Modèle de concours : CNC 2002 Mathématiques I (MP) — Concours National Commun
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En bref
Ce document est une ancienne épreuve écrite du concours de Concours d'accès aux écoles d'ingénieurs organisé par Concours National Commun (CNC) — CPGE (2002), publiée sur Wadifa Info en consultation et téléchargement PDF gratuits, avec une correction proposée.
- Organisme
- Concours National Commun (CNC) — CPGE
- Grade
- Concours d'accès aux écoles d'ingénieurs
- Spécialité
- Mathématiques I
- Année
- 2002
- Pages
- 6
- Langue des questions
- français
- Correction
- correction proposée disponible sur cette page
📝 Texte des questions (extrait automatiquement des pages scannées)
Ce texte est extrait automatiquement des images de l'épreuve et peut contenir des erreurs de lecture — les images ci-dessus font foi.
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ROYAUME DU MAROC
Ministère de l'Éducation Nationale Ministère de l'Enseignement
Enseignement Secondaire et Technique Supérieur, de la Formation des Cadres
et de la Recherche Scientifique
Concours National Commun
d’Admission aux
Grandes Écoles d'Ingénieurs
Session 2002
ÉPREUVE DE MATHÉMATIQUES I
Durée 4 heures
Concours MP
Cette épreuve comporte 5 pages au format A4, en plus de cette page de garde
L'usage de la calculatrice est interdit
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Concours National Commun - Session 2002 -- MP
L'énoncé de cette épreuve, particulière aux candidats du concours MP,
comporte 5 pages.
L'usage de la calculatrice est interdit .
Les candidats sont informés que la précision des raisonnements ainsi que le soin apporté à la rédaction
seront des éléments pris en compte dans la notation. Les candidats pourront admettre et utiliser le résultat
d'une question non résolue s‘ils l‘indiquent clairement sur la copie. Il convient en particulier de rappeler avec
précision les des questions abordées.
Définitions et notations
Quand on ouvre progressivement un robinet, on assiste à la superposition d'états périodiques
(goutte à goutte) dont les périodes ne sont pas nécessairement multiples d’une même fréquence,
contrairement à la théorie classique des Séries de FOURIER. L'objet de ce problème est donc de
donner un contexte dans lequel on puisse étudier des sommes de phénomènes périodiques de
périodes quelconques.
On travaille dans R®, qui est l’espace vectoriel de toutes les fonctions de R dans lui même ; on
notera aussi C°(R) (resp. CP(R), C®(R)) le sous-espace vectoriel des fonctions continues (resp. de
classes CP, C®),
Soient f € R” et w € R. On dira que f est w-périodique (ou que w est une période de f) si pour
toutréelx, f(x + w) = f(x).
On notera ||.|| la norme de la convergence uniforme sur R ; elle est définie, pour toute fonction
réelle à bornée sur R, par :
Ille = sup[f(æ)|-
26
I. VALEUR MOYENNE D'UNE FONCTION
On appellera valeur moyenne d’une fonction f définie sur R la quantité suivante, quand elle
existe :
1 A
= lim — t) dt.
أ جو مسا = ام 10
1. Valeur moyenne d’une fonction périodique
(a) Calculer la valeur moyenne de chacune des fonctions suivantes :
C,:t+—cost Sao: t—sin2t Co: t+—1.
Dans les deux questions suivantes, f désigne une fonction continue sur R, à valeurs
réelles, w-périodique, avec w › 0.
(b) Montrer que la suite de terme général u, = — f(t) dt, pour n › 1, est constante.
(c) En déduire soigneusement la valeur de u( f) sous forme d’une intégrale sur un segment.
2. Transformations
(a) Montrer que l’ensemble des fonctions continues de R dans R et qui admettent une valeur
moyenne est un espace vectoriel réel, et que l'application :بر f — y (f) est une forme
linéaire sur cet espace.
Épreuve de Mathématiques I 1/5 Tournez la page S.V.P.
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Concours National Commun - Session 2002 - MP
(b) On considère un endomorphisme de l’espace vectoriel RE :
Montrer que si f € C°(R) est une fonction bornée ayant une valeur moyenne, alors Ta(f)
aussi et que l’on a
(c) Faire une étude similaire pour
(d) Que peut-on dire de la valeur moyenne d’une fonction impaire.
