Modèle de concours : CNC 2003 Chimie (TSI) — Concours National Commun
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En bref
Ce document est une ancienne épreuve écrite du concours de Concours d'accès aux écoles d'ingénieurs organisé par Concours National Commun (CNC) — CPGE (2003), publiée sur Wadifa Info en consultation et téléchargement PDF gratuits, avec une correction proposée.
- Organisme
- Concours National Commun (CNC) — CPGE
- Grade
- Concours d'accès aux écoles d'ingénieurs
- Spécialité
- Chimie
- Année
- 2003
- Pages
- 6
- Langue des questions
- français
- Correction
- correction proposée disponible sur cette page
📝 Texte des questions (extrait automatiquement des pages scannées)
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— صفحة 1 — ROYAUME DU MAROC Ministère de l’Éducation Nationale Ministère de l'Enseignement et de la Jeunesse Supérieur, de la Formation des Cadres et de la Recherche Scientifique Concours National Commun d’Admission aux Grandes Écoles d'Ingénieurs Session 2003 ÉPRE UVE DE CHIMIE Durée 2 heures Concours TSI Cette épreuve comporte 5 pages au format A4, en plus de cette page de garde L'usage de la calculatrice est autorisé نماذج المباريات من موقع وظيفة إنفو wadifa-info.com — صفحة 2 — Concours National Commun - Session 2003 — TSI L’énoncé de cette épreuve comporte 5 pages. L'usage de la calculatrice est autorisé. On veillera à une présentation claire et soignée des copies. Il convient en particulier de rappeler avec précision les | références | des questions abordées. Le mercure Le problème propose l’étude de quelques aspects de la chimie du mercure. Aucune connaissance préalable de la chimie de cet élément n’est requise pour aborder les différentes parties du problème. Si, au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d’énoncé, il le signale sur sa copie et poursuit sa composition en indiquant les raisons des initiatives qu’il est amené à prendre. Données utiles — Données générales Nombre d’AVOGADRO : N,4 = 6,023 x 10% mol”* ; e Constante des gaz parfaits : R = 8,314 J.K7 ! mol”* ; e Constante de FARADAY : F = 9,65 10* C.mol”* ; ° F In 10 = 0,06 V à 298 K, In désignant le logarithme népérien ; Enthalpies standard de formation et entropies standard absolues à 298 K : S°(J.K-*.mol- 205,1 | 42,55 | 76,02 | 248,2 96,25 82, 40 g : gaz, :ا liquide, s : solide. — Masses molaires atomiques : Élément 8 0 | K | Hg — Pression de vapeur saturante du mercure liquide à 800 K : p,(Hg) = 11,6 bar. — Tous les gaz rencontrés dans le problème seront considérés comme parfaits. Épreuve de Chimie 1/5 Tournez la page S.V.P. نماذج المباريات من موقع وظيفة إنفو wadifa-info.com — صفحة 3 — Concours National Commun - Session 2003 — TSI 1 ère partie Quelques propriétés structurales 1.1. Quelques propriétés de l’élément mercure Le mercure Hg a pour numéro atomique Z = 80. 1.1.1. Dans quel été physique (gaz, liquide ou solide) se trouve le mercure dans les conditions normales de température et de pression ? Citer un autre élément qui se trouve dans le même état physique. 1.1.2. À l’état naturel, le mercure possède sept isotopes stables d’abondances respectives : Isotope ‘soHg | ‘SoHe | ‘KoHe | *0Hg | 28 Abondance | 0,15% | 9,97 % | 16,87 % | 23,10% | 13,18 % | 29,86 % | 6,87 % 1.1.2.1. Qu'appelle-t-on noyaux isotopes ? 1.1.2.2. Déterminer la masse molaire atomique My, du mercure. 1.1.3. Quelle est la configuration électronique de l'atome de mercure dans son état fondamen- tal ? 