Modèle de concours : CNC 2008 Mathématiques I (MP) — Concours National Commun
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En bref
Ce document est une ancienne épreuve écrite du concours de Concours d'accès aux écoles d'ingénieurs organisé par Concours National Commun (CNC) — CPGE (2008), publiée sur Wadifa Info en consultation et téléchargement PDF gratuits, avec une correction proposée.
- Organisme
- Concours National Commun (CNC) — CPGE
- Grade
- Concours d'accès aux écoles d'ingénieurs
- Spécialité
- Mathématiques I
- Année
- 2008
- Pages
- 6
- Langue des questions
- français
- Correction
- correction proposée disponible sur cette page
📝 Texte des questions (extrait automatiquement des pages scannées)
Ce texte est extrait automatiquement des images de l'épreuve et peut contenir des erreurs de lecture — les images ci-dessus font foi.
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ROYAUME DU MAROC
Ministère de l’Éducation Nationale, de l'Enseignement
Supérieur, de la Formation des Cadres
et de la Recherche Scientifique
Présidence du Concours National Commun 2008
École Nationale de l'Industrie Minérale
ENIM
Concours National Commun
d’Admission aux
Grandes Écoles d'Ingénieurs ou Assimilées
Session 2008
ÉPREUVE DE MATHÉMATIQUES I
Durée 4 heures
Filière MP
Cette épreuve comporte 5 pages au format A4, en plus de cette page de garde
L'usage de la calculatrice est interdit
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— صفحة 2 —
Concours National Commun - Session 2008 - MP
L’énoncé de cette épreuve, particulière aux candidats de la filière MP,
comporte 5 pages.
L'usage de la calculatrice est interdit .
Les candidats sont informés que la qualité de la rédaction et de la présentation, la clarté et la précision des
raisonnements constitueront des éléments importants pour l'appréciation des copies. Il convient en particulier
de rappeler avec précision les | références | des questions abordées.
Si, au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d’énoncé, il le
signale sur sa copie et poursuit sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu’il est
amené à prendre.
Dans ce problème, l’espace vectoriel réel R° est muni de son produit scalaire canonique et de la
norme qui lui est associée, notée ||.|| ; C est muni de sa norme standard 2 — |z| qui en fait un R -
espace vectoriel normé. On rappelle que si وه € Cetr › 0, le disque D(z0,r) : = {z € ©: |z—zo| ‹r}
est un ouvert de C .
1°° Partie : Résultats préliminaires
1. On considère l'application ب : R? ب © définie par: wW(x,y)=x+iy, (x,y) € R°.
(a) Vérifier que l'application نب est une bijection continue et que 17! est aussi continue .
(b) Justifier que si Q est un ouvert de C alors {(x,y) € R? ; x + iy € Q} est un ouvert de R?.
(c) Montrer que Q : = عا € C ; Re(z) › 0} est un ouvert de C et qu’il est connexe par arcs.
2. Soit ›, anz" une série entière de rayon de convergence R › 0, de somme f et dont les
nzæz0
coefficients a, ne sont pas tous nuls ; on pose م = min{k EN; a, # 0}.
(a) Justifier qu’il existe une fonction رو somme d’une série entière à préciser, telle que pour
tout complexe z de module › R, on ait f(z=) = z=Pg(z). Que vaut g(0) ?
(b) Montrer alors qu’il existe r €]O, R[ tel que, pour tout = € D(0,r) \ {0}, 7)2( #0.
2°m° Partie : La propriété (H)
Définition. Soit f: Q— Cune application définie sur un ouvert non vide Q de C; on lui
associe l'application f : U — C, définie sur l'ouvert U = (1)0-ب de R? par : f(x,y) = f(x + iy).
On dit que f vérifie la propriété (H) si f est de classe C* sur et
1. (a) f: © ب C,z— € ; montrer que f vérifie la propriété (H).
(b) Même question avec f : z = x+iy — إقاها + aresin( 1) définie sur l’ouvert
Q : = {z € C; Re(z) › 0}. Que vaut e/) pour z € A ?
(c) Soit P = ao+a1 X+---+a4 X* € C[X] où d € N°. Justifier que l'application f : جرع P(z),
définie sur C , vérifie la propriété (H) et exprimer ÿ en fonction de P’.
(d) L'application f : C ب C, برع z vérifie-t-elle la propriété (H) ?
Épreuve de Mathématiques I 1/5 Tournez la page S.V.P.
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Concours National Commun - Session 2008 - MP
2. Cas d’une fonction définie par une intégrale
(a) Soit v un réel ; pour quelles valeurs du complexe z la fonction t — e7**+i#t est-elle
intégrable sur R ?
