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نموذج المباراة الوطنية المشتركة CNC 2003: الكيمياء - شعبة PSI لولوج مدارس المهندسين

🏢 المباراة الوطنية المشتركة CNC (الأقسام التحضيرية) 👤 مباراة ولوج المدارس العليا للمهندسين 🎯 الكيمياء 📅 2003 👁️ 35 مشاهدة

باختصار

هذا نموذج امتحان كتابي سابق لمباراة مباراة ولوج المدارس العليا للمهندسين لدى المباراة الوطنية المشتركة CNC (الأقسام التحضيرية) (2003)، منشور على وظيفة إنفو للاطلاع والتحميل المجاني بصيغة PDF مع تصحيح مقترح.

الجهة المنظمة
المباراة الوطنية المشتركة CNC (الأقسام التحضيرية)
الدرجة
مباراة ولوج المدارس العليا للمهندسين
التخصص
الكيمياء
الدورة
2003
عدد الصفحات
7
لغة الأسئلة
الفرنسية
التصحيح
تصحيح مقترح متوفر في هذه الصفحة
الموضوع الرسمي لاختبار الكيمياء في المباراة الوطنية المشتركة (CNC) دورة 2003 لولوج المدارس العليا للمهندسين والمؤسسات المماثلة، الخاص بطلبة الأقسام التحضيرية شعبة PSI. يتضمن هذا النموذج 7 صفحة من نص الاختبار الأصلي. تجد في الموقع مواضيع باقي المواد والسنوات لنفس المباراة.
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📝 نص أسئلة النموذج (مستخرج آلياً من الصفحات الممسوحة)

استُخرج هذا النص آلياً من صور الامتحان وقد يحتوي على أخطاء في القراءة — الصور أعلاه هي المرجع.

— صفحة 1 —
- ROYAUME DU MAROC
Ministère de l'Éducation Nationale Ministère de l'Enseignement
et de la Jeunesse Supérieur, de la Formation des Cadres
et de la Recherche Scientifique

Concours National Commun
‘Admission aux

Grandes Écoles d'Ingénieurs
Session 2003

ÉPREUVE DE CHIMIE

‘Durée 3 heures

Concours PSI

‘ Cette épreuve comporte 6 pages au format A4, en plus de cette page de garde
L'usage de la calculatrice est autorisé

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— صفحة 2 —
‘ L'énoncé de cette épreuve comporte 6 pages.
L'usage de la calculatrice est 2111017156

On veillera à une présentation claire et soignée des copies. [1 convient en particulier de rappeler avec
précision les des questions abordées.

Le mercure

Le problème propose l’étude de quelques aspects de la chimie du mercure. Aucune connaissance
préalable de la chimie de cet élément n’est requise pour aborder les différentes parties du problème.

Si, au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d'énoncé, il le signale sur sa
copie et poursuit sa composition en indiquant les raisons des initiatives qu'il est amené à prendre.

“Données utiles
“— Données générales

+ Nombre d'AVOGADRO : ‏رد‎ = 6,023 x 10% mot”! ;
Constante des gaz parfaits : R = 8,314 J.K-!.mo!”* ;
+ Constante de FARADAY : F= 9,65 10% C.mol”! ;

‘Enthalpies standard de formation et entropies standard absolues à 298 K :

Élément 5 | 0 ١ Hg

“— Potentiels standard d'oxydoréduction de quelques couples rédox en solution aqueuse à 298 K

E°{V) 0,34 0,80 0,92 1,23

—— Produit de solubilité de HgO ‏ري‎ : K,(HgO ‏(رى‎ = 10-2 ٠
- Pression de vapeur saturante du mercure liquide à 800 K : p,(Hg) = 11,6 bar.

‘- Tous les gaz rencontrés dans le problème seront considérés comme parfaits.

Épreuve de Chimie 1/6 ‘Tournez la page S.V.P. |

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Concours National Commun - Session 2003 — PSI
fre partie
“Quelques propriétés structurales
1.1. Quelques propriétés de l’élément mercure

‘Le mercure Hg a pour numéro atomique Z ‘80.

1.11. Dans quel été physique (gaz, liquide ou solide) se trouve le mercure dans les conditions
normales de température et de pression? ? Citer un autre élément qui se trouve dans le même état
physique.