1.1.4. En déduire sa position (ligne et colonne) dans la table périodique des éléments. À quel bloc d'éléments appartient-il ? 1.15. Le mercure possède deux degrés d’oxydation stables +I et +11. Donner les configurations électroniques correspondantes et justifier leur stabilité relative. 1.2. Propriétés cristallographiques Le mercure se rencontre à l’état naturel sous forme de sulfure HgS qui possède deux variétés allotropiques. La variété principale, de couleur rouge est appelée cinabre. Elle a une structure de type hexagonal assez complexe. Par contre, la variété moins courante, dite métacinabre, cristallise dans une structure cubique du type ZnS blende de paramètre de maille a = 587,17 pm. Les vecteurs de base de la maille sont notés @, b et @. On s'intéresse par la suite aux propriétés cristallographiques du métacinabre. 1.2.1. Quelles relations existent-elles entre d, bet 7? 1.2.2. Donner les coordonnées réduites des ions de la maille de HgS et représenter sa projection orthogonale dans le plan (à, 7) ; 1.2.3. Quelle est la nature des sites cristallographiques occupés par les cations ? Sont-ils tous occupés ? Si non, donner les coordonnées des sites non occupés. 1.2.4. Calculer la distance la plus courte entre deux cations ainsi que la distance la plus courte entre deux sites du type de ceux occupés par les cations. Comparer et commenter. 1.2.5. Quel est le nombre d’entités HgS par maille ? 1.2.6. Calculer la masse volumique p du métacinabre HgS. Épreuve de Chimie 2/5 ب نماذج المباريات wadifa-info.com — صفحة 4 — Concours National Commun - Session 2003 — TSI 2ème partie Réactions en phase sèche Dans cette partie, on se propose d’étudier la réaction chimique à la base de l’obtention du mercure à partir du cinabre. On étudiera également un équilibre de décomposition de l’oxyde de mercure HgO. 2.1. Pyrométallurgie L'extraction du mercure à partir du cinabre s’effectue par grillage du minerai à l'air : 2.1.1. Calculer la variance d’un tel système et interpréter la valeur obtenue. 2.1.2. Déterminer l’enthalpie libre standard A,G°(T) de cette réaction dans le cadre de l’approximation d’ELLINGHAM. Commenter son signe. 2.1.3. Déterminer la valeur numérique de la constante d’équilibre رك à 300 K. Commenter. 2.1.4. En réalité on travaille à 973 K. Pourquoi doit-on travailler à température élevée pour extraire le mercure à partir du cinabre ? On donne la température d’ébullition du mercure sous pression standard : 09, (Hg) = 356,6°C. 2.2. Décomposition de l’oxyde mercurique A température suffisamment élevée, l’oxyde de mercure HgO solide peut se décomposer pour donner du mercure gazeux et du dioxygène selon : 21160 م = 2Hg() + O2) dont la constante d’équilibre vaut Æ, = 6,2 à 800 K. 2.2.1. Calculer la variance du système général composé de HgO (5), HE (a) Et وي و0 ainsi que celle du système obtenu par décomposition partielle de HgO (,). Interpréter les valeurs obtenues. Dans un récipient clos de volume V = 1 L, initialement vide et maintenu à une température T = 800 K, on introduit une quantité de matière n d’oxyde de mercure HgO solide. 2.2.2. Pourquoi, pour les faibles valeurs de n, l’oxyde de mercure se décompose-t-il totale- ment ? 2.23. À partir de quelle valeur no de n, il y a coexistence de HgO (s)» HS (g) et و0 (g) ? Com- menter. 2.2.4. Exprimer et représenter les variations de la pression totale م dans le récipient en fonction den. 2.2.5. Montrer que, lors de cette expérience, il ne se forme pas de mercure liquide. Dans le récipient précédent, contenant un excès de HgO رى et maintenu à la température con- stante 7 = 800 K, on introduit une quantité de matière N de mercure liquide. 