(e) Donner une expression simplifiée de la valeur moyenne d’une fonction paire.
3. Valeur moyenne d’une fonction convergente
On considère des fonctions continues de R dans R.
(a) Calculer la valeur moyenne de g : t — ES 7
(b) On suppose que f(t) — 0 quand t ج Æoo. Montrer que )بر f) existe et vaut 0.
(c) On suppose que f admet une limite € en +oc et en —co. Que dire de u(f) ?
(d) On suppose enfin que f converge en مها et en —oo vers deux limites + et (_. Exprimer
4. Valeur moyenne d’une fonction intégrable
On suppose que f est intégrable sur R. Montrer que z:( f) existe et donner sa valeur.
5. Valeur moyenne et fonctions bornées
(a) La fonction t + ,/|t| cost est-elle bornée sur R ? Calculer sa valeur moyenne.
(b) On définit une fonction paire, continue par morceaux, par
0 si0‹t‹1,
x(t)= 4 1 si3% ‹t ‹ 32011 pour un certain p € N,
0 تقو › 32071و pourunpeN*.
Calculer 37” x(t) dt puis en déduire que x n’a pas de valeur moyenne.
0
IL. UN PRODUIT SCALAIRE
On veut définir un produit scalaire par la formule
Nous allons construire progressivement des espaces de plus en plus gros pour lesquels ce
produit scalaire est bien défini. Certains exemples de la première partie prouvent que l’on ne peut
pas y faire figurer n'importe quelle fonction.
1. Exemples
On note de façon abrégée ون : t — cos(wt) et S, : t — sin(nt), pour w › 0 et 7 › 0 donnés.
(a) Calculer (Ca|C3). On trouvera trois valeurs distinctes selon les cas.
(b) Donner sans démonstration les valeurs de (Sa|Sg) et de (Ca|S8).
Épreuve de Mathématiques I 275 ب
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Concours National Commun - Session 2002 -- MP
2. Sommes finies de fonctions périodiques
On considère le sous-espace vectoriel 7 de RŸ engendré par les C, et وى pour tous les w › 0
etm › 0.
(a) Est-ce que la fonction h : t — cost + cos(xt) est périodique ?
(b) Est-ce que h est un élément de 7 ? Ett — =. 27" cos(3"t) ?
(c) Montrer que (f, g) — (f|g) définit un produit scalaire sur F.
3. Continuité
On considère une suite (fr)nen d'éléments de F qui tend vers 0 au sens de la norme uniforme,
c’est à dire que
Falls —› 0.
Montrer que (fn! fn) ب 0 et en déduire que, pour tout و € F, (وام/) vi 0.
4. Limites uniformes
(a) Produit scalaire et limites uniformes
On considère dans 7 une suite d'applications (fn)nen (resp. (gn)nen) qui converge
uniformément sur R vers une fonction continue f (resp. g) . Montrer que la suite
((Falgn)) en €St convergente.
(b) Nommer un théorème qui assure que toute application w-périodique continue est limite
uniforme sur R d’une suite d'éléments de F, tous w-périodiques.
5. Une extension de (.|.)
On veut maintenant définir (f|g) pour deux applications continues périodiques (de périodes
arbitraires) ; pour cela on considère une application w-périodique f continue et une applica-
tion n-périodique و continue elle aussi.
On considère donc dans F une suite d'applications w-périodiques (fn )nen (resp. n-périodiques
(gn)nen) qui converge vers f (resp. g) uniformément sur R, et on pose
(a) Montrer que cette quantité existe, et qu’elle ne dépend pas du choix des suites (fn )nen et
(gn)nen dans F.
(b) Montrer que l'expression précédente est bilinéaire par rapport au couple (f,g) et que
pour g = f, elle est positive ou nulle.
(c) On suppose que la suite d'applications w-périodiques (fn)nen converge vers f, uni-
formément sur R. Montrer que f est w-périodique et que
; 1 w
GI) - كر | خ - قرام
(d) Montrer que pour f continue et périodique, on a (f|f) = 0 seulement quand f est la
fonction nulle.