“À l'état naturel, le mercure possède sept isotopes stables d’abondances respectives :

1121. Qu'’appelle-t-on noyaux isotopes ?

1.1.2.2. Déterminer la masse molaire atomique My, du mercure.

1.13. Quelle est la configuration électronique de l’atome de mercure dans son état fondamen-
tal ?

1.14. En déduire sa position (ligne et colonne) dans la table périodique des éléments. À quel
bioc d'éléments appartient-il ?

1.15. Le mercure possède deux degrés d’oxydation stables +1 et +II. Donner les configurations
électroniques correspondantes et justifier leur stabilité relative.

1.2. Propriétés cristallographiques

Le mercure se rencontre à l’état naturel sous forme de sulfure HgS qui possède deux variétés
allotropiques. La variété principale, de couleur rouge est appelée cinabre. Elle a une structure de type
hexagonal assez complexe. Par contre, la variété moins courante, dite métacinabre, cristallise dans
une structure cubique du type 2 ZnS blende de paramètre de maille à = 587, 17 pm. Les vecteurs de

base de la maille sont notés &, V et .Ons'intéresse par la suite aux propriétés cristallographiques
du métacinabre.

Quelles relations existent-elles entre &, 5 et € ?

1.2.2. Donner les coordonnées réduites des ions de la maille de HgS et représenter sa projection
orthogonale dans le plan (7, 5).

1.2.3. Quelle est la nature des sites cristallographiques occupés par les cations ? Sont-ils tous
occupés ? Si non, donner les coordonnées des sites non occupés.

1.24. Calculer la distance la plus courte entre deux cations ainsi que la distance la plus courte
entre deux sites du type de ceux occupés par les cations. Comparer et commenter.

‘Quel est le nombre d’entités HgS par maille ?

‘Calculer la masse volumique p du métacinabre HgS.

Épreuve de Chimie “2/6 ‏رحبا‎

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Concours National Commun - Session 2003 - PSI
27* partie
Réactions en phase sèche

Dans cette partie, on se propose d'étudier la réaction chimique à la base de l'obtention du
mercure à partir du cinabre. On étudiera également un équilibre de décomposition de l’oxyde de
mercure HgO.

Pyrométallurgie
L'extraction du mercure à partir du cinabre s'effectue par grillage du minerai à l’air

2.1.1, Calculer la variance d’un tel système et interpréter la valeur obtenue.

2.1.2. Déterminer l'enthalpie libre standard A,G°(T) de cette réaction dans le cadre de
l'approximation d’ELLINGHAM. Commenter son signe.

2.1.3. Déterminer la valeur numérique de la constante d'équilibre K, à 300 K. Commenter.

2.14. En réalité on travaille à 973 K. Pourquoi doit-on travailler à température élevée pour
extraire le mercure à partir du cinabre ? On donne la température d'ébullition du mercure sous
pression standard : 04, (Hg) = 356,6 °C.

2.2. Décomposition de l’oxyde mercurique

À température suffisamment élevée, l'oxyde de mercure HgO solide peut se décomposer pour

donner du mercure gazeux et du dioxygène selon :
dont la constante d'équilibre vaut K2 = 6,2 à 800 K.

2.2.1. Calculer la variance du système général composé de HgO م١‎ HE ‏ى‎ Et O2 ‏رى‎ ainsi que celle

du système obtenu par décomposition partielle de HgO ,,). Interpréter les valeurs obtenues.

Dans un récipient clos de volume V = 1 L, initialement vide et maintenu à une température
T = 800 K, on introduit une quantité de matière n d'oxyde de mercure HgO solide.

2.22 Pourquoi, pour les faibles valeurs de n, l’oxyde de mercure se décompose-t-il totale:
ment ?

2.23. À partir de quelle valeur ny de n, il y à coexistence de HgO ‏.و‎ HE (5) St Oz (5) ? Com-
menter.

2.24. Exprimer et représenter les variations de la pression totale ‏م‎ dans le récipient en fonction
den.

2.25. Montrer que, lors de cette expérience, il ne se forme pas de mercure liquide.

Dans le récipient précédent, contenant un excès de HgO(,) et maintenu à la température con-
stante T = 800 K, on introduit une quantité de matière N de mercure liquide.

