Modèle de concours : CNC 2013 Chimie (MP) — Concours National Commun
En bref
Ce document est une ancienne épreuve écrite du concours de Concours d'accès aux écoles d'ingénieurs organisé par Concours National Commun (CNC) — CPGE (2013), publiée sur Wadifa Info en consultation et téléchargement PDF gratuits, avec une correction proposée.
- Organisme
- Concours National Commun (CNC) — CPGE
- Grade
- Concours d'accès aux écoles d'ingénieurs
- Spécialité
- Chimie
- Année
- 2013
- Pages
- 6
- Langue des questions
- français
- Correction
- correction proposée disponible sur cette page
📝 Texte des questions (extrait automatiquement des pages scannées)
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— صفحة 1 — ROYAUME DU MAROC 2 Ministère de l'Éducation National, de l'Enseignement Supérieur, de la Recherche Scientifique et de la Formation des Cadres Présidence du Concours National Commun Ecole Hassania des Travaux Publics CONCOURS NATIONAL COMMUN d'admission aux Etablissements de Formation d'Ingénieurs et Établissements Assimilés Session 2013 ÉPREUVE DE CHIMIE Filière MP Durée 2 heures Cette épreuve comporte 5 pages au format A4, en plus de cette page de garde L'usage de la calculatrice est autorisé نماذج المباريات من موقع وظيفة إنفو wadifa-info.com — صفحة 2 — Concours National Commun — Session 2013 - Filière MP L’énoncé de cette épreuve comporte 5 pages. L'usage de la calculatrice est aUtOrisé. On veillera à une présentation claire et soignée des copies. Il convient en particulier de rappeler avec précision les | références | des questions abordées. Quelques aspects de la chimie du Titane Le titane est un corps très répandu sur la terre, quatrième métal suivant l’ordre décroissant d’abondance dans l’écorce terrestre, il constitue 0, 44 % de la masse de celle-ci, à comparer à 8% pour l’aluminium, 5% pour le fer et 2% pour le magnésium. La découverte de ce métal est relativement récente (1970). Le titane est un métal utilisé dans de nombreux domaines en raison de sa faible densité, de ses bonnes propriétés mécaniques et de sa résistance à la corrosion humide et sèche. Sa résistance à la corrosion justifie les usages industriels du titane : alliages pour l’industrie aéronautique, réacteurs et échangeurs de chaleur dans l’industrie chimique. Son usage est privilégié en milieu marin et dans de nombreux produits de la vie quotidienne (branches de lunettes, prothèse, …). Le sujet est composé de trois parties totalement indépendantes. Dans les applications numériques, qui ne doivent pas être négligées, une attention particulière sera prêtée au nombre de chiffres à utiliser pour afficher les résultats. Ce nombre, qui dépend en général du niveau de précision recherché, ne doit en aucun cas dépasser le nombre de chiffres significatifs permis par les données. La valeur numérique de toute grandeur physique doit être accompagnée de son unité dans le système international des unités (ST). Si, au cours de l’épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d’énoncé, il le signale sur sa copie et poursuit sa composition en indiquant les raisons des initiatives qu’il est amené à prendre. Données numériques e Numéro atomique du titane : Z = 22 Nombre d’AvoGADRO N4 = 6, 02.1023 mol—! Constante des gaz parfaits : R = 8,314 J.K—*.mol—! e Rayons atomiques et masses molaires Atome | ; 0 Rayon atomique (nm) | 0,147 | 0,143 | 0,124 Masse molaire (g-mol” ) | 47,90 | 26,98 | 58,70 | 16,00 e Fnthalpie de formation et entropie standards à 298 ,كل températures de fusion et températures de vaporisation : A,H"(kJ.mol7*) -598,2 8,5 SIT K—.mol”*) | 30,7 132,8 41,9 | TrusCC) 1668 714 | 650 م2 ©) 1412 | 1090 Epreuve de Chimie نماذج المباريات من موقع وظيفة إنفو wadifa-info.com — صفحة 3 — Concours National Commun — Session 2013 - Filière MP 1ère Partie Propriétés atomiques et cristallines 1.1. L’élément titane 1.1.1. L'isotope de titane le plus abondant dans la nature est T7 (73,4 %). Donner la définition du terme isotope. 