Modèle de concours : CNC 2001 Chimie (MP) — Concours National Commun
En bref
Ce document est une ancienne épreuve écrite du concours de Concours d'accès aux écoles d'ingénieurs organisé par Concours National Commun (CNC) — CPGE (2001), publiée sur Wadifa Info en consultation et téléchargement PDF gratuits, avec une correction proposée.
- Organisme
- Concours National Commun (CNC) — CPGE
- Grade
- Concours d'accès aux écoles d'ingénieurs
- Spécialité
- Chimie
- Année
- 2001
- Pages
- 6
- Langue des questions
- français
- Correction
- correction proposée disponible sur cette page
📝 Texte des questions (extrait automatiquement des pages scannées)
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— صفحة 1 — ROYAUME DU MAROC Ministère de l’Éducation Nationale Ministère de l'Enseignement Enseignement Secondaire et Technique Supérieur, de la Formation des Cadres et de la Recherche Scientifique Concours National Commun d’Admission aux Grandes Écoles d'Ingénieurs Session 2001 ÉPRE UVE DE CHIMIE Durée 2 heures Concours MP Cette épreuve comporte 5 pages au format A4, en plus de cette page de garde L'usage de la calculatrice est autorisé نماذج المباريات من موقع وظيفة إنفو wadifa-info.com — صفحة 2 — Concours National Commun - Session 2001 - Filière MP L’énoncé de cette épreuve comporte 5 pages. L’usage de la calculatrice est 2114101156 On veillera à une présentation claire et soignée des copies. Il convient en particulier de rappeler avec précision les| références | des questions abordées. Le Silicium Avec un pourcentage d'environ 27 % en masse, le silicium est, après l’oxygène, l’élément le plus abondant de l'écorce terrestre à l’état naturel. Il y est présent essentiellement sous forme de silicates, d’alumino-silicates et de silice. Ce problème propose l'étude de quelques aspects de la chimie du silicium. Cependant aucune connaissance préalable des propriétés de cet élément n’est indispensable pour répondre aux ques- tions du problème. Données numériques — Données générales e Constante des gaz parfaits : R = 8,314 J.K7!.mol”*. e Nombre d’AVOGADRO : N4 = 6,02 x 1023 .امم . 1ln10 = 0,06 V à 298 كا F désignant la constante de FARADAY et ln le logarithme népérien. — Règles de SLATER #72 ٠. Énergie (en eV) des orbitales de SLATER : ل = —13,6 (=) ; e n*=npourn ‹4;n étant le nombre quantique principal. e Z* = 7 — 0, 0 étant le facteur d'écran, somme des contributions suivantes pour un électron du groupe (ns, np) : e (,35 pour un autre électron du même groupe (ns, np), e 0,85 pour un électron de la couche n — 1, e | pour un électron des couches plus profondes. — Températures standard de fusion Corps | Si | SiO» T;(K) | 1683 | 1883 — Masses molaires atomiques Élément 0 0 — pKa (HF/F7) = 3,2 en solution aqueuse à 298 K. — Potentiels standard d’oxydoréduction (solution aqueuse à 298 K) Couple Oxydant/Réducteur | SiO»(s)/SiO(s) | SiO(s)/Sips) | [SiF6]?7/Si(s) — Tous les gaz rencontrés dans le problème seront considérés parfaits. Epreuve de Chimie 1/5 نماذج المباريات من موقع وظيفة إنفو wadifa-info.com — صفحة 3 — Concours National Commun - Session 2001 - Filière MP 1°° partie Quelques propriétés structurales 1.1. Le silicium Si a pour numéro atomique Z = 14. 1.1.1. Quelle est sa configuration électronique dans l’état fondamental ? 1.1.2. En déduire sa position (ligne et colonne) dans la table périodique des éléments. À quel bloc d’éléments appartient-il ? Donner un autre élément de la même colonne que le silicium. 