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Modèle de concours : CNC 2016 Chimie (MP) — Concours National Commun

🏢 Concours National Commun (CNC) — CPGE 👤 Concours d'accès aux écoles d'ingénieurs 🎯 Chimie 📅 2016 👁️ 27 vues

En bref

Ce document est une ancienne épreuve écrite du concours de Concours d'accès aux écoles d'ingénieurs organisé par Concours National Commun (CNC) — CPGE (2016), publiée sur Wadifa Info en consultation et téléchargement PDF gratuits, avec une correction proposée.

Organisme
Concours National Commun (CNC) — CPGE
Grade
Concours d'accès aux écoles d'ingénieurs
Spécialité
Chimie
Année
2016
Pages
5
Langue des questions
français
Correction
correction proposée disponible sur cette page
Sujet officiel de l'épreuve de Chimie du Concours National Commun (CNC) 2016 d'admission dans les établissements de formation d'ingénieurs et assimilés, pour les élèves des classes préparatoires (CPGE) de la filière MP. Ce modèle contient les 5 pages de l'énoncé original. Les autres épreuves et sessions du CNC sont aussi disponibles sur le site.
📝 Texte des questions (extrait automatiquement des pages scannées)

Ce texte est extrait automatiquement des images de l'épreuve et peut contenir des erreurs de lecture — les images ci-dessus font foi.

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Concours National Commun - Session 2016 - Filière MP

e On veillera à une présentation et une rédaction claires et soignées des copies.
Il convient en particulier de rappeler avec précision les des
questions abordées.

٠ Si, au cours de l’épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur
d’énoncé, il le signale sur sa copie et poursuit sa composition en indiquant
clairement les raisons des initiatives qu’il est amené à prendre.

Toutes les réponses devront être très soigneusement justifiées.

e Si un résultat donné par l'énoncé est non démontré, il peut néanmoins être
admis pour les questions suivantes. Ainsi, les diverses parties du problème
sont relativement indépendantes entre elles.

Synthèse de l’ammoniac

L’ammoniac est une substance naturelle qui peut également être produite en
grandes quantités par synthèse chimique. Il est l'un des plus importants produits
chimiques de synthèse du point de vue des quantités produites (plus de 130 millions de
tonnes par an).

Très utilisé comme agent de traitement dans l’industrie des fertilisants (de 80 % à
90 %), ce qui permet de juguler la faim dans le monde, sa consommation continue à
croître. Les principaux engrais fabriqués à partir d'ammoniac sont : l'urée, le nitrate, le
sulfate et les phosphates d'ammonium. L'ammoniac constitue également le réactif de
base de nombreuses synthèses : acide nitrique, acrylonitrile, acide cyanhydrique, amides
et amines. En métallurgie, l'ammoniac permet les traitements de nitruration des aciers. Il
est également un agent de réfrigération classique de l'industrie du froid.

Ce problème propose d’étudier de manière simplifiée quelques aspects de la
synthèse industrielle de l’ammoniac. Il est composé de parties totalement indépendantes,
à l’intérieur desquelles de nombreuses questions peuvent être traitées indépendamment
les unes des autres.

Données :

* Numéro atomique de l’élément azote : Z(N) = 7.

e Constante de Nernst à 25 °C : ‏مط‎ 0) = 0,059 1 .

+ Constante des gaz parfaits : Æ 2 8,32 J ‏ل لمس‎ ٠

* Pression de référence : P°=1 bar= 10° Pa.

‹ Concentration de référence : C° =1 mo/.Z".

Correspondance des températures : T(K)=1t(°C)+273.

Les gaz seront considérés parfaits et les solutions aqueuses diluées.