2.2.6. À partir de quelle valeur Ny de N apparaît la première goutte de Hg و en équilibre avec Épreuve de Chimie 37/5 Tournez la page S.V.P. نماذج المباريات من موقع وظيفة إنفو wadifa-info.com — صفحة 5 — Concours National Commun - Session 2003 — TSI 2.2.7. Calculer la variance du système ainsi obtenu et interpréter le résultat. 3°M° partie Chlorure mercureux ou calomel Le calomel est le chlorure de mercure I ou chlorure mercureux Hg2Cl». On admettra qu’en solution aqueuse, l’ion mercure (+I) se trouve uniquement sous forme de dimère Hg5* ; 3.1. Solubilité du calomel À 298 K, la solubilité du calomel dans l’eau pure vaut s = 6,8 x 1077 mol.L-!. 3.11. En déduire le produit de solubilité K, du calomel. 3.12. Calculer la solubilité s’ du calomel dans une solution de chlorure de potassium à 10-2 mol.L-*. Comparer les deux valeurs de solubilité et expliquer. 3.2. Mesure d’un potentiel standard On réalise la pile suivante : La pression de dihydrogène vaut 1 bar et la concentration en acide chlorhydrique est ce, = 107? mol.L-!. La force électromotrice de cette pile vaut e, = 510 mV. 3.2.1. Déterminer le potentiel standard du couple Hg2Cl› (s) / Hg (0) - 3.2.2. En déduire le potentiel standard du couple Hg3* /H8 (e)- 3.3. Électrode au calomel saturée L'électrode au calomel est la demi-pile symbolisée par : On note c la concentration de la solution de chlorure de potassium. 3.3.1. Faire un schéma réaliste d’une électrode au calomel de laboratoire. 3.3.2. Donner le montage complet permettant de mesurer le pH d'une solution aqueuse utilisant une électrode au calomel et une autre électrode dont on donnera le nom. 3.3.3. Exprimer le potentiel rédox Fre de l’électrode au calomel. 3.3.4. Qu'’appelle-t-on électrode de référence ? À quelle condition l’électrode au calomel peut- elle jouer le rôle d’électrode de référence ? Comment parvient-on à cela ? 3.3.5. Dans quel type de solution ne peut-on pas alors l'utiliser ? En donner un exemple concret. Comment arrive-t-on alors à résoudre ce problème ? 3.3.6. Calculer la valeur du potentiel Frcs de l’électrode au calomel saturée à 298 K sachant que la solubilité du chlorure de potassium est w = 355 g.L*. Épreuve de Chimie 4/5 ب نماذج المباريات من موقع وظيفة إنفو wadifa-info.com — صفحة 6 — Concours National Commun — Session 2003 — TSI 3.4. Mesure de grandeurs thermodynamiques On réalise, sous une pression totale de 1 bar, la pile suivante : La concentration de la solution de chlorure de potassium est co = 0,1 mol.LT ! On note e» la force électromotrice de cette pile. Elle vaut 46,00 mV à 298 K et 65,03 mV à 353 K. 3.4.1. Faire un schéma de la pile ainsi réalisée. 3.4.2. Écrire les équations des demi-réactions rédox ayant lieu à chaque électrode ainsi que la réaction globale de fonctionnement de la pile. 3.43. Calculer l’enthalpie standard A,H° et l’entropie standard A,S° de cette réaction. Com- menter les valeurs obtenues. On supposera ces grandeurs indépendantes de la température. 3.44. En déduire l’entropie standard absolue et l’enthalpie standard de formation du calomel. FIN DE L’ÉPREUVE Épreuve de Chimie 5/5 FIN نماذج المباريات من موقع وظيفة إنفو wadifa-info.com
✅ Correction proposée
Il s'agit d'une correction proposée, rédigée par l'équipe wadifa-info pour vous aider à comprendre la méthode — ce n'est pas un corrigé officiel de l'administration organisatrice.