1.2. À l’état naturel, le silicium possède trois isotopes stables d'abondances respectives Isotope si | :ققح | LS Abondance | 92,2% | 4,7% | 3,1% Déterminer la masse molaire atomique Mg; de l’élément Si. 1.3.1. Définir l'énergie de première ionisation F; du silicium. 1.3.2. Calculer F; en utilisant le modèle de SLATER. 1.3.3. Commenter le résultat obtenu sachant que la valeur expérimentalement admise pour l’énergie de première ionisation du silicium est 8,15 eV. 1.4. Le silicium cristallise dans une structure de type carbone diamant. Cette structure peut être décrite comme suit : — un réseau cubique (arête a) à faces centrées (CFC) d’atomes de silicium ; - les quatre sites tétraédriques situés aux points de coordonnées (4, 5, F). (4, ع 3e ب ع $, 32) et ( ب 3e , j) par rapport à un sommet du cube pris comme origine, sont également occupés par des atomes de silicium. La distance entre deux atomes de silicium plus proches voisins est d = 0,234 nm. 1.4.1. Dessiner une maille cubique d’arête à en y plaçant les différents atomes de silicium. 1.4.2. En effectuant un dénombrement précis des différents atomes de la maille d’arête a, montrer que celle-ci contient 8 atomes de silicium. 1.4.3. Quel est le nombre de sites tétraédriques restant inoccupés dans une telle maille ? 1.4.4. Quelle est la coordinence du silicium dans une telle structure ? 1.4.5. Définir puis donner la valeur numérique du rayon covalent 7€ du silicium. 1.4.6. Calculer la compacité C d’une telle structure et comparer la valeur obtenue à celle de la compacité d’un réseau compact dont on rappelera la valeur numérique. Commenter. 1.4.7. Exprimer littéralement puis calculer numériquement la masse volumique م du silicium cristallin. Epreuve de Chimie 2/5 نماذج المباريات من موقع وظيفة إنفو wadifa-info.com — صفحة 4 — Concours National Commun - Session 2001 - Filière MP 2ème partie Préparation du silicium métallurgique Le silicium peut être obtenu par réduction de la silice SiO, par voie sèche à l’aide d’un réducteur approprié. Le choix d’un tel réducteur peut être facilité par l’utilisation du diagramme d’ELLINGHAM. Il s’agit de tracer l’enthalpie libre standard A,G° de la réaction de formation d’un oxyde, rapportée à une demie ( 2 mole عل dioxygène, en fonction de la température thermodynamique 7. La figure 1 donne le diagramme d’ELLINGHAM de quelques couples redox. On donne également les équations des droites © et © : enkJ.mol‘,T'enK; 110,5—0,08957— = عمد A,G& = —461,7 + 0,10477 enkJ.mol- ! TenK. 400 600 800 1000 1200 1400 1600 1800 2000 D 00/0 EE VOTE © | 1080/8 Figure 1: Diagramme d’ELLINGHAM pour quelques systèmes redox tracé pour 5 mole de dioxygène. 2.1. Analyse qualitative du diagramme 2.1.1. En quoi consiste l’approximation qui permet d'obtenir une variation linéaire de l’enthalpie libre standard de réaction “هرد en fonction de la température ? Comment s’appelle- t-elle ? 2.1.2. Dans un certain domaine du diagramme, les segments de droites relatives à différents couples sont parallèles entre eux. Quelle en est la cause ? 2.1.3. Comment peut-on interpréter les changements de pente constatés aux points a et 3? Que peut-on en déduire ? 2.2.1. Quels sont parmi les réducteurs proposés figure 1, ceux permettant de réduire SiO 4 en Si à toute température du domaine de tracé du diagramme. Justifier la réponse. Epreuve de Chimie 3/5 نماذج المباريات من موقع وظيفة إنفو wadifa-info.com — صفحة 5 — Concours National Commun - Session 2001 - Filière MP 2.2.2. Écrire les réactions chimiques redox correspondantes. 2.3. On se propose d’étudier la possibilité de réduction de SiO» en Si liquide par le carbone graphite C (coke). 