1.1.2. Donner la configuration électronique de l’atome de titane dans son état fondamental. À quel groupe appartient-il ? 1.1.3. On se propose de vérifier que cette configuration est bien celle de l’état fondamen- tal en calculant la différence d’énergie entre cette configuration (notée Ti) et la configuration 1s? 25? 2p° 35? 3p° 3d* (notée Ti*) en utilisant les énergies des orbitales atomiques calculées à l’aide des règles de SLATER. 1.1.3.1 Donner l’expression de la différence d’énergie entre ces deux configurations (E(T:*)— E(T')) en fonction des énergies des orbitales atomiques Esa(Ti*), (17)موط et )مي 1.1.3.2 On donne la valeur de l’énergie de ces orbitales atomiques dans le cadre du caleul de SLATER : Esy(Ti*) = —13,15eV, Eza(Ti) = —20,13eV et Fas(Ti) = —9,86eV. Calculer E(T1*) — E(Ti). Conclure. 1.1.4. Quels ions peut-on à priori former à partir du titane ? 1.2. Aspects cristallographiques de quelques composés du titane 1.2.1. Le titane et son oxyde Le titane existe sous deux variétés allotropiques, Tia et 778. Le Tia, stable à temprérature et à pression ordinaire, cristallise dans le mode d’empilement hexagonal compact. 1.2.1.1 Rappeler ce qu’est une “ variété allotropique ”. 1.2.1.2 Tracer une maille de l’empilement hexagonal compact et indiquer les positions عه cupées par les atomes de titane. 1.2.1.3 Connaissant la valeur d’un côté de l'hexagone de base, a = 0,295 nm, déterminer la valeur de la hauteur ce de l’empilement. 1.2.1.4 Calculer la compacité C du système hexagonal compact du titane. On peut montrer qu’un métal est passivé lorsque l’oxyde qui se développe à sa surface peut former une couche protectrice continue; il faut pour cela que le volume molaire de l’oxyde soit supérieur au volume molaire du métal. Les masses volumiques du titane et de son oxyde 7103 sont : p(Tia) = 4503 kg.m7* et p(Ti09) = 4260 kg.m73. 1.2.1.5 En analysant le système T:O3/T', déterminer si le titane peut être passivé par son oxyde. 1.2.2. Structure d’un alliage de titane : ملل انملك L'alliage le plus utilisé dans l’industrie a pour formule brut Al,Ni,T?,. Dans cet alliage le sys- tème cristallographique du titane est le cubique à faces centrées. Les atomes d’aluminium occupent la totalité des sites octaédriques, et ceux de nickel occupent les sites tétraédriques. Le paramètre de mailles ainsi formée vaut : a = 0,589 nm. 1.2.2.1 Représenter une maille cubique de cet alliage en perspective. Épreuve de Chimie 2/5 نماذج المباريات من موقع وظيفة إنفو wadifa-info.com — صفحة 4 — Concours National Commun — Session 2013 - Filière MP 1.2.2.2 Déterminer la formlule de l’alliage. 1.2.2.3 Calculer la compacité et la masse volumique de cet alliage. 1.2.2.4 Comparer les valeurs trouvées précédemment aux caractéristiques moyennes d’un acier courant de compacité 0,70 et de masse volumique : p(acier) = 7800 kg.m73. À qualités mécaniques équivalentes, expliquer alors en quoi l’alliage de titane présente de l'intérêt. 