6. Groupe des périodes d’une fonction
(a) Sous-groupe de (R, +)
On considère un sous-groupe G de R pour la loi +. On suppose que G # {0} et on pose
a = inf GN]O, +oo|.
Épreuve de Mathématiques I 3/5 Tournez la page S.V.P.
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Concours National Commun - Session 2002 - MP
e Sia › 0, montrer que a € © et que G = aZ(on pourra utiliser le critère de la borne inférieure).
e Sia = 0, montrer que G rencontre tout intervalle de la forme Ja, إن (a › b) et conclure que
G est dense dans R.
(b) Application au groupe des périodes d’une fonction
Soit f une fonction de R dans R. On note G; l’ensemble, éventuellement réduit à {0},
des périodes de f.
e Montrer que G; est un sous-groupe additif de R.
e On suppose que f est continue sur R, et périodique. Montrer que f possède une plus
petite période strictement positive ou bien que f est constante.
7. Théorème du mélange
On considère deux fonctions f w-périodique et g n-périodique. f et g sont de plus continues.
(a) On suppose que w/n est un nombre rationnel.
Montrer que f et و possèdent une période commune 7, en déduire l'existence et une
expression intégrale de (f|9).
(b) On suppose que w/n est un nombre irrationnel.
À l'aide d’un résultat précédemment démontré dans ce problème, montrer que l’on a
II. UNE ALGÈBRE DE FONCTIONS PRESQUE-PÉRIODIQUES
On note A l'ensemble des fonctions de la forme t — ›; (An Cos(Wnt) + Bn Sin(w)t)) OÙ encore
n=0
›, (AnCwn + ÉnSw )/ OÙ les suites des amplitudes (م83) ,لمه) sont des familles sommables de réels,
n=0
et la suite des fréquences (w,) est une suite quelconque de réels distincts deux à deux.
1. Structure d’algèbre
(a) Que pouvez-vous dire de la convergence de la série de fonctions définissant un élément
de A ? Conclure que A € C°(R) et montrer que A est un espace vectoriel réel.
(b) Justifier que le produit de deux élément de A est encore dans A : c’est donc une sous-
algèbre de l'algèbre des applications continues.
2. Structure préhilbertienne
(a) Montrer que le produit scalaire de 7 se prolonge à A. On précisera la valeur du carré
+00
scalaire de ›. (anCwn + BnSwn)-
n=0
(b) Soit f € A. Quelles valeurs peuvent prendre ( f|C_uw) et (f|S_w) quand w varie dans R ?
L'écriture de à = ›, (AnCw, +PnSw, ) S'appelle son développement en série de FOURIER-BOHR.
n=0
(c) Étant donnés deux éléments f et g de À, calculer (f|g) en fonction des coefficients de leur
développement de FOURIER-BOHR. On admettra qu'il est possible de prendre pour f et
و une même suite (w,) des fréquences.
Épreuve de Mathématiques I 4/5 ب
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Concours National Commun - Session 2002 - MP
IV. LA FONCTION cos x + cos(xrw/2)
Dans cette dernière section, plus expérimentale, on étudie un exemple célèbre de fonction
presque-périodique. On définit une fonction de F, la fonction B : x جر cos x + cos(xy/2).
1. Près de V2
(a) Montrer que (3 + 2/2)" = وم + qn V2 définit deux suite d’entiers naturels (pn) et (gn)-
(b) Vérifier que (3 — 2/2)" = Pn — Qn v2 pour tout n € N.
(c) En déduire des expressions de pn, بمو P2 — 292, en tirer un équivalent de p, et de qn.
2. Approximation rationnelle de 2ب
Montrer qu'ils existe des fractions p/q avec q arbitrairement grand et vérifiant
3. Maxima de B
Soit › 0 donné. Montrer qu'il existe des entiers naturel / et k’ arbitrairement grands tels que
En déduire que la fonction B prend une infinité de fois des valeurs supérieures à 2 — €.
4. Presque périodicité-la définition de BOHR
On étudie sur cet exemple de la fonction B la définition générale des applications quasi
périodiques.