٠ Le constituant A en solution aqueuse est noté A A en phase solide est noté A

A en phase gazeuse est noté 4 ‏ري‎ et A en phase liquide est noté A, -
* Produit ionique de l’eau à 25 °C : pÆ,= 14,0.

e  Potentiels standards à 25 °C :

Epreuve de Chimie 1/5

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Concours National Commun - Session 2016 - Filière MP

*  Constantes de formation 0 des complexes à 25 °C :

Constante de formation log(f,)= 4,1 | log(B,)= 7,6 | log(B,)=10,5 | log(B,)=12,6
globale

1. Azote : atome et molécules

1.1. Énoncer la règle de Klechkowski. Donner la configuration électronique qui en
découle dans le cas de l’atome d’azote dans son état fondamental. En déduire le
nombre d’électrons de valence de l’azote. Préciser, en illustrant par un exemple de
molécule ou d’ion, les valeurs des degrés d’oxydation extrêmes de cet élément.
Justifier votre réponse.

1.2. Donner , en le justifiant, le schéma de Lewis pour les espèces suivantes : N,, NH,
et NH;.

1.3. Rappeler le principe de la théorie VSEPR et déduire la géométrie de la molécule
NH, et celle de l’ion 7 ٠

1.4. Le gaz ammoniac est très soluble dans l'eau. Justifier cette grande solubilité.

1.5. Les pictogrammes de sécurité de l’ammoniac sont donnés aux figures (a), (b), (c),

et (d) ci-dessous. Que signifient ces symboles ? Quelle(s) précaution(s) doit-on
prendre pour manipuler ce produit 7

OOS©

2. Etude de la synthèse de l’ammoniac

La synthèse industrielle de l’ammoniac est réalisée en phase gazeuse par réaction
directe entre le dihydrogène et le diazote, sous une pression comprise entre 200 bars et
300 bars et à une température comprise entre 350 °C à 500 °C. Le catalyseur utilisé est
du fer associé à de faibles quantités d'oxydes métalliques jouant le rôle de promoteurs
d’activité.

Le procédé industriel de synthèse de l’ammoniac a été mis au point en 1909 par

les chimistes allemands Fritz Haber et Carl Bosch à partir de l’équilibre d’équation bilan :
‏يوا‎ +3Hap FO 2NHse) (1)

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Concours National Commun - Session 2016 - Filière MP

2.1. Industriellement, comment se procure-t-on le dihydrogène et le diazote ?

2.2. Définir et calculer la variance de l’équilibre (1) dans le cas le plus général.
Commenter le résultat.

2.3. L'’expression de l’afinité chimique A) (T) de la réaction (l) vérifie avec une bonne

approximation la relation : A/(T)=87,0.10*-31,6.7-25,8.T.1In(T) où 7 est la

température absolue exprimée en Æ et AUT) en J.mol”*.
2.3.1.La réaction (l) est-elle thermodynamiquement possible à 298K dans les
conditions standards ? Justifier.

2.3.2.Calculer la valeur de l’enthalpie standard A,H}(298) et celle de l’entropie standard

AS} (298) de la réaction (1) à la température 298 K. Commenter le signe de ces
deux grandeurs.

2.3.3.Calculer la valeur de la constante d’équilibre K}(T) à la température T = 25 °C
puis à la température T = 450 °C. À laquelle de ces deux températures est-il a
priori préférable de réaliser la synthèse de l’ammoniac ?

2.3.4.Pour optimiser la synthèse de l’ammoniac suivant l’équilibre (1), doit-on se placer
à haute ou basse pression ? La justification est obligatoire.

2.4. On veut étudier l’influence de la composition sur l’équilibre (1). On note x,, X, et
x, les fractions molaires respectives en N,, H, et NH,. On suppose que le
mélange ne contient aucun constituant inerte. La pression et la température du
système réactionnel sont fixées et le système est en équilibre.

2.4.1.Expliquer, en le justifiant quantitativement, pourquoi il est nécessaire de limiter la
présence d’un gaz inerte dans le réacteur siège de la synthèse de l’ammoniac.

2.4.2.Écrire deux relations reliant les trois fractions molaires x,, x, et x,.

2.4.3.Quelle relation doivent vérifier les fractions molaires x, et x, pour que la fraction
molaire en ammoniac soit maximale ? En déduire dans quelles proportions les
produits réagissant doivent être introduits dans le réacteur pour que la fraction
molaire en ammoniac soit maximale. Que vaut la variance dans ce cas ?