226. À partir de quelle valeur ‏ول‎ de N apparaît la première goutte de Hg; en équilibre avec
HgO ‏وى عتم‎ Et Oz(g) ?

Épreuve de Chimie 3/6 Tournez la page S.V.P.

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Concours National Commun - Session 2003 — PSI

Calculer la variance du système ainsi obtenu et interpréter le résultat.
3ème partie
Chlorure mercureux ou calomel

Le calomel est le chlorure de mercure I ou chlorure mercureux Hg2Cla. On admettra qu'en
solution aqueuse, l’ion mercure (+I) se trouve uniquement sous forme de dimère Hg3* 1

8.1. Solubilité du calomel
À 298 K, la solubilité du calomel dans l'eau pure vaut s = 6,8 x 1077 mol.L”*.
En déduire le produit de solubilité K, du calomel.

3.12. Calculer la solubilité ‏'م‎ du calomel dans une solution de chlorure de potassium à
107? mol.L-!. Comparer les deux valeurs de solubilité et expliquer.

3.2. Mesure d’un potentiel standard
On réalise la pile suivante
=) Pt} Ha ‏انا العا‎ | Héçe (FI

La pression de dihydrogène vaut 1 bar et la concentration en acide chlorhydrique est c
10-2 mol.L”*!. La force électromotrice de cette pile vaut €, = 510 mV.

Déterminer le potentiel standard du couple Hg2Clz ‏.ري /رى‎
En déduire le potentiel standard du couple Hg3* ‏مي ع11/‎
3.3. Électrode au calomel saturée
L'électrode au calomel est la demi-pile symbolisée par
‏ميل‎ | Hg2Clag) | (K*,CT IN
On note c la concentration de la solution de chlorure de potassium.
Faire un schéma réaliste d’une électrode au calomel de laboratoire.

3.3.2. Donner le montage complet permettant de mesurer le pH d’une solution aqueuse utilisant
une électrode au calomel et une autre électrode dont on donnera le nom.

Exprimer le potentiel rédox Egc de l'électrode au calomel.

334. Qu'appelle-t-on électrode de référence ? À quelle condition l’électrode au calomel peut-
elle jouer le rôle d'électrode de référence ? Comment parvient-on à cela ?

3.35. Dans quel type de solution ne peut-on pas alors l'utiliser ? En donner un exemple concret.
Comment arrive-t-on alors à résoudre ce problème ?

3.3.6. Calculer la valeur du potentiel Egcs de l'électrode au calomel saturée à 298 K sachant
que la solubilité du chlorure de potassium est w = 355 g.L”*.

Épreuve de Chimie 4/6 ‏حب‎

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Concours National Commun - Session 2003 — PSI :

Mesure de grandeurs thermodynamiques
On réalise, sous une pression totale de 1 bar, la pile suivante

La concentration de la solution de chlorure de potassium est cz = 0,1 mol.L-!. On note ‏يه‎ la force
électromotrice de cette pile. Elle vaut 46,00 mV à 298 K et 65, 03 mV à 353 K.

34.1. Faire un schéma de la pile ainsi réalisée.

3.4.2. Écrire les équations des demi-réactions rédox ayant lieu à chaque électrode ainsi que la
réaction globale de fonctionnement de la pile.

3.43. Calculer l'enthalpie standard A,H° et l'entropie standard ‏“دمح‎ de cette réaction. Com-
menter les valeurs obtenues. On supposera ces grandeurs indépendantes de la température.

344. En déduire l'entropie standard absolue et l'enthalpie standard de formation du calomel.
4°" partie
Diagramme potentiel-pH
Pour comprendre certains aspects de la chimie du mercure et de ses ions en solution aqueuse,
on peut se servir d'un diagramme potentiel-pH.
On se propose donc de tracer le diagramme potentiel-pH du mercure pour une concentration

On se limite aux espèces suivantes : ‏رم ع1‎ Hg2*, Hg** et HgO (,) et on utilise les conventions
suivantes pour définir les frontières entre domaines de prédominance ou de stabilité des espèces :

à la frontière entre deux espèces À et B en solution, on écrit[A]  [B]=C:;
à la frontière entre une espèce À en solution et une espèce B liquide pure ou solide pure, on
écrit [A] = C.
Tracé du diagramme
4.11. Établir l'expression de la frontière F; entre Hg(+I) et Hg(0).