Épreuve de chimie du Concours National Commun (CNC) 2003 d'admission aux grandes écoles d'ingénieurs marocaines, filière TSI, durée 2 heures, calculatrice autorisée. C'est un problème unique sur « Le mercure », en trois parties : atomistique et cristallographie du métacinabre HgS, réactions en phase sèche (grillage du cinabre, décomposition de HgO) et électrochimie du calomel Hg2Cl2. Voici une correction méthodologique proposée.
💡 Avant de commencer : les trois parties sont indépendantes. Commencez par la partie 1 (points rapides : configuration, blende, masse volumique), puis la partie 3 (Nernst et pile, calculs courts), et gardez la partie 2 (variance, équilibres hétérogènes avec bilans de matière) pour la fin. Utilisez systématiquement (RT/F)·ln10 = 0,06 V à 298 K, et donnez chaque résultat numérique avec son unité.
1re partie – Quelques propriétés structurales
1.1.1. État physique
Dans les conditions normales, le mercure est liquide (seul métal liquide). Autre élément liquide dans ces conditions : le brome Br2.
1.1.2. Isotopes et masse molaire
- Noyaux isotopes : noyaux de même numéro atomique Z (même nombre de protons, donc même élément) mais de nombres de masse A différents (nombre de neutrons différent).
- En assimilant la masse molaire de chaque isotope à son nombre de masse : MHg = Σ xiAi = 196×0,0015 + 198×0,0997 + 199×0,1687 + 200×0,2310 + 201×0,1318 + 202×0,2986 + 204×0,0687 ≈ 200,6 g.mol−1, en accord avec la valeur donnée dans les données.
1.1.3. Configuration électronique (Z = 80)
Règles de Klechkowski, Pauli et Hund : 1s2 2s2 2p6 3s2 3p6 4s2 3d10 4p6 5s2 4d10 5p6 6s2 4f14 5d10, soit [Xe] 4f14 5d10 6s2.
1.1.4. Position dans la classification
n maximal = 6 → 6e ligne (période). Électrons de valence 5d106s2 : 12 électrons → 12e colonne (famille du zinc et du cadmium). Dernière sous-couche en remplissage de type d : bloc d.
1.1.5. Degrés d'oxydation +I et +II
- Hg(+II), Hg2+ : [Xe] 4f14 5d10. Toutes les sous-couches sont pleines : configuration très stable.
- Hg(+I), Hg+ : [Xe] 4f14 5d10 6s1. L'électron 6s est célibataire : l'ion isolé est peu stable. Il est stabilisé par appariement de deux ions sous forme du dimère Hg22+ (liaison covalente Hg–Hg mettant en commun les deux électrons 6s), ce qui explique qu'en solution Hg(+I) existe sous la forme Hg22+.
1.2.1. Relations entre les vecteurs de base
Maille cubique : ‖a‖ = ‖b‖ = ‖c‖ = a et les trois vecteurs sont deux à deux orthogonaux (angles de 90°).
1.2.2. Coordonnées réduites et projection
- Anions S2− (réseau CFC) : (0,0,0) ; (½,½,0) ; (½,0,½) ; (0,½,½).
- Cations Hg2+ (la moitié des sites tétraédriques, en quinconce) : (¼,¼,¼) ; (¾,¾,¼) ; (¾,¼,¾) ; (¼,¾,¾).
- Projection sur le plan (a, b) : un carré avec les S2− aux quatre sommets et au centre (cote 0 ou 1) et aux milieux des côtés (cote ½) ; les quatre Hg2+ se projettent aux centres des quatre petits carrés de côté a/2, avec les cotes ¼ et ¾ alternées en diagonale (¼ en (¼,¼) et (¾,¾), ¾ en (¾,¼) et (¼,¾)). On indique la cote à côté de chaque ion sur le schéma.