2.5. Industriellement, la réaction de synthèse de l’ammoniac est réalisée à une
température de T =450 °C et sous la pression totale constante P=300 bars en
faisant réagir dans des proportions rigoureusement stœchiométriques le diazote et
le dihydrogène gazeux et en présence d’un catalyseur hétérogène à base de fer
métallique.

On définit le rendement p de la réaction (l) par le rapport entre la quantité de
matière d’ammoniac obtenue à l’équilibre et la quantité maximale d’ammoniac
susceptible d’être obtenue si la réaction était totale.

2.5.1.Justifier le choix industriel de la température et préciser si la valeur de la pression
choisie pour la synthèse industrielle est cohérente avec le résultat de la question

2.5.2.Pourquoi utilise-t-on un catalyseur ? Sur quel paramètre agit-il ? Modifie-t-il la
valeur de la constante à l'équilibre K} (7) ? Donner les avantages et inconvénients
de ce type de catalyseur.

2.5.3.Lors de la synthèse de l’ammoniac, on élimine toute trace de CO et CO,, produits

secondaires de la synthèse du dihydrogène. Expliquer pourquoi.

Epreuve de Chimie 3/5

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Concours National Commun - Session 2016 - Filière MP

2.5.4.Dans le procédé de Haber-Bosch, le fer est finement divisé et déposé sur un
support de silice et d’alumine. Justifier pourquoi.

2.5.5.La vitesse globale de la réaction de synthèse de l’ammoniac en fonction des
pressions partielles en N,, H, et NH, ainsi que de 0,, taux de sites d’adsorption

vacants à la surface du catalyseur peut être modélisée par l’_équation :

P P? Pp° z
‏قروز دب‎ 2-k, À |;
P R, A

La réaction possède-t-elle un ordre global ? des ordres partiels ?

2.5.6.Le fer utilisé dans la catalyse de la synthèse de l’ammoniac se présente sous sa
variété a dans laquelle il cristallise selon une structure cubique centrée. Dessiner
la maille cristalline du fer ‏.»م‎ Dénombrer les sites d’insertion. Le paramètre de
maille est a=0,2903 nm. Calculer le diamètre maximal d des atomes supposés
sphériques qui peuvent s’y loger.

2.5.7.Montrer que la constante d’équilibre K} (7) de la réaction )1( a pour expression :

2.5.8.Calculer la valeur numérique du rendement ‏م‎ de la synthèse lorsque l’équilibre
(1) est atteint à 7 = 450 °C et sous P=300 bars.

2.5.9.Dans un réacteur réel de synthèse d’ammoniac et dans ces conditions, le
rendement thermodynamique est d’environ 50 %, mais le rendement réel est de 20
%. Proposer une explication à la différence entre rendement théorique et
rendement réel.

3. Utilisation de l’ammoniac en hydrométallurgie du cuivre

3.1. NH, est un ligand monodentate. Donner la signification de l’adjectif
«monodentate».

3.2. Les ions Cu”* forment avec l’ammoniac NH, quatre complexes : [CUNHIT" 5

2

]0) ; [Cu(NH,),]" , [Cu(NH,),] . Tracer le diagramme de prédominance
du cuivre (IT) en fonction de pNH, =—log[ NH, |].

3.3. La lixiviation ammoniacale est la première étape de l’élaboration du cuivre par
hydrométallurgie. Elle permet de solubiliser le cuivre. On cherche à définir les
conditions de cette lixiviation en utilisant le diagramme E-pNH,, fourni en

annexe. Ce diagramme a été tracé pour une concentration totale en cuivre égale à

3.3.1.Afin de simplifier les calculs, on ne considèrera dans la suite que les espèces Cu, »

2

Cu*, [Cu(NH,), T et [Cu(NH;), ] *. Déterminer le nombre d’oxydation de l’élément

cuivre dans chacune de ces quatre espèces chimiques. Identifier, en le justifiant,
les espèces A, B, C et D sur le diagramme E-pNH,.

3.3.2.Calculer la valeur de pNH, sur la frontière entre À et C du diagramme.