On fixe un ع › 0. Avec les notations de la question 2., montrer que pour q assez grand on a
27
On a ainsi montré que B possède des “quasi-périodes” c telles que
FIN DE L'ÉPREUVE
Épreuve de Mathématiques I 5/5 FIN
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✅ Correction proposée
Il s'agit d'une correction proposée, rédigée par l'équipe wadifa-info pour vous aider à comprendre la méthode — ce n'est pas un corrigé officiel de l'administration organisatrice.
Épreuve de Mathématiques I du Concours National Commun (CNC) 2002, filière MP, d'admission aux grandes écoles d'ingénieurs marocaines (CPGE). Durée 4 heures, calculatrice interdite, 5 pages. C'est un problème d'analyse en quatre parties sur les fonctions presque-périodiques : valeur moyenne μ(f), produit scalaire (f|g) = μ(fg), algèbre des séries de Fourier-Bohr et étude de la fonction cos x + cos(x√2). Voici une correction méthodologique proposée.
💡 Avant de commencer : tout le problème repose sur deux outils : la majoration |(1/2A)∫-AA u| ≤ ‖u‖∞ (qui rend μ « continue » pour la norme uniforme) et les formules de linéarisation cos a cos b = ½[cos(a−b) + cos(a+b)]. Notez μA(u) = (1/2A)∫-AA u et raisonnez sur μA avant de passer à la limite.
I. Valeur moyenne d'une fonction
1. Fonction périodique
- (a) μA(C1) = sin A / A → 0 donc μ(C1) = 0 ; S2 est impaire donc μA(S2) = 0 et μ(S2) = 0 ; μ(C0) = 1.
- (b) un = (1/n) Σk=0n−1 ∫kw(k+1)w f = (1/n)·n∫0w f (changement t = s + kw et périodicité). Donc un = ∫0w f pour tout n : suite constante.
- (c) Pour A > 0, on écrit A = nw + r, n = ⌊A/w⌋, 0 ≤ r < w : ∫0A f = n∫0w f + ∫0r f avec |∫0r f| ≤ w‖f‖∞. Comme n/A → 1/w, (1/A)∫0A f → (1/w)∫0w f ; de même pour (1/A)∫-A0 f. D'où μ(f) = (1/w)∫0w f(t) dt.
2. Transformations
- (a) L'ensemble contient 0 et, par linéarité de l'intégrale et des limites, μA(f + λg) = μA(f) + λμA(g) a une limite : c'est un sous-espace vectoriel de C0(R) et μ est une forme linéaire.
- (b) μA(τaf) = (1/2A)∫-A+aA+a f = μA(f) + (1/2A)[∫AA+a f − ∫-A-A+a f]. Le crochet est majoré par 2|a|‖f‖∞, donc tend vers 0 après division par 2A : μ(τaf) = μ(f) (f bornée est essentielle).
- (c) Pour a > 0 : μA(Naf) = (1/2aA)∫-aAaA f = μaA(f) → μ(f). Pour a < 0, u = at donne le même résultat avec |a|. Donc μ(Naf) = μ(f) si a ≠ 0 (sans hypothèse de borne) ; pour a = 0, N0f est la constante f(0) et μ(N0f) = f(0).
- (d) f impaire : ∫-AA f = 0, donc μ(f) existe et vaut 0.
- (e) f paire : μ(f) = limA→+∞ (1/A)∫0A f(t) dt (existence équivalente).
3. Fonction convergente
- (a) μA(g) = (1/A)∫0A dt/(1+t) = ln(1+A)/A → 0 : μ(g) = 0.
- (b) Soit ε > 0 et T tel que |f(t)| ≤ ε pour |t| ≥ T. Alors |μA(f)| ≤ (1/2A)∫-TT|f| + ε, donc limsup |μA(f)| ≤ ε : μ(f) = 0 (lemme de Cesàro continu).
- (c) Appliquer (b) à f − ℓ et μ(1) = 1 : μ(f) = ℓ.
- (d) Soit φ(t) = (ℓ+ + ℓ−)/2 + ((ℓ+ − ℓ−)/2)·(2/π)arctan t : constante + fonction impaire, donc μ(φ) = (ℓ+ + ℓ−)/2 ; f − φ → 0 en ±∞, donc μ(f − φ) = 0. μ(f) = (ℓ+ + ℓ−)/2.