(La convention inverse, Hg2+ en CFC et S2− dans les sites tétraédriques, est également acceptée si elle est annoncée.)
1.2.3. Nature des sites occupés
Les cations occupent des sites tétraédriques du réseau CFC des anions. Il y a 8 sites tétraédriques par maille, et seulement la moitié (4) est occupée. Sites vacants : (¾,¾,¾) ; (¼,¼,¾) ; (¼,¾,¼) ; (¾,¼,¼).
1.2.4. Distances
- Plus courte distance cation–cation (par exemple (¼,¼,¼) et (¾,¾,¼)) : d = a√2/2 = 415,2 pm.
- Plus courte distance entre deux sites tétraédriques : ils forment un cube de côté a/2, donc d' = a/2 = 293,6 pm.
- Commentaire : d > d'. Les cations n'occupent pas deux sites tétraédriques voisins : le remplissage d'un site sur deux, en quinconce, éloigne au maximum les charges de même signe et minimise les répulsions électrostatiques.
1.2.5. Nombre d'entités HgS par maille
S2− : 8×⅛ + 6×½ = 4 ; Hg2+ : 4 à l'intérieur. Donc Z = 4 motifs HgS par maille.
1.2.6. Masse volumique
ρ = Z·M(HgS)/(NA·a3) avec M(HgS) = 200,6 + 32,1 = 232,7 g.mol−1 et a = 587,17×10−12 m : ρ = 4×0,2327/(6,023×1023×(587,17×10−12)3) ≈ 7,63×103 kg.m−3 (7,63 g.cm−3).
2e partie – Réactions en phase sèche
2.1.1. Variance du grillage HgS(s) + O2(g) ⇄ Hg(ℓ) + SO2(g)
Constituants : 4 ; relation d'équilibre : 1 ; phases : 3 (HgS solide, Hg liquide, gaz). Règle de Gibbs : v = (4 − 1) + 2 − 3 = 2. Autrement : paramètres intensifs T, P, x(O2), x(SO2) (4) liés par x(O2) + x(SO2) = 1 et par la loi d'action des masses K = p(SO2)/p(O2) : v = 2. L'opérateur peut fixer T et P, la composition de la phase gazeuse est alors imposée.
2.1.2. ΔrG°(T) (approximation d'Ellingham)
- ΔrH° = ΔfH°(SO2) − ΔfH°(HgS) = −296,8 + 58,20 = −238,6 kJ.mol−1 (Hg(ℓ) et O2(g) sont des corps simples dans leur état de référence).
- ΔrS° = S°(Hg) + S°(SO2) − S°(HgS) − S°(O2) = 76,02 + 248,2 − 82,40 − 205,1 = +36,72 J.K−1.mol−1.
- ΔrG°(T) = −238,6 − 0,03672·T (kJ.mol−1), valable tant que Hg est liquide (T < 629,8 K sous p°). ΔrG° < 0 quelle que soit T : la réaction est thermodynamiquement favorisée (exothermique et avec augmentation d'entropie).
2.1.3. Constante K1 à 300 K
ΔrG°(300) = −238,6 − 11,0 = −249,6 kJ.mol−1 ; ln K1 = −ΔrG°/(RT) = 249 616/(8,314×300) ≈ 100,1, d'où K1 ≈ 3×1043. La réaction est quantitative (totale) dès la température ambiante.
2.1.4. Pourquoi travailler à 973 K ?
La thermodynamique n'impose pas de chauffer ; la raison est cinétique et pratique : (1) une réaction solide–gaz est très lente à basse température, l'élévation de T l'accélère ; (2) à 973 K, au-dessus de θéb = 356,6 °C, le mercure est produit à l'état gazeux : il quitte le minerai solide, est séparé de la gangue et récupéré par simple condensation. À 973 K, avec Hg(g), ΔrS° est encore plus positif, donc la réaction reste très favorisée.