3.3.3.Déduire du diagramme E- pNH, le potentiel standard E? du couple Cu” / Cu -

Epreuve de Chimie 4/5

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3.3.4.Écrire la demi-réaction redox du couple [Cu(NH,), ] /Cu, et donner l’expression

du potentiel E, associé à ce couple redox en fonction de pNH, .

3.3.5.Calculer le potentiel standard E} du couple redox [Cu(NH;), f /[Cu(NH,).]

3.3.6.Le processus d’une lixiviation ammoniacale peut se modéliser par l’équation bilan
suivante :

1 2+ 8

Calculer la valeur du potentiel du couple O,,, / H,0 dans les conditions suivantes:

P(O,)= P° et pNH,=0, ce qui correspond à un pH=1l. En déduire qu’il est
possible de procéder à la lixiviation du cuivre et donc de le solubiliser dans ces
conditions.

0 2.00 4.00 6.00 8.00 10.0

Annexe : diagramme E- pNH, simplifié du cuivre

Epreuve de Chimie 5/5

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✅ Correction proposée

Il s'agit d'une correction proposée, rédigée par l'équipe wadifa-info pour vous aider à comprendre la méthode — ce n'est pas un corrigé officiel de l'administration organisatrice.

Ce sujet est l'épreuve de Chimie du Concours National Commun (CNC) 2016, filière MP, commun aux grandes écoles d'ingénieurs marocaines. Le scan contient les 5 pages de l'énoncé, sans la page de garde (la durée n'y figure donc pas). C'est un problème intitulé « Synthèse de l'ammoniac », en trois parties indépendantes : l'azote (atome et molécules), la thermodynamique et la cinétique de la synthèse Haber-Bosch, et l'utilisation de l'ammoniac en hydrométallurgie du cuivre (complexes et diagramme E-pNH3). Voici une correction méthodologique proposée.

💡 Avant de commencer : la partie 1 est du cours (Lewis, VSEPR, pictogrammes) : traitez-la vite et proprement. En partie 2, tout découle de l'expression de l'affinité A°1(T) = 87,0.103 − 31,6T − 25,8T ln T (J.mol−1) : rappelez ΔrG° = −A°, ΔrS° = −dΔrG°/dT, ΔrH° = ΔrG° + TΔrS°. En partie 3, lisez le diagramme en annexe en vous servant des données : E°1([Cu(NH3)2]+/Cu) = −0,15 V, E°2(Cu2+/[Cu(NH3)2]+) = 0,82 V, E°3(O2/H2O) = 1,23 V, log β1..4 = 4,1 ; 7,6 ; 10,5 ; 12,6.

1. Azote : atome et molécules

1.1. Klechkowski, configuration, degrés d'oxydation

Règle de Klechkowski : les sous-couches se remplissent par (n + l) croissant et, à (n + l) égal, par n croissant. Azote (Z = 7) : 1s2 2s2 2p3 ⇒ 5 électrons de valence (couche n = 2).

Degrés d'oxydation extrêmes : −III (N gagne 3 électrons pour compléter l'octet : NH3, NH4+) et +V (N « perd » ses 5 électrons de valence au profit d'atomes plus électronégatifs : HNO3, NO3−).

1.2. Schémas de Lewis

  • N2 : 10 électrons de valence, 5 doublets : |N≡N| (triple liaison, un doublet non liant sur chaque N ; octet respecté).
  • NH3 : 8 électrons, 4 doublets : N lié à 3 H par 3 liaisons simples, un doublet non liant sur N.
  • NH4+ : 5 + 4 − 1 = 8 électrons, 4 doublets : 4 liaisons N–H, charge formelle +1 sur N, pas de doublet non liant.

1.3. VSEPR

Principe : les doublets (liants et non liants) de la couche de valence de l'atome central se repoussent et s'orientent de manière à minimiser leurs répulsions ; un doublet non liant repousse plus fort qu'un doublet liant.