2ème Partie Métallurgie extractive du titane L’obtention du métal à partir du minerai a nécessité une longue mise au point. Sa métallurgie extractive est très délicate. Cela explique les développements tardifs de ses applications industrielles qui n’ont débuté que vers 1950. Les minerais de titane sont relativement nombreux, mais l’exploitation industrielle porte prin- cipalement sur deux d’entre eux : le rutile et l’ilménite. Le rutile est la forme naturelle du dioxyde de titane (97 à 98,5% de T:O2). L'ilménite est un mélange de titanate et d’oxydes de fer ; il est donc impur (teneur maximale en Ti de 30%), mais beaucoup plus répandu que le rutile. Dans cette partie, on se propose d’étudier l’aspect thermodynamique de l'extraction du métal à partir de son oxyde selon le procédé mis en œuvre par KROLL en 1932. Ce procédé utilise les propriétés spécifiques du tétrachlorure de titane 717014. Les réactions chimiques mises en jeu, à 1200 Æ, sont les suivantes : Ti02(s) + 2Cl2(g) + 2C(s) Z 2CO(g) + TiCla(g9) (1) TiCla(g) + 2Mg(l) Z Ti(s) + 2M gCla(l) (2) On obtient ainsi le titane sous forme d’éponge métallique qui est ensuite refondue pour obtenir des lingots métalliques. Par la suite, on se place dans le cadre de l’approximation d’ELLINGHAM. 2.1. Rappeler à quoi consiste l’approximation d’ELLINGHAM. 2.2. Beaucoup d'oxydes de métaux peuvent être réduits par le carbone. À températures intermé- diaires, c’est le couple CO/C qui est mis en jeu. 2.2.1. Ecrire l’équation de la réaction de réduction de و7170 par le carbone. 2.2.2. Déterminer la valeur de la température d’inversion de la réaction précédente. Dans quel domaine de température la réduction de و7170 est thermodynamiquement possible ? 2.3. Carbochloration En fait, la réduction par le carbone n’est pas utilisée industriellement. On s'intéresse ici à la réaction (1). Pour comprendre la nécessité de l’ajout de carbone aux réactifs و7270 et Cl, on s'intéresse à cette réaction sans carbone. 2.3.1. Calculer la constante d’équilibre à 1200 Æ de la réaction (3) : Ti02(s) + 2C1»(9) Z O2(g) + TiCla(g) (3) En déduire la quantité de TiCl4(g) formée dans un réacteur fermé porté à 1200 Æ et contenant initialement un excès de TiO» solide et 10mol de dichlore gazeux à la pression de 1 bar. Quel est le rendement de la réaction ? Épreuve de Chimie 3/5 نماذج المباريات من موقع وظيفة إنفو wadifa-info.com — صفحة 5 — Concours National Commun — Session 2013 - Filière MP 2.3.2. En utilisant l’approximation d’ELLINGHAM, montrer que l’équilibre (1) est favorisé dans le sens direct quelque soit la température. 2.3.3. Pourquoi utilise-t-on une température de 1200 Æ, qui est une température intermédiaire en métallurgie ? 2.3.4. Comment peut-on séparer le chlorure de titane du mélange réactionnel à la suite de cette première étape ? 2.3.5. En déduire la quantité de T:Cl4(g) formée dans un réacteur fermé porté à 1200 Æ et contenant initialement un excès de ZiO»2 et de carbone solides et 10mol de dichlore gazeux à la pression de 1 bar. Quel est le rendement de la réaction ? 2.3.6. Quel est l’effet d’une variation de pression totale, à composition et à température constantes, sur l'équilibre (1) ? 2.4. Obtention du titane. Le procédé de KROLL met en œuvre du magnésium et s'effectue à 1200 Æ selon l’équation (2). 