2.2.1. Variance pour 2HgO(s) ⇄ 2Hg(g) + O2(g)
- Système général : 3 constituants, 1 équilibre, 2 phases (solide + gaz) : v = (3 − 1) + 2 − 2 = 2.
- Système obtenu à partir de HgO seul : relation supplémentaire p(Hg) = 2p(O2) : v = 1. En fixant T, la pression d'équilibre (pression de dissociation) est fixée : 4(pO2/p°)3 = K2, soit pO2 = (6,2/4)1/3 = 1,157 bar, pHg = 2,315 bar et péq = 3,47 bar à 800 K.
2.2.2. Décomposition totale pour n faible
Si tout HgO se décompose, on obtient n mol de Hg(g) et n/2 mol de O2 dans V = 1 L. Pour n petit, le quotient de réaction Q = (pHg/p°)2(pO2/p°) reste inférieur à K2 même après décomposition complète : l'équilibre ne peut pas être atteint, la réaction avance jusqu'à disparition du solide (rupture d'équilibre).
2.2.3. Seuil n0 de coexistence
Coexistence dès que la décomposition totale conduit à la pression d'équilibre : pO2 = (n0/2)RT/V = 1,157 bar ⇒ n0 = 2pO2V/(RT) = 2×1,157×105×10−3/(8,314×800) ≈ 3,5×10−2 mol. Pour n > n0, il reste du HgO solide et le système est monovariant : p ne dépend plus de n.
2.2.4. Pression totale en fonction de n
- n ≤ n0 : p = (3n/2)·RT/V, droite passant par l'origine (pente 3RT/(2V) ≈ 99,8 bar.mol−1 pour V = 1 L).
- n ≥ n0 : p = péq = 3(K2/4)1/3 p° ≈ 3,47 bar, palier horizontal.
- Graphe : une demi-droite croissante de l'origine jusqu'au point (n0 ≈ 0,035 mol ; 3,47 bar), puis un plateau.
2.2.5. Absence de mercure liquide
La pression partielle de mercure ne dépasse jamais sa valeur à l'équilibre, pHg ≤ 2,315 bar, qui est inférieure à ps(Hg) = 11,6 bar à 800 K : la vapeur n'est jamais saturante, aucun liquide ne se forme.
2.2.6. Seuil N0 d'apparition de Hg(ℓ)
La première goutte apparaît quand pHg = ps = 11,6 bar. L'équilibre avec HgO (en excès) impose alors pO2 = K2p°3/ps2 = 6,2/11,62 ≈ 0,0461 bar. Bilan : tout le O2 gazeux provient de HgO et s'accompagne de 2 Hg, donc nHg,gaz = N + 2nO2 ⇒ N0 = (ps − 2pO2)V/(RT) = (11,6 − 0,092)×105×10−3/(8,314×800) ≈ 0,173 mol. (L'ajout de Hg déplace l'équilibre dans le sens de la formation de HgO : pO2 chute de 1,157 à 0,046 bar.)
2.2.7. Variance du système final
Constituants HgO(s), Hg(ℓ), Hg(g), O2(g) : 4 ; équilibres : 2 (réaction chimique + vaporisation) ; phases : 3. v = (4 − 2) + 2 − 3 = 1. Fixer T fixe tout : pHg = ps(T) et pO2 = K2(T)/ps2. Ajouter encore du mercure ne change plus les pressions, seulement la quantité de liquide.
3e partie – Chlorure mercureux ou calomel
3.1.1. Produit de solubilité
Hg2Cl2(s) ⇄ Hg22+ + 2Cl− ; [Hg22+] = s, [Cl−] = 2s ⇒ Ks = 4s3 = 4×(6,8×10−7)3 ≈ 1,26×10−18 (pKs ≈ 17,9).