  • NH3 : AX3E1 ⇒ doublets en tétraèdre, molécule pyramidale à base triangulaire, angle HNH ≈ 107° (< 109,5° à cause du doublet non liant).
  • NH4+ : AX4 ⇒ tétraédrique régulier, angles 109,5°.

1.4. Grande solubilité de NH3

NH3 est une molécule polaire (moment dipolaire non nul, géométrie pyramidale), qui forme des liaisons hydrogène avec l'eau (donneur N–H et accepteur par le doublet de N), de taille voisine de H2O ; de plus elle réagit partiellement avec l'eau (base faible : NH3 + H2O = NH4+ + HO−).

1.5. Pictogrammes

  • (a) bouteille : gaz sous pression (risque d'explosion sous l'effet de la chaleur, gaz liquéfié réfrigéré).
  • (b) mains/surface rongées : corrosif (brûlures de la peau, lésions oculaires graves).
  • (c) tête de mort : toxicité aiguë (toxique par inhalation).
  • (d) arbre et poisson : dangereux pour l'environnement aquatique.

Précautions : manipuler sous hotte ventilée, avec blouse, gants et lunettes ; bouteille fixée, loin de toute source de chaleur ; ne rien rejeter à l'évier ni dans l'environnement (récupération des déchets).

2. Étude de la synthèse de l'ammoniac

N2(g) + 3 H2(g) ⇌ 2 NH3(g) (1).

2.1. Origine des réactifs

Diazote : extrait de l'air (liquéfaction puis distillation fractionnée, ou air introduit au reformage secondaire où O2 est consommé). Dihydrogène : essentiellement par vaporeformage du méthane (CH4 + H2O → CO + 3 H2), suivi de la conversion du CO (CO + H2O → CO2 + H2) ; plus marginalement électrolyse de l'eau.

2.2. Variance

La variance est le nombre de paramètres intensifs que l'on peut fixer librement sans rompre l'équilibre. Paramètres : T, P, x1, x2, x3 (5) ; relations : Σxi = 1 et loi d'action des masses (2). v = 5 − 2 = 3 (ou v = (3 − 1) + 2 − 1 = 3). On peut choisir T, P et un paramètre de composition : l'opérateur dispose de trois leviers pour optimiser la synthèse.

2.3.1. Réaction possible à 298 K ?

A°1(298) = 87 000 − 31,6 × 298 − 25,8 × 298 × ln 298 = 87 000 − 9 417 − 43 802 ≈ +33,8 kJ.mol−1 > 0 : dans les conditions standard, la réaction est thermodynamiquement possible dans le sens direct (ΔrG° < 0).

2.3.2. ΔrH° et ΔrS° à 298 K

ΔrG°(T) = −A°(T) = −87 000 + 31,6T + 25,8T ln T.

ΔrS° = −dΔrG°/dT = −(31,6 + 25,8 ln T + 25,8) = −(57,4 + 25,8 ln T) ⇒ ΔrS°(298) ≈ −204 J.K−1.mol−1.

ΔrH° = ΔrG° + TΔrS° = −87 000 − 25,8T ⇒ ΔrH°(298) ≈ −94,7 kJ.mol−1.

Commentaire : ΔrH° < 0, réaction exothermique ; ΔrS° < 0, cohérent avec la diminution de la quantité de gaz (Δνg = 2 − 4 = −2) : le système s'ordonne.

2.3.3. Constante d'équilibre

K°1(T) = exp(A°(T)/RT).

  • T = 298 K : ln K = 33 782/(8,32 × 298) ≈ 13,6 ⇒ K°1(298) ≈ 8.105.
  • T = 723 K : A°(723) = 87 000 − 22 847 − 122 802 ≈ −58,6 kJ.mol−1 ; ln K = −58 650/(8,32 × 723) ≈ −9,75 ⇒ K°1(723) ≈ 5,8.10−5.

La réaction étant exothermique, K diminue quand T augmente (loi de van 't Hoff) : a priori (thermodynamiquement), 25 °C est préférable.