2.3.1. On considère un système contenant و5810 (s)» Si(r), CO(s) Et Cs)- 23.1.1. Écrire la réaction (R) de réduction de SiO, par le carbone C. 2.3.1.2. Déterminer la variance v du système et commenter la valeur trouvée. 2.3.1.3. Définir et calculer la température d’inversion 7; pour la réaction (R). 2.3.1.4. Que se passe-t-il lorsque, sous pression fixée م = 1 bar, la température du système est supérieure à la température d’inversion 17 ? Justifier la réponse à l’aide d’un calcul de l’affinité chimique du système. 2.3.15. Répondre à la même question lorsque la température du système est inférieure à 7". 2.3.2. Dans l’industrie, on peut réaliser la réduction de la silice SiO» à l’aide du carbone. 2.3.2.1. Dans quel domaine de température doit-on placer le système pour pouvoir obtenir du silicium Si liquide à partir de la silice SiO2 solide ? 2.3.2.2. Quel intérêt peut-il y avoir à obtenir ainsi du silicium liquide ? 2.3.3. Dans un réacteur de volume V = 10 L préalablement vidé et maintenu à une température 1 = 1850 K, on introduit 120 g de و510 en poudre et 30 ع de carbone solide. Déterminer les masses ainsi que la pression de la phase gazeuse à l’état final. On prendra Mg; = 28, 1 g.mol”*. 3ème partie Propriétés oxydoréductrices 3.1. On se propose de tracer le diagramme potentiel-pH du silicium en solution aqueuse à 298 K en se limitant aux espèces suivantes : SiO» (5), SiO(s) et Si(s)- 3.1.1. Déterminer le nombre d'oxydation du silicium dans chacune de ces espèces chimiques. 3.1.2. Écrire l'équation de la demi-réaction redox correspondant au couple SiO»/SiO et en déduire l’équation de la droite frontière correspondante. 3.1.3. Faire de même pour le couple SiO/Si. 3.1.4. Tracer un diagramme potentiel-pH préliminaire et montrer que le monoxyde de sili- cium SiO est instable. 3.15. Écrire la réaction de dismutation de SiO et déterminer son enthalpie libre standard A,G° à 298 K. 3.1.6. Déterminer le potentiel standard du couple SiO2/Si et tracer le diagramme potentiel- pH définitif du silicium. 3.2. On constate expérimentalement que le silicium n’est pas attaqué par le dioxygène, l’eau ou les acides usuels. Par contre, le silicium est attaqué en profondeur par des solutions aqueuses d’acide fluorhydrique HF, il se forme alors de l’hexafluorure de silicium [SiF6]°7 et du dihydrogène Epreuve de Chimie 4/5 نماذج المباريات من موقع وظيفة إنفو wadifa-info.com — صفحة 6 — Concours National Commun - Session 2001 - Filière MP 3.2.1. Tracer, sur le même graphique, le diagramme potentiel-pH de l’eau et conclure quant à la stabilité du silicium en solution aqueuse. 3.2.2. Comment peut-on expliquer l’immunité de Si en solution aqueuse ? 3.2.3. Écrire la réaction d’oxydation du silicium en [SiF6]?- par l’acide fluorhydrique et calculer sa constante d’équilibre. FIN DE L’ÉPREUVE Epreuve de Chimie 5/5 نماذج المباريات من موقع وظيفة إنفو wadifa-info.com
✅ Correction proposée
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Épreuve de Chimie du Concours National Commun (CNC) 2001 d'admission aux grandes écoles d'ingénieurs marocaines, filière MP (classes préparatoires). Durée : 2 heures, calculatrice autorisée. Il s'agit d'un problème sur le silicium en trois parties : propriétés structurales (configuration, modèle de Slater, structure diamant), préparation du silicium métallurgique (diagramme d'Ellingham, réduction de la silice par le carbone) et propriétés oxydoréductrices (diagramme potentiel-pH, attaque par HF). Voici une correction méthodologique proposée.