3.1.2. Solubilité dans KCl 10−2 mol.L−1
[Cl−] ≈ 10−2 (apport du calomel négligeable) : s' = Ks/(10−2)2 ≈ 1,3×10−14 mol.L−1, soit environ 5×107 fois moins que dans l'eau pure : effet d'ion commun (l'ajout de Cl− déplace l'équilibre de dissolution vers le solide, loi de Le Chatelier). L'hypothèse 2s' ≪ 10−2 est vérifiée.
3.2.1. E°(Hg2Cl2/Hg)
- Pôle (−) : E− = E°(H+/H2) + 0,03 log([H+]2/(pH2/p°)) = 0,06 log 10−2 = −0,12 V.
- Pôle (+) : Hg2Cl2 + 2e− = 2Hg + 2Cl− ; E+ = E° − 0,06 log[Cl−] = E° + 0,12 V.
- e1 = E+ − E− = E° + 0,24 = 0,510 V ⇒ E°(Hg2Cl2/Hg) = 0,27 V.
3.2.2. E°(Hg22+/Hg)
Un seul potentiel pour Hg en solution : E°(Hg2Cl2/Hg) − 0,06 log[Cl−] = E°(Hg22+/Hg) + 0,03 log[Hg22+], avec [Hg22+][Cl−]2 = Ks. D'où E°(Hg2Cl2/Hg) = E°(Hg22+/Hg) + 0,03 log Ks, soit E°(Hg22+/Hg) = 0,27 + 0,03×17,9 ≈ 0,81 V (valeur tabulée : 0,80 V).
3.3.1. Schéma d'une électrode au calomel (description)
Tube de verre vertical contenant, de haut en bas : un fil de platine assurant le contact électrique, plongé dans une goutte de mercure ; au contact, une pâte de calomel (Hg2Cl2 + Hg) ; le tout baigne dans une solution de KCl (saturée, avec cristaux de KCl pour l'ECS) contenue dans un tube extérieur, fermé en bas par une pastille de verre fritté ou de céramique poreuse qui assure la jonction électrolytique avec la solution étudiée ; un orifice de remplissage en haut.
3.3.2. Mesure du pH
On plonge dans la solution une électrode de verre (électrode indicatrice, dont le potentiel est une fonction affine du pH) et l'électrode au calomel saturée (référence), reliées à un pH-mètre (millivoltmètre électronique de très grande impédance d'entrée), avec agitation magnétique. L'appareil est préalablement étalonné avec deux solutions tampons (par exemple pH 4 et pH 7). On peut aussi utiliser une électrode combinée qui regroupe les deux.
3.3.3. Potentiel de l'électrode au calomel
EEC = E°(Hg2Cl2/Hg) − 0,06 log c = 0,27 − 0,06 log c (en V, à 298 K, activités assimilées aux concentrations).
3.3.4. Électrode de référence
Électrode dont le potentiel est constant et connu, indépendant de la solution dans laquelle elle plonge. L'électrode au calomel en est une si [Cl−] reste constante : on utilise une solution de KCl saturée (présence de cristaux de KCl), séparée de la solution étudiée par un fritté qui limite les échanges.
3.3.5. Limites d'utilisation
On ne peut pas l'utiliser dans une solution qui réagit avec les ions Cl− ou K+ qui fuient par le fritté, ou qui ne doit pas être polluée par Cl−. Exemple concret : une solution contenant des ions Ag+ (dosage argentimétrique) : AgCl précipite et bouche le fritté, et la solution est modifiée. Solution : utiliser une allonge (double jonction) remplie de KNO3 entre l'électrode et la solution, ou une électrode de référence au sulfate mercureux (Hg/Hg2SO4/K2SO4).
3.3.6. Potentiel de l'ECS à 298 K
M(KCl) = 39,1 + 35,5 = 74,6 g.mol−1 ⇒ csat = 355/74,6 ≈ 4,76 mol.L−1. EECS = 0,27 − 0,06 log 4,76 ≈ 0,23 V. La valeur expérimentale (0,244 V) est un peu plus élevée car, à cette concentration, l'activité des ions Cl− est nettement inférieure à leur concentration.