2.3.4. Influence de la pression

Q = xNH32/(xN2·xH23) × (P°/P)2. À composition fixée, une augmentation de P diminue Q : Q < K, l'équilibre se déplace dans le sens direct (formation de NH3). Loi de Le Chatelier : une hausse de P favorise le sens qui diminue la quantité de gaz (Δνg = −2). Il faut travailler à haute pression.

2.4.1. Gaz inerte

Avec ninerte moles d'inerte, à T et P fixées : Q = nNH32·ntot2/(nN2·nH23) × (P°/P)2. Ajouter un inerte augmente ntot, donc Q augmente : Q > K, l'équilibre se déplace dans le sens indirect (décomposition de NH3) : l'inerte joue le rôle d'une baisse de pression partielle. Il faut donc limiter (purger) les inertes (Ar, CH4) qui s'accumulent dans la boucle de recyclage.

2.4.2. Relations entre fractions molaires

x1 + x2 + x3 = 1 et K°1 = x32/(x1x23) × (P°/P)2.

2.4.3. Fraction maximale en NH3

À T et P fixées, x3 maximal ⇒ dx3 = 0. La première relation donne dx1 + dx2 = 0 ; la seconde (x1x23 = x32(P°/P)2/K) donne dx1/x1 + 3dx2/x2 = 0. D'où 1/x1 = 3/x2 : x2 = 3x1. Comme la réaction consomme N2 et H2 dans le rapport 1:3, ce rapport est conservé : il faut introduire les réactifs dans les proportions stœchiométriques (1 N2 pour 3 H2). Cette relation supplémentaire abaisse la variance : v = 3 − 1 = 2.

2.5.1. Choix de T et P

À 25 °C, K est grand mais la réaction est cinétiquement bloquée (N≡N très stable, énergie d'activation élevée). 450 °C est un compromis : vitesse suffisante (avec catalyseur) au prix d'un K plus faible. La perte sur K est compensée par une haute pression (300 bar), cohérente avec 2.3.4.

2.5.2. Rôle du catalyseur

Il augmente la vitesse (nouveau chemin réactionnel d'énergie d'activation plus faible) : il agit sur la cinétique, pas sur la thermodynamique. Il ne modifie pas K°1(T) ni la composition à l'équilibre ; il permet de l'atteindre plus vite. Catalyseur hétérogène (solide) : avantages : séparation facile des produits gazeux, réutilisable, adapté aux procédés continus ; inconvénients : action limitée à la surface (surface active limitée), sensible aux poisons, frittage et vieillissement, nécessité d'une température suffisante pour être actif.

2.5.3. Élimination de CO et CO2

CO et CO2 (et les composés oxygénés) empoisonnent le catalyseur : ils s'adsorbent fortement sur les sites du fer et oxydent sa surface, ce qui le désactive ; CO2 réagit en outre avec NH3 (formation de carbamate d'ammonium solide).

2.5.4. Fer finement divisé sur support

La catalyse hétérogène a lieu à la surface : diviser finement le fer augmente la surface spécifique et donc le nombre de sites actifs. Le support (silice, alumine) disperse les particules, limite leur frittage à haute température et assure la tenue mécanique du lit catalytique.

2.5.5. Ordre de la réaction

v = (k2K1PN2/P° − k−2(1/K3)PNH32P°/PH23)·θA2 (lu sur le scan). La vitesse n'est pas de la forme k·ΠPiαi (différence de deux termes, dépendance en θA qui dépend elle-même des pressions) : la réaction n'a ni ordre global ni ordres partiels au sens strict. Remarque : en début de réaction (PNH3 ≈ 0) et si θA est constant, on aurait un ordre apparent 1 par rapport à N2 et 0 par rapport à H2.

2.5.6. Fer α et sites d'insertion

Maille cubique centrée : 8 atomes aux sommets + 1 au centre (2 atomes/maille), contact selon la grande diagonale : r = a√3/4 = 0,2903 × 0,4330 = 0,1257 nm.