2.4.1. Déterminer l’enthalpie libre standard de la réaction (2) à 1200 K. 2.4.2. Quelle masse de titane obtient-on en partant de 100 kg de l’oxyde T109 supposé pur ? J 3ème Partie Etude thermodynamique de la corrosion humide du Titane Diagramme potentiel-pH du titane auquel est superposé le diagramme de l’eau (en pointillés). Épreuve de Chimie 4/5 نماذج المباريات من موقع وظيفة إنفو wadifa-info.com — صفحة 6 — Concours National Commun — Session 2013 - Filière MP Dans cette partie, on s'intéresse à l’interprétation de la résistance du titane à la corrosion en milieu humide. Nous allons examiner à cette fin le diagramme potentiel-pH du titane. Ce diagramme est présenté sur la Figure 1. Pour le tracé, seules les espèces suivantes ont été prises en compte : TiO»(s), Ti2O3(s), Ti**(aq), TiO(s) et Ti(s). La concentration totale en espèces dissoutes est prise égale à Co = 107$ mol.L!*. On prendra ZF Ln(10) = 0,06 V. 3.1. Attribuer à chaque espèce le domaine qui lui convient en précisant s’il s’agit d’un domaine de prédominance ou d’existence. 3.2. Indiquer les zones d’immunité, de corrosion et de passivation du métal. 3.3. Sachant que les coordonnées du point T (pHr = 4,0; Er = —0,8V), déterminer les potentiels standard FŸ et EŸ des couples 2102/2773 et 210/170 3.4. Quelle réaction peut se produire a priori lorsqu’une électrode de titane est plongée dans une solution acqueuse acide (pH = 0) aérée ? Même question dans une solution désaérée ? 3.5. Conclure sur l'intérêt d'utilisation du titane pour la fabrication des pièces métalliques. FIN DE L'ÉPREUVE Épreuve de Chimie نماذج المباريات من موقع وظيفة إنفو wadifa-info.com
✅ Correction proposée
Il s'agit d'une correction proposée, rédigée par l'équipe wadifa-info pour vous aider à comprendre la méthode — ce n'est pas un corrigé officiel de l'administration organisatrice.
Ce sujet est l'épreuve de Chimie du Concours National Commun (CNC) 2013, filière MP, commun aux écoles d'ingénieurs marocaines et établissements assimilés (présidence : École Hassania des Travaux Publics). Durée : 2 heures, calculatrice autorisée. C'est un problème, « Quelques aspects de la chimie du titane », en trois parties indépendantes : propriétés atomiques et cristallines, métallurgie extractive (procédé Kroll, approximation d'Ellingham) et corrosion humide (diagramme potentiel-pH). Voici une correction méthodologique proposée.
💡 Avant de commencer : 2 heures pour trois parties, donc environ 40 minutes chacune. Les parties 2 et 3 reposent sur le tableau de données (ΔfH°, S°, températures de fusion et de vaporisation) : vérifiez l'état physique de chaque espèce à 1200 K avant tout calcul. Soignez les chiffres significatifs et les unités SI, que l'énoncé exige explicitement.
1re partie : propriétés atomiques et cristallines
1.1 L'élément titane
- 1.1.1 Des isotopes sont des atomes de même numéro atomique Z (même élément), mais de nombres de masse A différents, donc de nombres de neutrons différents. 48Ti : 22 protons, 26 neutrons.
- 1.1.2 Ti : 1s2 2s2 2p6 3s2 3p6 4s2 3d2, soit [Ar]3d24s2. 4e période, bloc d, groupe 4 (colonne 4, famille Ti, Zr, Hf).
- 1.1.3.1 Selon les règles de Slater, un électron n'est écranté que par les électrons des groupes de même rang ou de rang inférieur. Les électrons 1s à 3p ont donc la même énergie dans les deux configurations. Seuls diffèrent les électrons 3d et 4s : E(Ti) = … + 2E3d(Ti) + 2E4s(Ti) et E(Ti*) = … + 4E3d(Ti*). D'où E(Ti*) − E(Ti) = 4E3d(Ti*) − 2E3d(Ti) − 2E4s(Ti).
- 1.1.3.2 E(Ti*) − E(Ti) = 4(−13,15) − 2(−20,13) − 2(−9,86) = −52,60 + 40,26 + 19,72 = +7,38 eV. Cette valeur est positive : la configuration 3d24s2 est la plus basse, c'est bien l'état fondamental. (Contrôle : pour 3d2, σ = 18 + 0,35 = 18,35, Z* = 3,65 et E3d = −13,6 × 3,652/9 = −20,13 eV.)