Pour tout réel v, on pose fu(z) = 1 ete وي › 0:26: Re(z) ‹ ٠
(b) Montrer que fu possède, en tout point de U, une dérivée partielle par rapport à sa
deuxième variable et l'exprimer sous forme intégrale.
(c) Montrer soigneusement que f, possède, en tout point de U, une dérivée partielle par
0
rapport à sa première variable et l’exprimer en fonction de
(d) Montrer que l'application f, vérifie la propriété (H).
3. Cas de la somme d’une série entière
Soit ›, "مه une série entière de rayon de convergence R › 0; on note f l'application définie
nzæz0
+00
n=0
(a) Soit yo €] - R, 71] ; montrer soigneusement que l'application ند — f(x +iy0) est dérivable
sur l'intervalle ] — /R2 — رن /R? — yê[ (= R si R = +oc) et exprimer sa dérivée sous
forme de la somme d’une série. On posera fn(z) = anz”, z € D(0,R),n 61
(b) Montrer que f possède des dérivées partielles premières en tout point de = #-*(D(0, R))
et exprimer Of en fonction de 5 1
0: 92
(c) Montrer que f vérifie la propriété (H).
4. Quelques propriétés générales
Soit 51 un ouvert non vide de C , et soient f, و deux applications définies sur 2 à valeurs
complexes et vérifiant la propriété (H) ; on pose U = WT 1)»:
(a) Montrer que, pour tout À € C, l'application 7 + و vérifie la propriété (H).
(b) Montrer que le produit fg vérifie la propriété (H).
(c) Soient Q’ un ouvert de C et F : Q ب C une application vérifiant la propriété (H) ; on
suppose de plus que f (9) C N’. Montrer que l'application F o f vérifie la propriété (H).
1
(d) On suppose que, pour tout 2 € À, f(z) # 0; montrer que l'application — vérifie la
4
propriété (H).
0x
i. Exprimer la différentielle de fen (To, yo), notée df(xo ; Yo), à l’aide des réels a et b puis
écrire la matrice jacobienne À de fau point (xo, yo) dans la base canonique (ex, €)
de R? et la base (1, :) du R -espace vectoriel © .
ii. On suppose que a + ib # 0 et on oriente l’espace euclidien R? par sa base canon-
ique ; que peut-on dire de la nature géométrique de l’'endomorphisme de R? canon-
iquement associé à A ? à quelle condition sur a et b cet endomorphisme est-il une
(e) Soit z0 = 20 + iyo € Q et posons 1 (xo,vo) = à + ib.
rotation ?
; اا 2-0827 7
(f) Si de plus f est de classe C?, calculer le laplacien A f de f défini par Af : = 972 + Out
Épreuve de Mathématiques I 2/5 ب
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3ème Partie
Analyticité des applications vérifiant la propriété (H)
Soient © un ouvert non vide de C, و2 = وه + iyo € Qet f : Q C vérifiant la propriété (H).
1. Justifier que l’ensemble {p › 0; D(z0, p) C Q} n’est pas vide.
Si cet ensemble est majoré, on note R sa borne supérieure, sinon on pose R = +00.
2. On note ب l'application de ]0, R[xR dans C définie par
Justifier que est de classe C! sur ]0, RIxR et calculer ses dérivées partielles 2 et 2 e
ji Or à
fonction de = Donner une relation entre les dérivées partielles premières de ÿ.
3. Pour tout r €]0, R[, on note p, l'application définie sur R par : ÿ,(0) = p(r, 0) = f(20 + re”).
(a) Justifier que ,م est 2x-périodique, de classe C! et exprimer sa dérivée en fonction de 2 ;
Dans la suite, on note (ca(r)) , la suite des coefficients de Fourier complexes de p,..
(b) Justifier que la suite (ch (r)) nez €st sommable. Qu’en déduit-on au sujet de la convergence
de la série de Fourier de la fonction p, ? quelle est sa somme ? on précisera les hypothèses
des théorèmes utilisés.
cnlr)
4. Les notations étant celles de la question précédente ; on pose h,(r) = r 00,711], ne Z.
(a) Donner l'expression intégrale de c,(r) pour tout r €]0, R[ et n € Z.
(b) Soit n € Z; montrer que la fonction 7 — cp(r) est dérivable sur ]0, R[ et exprimer sa
dérivée sous forme intégrale puis justifier que, pour tout 7 €]0, R[, c,(r) = Ten(r).