4. Fonction intégrable
|μA(f)| ≤ (1/2A)∫R|f| → 0 : μ(f) = 0.
5. Valeur moyenne et fonctions bornées
- (a) En t = 2kπ la fonction vaut √(2kπ) → +∞ : elle n'est pas bornée. Elle est paire ; par parties, ∫0A √t cos t dt = √A sin A − ∫0A sin t/(2√t) dt, et cette dernière intégrale converge quand A → +∞ (intégrale de type Dirichlet, bornée). Donc (1/A)∫0A = O(1/√A) → 0 : μ = 0. Une fonction non bornée peut donc avoir une valeur moyenne.
- (b) χ vaut 1 sur [1,3[, [9,27[, [81,243[… et 0 ailleurs sur R+. Pour n = 2m+1 : ∫03n χ = Σp=0m 2·9p = (9m+1 − 1)/4, donc 3−n∫03n χ = (3n+1 − 1)/(4·3n) → 3/4. Pour n = 2m (m ≥ 1), le dernier intervalle est nul : 3−n∫03n χ = (3n − 1)/(4·3n) → 1/4 (vérification : n = 1 donne 2/3, n = 2 donne 2/9). χ étant paire, μA(χ) = (1/A)∫0A χ prend, pour A = 3n, des valeurs proches de 3/4 et 1/4 alternativement : χ n'a pas de valeur moyenne, bien qu'elle soit bornée.
II. Un produit scalaire
1. Exemples
- (a) CαCβ = ½(Cα−β + Cα+β) et μ(Cγ) = 0 si γ ≠ 0, 1 si γ = 0. Donc (Cα|Cβ) = 0 si α ≠ β ; ½ si α = β > 0 ; 1 si α = β = 0.
- (b) SαSβ = ½(Cα−β − Cα+β) : (Sα|Sβ) = ½ si α = β, 0 sinon ; CαSβ est impaire : (Cα|Sβ) = 0.
2. Sommes finies de fonctions périodiques
- (a) h(t) = 2 ⇔ cos t = 1 et cos πt = 1 ⇔ t ∈ 2πZ ∩ 2Z. Si t = 2πk = 2m avec k ≠ 0, alors π = m/k serait rationnel : donc h(t) = 2 ⇔ t = 0. Si T > 0 était une période, h(T) = h(0) = 2, contradiction : h n'est pas périodique.
- (b) h = C1 + Cπ ∈ F. Pour F(t) = Σ 2−ncos(3nt) (convergence normale) : |μA(u)| ≤ ‖u‖∞ permet de calculer terme à terme μ(F·C3N) = 2−N/2 ≠ 0 pour tout N. Or un élément de F ne fait intervenir qu'un nombre fini de fréquences, et μ(g·Cw) = 0 pour w hors de cet ensemble fini (question 1). Donc cette fonction n'est pas dans F.
- (c) Tout produit de C et de S est combinaison finie de Cγ, Sγ qui ont une moyenne : (f|g) existe, est bilinéaire, symétrique, et (f|f) = μ(f²) ≥ 0. En regroupant les fréquences, f = a0 + Σk=1N(akCwk + bkSwk), wk > 0 distincts ; par 1, (f|f) = a0² + ½Σ(ak² + bk²), nul seulement si f = 0 : produit scalaire.
3. Continuité
|(fn|fn)| ≤ ‖fn‖∞² → 0, puis par Cauchy-Schwarz |(fn|g)| ≤ √(fn|fn)·√(g|g) → 0.
4. Limites uniformes
- (a) Les suites sont de Cauchy pour ‖·‖∞ et bornées par M. Avec |μ(uv)| ≤ ‖u‖∞‖v‖∞ : |(fn|gn) − (fm|gm)| ≤ M(‖fn − fm‖∞ + ‖gn − gm‖∞) : suite de Cauchy réelle, donc convergente.
- (b) Théorème de Weierstrass trigonométrique (ou de Fejér : les sommes de Fejér convergent uniformément), avec les polynômes en cos(2πkt/w), sin(2πkt/w), éléments w-périodiques de F.