  • Sites octaédriques (déformés) : centres des faces (6 × 1/2) et milieux des arêtes (12 × 1/4) : 6 par maille. Distance la plus courte site–atome : a/2 ⇒ rO = a/2 − r = 0,1452 − 0,1257 = 0,0195 nm, soit dO ≈ 0,039 nm.
  • Sites tétraédriques : positions du type (1/2, 1/4, 0), 4 par face × 6 faces × 1/2 = 12 par maille. Distance site–atome : a√5/4 ⇒ rT = a(√5 − √3)/4 = 0,2903 × 0,1261 = 0,0366 nm.

Le plus grand site du cc est le site tétraédrique : dmax = 2rT ≈ 0,073 nm (0,039 nm pour un site octaédrique). Les deux sites sont petits : seuls de petits atomes (H, N, C) peuvent s'insérer, en déformant le réseau.

2.5.7. Expression de K°1 en fonction de ρ

Départ stœchiométrique : n mol N2 + 3n mol H2. Quantité maximale de NH3 : 2n ; à l'équilibre n(NH3) = 2nρ, donc ξ = nρ.

N2H2NH3total
équilibren(1 − ρ)3n(1 − ρ)2nρ2n(2 − ρ)

x1 = (1 − ρ)/(2(2 − ρ)) ; x2 = 3(1 − ρ)/(2(2 − ρ)) ; x3 = ρ/(2 − ρ). Alors x1x23 = 27(1 − ρ)4/(16(2 − ρ)4) et

K°1 = x32/(x1x23) × (P°/P)2 = (16/27)·ρ2(2 − ρ)2/(1 − ρ)4 × (P°/P)2.

2.5.8. Rendement à 450 °C et 300 bar

On prend la racine : ρ(2 − ρ)/(1 − ρ)2 = (P/P°)·√(27K/16) = 300 × √(27 × 5,83.10−5/16) ≈ 2,98 = Q'. Comme ρ(2 − ρ) = 1 − (1 − ρ)2, on obtient (1 − ρ)2 = 1/(1 + Q'), d'où ρ = 1 − 1/√(1 + Q') ≈ 1 − 1/1,994 ≈ 0,50, soit environ 50 % (en accord avec la valeur citée en 2.5.9).

2.5.9. Rendement réel (20 %) < rendement thermodynamique (50 %)

Dans un réacteur industriel en flux continu, le temps de passage des gaz sur le catalyseur est trop court pour atteindre l'équilibre (limitation cinétique) ; s'y ajoutent l'échauffement du lit (réaction exothermique, T locale supérieure à 450 °C donc K plus faible), la présence d'inertes et le vieillissement ou l'empoisonnement partiel du catalyseur. En pratique on condense NH3 et on recycle les gaz non transformés.

3. Utilisation de l'ammoniac en hydrométallurgie du cuivre

3.1. « Monodentate »

Un ligand monodentate se lie au cation central par un seul atome donneur (un seul doublet) : pour NH3, le doublet non liant de l'azote.

3.2. Diagramme de prédominance de Cu(II) en pNH3

log Kfi = log βi − log βi−1 : log Kf1 = 4,1 ; log Kf2 = 3,5 ; log Kf3 = 2,9 ; log Kf4 = 2,1 (décroissantes : chaque complexe a un domaine). Frontières à pNH3 = log Kfi :

[Cu(NH3)4]2+ | 2,1 | [Cu(NH3)3]2+ | 2,9 | [Cu(NH3)2]2+ | 3,5 | [Cu(NH3)]2+ | 4,1 | Cu2+ (pNH3 croissant).

3.3.1. Nombres d'oxydation et identification

Cu(s) : 0 ; Cu2+ : +II ; [Cu(NH3)2]+ : +I ; [Cu(NH3)4]2+ : +II.

Sur le diagramme, le n.o. croît avec E ; à E donné, les formes complexées sont à faible pNH3 (NH3 abondant) :

  • D (en bas) : Cu(s) (n.o. 0) ;
  • B (bande intermédiaire, à faible pNH3) : [Cu(NH3)2]+ (Cu(I), stabilisé par complexation ; il disparaît au-delà de pNH3 ≈ 4 où Cu(I) se dismute) ;
  • A (en haut, à gauche) : [Cu(NH3)4]2+ (Cu(II) complexé, NH3 abondant) ;
  • C (en haut, à droite) : Cu2+ (Cu(II) libre, peu de NH3).