(c) Montrer que, pour tout n € Z, la fonction h, est constante sur l'intervalle ]0, R{.
(d) Montrer que si n est un entier naturel non nul alors la fonction h_, est nulle puis en
déduire que c_n(r) = 0 pour tout r 60, R[. On pourra justifier que la fonction r — c_p(r)
est bornée au voisinage de 0 à droite.
5. Soitn € N; d’après ce qui précède, il existe une constante a, € C telle que a, = h,(r) pour
tout r 0, R[. Montrer que le rayon de convergence de la série entière "عقمه ل est supérieur
720
ou égal à R et que, pour tout 6 D(z0, R), /)2( ح ›, an(z — 20)".
n=0
6. Montrer l’unicité de la suite (a,)nen de la question précédente.
7. En précisant le théorème utilisé montrer que, pour tout r €]0, R[,
1 27 +0.
8 دا اف 10 — 2 5
5 fs |f(20 + re” )|* 40 = 2 7م (Formule de Gutzmer).
Épreuve de Mathématiques I 3/5 Tournez la page S.V.P.
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4°"° Partie
Propriétés fondamentales des applications vérifiant la propriété (H)
A. Théorème de Liouville
Soit f : جر ا C une application vérifiant la propriété (H) ; d’après l'étude menée dans la partie
précédente, en prenant و2 = 0, on obtient R = +oc et il existe une unique série entière ». “قم de
n20
rayon de convergence infini dont f est la somme.
1. Montrer en utilisant la formule de Gutzmer que si f est bornée, elle est constante.(Liouville)
2. Application : Soit P un polynôme non constant à coefficients complexes ; on veut montrer que
P possède au moins une racine dans C. Supposons le contraire et considérons l'application و
de نا vers C, définie par g(z) = + . On pose P(z) = ao + a12 ٠٠ + agz", d › 1et ag #0.
P P(5) P
(a) Justifier que |P(z)| — |aa||z|* et trouver la limite de g(z) lorsque |z| tend vers +00
puis montrer que g est bornée.
(b) Justifier que و vérifie la propriété (H) et conclure.
B. Principe du prolongement analytique
Soient un ouvert connexe par arcs de نا et f : )1 ب C une application vérifiant la propriété
(H). On suppose qu'il existe 20 € et م › 0 tels que D(z0, (م C et f(z) = 0 pour tout z € D(z0, p).
On veut montrer que f est nulle ; supposons le contraire et considérons 2 € © tel que /)21( # 0.
1. Justifier qu’il existe une application y : [0,1] — © continue et à valeurs dans ® telle que
2. Justifier que / possède une borne supérieure notée ه puis montrer que ه est › 0 et que o € 1.
3. Justifier que [0,0] C J et que # › 1 puis construire une suite رجم()) d'éléments de ]o, 1] qui
décroît vers a et vérifiant f(y(tz)) # 0 pour tout k › 1. En particulier y(o) # zo, pourquoi ?
4. (a) Justifier qu’il existe 7, › 0 et une série entière ›. anz" de rayon de convergence = ry tels
nzæz0
n=0
(b) Déduire de la question 3. précédente que les coefficients a, ne sont pas tous nuls et
justifier qu'il existe 7 €]O, r1 [ tel que f(z=) # 0 pour tout z € D(y(c),r) \ {y(a)}.
5. Montrer que 7([0,0]) N D(9(0),r) \ {7(0)} # 0 et conclure. (On pourra considérer la borne
inférieure 8 de {t € [0,0]; 7(t) = y(0)} et justifier que 8 › 0).
C. Applications
1. Principe du maximum : Soient (À un ouvert connexe par arcs de Cet f : Q ب Cune
application vérifiant la propriété (H). On suppose que l'application 2 — |f(z)| admet un
maximum local en un point و2 € ® et on considère م › 0 tel que D(z0, p) C À et que, pour tout
(a) Montrer en utilisant la formule de Gutzmer que, pour tout 2 € D(z0, p), f(=) = f(20).
(b) Montrer que f est constante sur ® tout entier.
Épreuve de Mathématiques I 4/5 يجب
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Concours National Commun - Session 2008 - MP
2. Calcul d’une intégrale
+0 ste
On rappelle que, pour tout réel v, la fonction f, : جرع er +#t dt, définie sur l’ouvert
Q: = عا € C ; Re(z) › 0}, vérifie la propriété (H) (question 2. de la 2ème partie).