4.12. Déterminer le pH de début de précipitation de HgO ‏رى‎ à partir d’une solution d'ions
mercure (+IT) ce concentration 0 = 107? mol.L-?. En déduire les domaines de prédominance des
espèces Hg(+II).

4133. Calculer le potentiel standard du couple HgO/Hg2*
4.14. Établir les expressions de la frontière F; entre Hg(+1/) et Hg(+1).

4.15. Montrer qu'à partir d'une certaine valeur pH4 du pH, les ions Hg2* se dismutent et
déterminer pHg-

4.16. Quel couple rédox faut-il alors envisager pour pH › ‏يكلام‎ 7 Déterminer son potentiel
standard ainsi que la frontière F3 correspondante.

4.1.7. Tracer le diagramme E—pH complet du mercure en se limitant au domaine 0 › pH ‹ 14.
Indiquer clairement dans chaque domaine la nature de l'espèce prédominante.

4.18. Tracer sur le même diagramme les frontières correspondant aux couples de l'eau.

ممببببب'لير___بتتسم.'٠يي‏ سس 2 2222222 سس
‎Épreuve de Chimie 5/6 Tournez la page S.V.P,‏

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“Concours National Commun - Session 2003 — PSI

4.2. Exploitation du diagramme
42.1. Quelles sont, en fonction du pH, les espèces stables dans l’eau parmi Hg (e), Hg3*, Hg?+
et HgO @) ?

4.22. On place une lame de cuivre dans une solution aqueuse contenant des ions mercure (+II)
et maintenue à pH = 0.

4.2.2.1. Que se passe-t-il ? Écrire l’équation de ‏قا‎ réaction qui a lieu dans la solution et calculer
sa constante d'équilibre.

“4222. Comment parvient-on à fixer le pH d’une solution aqueuse ?

4.2.3. Écrire, à pH =0, l'équation de la réaction de dismutation de l'ion mercure (+1) pour une
mole de Hg?* et calculer sa constante d'équilibre K;. Commenter et interpréter.

424. L'EDTA, noté Y*”, forme une complexe avec les ions mercure (+II) de formule HgY?-.
Montrer qu’en présence d’EDTA, une solution d'ions mercure )+1( se dismute. On écrira la réaction
qui a lieu dans une telle solution et on calculera sa constante d'équilibre. On donne la constante de
dissociation du complexe HgY?-, K4 = 1072 .

4.2.5. On dissout, sans variation de volume, n = 1072 mol de nitrate de mercure (+1) dans un
volume V = 1 L d’eau pure maintenue à 298 K.
4.2.5.1. Que se passe-t-il dans la solution ainsi préparée ? Son pH sera-t-il acide ou basique ?

4.2.5.2. Montrer qu'il se forme du mercure liquide selon une réaction globale que l'on écrira
et dont on exprimera et caiculera la constante d'équilibre.

‘4.253. En déduire la composition de la solution ainsi préparée.

FIN DE L'ÉPREUVE

Épreuve de Chimie 6/6 EN

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✅ التصحيح المقترح

هذا تصحيح مقترح من إعداد فريق wadifa-info لمساعدتك على فهم منهجية الإجابة — وليس تصحيحاً رسمياً صادراً عن الإدارة المنظِّمة. أسئلة هذا الامتحان محررة بالفرنسية، لذلك التصحيح محرر بالفرنسية أيضاً.

Ce modèle est l'épreuve de Chimie du Concours National Commun (CNC) 2003, filière PSI, concours d'admission aux grandes écoles d'ingénieurs. Durée : 3 heures, calculatrice autorisée ; énoncé de 6 pages. Thème : le mercure, en quatre parties : propriétés structurales (atome, métacinabre HgS), réactions en phase sèche (grillage du cinabre, décomposition de HgO), le calomel Hg2Cl2 (solubilité, électrode au calomel, thermodynamique d'une pile) et le diagramme potentiel-pH du mercure. Quelques numéros de questions sont effacés sur le scan ; ils sont rétablis ci-dessous dans l'ordre de l'énoncé. Voici une correction proposée (à 298 K, RT ln10/F ≈ 0,06 V).