💡 Avant de commencer : la partie 1 est du cours pur (cristallographie de la structure diamant, Slater) : elle rapporte vite. La partie 2 exige de bien lire la figure 1 (les droites sont tracées pour ½ mole de O2 : multipliez par 2 pour écrire une réaction avec 1 mole de SiO2). En partie 3, écrivez chaque demi-équation proprement avant la formule de Nernst.
1re partie : Quelques propriétés structurales
1.1.1. Configuration électronique
Z = 14 : 1s2 2s2 2p6 3s2 3p2 ([Ne] 3s2 3p2).
1.1.2. Position dans le tableau
n max = 3 : 3e ligne (période) ; 4 électrons de valence ns2np2 : colonne 14 (IV A), bloc p. Même colonne : carbone C (ou germanium Ge, étain Sn, plomb Pb).
1.2. Masse molaire atomique
Moyenne pondérée par les abondances (masse d'un isotope ≈ nombre de masse en g·mol−1) :
MSi = 0,922 × 28 + 0,047 × 29 + 0,031 × 30 = 28,1 g·mol−1.
1.3.1. Énergie de première ionisation
Ei est l'énergie minimale à fournir pour arracher un électron à l'atome isolé, à l'état gazeux et dans son état fondamental : Si(g) → Si+(g) + e− ; Ei = E(Si+) − E(Si) > 0.
1.3.2. Calcul par le modèle de Slater
Seuls changent les électrons du groupe (3s, 3p) ; les électrons internes ne sont pas écrantés par les électrons externes, leur énergie est inchangée.
- Si (3s23p2) : σ = 3 × 0,35 + 8 × 0,85 + 2 × 1 = 9,85 ; Z* = 4,15 ; énergie des 4 électrons : 4 × (−13,6)(4,15/3)2 = −104,1 eV.
- Si+ (3s23p1) : σ = 2 × 0,35 + 6,8 + 2 = 9,5 ; Z* = 4,5 ; énergie des 3 électrons : 3 × (−13,6)(4,5/3)2 = −91,8 eV.
Ei = −91,8 − (−104,1) ≈ 12,3 eV.
1.3.3. Commentaire
Le modèle surestime Ei d'environ 50 % (12,3 contre 8,15 eV). Le modèle de Slater est grossier : il attribue la même énergie aux sous-couches 3s et 3p (alors que l'électron arraché est un 3p, moins lié), utilise des constantes d'écran empiriques et fait la différence de deux grandes quantités, ce qui amplifie l'erreur relative. Il donne un ordre de grandeur, pas une valeur précise.
1.4.1. Maille
Cube d'arête a : atomes aux 8 sommets, aux centres des 6 faces, et 4 atomes internes aux points (a/4, a/4, a/4), (a/4, 3a/4, 3a/4), (3a/4, a/4, 3a/4), (3a/4, 3a/4, a/4), c'est-à-dire au centre d'un petit cube d'arête a/2 sur deux, en quinconce.
1.4.2. Nombre d'atomes par maille
N = 8 × 1/8 (sommets) + 6 × 1/2 (faces) + 4 × 1 (sites internes) = 1 + 3 + 4 = 8 atomes.
1.4.3. Sites tétraédriques libres
Un réseau CFC possède 8 sites tétraédriques par maille (centres des 8 petits cubes d'arête a/2). 4 sont occupés : 4 sites tétraédriques restent vides.
1.4.4. Coordinence
Chaque atome d'un site tétraédrique est entouré de 4 atomes du CFC, et réciproquement : coordinence 4 (environnement tétraédrique, hybridation sp3).
1.4.5. Rayon covalent
rc est la moitié de la distance entre deux atomes identiques liés par une liaison covalente simple. Les plus proches voisins (sommet et site (a/4, a/4, a/4)) sont à d = a√3/4. Donc rc = d/2 = 0,117 nm = 117 pm.