1
(a) On fixe un réel uv › 0 et on pose u(v) = 1 - ا وال امقس
i. Justifier que la fonction y est dérivable sur R et que (ه) كبر = — =; (v), pour tout v 61
+0 0
ii. On admet que j e- dt = T ; calculer la valeur de (0) et donner l'expression
de ((v), pour tout v € R, à l'aide des fonctions usuelles.
(b) On sait que l'application f définie sur ® par f(z=) = In |z| + tarcsin( 2 )z=x+iy EN,
vérifie la propriété (H) (question 1. (b) de la 2ème partie). Soit v un réel.
i. Vérifier que, pou tout u › 0, fo(u) = ÿTe- › e 2
ii. Justifier que l'application = — /x 2 e-«, définie sur N, vérifie la propriété (H).
iii. Montrer en utilisant convenablement le principe du prolongement analytique que
3 45e Î(z كي
1 ete يل JTE تسو pour tout z € 0.
(On pourra appliquer la question 2. des préliminaires en considérant le développement en
série entière, sur le disque D(1, 1), de la différence de ces deux fonctions ).
FIN DE L'ÉPREUVE
Épreuve de Mathématiques I 5/5 FIN
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✅ Correction proposée
Il s'agit d'une correction proposée, rédigée par l'équipe wadifa-info pour vous aider à comprendre la méthode — ce n'est pas un corrigé officiel de l'administration organisatrice.
Ce sujet est l'épreuve de Mathématiques I du Concours National Commun (CNC) 2008, filière MP des classes préparatoires, pour l'admission aux grandes écoles d'ingénieurs marocaines (présidence : ENIM). Durée : 4 heures, calculatrice interdite, 5 pages. C'est un problème en quatre parties qui reconstruit, avec les outils du programme MP, la théorie des fonctions holomorphes : la « propriété (H) » est la condition de Cauchy-Riemann ∂f̃/∂y = i ∂f̃/∂x. On montre qu'elle entraîne l'analyticité (séries de Fourier, formule de Gutzmer), puis on en déduit Liouville, d'Alembert-Gauss, le prolongement analytique, le principe du maximum et le calcul de ∫e−zt²+ivt dt. Voici une correction méthodologique proposée.
💡 Avant de commencer : le fil conducteur est simple : (H) ⇒ développable en série entière (Partie 3) ⇒ tous les grands théorèmes (Partie 4). La Partie 2 est très rentable (calculs de dérivées partielles, règle de la chaîne) ; la Partie 3 demande de bien citer les théorèmes (dérivation sous ∫, convergence normale d'une série de Fourier, Parseval). Notez que (H) signifie : ∂f̃/∂y = i ∂f̃/∂x ; posez systématiquement f̃ = P + iQ quand il faut « déplier » les calculs.
1ère Partie : résultats préliminaires
1. L'application ψ(x,y) = x + iy
- (a) ψ est ℝ-linéaire, bijective d'inverse z ↦ (Re z, Im z), et |ψ(x,y)| = ‖(x,y)‖ : c'est une isométrie, donc ψ et ψ−1 sont continues.
- (b) {(x,y) ; x + iy ∈ Ω} = ψ−1(Ω) : image réciproque d'un ouvert par une application continue, donc ouvert de ℝ2.
- (c) Ω = Re−1(]0,+∞[) avec Re continue (1-lipschitzienne) : ouvert. Ω est convexe (si Re z1, Re z2 > 0, Re((1−t)z1 + t z2) > 0), donc le segment t ↦ (1−t)z1 + t z2 relie deux points : connexe par arcs.
2. Zéros isolés d'une série entière
- (a) an = 0 pour n < p, donc f(z) = zp Σk≥0 ak+p zk. La série g(z) = Σk≥0 ak+p zk a le même rayon R (multiplier par zp ne change pas la convergence pour z ≠ 0), et g(0) = ap ≠ 0.
- (b) g est continue sur D(0,R) et g(0) ≠ 0 : il existe r ∈ ]0,R[ tel que g ne s'annule pas sur D(0,r). Pour z ∈ D(0,r)∖{0}, f(z) = zp g(z) ≠ 0.
2ème Partie : la propriété (H)
1. Exemples
- (a) f̃(x,y) = exeiy est C∞ ; ∂f̃/∂x = exeiy, ∂f̃/∂y = i exeiy = i ∂f̃/∂x : ez vérifie (H).
- (b) Avec r = √(x2 + y2) et x > 0 : |y/r| < 1, et arcsin est C¹ sur ]−1,1[, donc f̃(x,y) = ½ ln(x2+y2) + i arcsin(y/r) est C¹. Comme arcsin'(y/r) = r/x :
∂/∂x arcsin(y/r) = (r/x)(−xy/r3) = −y/r2 ; ∂/∂y arcsin(y/r) = (r/x)(x2/r3) = x/r2.