3.4.1. Schéma de la pile (description)
Deux compartiments reliés par un pont salin (ou une paroi poreuse) : à gauche, un fil d'argent recouvert de AgCl plongeant dans KCl 0,1 mol.L−1 (pôle −) ; à droite, du mercure recouvert de calomel au contact de KCl 0,1 mol.L−1, avec un fil de platine pour le contact (pôle +) ; un voltmètre entre les deux bornes. Les électrons circulent dans le circuit extérieur de l'argent vers le mercure.
3.4.2. Demi-réactions et bilan
- Pôle (−), oxydation (anode) : Ag(s) + Cl− → AgCl(s) + e− (×2).
- Pôle (+), réduction (cathode) : Hg2Cl2(s) + 2e− → 2Hg(ℓ) + 2Cl−.
- Bilan : 2Ag(s) + Hg2Cl2(s) → 2AgCl(s) + 2Hg(ℓ). Les ions Cl− n'apparaissent pas : e2 = e2° ne dépend pas de c2 (tous les réactifs et produits sont purs).
3.4.3. ΔrH° et ΔrS°
- ΔrG° = −2F·e2 et ΔrS° = −dΔrG°/dT = 2F·de2/dT.
- de2/dT = (65,03 − 46,00)×10−3/(353 − 298) = 3,46×10−4 V.K−1 ⇒ ΔrS° = 2×96 500×3,46×10−4 ≈ +66,8 J.K−1.mol−1.
- À 298 K : ΔrG° = −2×96 500×0,04600 = −8,88 kJ.mol−1 ; ΔrH° = ΔrG° + TΔrS° = −8,88 + 298×0,0668 ≈ +11,0 kJ.mol−1.
- Commentaire : réaction endothermique, rendue possible (ΔrG° < 0) par le terme entropique, dû notamment à la formation de mercure liquide (entropie plus grande que celle des solides). La f.é.m. augmente avec T, ce qui est cohérent avec ΔrS° > 0.
3.4.4. Grandeurs du calomel
- ΔrS° = 2S°(AgCl) + 2S°(Hg) − 2S°(Ag) − S°(Hg2Cl2) ⇒ S°(Hg2Cl2) = 2×96,25 + 2×76,02 − 2×42,55 − 66,8 ≈ 192,7 J.K−1.mol−1.
- ΔrH° = 2ΔfH°(AgCl) − ΔfH°(Hg2Cl2) (Ag et Hg sont des corps simples de référence) ⇒ ΔfH°(Hg2Cl2) = 2×(−127,1) − 11,0 ≈ −265,2 kJ.mol−1.
💡 Barème des résultats clés : MHg ≈ 200,6 g/mol ; [Xe]4f145d106s2, période 6, colonne 12, bloc d ; Z = 4, ρ ≈ 7,63 g/cm3 ; ΔrG° = −238,6 − 0,0367T kJ/mol, K1 ≈ 3×1043 ; péq(HgO) = 3,47 bar, n0 ≈ 0,035 mol, N0 ≈ 0,173 mol ; Ks ≈ 1,26×10−18 ; E°(calomel) = 0,27 V ; E°(Hg22+/Hg) ≈ 0,81 V ; EECS ≈ 0,23 V ; ΔrS° ≈ 66,8 J/K/mol, ΔrH° ≈ +11 kJ/mol. À réviser pour le CNC TSI : atomistique (Klechkowski, classification), cristallographie des structures ioniques (blende, NaCl, CsCl : sites, compacité, masse volumique), règle des phases et approximation d'Ellingham, ruptures d'équilibre avec bilans de matière, précipitation et effet d'ion commun, loi de Nernst, piles et relations ΔrG° = −nFe, ΔrS° = nF·de/dT, ainsi que les électrodes de référence et la mesure du pH.
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