On en déduit a = 4d/√3 = 4 × 0,234 / 1,732 ≈ 0,540 nm.
1.4.6. Compacité
C = 8 × (4/3)π rc3 / a3 avec rc = a√3/8 : C = (32π/3)(√3/8)3 = π√3/16 ≈ 0,34.
Un empilement compact (CFC ou hexagonal compact) a une compacité π/(3√2) ≈ 0,74. La structure diamant est très peu compacte : la coordinence est imposée par les liaisons covalentes dirigées (tétraèdre sp3), et non par la recherche de l'empilement maximal comme dans les métaux.
1.4.7. Masse volumique
ρ = 8 MSi / (NA a3) avec a = 4d/√3.
ρ = 8 × 28,1·10−3 / (6,02·1023 × (0,540·10−9)3) ≈ 2,37·103 kg·m−3 (2,37 g·cm−3, proche de la valeur réelle 2,33).
2e partie : Préparation du silicium métallurgique
Lecture de la figure 1 : ① CO2/C (horizontale) ; ② CO2/CO ; ③ CO/C (décroissante) ; ④ ZnO/Zn (rupture de pente en α) ; ⑤ SiO2/Si ; la droite non numérotée (vers −520 kJ à 400 K) est Al2O3/Al ; ⑦ MgO/Mg (rupture en β).
2.1.1. Approximation d'Ellingham
On suppose ΔrH° et ΔrS° indépendants de la température en dehors des changements d'état (ΔrCp° ≈ 0). Alors ΔrG°(T) = ΔrH° − TΔrS° est affine en T. C'est l'approximation d'Ellingham.
2.1.2. Segments parallèles
La pente vaut −ΔrS°. Pour les couples où métal et oxyde sont condensés (métal(s) + ½ O2(g) → oxyde(s)), l'entropie de réaction est dominée par la disparition de ½ mole de gaz : ΔrS° ≈ −½ S°(O2) + petits termes, quasi identique d'un couple à l'autre (Δngaz identique), d'où des droites parallèles de pente positive.
2.1.3. Points α et β
Une rupture de pente signale un changement d'état d'un constituant du couple. En α (≈ 1 180 K) et β (≈ 1 380 K) la pente augmente : ΔrS° devient plus négatif, ce qui correspond au passage à l'état gazeux du réducteur (le réactif). Il s'agit de l'ébullition du zinc (Téb ≈ 1 180 K) en α et de l'ébullition du magnésium (Téb ≈ 1 380 K) en β. On en déduit les températures d'ébullition de ces métaux et le fait qu'au-delà, la réaction consomme 1 mole de gaz de plus.
2.2.1. Réducteurs de SiO2 à toute température
Un réducteur dont la droite est au-dessous de celle de SiO2/Si (⑤) réduit SiO2 (réaction de ΔrG° < 0). Sur tout le domaine 400–2 000 K, seules les droites de Al2O3/Al et de MgO/Mg (⑦) restent sous ⑤ : Al et Mg. Le zinc (④ au-dessus de ⑤) ne convient jamais ; le carbone (③) ne convient qu'au-dessus du croisement ③/⑤ (≈ 1 808 K, voir 2.3.1.3).
2.2.2. Réactions
- 3 SiO2 + 4 Al → 3 Si + 2 Al2O3 (aluminothermie) ;
- SiO2 + 2 Mg → Si + 2 MgO (magnésiothermie).
2.3.1.1. Réaction (R)
SiO2(s) + 2 C(s) = Si(ℓ) + 2 CO(g). On l'obtient par (R) = 2 × ③ − 2 × ⑤, donc :
ΔrG°R = 2(−110,5 − 0,0895 T) − 2(−461,7 + 0,1047 T) = 702,4 − 0,3884 T (kJ·mol−1).