💡 À retenir : pour une pile, ΔrG° = −nFe°, ΔrS° = nF·de°/dT et ΔrH° = ΔrG° + TΔrS°. Dans un diagramme E-pH, une espèce se dismute dès que la frontière de son couple oxydant passe sous celle de son couple réducteur : ici Hg22+ disparaît au-delà de pH = 3.

1ère partie — Quelques propriétés structurales

1.1. L'élément mercure

1.1.1. Dans les conditions normales, le mercure est liquide (seul métal liquide). Autre élément liquide dans ces conditions : le brome (Br2).

1.1.2.1. Des noyaux isotopes ont le même nombre de protons Z (même élément) mais des nombres de neutrons différents, donc des nombres de masse A différents.

1.1.2.2. En assimilant la masse molaire de chaque isotope à son nombre de masse (g·mol−1) :
MHg = 196 × 0,0015 + 198 × 0,0997 + 199 × 0,1687 + 200 × 0,2310 + 201 × 0,1318 + 202 × 0,2986 + 204 × 0,0687 ≈ 200,6 g·mol−1 (valeur donnée dans les données).

1.1.3. Z = 80 (règle de Klechkowski) :
1s² 2s² 2p⁶ 3s² 3p⁶ 4s² 3d¹⁰ 4p⁶ 5s² 4d¹⁰ 5p⁶ 6s² 4f¹⁴ 5d¹⁰, soit [Xe] 4f¹⁴ 5d¹⁰ 6s².

1.1.4. nmax = 6 : 6e ligne (période). Sous-couches de valence 6s² 5d¹⁰ : 2 + 10 = 12 : 12e colonne (famille du zinc et du cadmium). Dernière sous-couche remplie 5d : bloc d.

1.1.5. • Hg(+II), Hg2+ : [Xe] 4f¹⁴ 5d¹⁰ (perte des deux électrons 6s) : toutes les sous-couches sont pleines, configuration stable (comme Zn2+, Cd2+).
• Hg(+I), Hg+ : [Xe] 4f¹⁴ 5d¹⁰ 6s¹ : un électron célibataire, configuration peu stable pour l'ion isolé. Elle se stabilise par appariement des électrons 6s de deux ions, qui forment une liaison Hg−Hg : c'est pourquoi le mercure (+I) existe sous forme de dimère Hg22+ (+Hg−Hg+).

1.2. Propriétés cristallographiques (métacinabre, type blende, a = 587,17 pm)

1.2.1. Maille cubique : ‖a‖ = ‖b‖ = ‖c‖ = a et vecteurs deux à deux orthogonaux : a·b = b·c = c·a = 0.

1.2.2. Les anions S2− forment un réseau cubique à faces centrées, les cations Hg2+ occupent la moitié des sites tétraédriques (en quinconce).
• S2− : (0,0,0) ; (½,½,0) ; (½,0,½) ; (0,½,½).
• Hg2+ : (¼,¼,¼) ; (¾,¾,¼) ; (¾,¼,¾) ; (¼,¾,¾).
Projection sur (a, b), cote z indiquée : S2− aux sommets du carré (cote 0) et au centre (cote 0), aux milieux des côtés (cote ½) ; Hg2+ aux points (¼,¼) et (¾,¾) à la cote ¼, et (¾,¼), (¼,¾) à la cote ¾.

Position (x, y)IonCote z
sommets, (½, ½)S2−0 (et 1)
(½, 0), (0, ½), (1, ½), (½, 1)S2−½
(¼, ¼), (¾, ¾)Hg2+¼
(¾, ¼), (¼, ¾)Hg2+¾

1.2.3. Les cations occupent des sites tétraédriques (chaque Hg2+ est entouré de 4 S2−). Il y a 8 sites tétraédriques par maille, 4 seulement sont occupés (la moitié). Sites vacants : (¾,¾,¾) ; (¼,¼,¾) ; (¼,¾,¼) ; (¾,¼,¼).