- 1.1.4 On attend a priori Ti2+ ([Ar]3d2, perte des 4s), Ti3+ ([Ar]3d1) et surtout Ti4+ ([Ar], configuration de gaz rare, degré +IV de TiO2 et TiCl4).
1.2.1 Le titane et son oxyde
- 1.2.1.1 Une variété allotropique est l'une des différentes structures cristallines qu'un même corps simple peut adopter selon T et P (Tiα hexagonal compact, Tiβ cubique centré à haute température).
- 1.2.1.2 Prisme droit à base hexagonale : un atome à chacun des 12 sommets (compte 1/6), au centre des 2 faces hexagonales (1/2) et 3 atomes à mi-hauteur, au-dessus d'un triangle sur deux (compte 1). Total : 12/6 + 2/2 + 3 = 6 atomes. On peut aussi dessiner la maille losange : 8 sommets et 1 atome en (2/3, 1/3, 1/2), soit 2 atomes.
- 1.2.1.3 Pour un empilement compact idéal, c = 2a√(2/3), donc c = a√(8/3) = 1,633 × 0,295 ≈ 0,482 nm.
- 1.2.1.4 Tangence selon a : r = a/2 (cohérent avec rTi = 0,147 nm). Vprisme = (3√3/2)a2c. C = 6 × (4/3)πr3/V = π/(3√2) = 0,74.
- 1.2.1.5 Volumes molaires : Vm(Ti) = M/ρ = 47,90.10−3/4503 = 1,06.10−5 m3.mol−1 ; Vm(TiO2) = 79,90.10−3/4260 = 1,88.10−5 m3.mol−1. Une mole de Ti donne une mole de TiO2 : rapport = 1,76 > 1. L'oxyde forme une couche continue et couvrante, donc le titane peut être passivé par TiO2.
1.2.2 Alliage AlxNiyTiz
- 1.2.2.1 Cube d'arête a : Ti aux 8 sommets et aux 6 centres des faces. Al au centre du cube et aux milieux des 12 arêtes (sites octaédriques). Ni aux centres des 8 petits cubes d'arête a/2, en (1/4, 1/4, 1/4)… (sites tétraédriques).
- 1.2.2.2 Par maille : Ti = 8 × 1/8 + 6 × 1/2 = 4 ; Al = 1 + 12 × 1/4 = 4 ; Ni = 8 sites tétraédriques, tous occupés, soit 8. Rapport 4 : 8 : 4, donc AlNi2Ti (x = 1, y = 2, z = 1), un alliage de type Heusler. L'énoncé dit « les sites tétraédriques » : on suppose qu'ils sont tous occupés.
- 1.2.2.3 Compacité : C = (4π/3)[4rTi3 + 4rAl3 + 8rNi3]/a3 = (4π/3)(0,01271 + 0,01170 + 0,01525)/0,2043 ≈ 0,81. Masse volumique : ρ = 4M(AlNi2Ti)/(NAa3), avec M = 26,98 + 2 × 58,70 + 47,90 = 192,28 g.mol−1. ρ = 4 × 0,19228/(6,02.1023 × (0,589.10−9)3) ≈ 6,25.103 kg.m−3.
- 1.2.2.4 L'alliage est plus compact que l'acier (0,81 contre 0,70), mais environ 20 % moins dense (6250 contre 7800 kg.m−3). À qualités mécaniques égales, les pièces sont plus légères, ce qui est décisif en aéronautique (gain de masse et de carburant). À cela s'ajoute la résistance à la corrosion.
2e partie : métallurgie extractive du titane
- 2.1 Approximation d'Ellingham : ΔrH° et ΔrS° sont indépendants de T en dehors des changements d'état. ΔrG°(T) = ΔrH° − TΔrS° est alors affine par morceaux.
- 2.2.1 TiO2(s) + 2C(s) → Ti(s) + 2CO(g).