2.3.1.2. Variance
Constituants : 4 ; une relation (équilibre R) : 3 constituants indépendants ; phases : SiO2(s), C(s), Si(ℓ), gaz (CO seul) : φ = 4. v = c + 2 − φ = 3 + 2 − 4 = 1.
Système monovariant : K°(T) = (pCO/p°)2 et pCO = p. Fixer la pression impose la température d'équilibre (et inversement) ; à p fixée quelconque, un tel équilibre n'existe qu'à une seule température.
2.3.1.3. Température d'inversion
Ti est la température à laquelle ΔrG°R = 0 (K° = 1) : c'est l'abscisse de l'intersection des droites ③ et ⑤.
Ti = 702,4 / 0,3884 ≈ 1 808 K.
2.3.1.4. T > Ti sous p = 1 bar
Affinité : A = −ΔrG°R − RT ln(pCO/p°)2. La phase gazeuse ne contient que CO : pCO = p = 1 bar, donc A = −ΔrG°R = 0,3884 T − 702,4 > 0 pour T > Ti. La réaction évolue dans le sens direct sans jamais atteindre l'équilibre (A ne dépend pas de l'avancement) : elle est totale, jusqu'à disparition du réactif limitant (C ou SiO2) : rupture d'équilibre.
2.3.1.5. T < Ti
A < 0 : évolution dans le sens inverse (Si + 2 CO → SiO2 + 2 C) jusqu'à disparition de Si ou de CO. Le silicium n'est pas obtenu.
2.3.2.1. Domaine de température
Il faut : T > Ti = 1 808 K (réduction possible sous 1 bar) ; T > 1 683 K (Si liquide) ; T < 1 883 K (SiO2 solide). D'où 1 808 K < T < 1 883 K.
2.3.2.2. Intérêt du silicium liquide
Le silicium liquide se sépare facilement des réactifs solides (il coule au fond du four et se récupère par coulée continue), la réaction se fait en continu, et le métal fondu est plus facile à purifier et à mouler. La cinétique est aussi plus favorable à haute température.
2.3.3. Réacteur fermé à 1 850 K
Quantités initiales : n(SiO2) = 120 / 60,1 = 2,00 mol ; n(C) = 30 / 12,0 = 2,5 mol. Le réacteur est fermé (V = 10 L) : pCO n'est plus imposée, l'équilibre peut s'établir.
ΔrG°R(1 850) = 702,4 − 0,3884 × 1 850 = −16,1 kJ·mol−1 ; K° = exp(16 140 / (8,314 × 1 850)) ≈ 2,86 ; à l'équilibre pCO = √K° × p° ≈ 1,69 bar.
n(CO) = pCOV/RT = 1,69·105 × 10·10−3 / (8,314 × 1 850) ≈ 0,110 mol, soit un avancement ξ = 0,055 mol, très inférieur à ξmax = 1,25 mol (C limitant) : l'équilibre est atteint, tous les solides restent présents.
- SiO2 : 120 − 0,055 × 60,1 ≈ 116,7 g ;
- C : 30 − 2 × 0,055 × 12,0 ≈ 28,7 g ;
- Si (liquide) : 0,055 × 28,1 ≈ 1,54 g ;
- CO : 0,110 × 28,0 ≈ 3,1 g ; pression finale p ≈ 1,69 bar.
La conversion est faible en enceinte close : industriellement, on évacue CO en continu pour déplacer l'équilibre.
3e partie : Propriétés oxydoréductrices
3.1.1. Nombres d'oxydation
SiO2 : +IV ; SiO : +II ; Si : 0.
3.1.2. Couple SiO2/SiO
SiO2(s) + 2 H+ + 2 e− = SiO(s) + H2O.
Nernst (solides d'activité 1) : E = −0,97 + (0,06/2) log[H+]2, soit E1 = −0,97 − 0,06 pH (V).
3.1.3. Couple SiO/Si
SiO(s) + 2 H+ + 2 e− = Si(s) + H2O : E2 = −0,81 − 0,06 pH (V).