Donc ∂f̃/∂x = (x − iy)/r2 = 1/z et ∂f̃/∂y = (y + ix)/r2 = i(x − iy)/r2 = i/z = i ∂f̃/∂x : (H) est vérifiée.
Si θ = arcsin(y/|z|) ∈ ]−π/2, π/2[, alors sin θ = y/|z| et cos θ = √(1 − y2/|z|2) = x/|z| (car x > 0), donc ef(z) = |z| eiθ = z : f est une détermination du logarithme sur Ω. - (c) f̃(x,y) = P(x + iy) est polynomiale en (x,y), donc C¹. Pour zk : ∂/∂x = k zk−1, ∂/∂y = ik zk−1. Par linéarité : ∂f̃/∂x (x,y) = P'(x + iy) et ∂f̃/∂y = iP'(z) : (H) est vérifiée.
- (d) f̃(x,y) = x − iy : ∂f̃/∂x = 1, ∂f̃/∂y = −i ≠ i. z ↦ z̄ ne vérifie pas (H).
2. Fonction définie par une intégrale
- (a) |e−zt²+ivt| = e−Re(z) t². Si Re z > 0, c'est intégrable (o(1/t2)) ; si Re z ≤ 0, le module est ≥ 1 et ne tend pas vers 0 : non intégrable. Intégrable sur ℝ ⇔ Re z > 0.
- (b) f̃v(x,y) = ∫e−(x+iy)t²+ivt dt. À x > 0 fixé, la dérivée en y de l'intégrande est −it2e−zt²+ivt, de module t2e−xt² intégrable et indépendant de y. Par dérivation sous ∫ : ∂f̃v/∂y (x,y) = −i ∫ t2 e−zt²+ivt dt.
- (c) En x, la dérivée de l'intégrande est −t2e−zt²+ivt, de module t2e−xt² ≤ t2e−at² pour x ≥ a > 0 : domination sur [a,+∞[ pour tout a > 0, donc sur ]0,+∞[. D'où ∂f̃v/∂x = −∫t2e−zt²+ivt dt, c'est-à-dire ∂f̃v/∂y = i ∂f̃v/∂x.
- (d) Les deux dérivées partielles sont continues sur U par le théorème de continuité sous ∫ (domination t2e−at² sur [a,+∞[×ℝ), donc f̃v est C¹, et la relation de (c) donne (H).
3. Somme d'une série entière
- (a) Pour x ∈ I = ]−√(R2−y02), √(R2−y02)[, |x + iy0| < R. Posons un(x) = an(x + iy0)n, C¹, un'(x) = n an(x + iy0)n−1. Sur un segment [−c,c] ⊂ I, avec ρ = √(c2 + y02) < R : |un'(x)| ≤ n|an|ρn−1, terme d'une série convergente (la série dérivée a le rayon R). Convergence simple de Σun + convergence normale de Σun' sur tout segment ⇒ x ↦ f(x + iy0) est C¹ sur I et sa dérivée est Σn≥1 n an(x + iy0)n−1.
- (b) Même raisonnement en y à x0 fixé (un' = i n an(x0 + iy)n−1). En tout (x,y) ∈ U : ∂f̃/∂x = Σ n an zn−1 et ∂f̃/∂y = i ∂f̃/∂x.
- (c) ∂f̃/∂x = S∘ψ où S(z) = Σ n an zn−1 est continue sur D(0,R) (somme de série entière) : dérivées partielles continues, f̃ est C¹ et f vérifie (H).
4. Propriétés générales
- (a) Linéarité de la dérivation : ∂y(λf̃ + g̃) = iλ∂xf̃ + i∂xg̃ = i∂x(λf̃ + g̃) : λf + g vérifie (H).
- (b) Leibniz : ∂y(f̃g̃) = (i∂xf̃)g̃ + f̃(i∂xg̃) = i∂x(f̃g̃) : fg vérifie (H).
- (c) Écrivons f̃ = P + iQ. Alors (F∘f)~(x,y) = F̃(P(x,y), Q(x,y)), C¹ par composition. Règle de la chaîne et (H) pour F (∂YF̃ = i∂XF̃) :
∂x(F∘f)~ = ∂XF̃ ∂xP + ∂YF̃ ∂xQ = ∂XF̃ · ∂xf̃, et de même ∂y(F∘f)~ = ∂XF̃ · ∂yf̃ = i ∂XF̃ · ∂xf̃. Donc F∘f vérifie (H). - (d) F(w) = 1/w sur l'ouvert ℂ* : F̃ est C¹, ∂XF̃ = −1/w2, ∂YF̃ = −i/w2 = i∂XF̃. Comme f(Ω) ⊂ ℂ*, (c) donne : 1/f vérifie (H).