- 2.2.2 ΔrH° = 2(−110,5) − (−945) = 724 kJ.mol−1. ΔrS° = 2(197,6) + 30,7 − 50,3 − 2(5,7) = 364,2 J.K−1.mol−1. ΔrG° = 724 − 0,3642T s'annule pour Ti ≈ 1,99.103 K (≈ 1715 °C). La réduction est possible pour T > Ti. Remarque : Ti dépasse la fusion du titane (1941 K), non prise en compte ici. Cette température très élevée explique qu'on n'utilise pas ce procédé industriellement.
2.3 Carbochloration
- 2.3.1 Réaction (3) : TiO2(s) + 2Cl2(g) = O2(g) + TiCl4(g) (TiCl4 bout à 136 °C : gazeux à 1200 K). ΔrH°3 = −763 + 945 = 182 kJ.mol−1. ΔrS°3 = 205 + 354,8 − 50,3 − 2(223) = 63,5 J.K−1.mol−1. ΔrG°3(1200) = 182 − 1200 × 0,0635 = 105,8 kJ.mol−1. K°3 = exp(−105 800/(8,314 × 1200)) ≈ 2,5.10−5.
Bilan (ξ en mol) : Cl2 : 10 − 2ξ ; O2 : ξ ; TiCl4 : ξ. Δngaz = 0, donc K°3 = ξ2/(10 − 2ξ)2. On obtient ξ/(10 − 2ξ) = √K°3 = 4,98.10−3, d'où ξ ≈ 4,9.10−2 mol de TiCl4. Le maximum est 5 mol (Cl2 limitant) : rendement ≈ 1 %. Sans carbone, la chloration est donc inutilisable. - 2.3.2 Réaction (1) : ΔrH°1 = 2(−110,5) − 763 + 945 = −39 kJ.mol−1. ΔrS°1 = 2(197,6) + 354,8 − 50,3 − 2(223) − 2(5,7) = +242,3 J.K−1.mol−1. ΔrG°1 = −39 − 0,2423T < 0 pour tout T (ΔrH° < 0 et ΔrS° > 0) : K°1 > 1 à toute température. Le carbone capte l'oxygène sous forme de CO et déplace l'équilibre (couplage avec 2C + O2 → 2CO).
- 2.3.3 La thermodynamique n'impose pas de température. 1200 K est un compromis : une cinétique suffisante (réactions entre solides et gaz lentes à basse T), TiCl4 gazeux (facile à extraire), et Mg et MgCl2 liquides pour l'étape (2), sans coût énergétique ni contraintes sur les matériaux excessifs. Comme ΔrH°1 < 0, monter en T diminue K°1, qui reste énorme.
- 2.3.4 Par condensation : on refroidit le mélange gazeux sous 136 °C (et au-dessus de −25 °C, sa fusion). TiCl4 se liquéfie, tandis que CO et l'éventuel Cl2 restent gazeux. Une distillation fractionnée le purifie ensuite.
- 2.3.5 À 1200 K : ΔrG°1 = −39 − 290,8 = −329,8 kJ.mol−1, donc K°1 = exp(329 760/9977) ≈ 2.1014. Réaction quasi totale, Cl2 limitant : n(TiCl4) ≈ 5 mol (avec 10 mol de CO), rendement ≈ 100 %.
- 2.3.6 Δngaz = 2 + 1 − 2 = +1. Q = (xCO2xTiCl4/xCl22)(P/P°) augmente avec P. Une hausse de pression déplace l'équilibre dans le sens indirect, une baisse le favorise (loi de Le Chatelier). L'effet est négligeable en pratique vu la valeur de K°1.
2.4 Obtention du titane
- 2.4.1 À 1200 K, Mg est liquide (650 °C < T < 1090 °C) et MgCl2 aussi (714 °C < T < 1412 °C), conformément aux données. ΔrH°2 = 2(−598,2) + 763 − 2(8,5) = −450,4 kJ.mol−1. ΔrS°2 = 30,7 + 2(132,8) − 354,8 − 2(41,9) = −142,3 J.K−1.mol−1. ΔrG°2(1200 K) = −450,4 + 1200 × 0,1423 ≈ −280 kJ.mol−1 : réduction totale.
