1025 K et coupe le prolongement de (2) à T ≈ 815 K (donc (5) est sous (2) pour tout T > T0) ;
  • (5) est toujours très en dessous de (3).

4.7.2.1 Fraction molaire de CO (Boudouard)

Cs + CO2,g ⇌ 2COg : K = (PCO/P°)2/(PCO2/P°) = xCO2·P/((1 − xCO)·P°). En posant α = K·P°/P : x2 + αx − α = 0, d'où xCO = [−α + √(α2 + 4α)]/2.

4.7.2.2 Allure de xCO(T) à P constante

K(T) = exp(21,28 − 20712/T) est croissante (réaction endothermique, ΔrH° ≈ 20712 × R ≈ 172 kJ.mol−1). À basse température, K → 0 : xCO ≈ √α → 0 avec une tangente horizontale (donnée). À haute température, K → ∞ : xCO → 1. La courbe est une sigmoïde croissante de 0 à 1 ; à P = 1 bar, xCO = 0,5 pour K = 0,5, soit T ≈ 20712/(21,28 + ln 2) ≈ 943 K. À basse température, CO se dismute (2CO → C + CO2) ; à haute température, CO est majoritaire.

4.7.2.3 Allure de xCO(P) à T constante

K(900 K) ≈ 0,177 et K(1200 K) ≈ 55,7. xCO décroît quand P augmente (Le Chatelier : la réaction augmente la quantité de gaz), avec xCO → 1 quand P → 0. À P = 1 bar : xCO ≈ 0,34 à 900 K et ≈ 0,98 à 1200 K. La courbe à 1200 K reste proche de 1 sur un large domaine de pressions, alors que celle à 900 K chute rapidement. Commentaire : la production de CO est favorisée par haute température et basse pression.

4.7.3 Réduction de Fe2O3 par CO

(5) − (3) : 6Fe2O3 + 2CO → 4Fe3O4 + 2CO2 (soit 3Fe2O3 + CO → 2Fe3O4 + CO2), ΔrG° = −116,4 − 0,0771·T < 0 à toute température, avec K très grand : réduction de Fe2O3 en Fe3O4 quantitative à toute température (la droite (5) est toujours sous la droite (3)).

4.7.4 Réduction de Fe3O4 par CO

  • T < T0 (FeO instable) : réduction directe en fer, (5) − (4) : 1/2 Fe3O4 + 2CO → 3/2 Fe + 2CO2, ΔrG° = −5,5 + 0,0006·T ≈ −5 kJ.mol−1. K est à peine supérieur à 1 (≈ 2,8 à 600 K, soit PCO2/PCO ≈ 1,7 à l'équilibre) : la réduction est thermodynamiquement possible mais peu déplacée ; il faut un fort excès de CO renouvelé. De plus, à ces températures, la cinétique est lente et CO tend à se dismuter (Boudouard) : conditions défavorables.
  • T > T0 : réduction en FeO, (5) − (2) : 2Fe3O4 + 2CO → 6FeO + 2CO2, ΔrG° = 76,4 − 0,0937·T, négatif pour T > 815 K, donc sur tout le domaine T > T0, et de plus en plus favorable quand T augmente (K croît).

Conditions favorables : T > T0 ≈ 869 K, et une température d'autant plus élevée que possible ; c'est aussi le domaine où le Boudouard produit CO.

4.7.5 Réduction de FeO par CO pour T > T0

(5) − (1) : 2FeO + 2CO → 2Fe + 2CO2 (FeO + CO → Fe + CO2), ΔrG° = −32,8 + 0,032·T. Cette réaction est exothermique (ΔrH° = −32,8 kJ pour 2 mol), donc K diminue quand T augmente (van 't Hoff). ΔrG° < 0 seulement pour T0 < T < 1025 K ; au-delà, K < 1. Même dans ce domaine, K reste proche de 1 (à 900 K : K ≈ 1,7, soit PCO2/PCO ≈ 1,3) : la réduction exige un large excès de CO renouvelé en continu (principe du haut fourneau à contre-courant, où le coke régénère CO par Boudouard). L'élévation de température défavorise cette étape mais favorise la production de CO et la cinétique : c'est un compromis.

💡 À retenir et à réviser pour le CNC TSI : résultats clés de ce sujet : N = 4, coordinence 6/6, a ≈ 486 pm, τ ≈ 0,56 ; ΔrH° = 177,4 kJ.mol−1, ΔrS° = 158,9 J.K−1.mol−1, Ti ≈ 1116 K ; ciment : 417,5 kJ.mol−1, 321 kg de CO2, 282 kWh ; pH du ciment ≈ 12,3, pH de la pluie ≈ 5,7, gonflement ≈ +92 % ; T0 ≈ 869 K, variance 0 en P, ΔrG4° = −559,9 + 0,1734·T. Révisez : configurations électroniques et VSEPR, cristaux ioniques (NaCl, CsCl, ZnS : sites, compacité, condition de contact), thermochimie (Hess, Kirchhoff, approximation d'Ellingham, variance de Gibbs), équilibres de solubilité et pH des diacides, diagrammes E-pH et corrosion/passivation, et surtout la lecture et la construction des diagrammes d'Ellingham avec les réductions par C et CO (équilibre de Boudouard).

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Questions fréquentes sur ce sujet

Ce sujet est-il téléchargeable gratuitement ?
Oui. La totalité du sujet (6 pages) est consultable et téléchargeable gratuitement, sans inscription ni compte.
Le corrigé est-il inclus ?
Oui. Un corrigé proposé figure sur cette page, sous les pages du sujet : méthode de réponse et éléments attendus, rédigés par l'équipe Wadifa Info.
Quel organisme et quel grade concerne ce sujet ?
Ce sujet provient d'un concours organisé par Concours National Commun (CNC) — CPGE. Il concerne le grade : Concours d'accès aux écoles d'ingénieurs.
De quelle session s'agit-il et dans quelle langue ?
Session : 2017. Les questions sont en français.
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