- (e) i. ∂f̃/∂y (x0,y0) = i(a + ib) = −b + ia, donc df̃(x0,y0)(h,k) = (a + ib)(h + ik) = (ah − bk) + i(bh + ak), et la matrice jacobienne est A = [[a, −b], [b, a]].
- (e) ii. Avec a + ib = ρeiθ (ρ > 0) : A = ρ [[cos θ, −sin θ], [sin θ, cos θ]]. L'endomorphisme est une similitude directe de rapport ρ = √(a2+b2) et d'angle θ = arg(a + ib) ; c'est une rotation si et seulement si a2 + b2 = 1.
- (f) Si f̃ est C², ∂yyf̃ = ∂y(i∂xf̃) = i∂x(∂yf̃) (Schwarz) = i∂x(i∂xf̃) = −∂xxf̃. Donc Δf̃ = 0 : f̃ est harmonique.
3ème Partie : analyticité des applications vérifiant (H)
1.
Ω est ouvert et z0 ∈ Ω : il existe ρ > 0 avec D(z0,ρ) ⊂ Ω, donc l'ensemble est non vide. Il est stable par passage à un ρ plus petit, donc D(z0,R) = ∪D(z0,ρ) ⊂ Ω (utile pour la suite).
2. φ(r,θ) = f̃(x0 + r cos θ, y0 + r sin θ)
(r,θ) ↦ (x0 + r cos θ, y0 + r sin θ) est C∞ de ]0,R[×ℝ dans U (car D(z0,R) ⊂ Ω), donc φ est C¹. Règle de la chaîne et (H) :
∂φ/∂r = cos θ ∂xf̃ + sin θ ∂yf̃ = eiθ ∂f̃/∂x ; ∂φ/∂θ = −r sin θ ∂xf̃ + r cos θ ∂yf̃ = i r eiθ ∂f̃/∂x,
les dérivées de f̃ étant prises en (x0 + r cos θ, y0 + r sin θ). Relation : ∂φ/∂θ = i r ∂φ/∂r.
3. Série de Fourier de φr
- (a) φr(θ + 2π) = φr(θ) car eiθ est 2π-périodique ; φr est C¹ comme application partielle de φ, et φr'(θ) = i r eiθ ∂f̃/∂x (x0 + r cos θ, y0 + r sin θ).
- (b) φr continue, C¹, 2π-périodique : cn(φr') = in cn(r). Par Bessel (ou Parseval) Σ|n cn(r)|2 < ∞, et pour n ≠ 0, |cn| ≤ ½(1/n2 + n2|cn|2) : (cn(r)) est sommable. La série de Fourier converge donc normalement, donc uniformément sur ℝ ; comme φr est continue et C¹ par morceaux (théorème de Dirichlet, ou : la somme uniforme a les mêmes coefficients et deux fonctions continues de mêmes coefficients sont égales), φr(θ) = Σn∈ℤ cn(r) einθ pour tout θ.
4. hn(r) = cn(r)/rn
- (a) cn(r) = (1/2π) ∫02π f(z0 + reiθ) e−inθ dθ.
- (b) Sur [a,b] ⊂ ]0,R[, (r,θ) ↦ ∂φ/∂r (r,θ) e−inθ est continue sur le compact [a,b]×[0,2π], donc bornée : dérivation sous ∫ sur un segment, cn'(r) = (1/2π)∫∂rφ e−inθ dθ. Avec ∂rφ = (1/(ir))∂θφ et une IPP (le crochet est nul par périodicité) : ∫02π∂θφ e−inθ dθ = in ∫02π φ e−inθ dθ. D'où cn'(r) = (n/r) cn(r).
- (c) hn'(r) = cn'(r)/rn − n cn(r)/rn+1 = 0 sur l'intervalle ]0,R[ : hn constante.
- (d) Pour n ≥ 1, h−n(r) = rnc−n(r) = K constante. Pour 0 < r ≤ r1 < R, |c−n(r)| ≤ M = max de |f| sur le disque fermé D̄(z0,r1) (compact contenu dans Ω, f continue) : c−n est bornée au voisinage de 0+. Donc |K| ≤ M rn → 0, K = 0 et c−n(r) = 0 sur ]0,R[.