5. Extension de (.|.)
- (a) Existence : 4(a). Indépendance : pour d'autres suites (f'n), (g'n), |(fn|gn) − (f'n|g'n)| ≤ ‖fn − f'n‖∞‖gn‖∞ + ‖f'n‖∞‖gn − g'n‖∞ → 0 : même limite.
- (b) Si fn → f, f'n → f', gn → g uniformément, alors fn + λf'n → f + λf' et on passe à la limite dans la bilinéarité de F ; (f|f) = lim (fn|fn) ≥ 0.
- (c) fn(x + w) = fn(x) passe à la limite : f est w-périodique. Par I.1(c), (fn|fn) = (1/w)∫0w fn² → (1/w)∫0w f² (convergence uniforme sur un segment), et μ(f²) a la même valeur (I.1(c) appliqué à f²) : (f|f) = μ(f²) = (1/w)∫0w f².
- (d) Si (f|f) = 0, f² continue positive d'intégrale nulle sur [0, w] donc f = 0 sur [0, w], puis f = 0 sur R par périodicité.
6. Groupe des périodes
- (a) Si α > 0 et α ∉ G : par la caractérisation de la borne inférieure, il existe g1, g2 ∈ G avec α < g2 < g1 < 2α, et alors g1 − g2 ∈ G ∩ ]0, α[ : contradiction. Donc α ∈ G, αZ ⊂ G ; pour g ∈ G, g − ⌊g/α⌋α ∈ G ∩ [0, α[ est nul : G = αZ. Si α = 0 : pour a < b il existe g ∈ G ∩ ]0, b − a[ ; avec k = ⌊a/g⌋ + 1, on a a < kg ≤ a + g < b, et kg ∈ G : G est dense.
- (b) 0 ∈ Gf ; si w, w' sont des périodes, f(x + w − w') = f(x − w') = f(x) : Gf est un sous-groupe. Si f est continue périodique non constante : si α = 0, Gf est dense, pour tout x on prend gn ∈ Gf, gn → x, et f(x) = lim f(gn) = f(0) : f constante. Sinon Gf = αZ et α est la plus petite période > 0.
7. Théorème du mélange
- (a) w/η = p/q (p, q ∈ N*) : τ = qw = pη est une période commune. Les approximations fn, gn (4(b)) sont τ-périodiques, donc (fn|gn) = (1/τ)∫0τ fngn → (f|g) = (1/τ)∫0τ f(t)g(t) dt.
- (b) On prend pour fn un polynôme trigonométrique en fréquences 2πk/w et pour gn en fréquences 2πl/η (4(b)). Deux fréquences non nulles 2πk/w et 2πl/η ne peuvent coïncider (sinon w/η = k/l rationnel). Par II.1, seuls les termes constants interagissent : (fn|gn) = μ(fn)μ(gn). Or μ(fn) = (1/w)∫0w fn → μ(f). D'où (f|g) = μ(f)μ(g).
III. Une algèbre de fonctions presque-périodiques
Quitte à utiliser C−w = Cw et S−w = −Sw, on suppose les fréquences wn ≥ 0 (distinctes).
1. Structure d'algèbre
- (a) |αncos(wnt) + βnsin(wnt)| ≤ |αn| + |βn|, terme général sommable : convergence normale sur R, donc uniforme, somme continue et bornée : A ⊂ C0(R). Somme de deux éléments : on réunit les deux suites de fréquences (ensemble dénombrable) en regroupant les coefficients des fréquences communes ; les familles restent sommables. Avec 0 ∈ A et la stabilité par λ : A est un espace vectoriel.
- (b) CaCb, SaSb, CaSb se linéarisent en ½(C ou S)a±b. Le produit des deux séries absolument convergentes est une famille double sommable (somme des modules ≤ (Σ|αn| + |βn|)(Σ|α'm| + |β'm|)) de fréquences wn ± w'm ; la sommation par paquets regroupe les fréquences égales : fg ∈ A, A est une sous-algèbre.