3.3.2. Frontière A/C

Cu2+ + 4 NH3 = [Cu(NH3)4]2+ ; à la frontière, [Cu2+] = [Cu(NH3)42+] ⇒ β4[NH3]4 = 1 ⇒ pNH3 = log β4/4 = 12,6/4 = 3,15 (verticale (1) du diagramme, bien placée vers 3,15).

3.3.3. E°4(Cu2+/Cu)

Pour pNH3 > 4, la frontière C/D est horizontale : Cu2+ + 2e− = Cu, E = E°4 + 0,0295 log[Cu2+] avec [Cu2+] = C0 = 1 mol/L, donc E = E°4. Lecture : E°4 ≈ 0,34 V. Contrôle par les données : E°4 = (E°1 + E°2)/2 = (−0,15 + 0,82)/2 ≈ 0,335 V.

3.3.4. Couple [Cu(NH3)2]+/Cu

[Cu(NH3)2]+ + e− = Cu(s) + 2 NH3

Ea = E°1 + 0,059 log([Cu(NH3)2+]/[NH3]2) ; à la frontière [Cu(NH3)2+] = C0 = 1 mol/L : Ea = −0,15 + 0,118 pNH3 (V) — droite B/D, qui part bien de −0,15 V à pNH3 = 0.

3.3.5. E°5([Cu(NH3)4]2+/[Cu(NH3)2]+)

[Cu(NH3)4]2+ + e− = [Cu(NH3)2]+ + 2 NH3 s'obtient en combinant [Cu(NH3)4]2+ = Cu2+ + 4 NH3 (1/β4) et Cu2+ + 2 NH3 + e− = [Cu(NH3)2]+ (E°2). Par les enthalpies libres : −FE°5 = −FE°2 + RT ln10·log β4 ⇒

E°5 = E°2 − 0,059 log β4 = 0,82 − 0,059 × 12,6 ≈ 0,08 V (ordonnée à l'origine de la droite A/B sur le diagramme, ≈ 0,07 V : cohérent).

3.3.6. Lixiviation

O2 + 4 H+ + 4 e− = 2 H2O : E = E°3 + (0,059/4) log(P(O2)/P°) − 0,059 pH. Avec P(O2) = P° et pH = 11 : E = 1,23 − 0,059 × 11 ≈ 0,58 V.

À pNH3 = 0, le domaine de Cu(s) s'arrête vers −0,15 V et celui de [Cu(NH3)4]2+ (A) commence vers 0,08 V. Le potentiel du couple O2/H2O (0,58 V) se situe dans le domaine A : O2 et Cu(s) ont des domaines disjoints, O2 oxyde le cuivre en [Cu(NH3)4]2+ soluble. La réaction (2) Cu + 4 NH3 + ½ O2 + H2O → [Cu(NH3)4]2+ + 2 HO− est favorable : la lixiviation ammoniacale permet bien de solubiliser le cuivre.

💡 À retenir et à réviser pour le CNC MP : Klechkowski, Lewis, VSEPR (AXnEm), liaison hydrogène, pictogrammes SGH ; thermochimie : affinité, ΔrG° = −A°, Gibbs-Helmholtz, K(T), variance, déplacements d'équilibre (T, P, inerte, proportions stœchiométriques) et calcul d'un rendement à l'équilibre par tableau d'avancement ; catalyse hétérogène (surface, poisons, support) ; sites d'insertion cc/cfc ; complexes successifs, potentiels standards de couples complexés (combinaison des ΔrG°) et lecture d'un diagramme E-pL. Pièges fréquents : oublier que le catalyseur ne change pas K, confondre sites tétraédriques et octaédriques du cc (le tétraédrique y est le plus grand), oublier la dépendance en pNH3 dans la formule de Nernst.

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Questions fréquentes sur ce sujet

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De quelle session s'agit-il et dans quelle langue ?
Session : 2016. Les questions sont en français.
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