- 2.4.2 Une mole de TiO2 donne une mole de Ti (rendements totaux) : m(Ti) = 100 × 47,90/79,90 ≈ 59,9 kg.
3e partie : corrosion humide du titane
- 3.1 On classe par degré d'oxydation croissant vers le haut : Ti (0) ; Ti2+ et TiO (+II) ; Ti2O3 (+III) ; TiO2 (+IV). L'ion libre est à gauche, le solide à droite. A = Ti(s) ; B = Ti2+(aq) (domaine de prédominance) ; C = TiO2(s) ; D = Ti2O3(s) ; E = TiO(s), qui apparaît à pH = 8,4. A, C, D et E sont des domaines d'existence. Les pentes confirment : TiO2/Ti2+ −0,12 V/pH, Ti2O3/Ti2+ −0,18 V/pH, TiO2/Ti2O3 −0,06 V/pH. La frontière Ti2+/Ti est horizontale à −1,81 V, d'où E°(Ti2+/Ti) = −1,81 + 0,18 = −1,63 V.
- 3.2 Immunité : A. Corrosion : B. Passivation : C, D, E (oxydes solides).
- 3.3 TiO2 + 4H+ + 2e− = Ti2+ + 2H2O : E = E°1 − 0,12pH − 0,03 log C0 = E°1 − 0,12pH + 0,18. Au point T : −0,8 = E°1 − 0,48 + 0,18, d'où E°1 = −0,50 V.
2TiO2 + 2H+ + 2e− = Ti2O3 + H2O : E = E°2 − 0,06pH. Au point T : −0,8 = E°2 − 0,24, d'où E°2 = −0,56 V. - 3.4 Le domaine de Ti(s), sous −1,81 V, est très au-dessous de la droite H+/H2 : le titane est oxydé par l'eau, même désaérée. À pH 0, la frontière TiO2/Ti2+ est à −0,32 V, sous 0 V. Ti2+ est lui-même oxydé et le seul produit stable au contact de l'eau est TiO2. Solution désaérée : Ti + 2H+ → Ti2+ + H2, puis Ti2+ + 2H2O → TiO2 + H2 + 2H+, soit globalement Ti + 2H2O → TiO2 + 2H2. Solution aérée : l'oxydant principal est O2, globalement Ti + O2 → TiO2 (passage transitoire possible par Ti2+). Dans les deux cas, il se forme une couche de TiO2.
- 3.5 Le titane est un métal très réducteur, donc pas noble. Mais le domaine de TiO2 recouvre tout le domaine de stabilité de l'eau, quel que soit le pH, et l'oxyde forme une couche continue (rapport des volumes molaires 1,76 > 1). Le titane est donc passivé : excellente résistance à la corrosion humide, faible densité et bonnes propriétés mécaniques. C'est ce qui justifie son emploi en milieu marin, en chimie, en aéronautique et pour les prothèses.
💡 Résultats clés : [Ar]3d24s2, groupe 4 ; ΔE = +7,38 eV ; c = 0,482 nm ; C = 0,74 ; rapport Vm = 1,76 (passivation) ; AlNi2Ti, C ≈ 0,81, ρ ≈ 6,25.103 kg.m−3 ; Ti ≈ 1990 K ; K°3 ≈ 2,5.10−5 (≈ 0,049 mol, rendement ≈ 1 %) ; ΔrG°1 = −39 − 0,2423T ; K°1 ≈ 2.1014 (5 mol, ≈ 100 %) ; ΔrG°2 ≈ −280 kJ.mol−1 ; 59,9 kg de Ti ; E°1 = −0,50 V ; E°2 = −0,56 V. À réviser pour le CNC MP : règles de Slater, cristallographie (hc, cfc, sites interstitiels, compacité), critère de Pilling-Bedworth, approximation d'Ellingham, température d'inversion, rendement d'un équilibre, variance et Le Chatelier, diagrammes E-pH (attribution, pentes, calcul de E° à partir d'un point triple).
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Source : concours d'accès aux écoles et instituts supérieurs — document archivé tel que reçu ; l'avis officiel du concours fait foi.
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