2. Structure préhilbertienne
- (a) Les sommes partielles fN ∈ F convergent uniformément vers f ; par 4(a) et 5(a), (f|g) = lim(fN|gN) existe, ne dépend pas des suites, et vaut μ(fg) (μA est 1-lipschitzienne pour ‖·‖∞, donc l'existence de μ passe à la limite uniforme). Par orthogonalité : ‖f‖² = α0² + ½Σwn>0(αn² + βn²) (le terme α0² correspondant à une éventuelle fréquence nulle). La série converge car αn² ≤ (sup|α|)·|αn|.
- (b) g ↦ (g|Cw) est continue pour ‖·‖∞, donc se calcule terme à terme : (f|Cw) = αn/2 si |w| = wn > 0, αn si w = wn = 0, et 0 si |w| n'est pas une fréquence ; (f|Sw) = ±βn/2 si |w| = wn > 0 (signe de w), 0 sinon. Ces produits sont nuls sauf pour une infinité au plus dénombrable de w, et ils déterminent les coefficients : le développement de Fourier-Bohr est unique.
- (c) Avec la même suite de fréquences : (f|g) = α0α'0 + ½Σwn>0(αnα'n + βnβ'n) (égalité de Parseval-Bohr), par bilinéarité et continuité.
IV. La fonction B(x) = cos x + cos(x√2)
1. Près de √2
- (a) Binôme : (3 + 2√2)n = Σ C(n,k)3n−k(2√2)k ; les k pairs donnent des entiers, les k impairs un entier fois √2. Unicité car √2 est irrationnel. Récurrence équivalente : pn+1 = 3pn + 4qn, qn+1 = 2pn + 3qn, p0 = 1, q0 = 0.
- (b) Même développement avec −2√2 : seuls les termes impairs changent de signe, (3 − 2√2)n = pn − qn√2.
- (c) pn = [(3+2√2)n + (3−2√2)n]/2, qn = [(3+2√2)n − (3−2√2)n]/(2√2), pn² − 2qn² = (9 − 8)n = 1. Comme 0 < 3 − 2√2 < 1 : pn ~ (3+2√2)n/2 et qn ~ (3+2√2)n/(2√2).
2. Approximation rationnelle
Avec p = pn, q = qn (n ≥ 1) : |p − q√2| = (3 − 2√2)n = 1/(p + q√2), donc |p/q − √2| = 1/(q(p + q√2)) ≤ 1/(q²√2) < 1/q² puisque p ≥ 0. Et qn → +∞ (qn croît strictement).
3. Maxima de B
Avec k = qn, k' = pn : |2kπ√2 − 2k'π| = 2πq|√2 − p/q| ≤ √2π/q ≤ ε pour n assez grand. Alors B(2kπ) = 1 + cos(2kπ√2 − 2k'π) ≥ 1 + cos ε ≥ 2 − ε²/2 ≥ 2 − ε (pour ε ≤ 2). Les points 2qnπ étant distincts, B prend une infinité de fois des valeurs > 2 − ε. Remarque : B(x) = 2 seulement en x = 0 (même argument qu'en II.2(a)), donc B n'est pas périodique.
4. Définition de Bohr
cos(x + 2pπ) = cos x, et 2pπ√2 = 4qπ + 2π√2(p − q√2) avec |2π√2(p − q√2)| = 2π√2·q|p/q − √2| ≤ 2π√2·q/(q²√2) = 2π/q. Comme |cos(a + h) − cos a| ≤ |h| : |B(x) − B(x + 2pπ)| ≤ 2π/q ≤ ε pour tout x dès que q ≥ 2π/ε. Les nombres c = 2pnπ sont des ε-quasi-périodes arbitrairement grandes : c'est la définition de Bohr de la presque-périodicité.
💡 À retenir et à réviser pour le CNC MP : intégrales dépendant d'un paramètre et moyennes de Cesàro, fonctions périodiques (sous-groupes de R, αZ ou dense : question classique à savoir rédiger en 5 lignes), espaces préhilbertiens et Cauchy-Schwarz, prolongement par continuité uniforme d'une forme bilinéaire, théorème de Weierstrass trigonométrique / Fejér, familles sommables et produit de Cauchy, équation de Pell-Fermat et approximation diophantienne de √2. Les questions I.1, I.3, II.1, II.6 et IV.1–2 sont des points « gratuits » à ne pas manquer.
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