5. Développement en série entière
Pour n ≥ 0, cn(r) = anrn. Pour tout r < R, Σ|an|rn = Σ|cn(r)| < ∞ (3.b), donc le rayon de Σanzn est ≥ R. Pour z = z0 + reiθ, 0 < r < R : f(z) = φr(θ) = Σn≥0 cn(r)einθ = Σ an(reiθ)n = Σ an(z − z0)n. En z0 : a0 = c0(r) = moyenne de f sur le cercle, qui tend vers f(z0) quand r → 0 (continuité uniforme), et c0 est constante, donc a0 = f(z0).
6. Unicité
Si f(z) = Σbn(z − z0)n aussi sur D(z0,R), alors, pour 0 < r < R, la série Σbnrneinθ converge normalement en θ, et l'intégration terme à terme donne cn(r) = bnrn = anrn. Donc bn = an (unicité des coefficients).
7. Formule de Gutzmer
Théorème utilisé : formule de Parseval pour la fonction φr, continue et 2π-périodique : (1/2π)∫02π|φr|2 = Σn∈ℤ|cn(r)|2. Comme cn(r) = 0 pour n < 0 et cn(r) = anrn pour n ≥ 0 : (1/2π)∫02π|f(z0 + reiθ)|2 dθ = Σn≥0|an|2r2n.
4ème Partie : propriétés fondamentales
A. Théorème de Liouville
- 1. Si |f| ≤ M sur ℂ, Gutzmer donne Σ|an|2r2n ≤ M2 pour tout r > 0, donc pour n ≥ 1 : |an|2 ≤ M2/r2n → 0 quand r → +∞. an = 0 pour n ≥ 1 : f = a0 est constante.
- 2.(a) |P(z)| = |ad||z|d·|1 + Σk<d ak/(adzd−k)| et le dernier facteur tend vers 1 : |P(z)| ~ |ad||z|d, donc g(z) → 0 quand |z| → +∞ (d ≥ 1). Il existe A avec |g| ≤ 1 pour |z| ≥ A ; sur le compact D̄(0,A), g est continue (P ne s'annule pas) donc bornée : g est bornée.
- 2.(b) P vérifie (H) (2.1.c) et ne s'annule pas, donc g = 1/P vérifie (H) (2.4.d). Par Liouville, g est constante, donc P aussi : contradiction. Tout polynôme non constant a une racine dans ℂ (d'Alembert-Gauss).
B. Principe du prolongement analytique
- 1. Ω est connexe par arcs : il existe γ : [0,1] → Ω continue, γ(0) = z0, γ(1) = z1.
- 2. 0 ∈ I (f(z0) = 0) et I ⊂ [0,1] : I est non vide majoré, σ = sup I existe. Par continuité de γ en 0, il existe η > 0 avec γ([0,η]) ⊂ D(z0,ρ), donc η ∈ I et σ ≥ η > 0. Pour s < σ, il existe t ∈ I avec t > s, donc f(γ(s)) = 0 ; par continuité de f∘γ, f(γ(σ)) = 0 : σ ∈ I.
- 3. Si t ∈ I, [0,t] ⊂ I ; donc [0,σ] ⊂ I. f(γ(1)) = f(z1) ≠ 0 donc 1 ∉ I et σ < 1. Tout t ∈ ]σ,1] n'est pas dans I : il existe s ∈ ]σ,t] avec f(γ(s)) ≠ 0. On construit par récurrence tk en appliquant ceci à un point de ]σ, min(tk−1, σ + 1/k)[ : on obtient (tk) strictement décroissante, σ < tk ≤ σ + 1/k, f(γ(tk)) ≠ 0. Si γ(σ) = z0, alors γ(tk) → z0, donc γ(tk) ∈ D(z0,ρ) pour k grand et f(γ(tk)) = 0 : absurde. Donc γ(σ) ≠ z0.
- 4.(a) On applique la 3ème Partie au point γ(σ) ∈ Ω : il existe r1 > 0 (le R associé à γ(σ)) avec D(γ(σ),r1) ⊂ Ω et f(z) = Σan(z − γ(σ))n sur ce disque, rayon ≥ r1.
- 4.(b) Si tous les an étaient nuls, f serait nulle sur D(γ(σ),r1), qui contient γ(tk) pour k grand (γ(tk) → γ(σ)) : contradiction avec B.3. Les an ne sont donc pas tous nuls, et la question 2.(b) des préliminaires donne r ∈ ]0,r1[ tel que f(z) ≠ 0 sur D(γ(σ),r)∖{γ(σ)}.