1.2.4. Les cations forment eux-mêmes un réseau CFC décalé de (¼,¼,¼) : distance cation-cation minimale a√2/2 ≈ 415,2 pm. Deux sites tétraédriques voisins sont distants de a/2 ≈ 293,6 pm. Commentaire : l'occupation d'un site sur deux, en quinconce, éloigne au maximum les cations les uns des autres et limite leur répulsion électrostatique ; occuper deux sites voisins les placerait à a/2 seulement. (Distance Hg−S : a√3/4 ≈ 254,3 pm.)

1.2.5. S2− : 8 × ⅛ + 6 × ½ = 4 ; Hg2+ : 4 (intérieurs). Z = 4 entités HgS par maille.

1.2.6. ρ = Z·M(HgS)/(NAa³), avec M(HgS) = 200,6 + 32,1 = 232,7 g·mol−1 et a³ = (587,17·10−10 cm)³ ≈ 2,024·10−22 cm³ :
ρ = 4 × 232,7/(6,023·10²³ × 2,024·10−22) ≈ 7,63 g·cm−3 (7,63·10³ kg·m−3).

2ème partie — Réactions en phase sèche

2.1. Pyrométallurgie : HgS(s) + O2(g) ⇌ Hg(ℓ) + SO2(g)

2.1.1. Constituants : 4, une réaction : c = 3 ; phases : HgS solide, Hg liquide, gaz (O2, SO2) : φ = 3. v = c + 2 − φ = 2. (Paramètres intensifs T, P, xO2, xSO2 ; relations xO2 + xSO2 = 1 et K(T) : v = 4 − 2 = 2.)
Interprétation : on peut fixer T et P ; la composition de la phase gazeuse est alors imposée. Comme Δνgaz = 0, K = PSO2/PO2 ne dépend pas de P : la pression n'est pas facteur d'équilibre.

2.1.2. ΔrH° = ΔfH°(SO2) − ΔfH°(HgS) = −296,8 + 58,20 = −238,6 kJ·mol−1.
ΔrS° = S°(Hg) + S°(SO2) − S°(HgS) − S°(O2) = 76,02 + 248,2 − 82,40 − 205,1 = +36,72 J·K−1·mol−1.
ΔrG°(T) = −238 600 − 36,72·T (J·mol−1) (valable tant que Hg est liquide, T < 629,75 K).
Commentaire : ΔrG° < 0 à toute température : la réaction est thermodynamiquement favorisée (exothermique et avec ΔrS° > 0).

2.1.3. À 300 K : ΔrG° = −238 600 − 11 016 ≈ −2,496·10⁵ J·mol−1 ; ln K1 = 249 616/(8,314 × 300) ≈ 100,1, soit K1 ≈ 3·10⁴³. La réaction est quasi totale ; si elle ne se produit pas à température ambiante, c'est pour des raisons cinétiques (réaction solide-gaz très lente).

2.1.4. On travaille à 973 K : (i) pour que la réaction soit rapide (facteur cinétique) ; (ii) parce qu'au-dessus de 356,6 °C (629,75 K) le mercure formé est gazeux : il quitte le minerai avec SO2, ce qui le sépare de la gangue solide, puis on le récupère par condensation (distillation). Le passage à Hg(g) augmente encore ΔrS°, la réaction reste favorisée.

2.2. Décomposition de l'oxyde mercurique : 2HgO(s) ⇌ 2Hg(g) + O2(g), K2 = 6,2 à 800 K

2.2.1. Système général : 3 constituants, 1 réaction : c = 2 ; 2 phases (solide, gaz) : v = 2 + 2 − 2 = 2 : on peut fixer T et P (ou T et une pression partielle).
Décomposition partielle de HgO seul : relation supplémentaire pHg = 2pO2 : v = 1. Il suffit de fixer T pour que tout l'équilibre soit fixé (pHg, pO2, p) : il existe une « pression de dissociation » fonction de T seule.

2.2.2. Si tout HgO se décompose : nHg = n, nO2 = n/2, et le quotient de réaction Q = (pHg/P°)²(pO2/P°) = (nRT/VP°)²·(nRT/2VP°) ∝ n³. Pour n faible, Q reste inférieur à K2 : l'équilibre ne peut pas être atteint et la décomposition est totale (rupture d'équilibre, HgO disparaît).