3.1.4. Instabilité de SiO
Les deux frontières sont parallèles et E2 > E1 à tout pH. SiO devrait exister au-dessous de E1 (vis-à-vis de SiO2) et au-dessus de E2 (vis-à-vis de Si) : ces domaines sont disjoints, donc SiO n'a pas de domaine de stabilité : il se dismute.
3.1.5. Dismutation
2 SiO(s) → SiO2(s) + Si(s) (différence des deux demi-équations).
ΔrG° = −2F(E°SiO/Si − E°SiO2/SiO) = −2 × 96 485 × (−0,81 + 0,97) ≈ −30,9 kJ·mol−1 < 0 : dismutation favorisée.
3.1.6. Couple SiO2/Si et diagramme définitif
SiO2 + 4 H+ + 4 e− = Si + 2 H2O. Additivité des enthalpies libres : 4E° = 2(−0,97) + 2(−0,81), d'où E°(SiO2/Si) = −0,89 V.
Frontière : E = −0,89 − 0,06 pH. Diagramme définitif : domaine de SiO2 au-dessus de cette droite, domaine de Si au-dessous (deux espèces seulement).
3.2.1. Superposition avec le diagramme de l'eau
Eau : O2/H2O : E = 1,23 − 0,06 pH ; H2O/H2 (p = 1 bar) : E = −0,06 pH. La droite SiO2/Si est 0,89 V au-dessous de H2O/H2 à tout pH : les domaines de Si et de H2O sont disjoints. Thermodynamiquement, Si est instable dans l'eau : il devrait être oxydé en SiO2 avec dégagement de H2 (Si + 2 H2O → SiO2 + 2 H2).
3.2.2. « Immunité » observée
Il s'agit en fait d'une passivation : une fine couche de SiO2 compacte, adhérente et insoluble dans l'eau et les acides usuels se forme en surface et bloque cinétiquement l'oxydation ultérieure. HF, qui dissout la silice (formation de complexes fluorés), détruit cette couche : d'où l'attaque en profondeur.
3.2.3. Attaque par HF et constante d'équilibre
Si(s) + 6 HF → [SiF6]2− + 2 H+ + 2 H2(g) (bilan vérifié : 6 H, 6 F, charges 0 = −2 + 2 ; Si passe de 0 à +IV, 4 H+ captent 4 e−).
Décomposition :
- Si + 6 F− + 4 H+ → [SiF6]2− + 2 H2 : log Ka = 4 × (0 − (−1,20)) / 0,06 = 80 ;
- 6 × (HF = H+ + F−) : log Kb = 6 × (−3,2) = −19,2.
Somme : log K = 80 − 19,2 = 60,8, soit K ≈ 1060,8 : réaction quantitative, conforme à l'attaque observée.
💡 Résultats clés : MSi = 28,1 g·mol−1 ; Ei(Slater) ≈ 12,3 eV ; 8 atomes/maille, 4 sites T vides, coordinence 4 ; rc = 117 pm ; a ≈ 0,540 nm ; C ≈ 0,34 ; ρ ≈ 2,37 g·cm−3 ; réducteurs à toute T : Al et Mg ; ΔrG°R = 702,4 − 0,3884 T, v = 1, Ti ≈ 1 808 K ; domaine 1 808–1 883 K ; à 1 850 K : p ≈ 1,69 bar, 116,7 g SiO2, 28,7 g C, 1,54 g Si, 3,1 g CO ; E°(SiO2/Si) = −0,89 V ; ΔrG°(dismutation) ≈ −30,9 kJ·mol−1 ; K(HF) ≈ 1060,8. À réviser pour le CNC MP : modèle de Slater, cristallographie (CFC, sites, diamant, compacité, masse volumique), diagrammes d'Ellingham (lecture, changements d'état, T d'inversion, variance, affinité), diagrammes potentiel-pH et dismutation, calcul de K par combinaison d'équilibres redox et acido-basiques.
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