- 5. L'ensemble {t ∈ [0,σ] ; γ(t) = γ(σ)} est fermé (image réciproque d'un point) et non vide : sa borne inférieure β est atteinte, γ(β) = γ(σ), et β > 0 car γ(0) = z0 ≠ γ(σ). Par continuité de γ en β, il existe t ∈ [0,β[ avec γ(t) ∈ D(γ(σ),r), et γ(t) ≠ γ(σ) par minimalité de β. Donc γ([0,σ]) ∩ D(γ(σ),r)∖{γ(σ)} ≠ ∅. Mais t ∈ [0,σ] ⊂ I donne f(γ(t)) = 0, alors que 4.(b) donne f(γ(t)) ≠ 0 : contradiction. Conclusion : f est nulle sur Ω.
C. Applications
1. Principe du maximum.
- (a) D(z0,ρ) ⊂ Ω donc ρ ≤ R. Pour 0 < r < ρ, Gutzmer : Σn≥0|an|2r2n = (1/2π)∫|f(z0 + reiθ)|2 ≤ |f(z0)|2 = |a0|2. Donc Σn≥1|an|2r2n ≤ 0, soit an = 0 pour n ≥ 1, et f(z) = a0 = f(z0) sur D(z0,ρ).
- (b) f − f(z0) vérifie (H) (une constante vérifie (H) ; 2.4.a), est nulle sur D(z0,ρ), et Ω est connexe par arcs : par B, f = f(z0) sur Ω.
2. Calcul d'une intégrale.
- (a) i. ∂/∂v de e−ut²+ivt = it e−ut²+ivt, de module |t|e−ut² intégrable, indépendant de v : μ est dérivable et μ'(v) = i∫t e−ut²eivt dt. IPP avec t e−ut² = −(1/2u)(e−ut²)' (crochet nul à l'infini) : ∫t e−ut²eivt dt = (iv/2u) μ(v). D'où μ'(v) = −(v/2u) μ(v).
- (a) ii. Changement t = s/√u : μ(0) = √(π/u). L'équation linéaire donne μ(v) = √(π/u) e−v²/(4u).
- (b) i. Pour u > 0 réel, f(u) = ln u + i arcsin 0 = ln u, donc √π e−f(u)/2e−v²/(4u) = √π u−1/2e−v²/(4u) = μ(v) = fv(u).
- (b) ii. f vérifie (H) (2.1.b) ; z ↦ z vérifie (H) et ne s'annule pas sur Ω, donc 1/z aussi (2.4.d) ; la combinaison z ↦ −f(z)/2 − v²/(4z) vérifie (H) (2.4.a) ; on compose par exp (2.1.a et 2.4.c) puis on multiplie par √π : z ↦ √π e−f(z)/2e−v²/(4z) vérifie (H).
- (b) iii. Soit D = fv − G, où G est la fonction de ii. D vérifie (H) sur Ω (2.2.d et 2.4.a) et D est nulle sur ]0,+∞[ (i). D(1,1) ⊂ Ω ; par la 3ème Partie, D(z) = Σan(z − 1)n sur D(1,1). La série w ↦ Σanwn s'annule pour w réel dans ]−1,1[ ; si ses coefficients n'étaient pas tous nuls, la question 2.(b) des préliminaires donnerait r > 0 avec une somme non nulle sur D(0,r)∖{0}, ce qui contredit l'annulation en w ∈ ]0,r[. Donc D = 0 sur D(1,1). Ω étant connexe par arcs (1.1.c), le prolongement analytique (B) donne D = 0 sur Ω : ∫−∞+∞e−zt²+ivt dt = √π e−f(z)/2e−v²/(4z) pour tout z ∈ Ω (e−f(z)/2 est la racine carrée principale de 1/z).
💡 Résultats clés à retenir : (H) = Cauchy-Riemann ; jacobienne [[a,−b],[b,a]] = similitude directe ; Δf̃ = 0 ; cn'(r) = (n/r)cn(r) ⇒ développement en série entière ; Gutzmer = Parseval ⇒ Liouville, principe du maximum ; ∫e−ut²+ivt dt = √(π/u) e−v²/(4u). À réviser pour le CNC MP : topologie de ℝ2 et ℂ (ouverts, connexité par arcs, bornes sup/inf et compacité), fonctions de classe C¹ et règle de la chaîne, dérivation et continuité sous le signe ∫, séries de fonctions (convergence normale, dérivation terme à terme), séries entières (rayon, zéros isolés, unicité), séries de Fourier (Dirichlet, Parseval, coefficients de la dérivée), équations différentielles linéaires.
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