2.2.3. La coexistence commence quand, HgO venant d'être entièrement décomposé, Q = K2. Avec pHg = 2pO2 : K2 = 4(pO2/P°)³, d'où pO2 = (6,2/4)1/3 ≈ 1,157 bar et pHg ≈ 2,315 bar. Alors
n0 = pHgV/(RT) = 2,315·10⁵ × 10−3/(8,314 × 800) ≈ 3,48·10−2 mol.
Pour n > n0, les trois espèces coexistent ; les pressions restent celles de l'équilibre (v = 1 à T fixée), l'excès de HgO reste solide.

2.2.4. • n ≤ n0 : p = (n + n/2)RT/V = 3nRT/(2V) ≈ 99,8·n bar (n en mol) : droite passant par l'origine.
• n ≥ n0 : p = pHg + pO2 = 3(K2/4)1/3P° ≈ 3,47 bar, constante : palier.
Tracé : segment de droite de (0 ; 0) à (0,0348 mol ; 3,47 bar), puis palier horizontal à 3,47 bar.

2.2.5. La pression partielle de mercure ne dépasse jamais pHg ≈ 2,31 bar < ps(Hg) = 11,6 bar à 800 K : la vapeur de mercure n'est jamais saturante, il ne se forme pas de mercure liquide.

2.2.6. Le mercure ajouté se vaporise ; pHg augmente et l'équilibre est déplacé dans le sens de la formation de HgO (pO2 diminue, pHg²pO2 = K2P°³). La première goutte apparaît quand pHg = ps = 11,6 bar, avec alors pO2 = 6,2/11,6² ≈ 4,61·10−2 bar.
Conservation du mercure : le mercure gazeux provient de N et de la décomposition de HgO, qui libère 2 Hg par O2 : nHg(g) = N + 2nO2.
nHg(g) = 11,6·10⁵ × 10−3/(8,314 × 800) ≈ 0,1744 mol ; nO2 ≈ 6,93·10−4 mol.
N0 = 0,1744 − 2 × 6,93·10−4 ≈ 0,173 mol.

2.2.7. Système obtenu : HgO(s), Hg(ℓ), Hg(g), O2(g) ; 2 équilibres (décomposition et vaporisation de Hg) : c = 4 − 2 = 2 ; 3 phases : v = 2 + 2 − 3 = 1. À T fixée, tout est fixé : pHg = ps(T), pO2 = K2P°³/ps² ; un ajout supplémentaire de mercure ne fait qu'augmenter la quantité de liquide, sans changer les pressions.

3ème partie — Chlorure mercureux ou calomel

3.1. Solubilité du calomel

3.1.1. Hg2Cl2(s) ⇌ Hg22+ + 2Cl− ; [Hg22+] = s, [Cl−] = 2s :
Ks = 4s³ = 4 × (6,8·10−7)³ ≈ 1,26·10−18 (pKs ≈ 17,9).

3.1.2. Dans KCl à 10−2 mol·L−1 : Ks = s'(10−2 + 2s')² ≈ s'·10−4 (hypothèse s' ≪ 10−2, validée par le résultat), d'où s' ≈ 1,26·10−14 mol·L−1. La solubilité est divisée par environ 5·10⁷ : c'est l'effet d'ion commun (les ions Cl− apportés déplacent l'équilibre de dissolution vers le solide).

3.2. Mesure d'un potentiel standard

3.2.1. Pôle + : Hg2Cl2 + 2e− = 2Hg + 2Cl− : E+ = E°(Hg2Cl2/Hg) − 0,06 log[Cl−].
Pôle − : 2H+ + 2e− = H2, pH2 = 1 bar : E− = 0,06 log[H+].
Avec [H+] = [Cl−] = c1 = 10−2 mol·L−1 : e1 = E°(Hg2Cl2/Hg) − 0,12 log c1 = E° + 0,24.
E°(Hg2Cl2/Hg) = 0,510 − 0,240 = 0,27 V.

3.2.2. En présence de calomel, [Hg22+] = Ks/[Cl−]², donc
E = E°(Hg22+/Hg) + 0,03 log[Hg22+] = E°(Hg22+/Hg) + 0,03 log Ks − 0,06 log[Cl−].
Par identification : E°(Hg2Cl2/Hg) = E°(Hg22+/Hg) + 0,03 log Ks, d'où
E°(Hg22+/Hg) = 0,27 − 0,03 × (−17,9) ≈ 0,81 V, en accord avec la valeur 0,80 V du tableau.

3.3. Électrode au calomel saturée

3.3.1. Schéma (description). Un tube de verre intérieur contient du mercure liquide en contact avec un fil de platine relié à la borne de sortie, recouvert d'une pâte de calomel (Hg2Cl2 + Hg) maintenue par un tampon de coton ; ce tube plonge dans un tube extérieur rempli d'une solution de KCl saturée (avec des cristaux de KCl en excès), muni d'un orifice de remplissage en haut et terminé en bas par une pastille poreuse (fritté) qui assure la jonction électrolytique avec la solution étudiée.

3.3.2. On plonge dans la solution une électrode de verre (électrode indicatrice, sensible à H+) et l'électrode au calomel saturée (référence), reliées à un pH-mètre (millivoltmètre électronique de très grande impédance d'entrée) ; la tension mesurée est affine du pH : U = a − 0,06 pH. On étalonne au préalable avec deux solutions tampons (par exemple pH 4 et pH 7), sous agitation douce et à température contrôlée. (On peut utiliser une électrode combinée qui réunit les deux.)

3.3.3. EEC = E°(Hg2Cl2/Hg) − 0,06 log c = 0,27 − 0,06 log c (V, à 298 K).

3.3.4. Une électrode de référence est une électrode dont le potentiel est connu et constant, indépendant de la solution dans laquelle elle plonge (et peu sensible au faible courant qui la traverse). L'électrode au calomel joue ce rôle si la concentration c en Cl− est constante : on utilise une solution de KCl saturée, en présence de cristaux de KCl, dont la concentration ne dépend que de la température (électrode au calomel saturée, ECS).

3.3.5. On ne peut pas l'utiliser directement dans une solution qui réagit avec les ions Cl− ou K+ qui diffusent par le fritté, ou qu'il ne faut pas polluer en chlorures : par exemple une solution contenant des ions Ag+ (dosage argentimétrique : AgCl précipite et bouche le fritté) ou des ions perchlorate (KClO4 peu soluble). Solution : intercaler une allonge (pont salin) remplie de KNO3 (électrode à double jonction), ou utiliser une autre référence, par exemple l'électrode au sulfate mercureux (Hg | Hg2SO4 | K2SO4 saturé).

3.3.6. csat = w/M(KCl) = 355/(39,1 + 35,5) = 355/74,6 ≈ 4,76 mol·L−1.
EECS = 0,27 − 0,06 log 4,76 ≈ 0,27 − 0,041 ≈ 0,23 V. (La valeur tabulée, 0,244 V, est un peu différente car la solution saturée est loin d'être idéale : activité ≠ concentration.)

3.4. Mesure de grandeurs thermodynamiques

3.4.1. Schéma (description). Deux compartiments reliés par un pont salin (ou une paroi poreuse), chacun contenant KCl à 0,1 mol·L−1 : à gauche, un fil d'argent recouvert de AgCl (pôle −) ; à droite, du mercure recouvert de calomel, avec un fil de platine pour le contact (pôle +). Un voltmètre branché entre les deux électrodes mesure e2 ; les électrons circulent dans le circuit extérieur de l'argent vers le mercure.

3.4.2. Pôle − (anode, oxydation) : Ag(s) + Cl− → AgCl(s) + e−.
Pôle + (cathode, réduction) : Hg2Cl2(s) + 2e− → 2Hg(ℓ) + 2Cl−.
Bilan : 2Ag(s) + Hg2Cl2(s) → 2AgCl(s) + 2Hg(ℓ) (n = 2). Tous les constituants du bilan sont des phases pures : e2 = e°, indépendante de c2.

3.4.3. ΔrG° = −2Fe°, ΔrS° = −dΔrG°/dT = 2F·de°/dT.
de°/dT = (65,03 − 46,00)·10−3/(353 − 298) ≈ 3,46·10−4 V·K−1 ⟹ ΔrS° = 2 × 96 500 × 3,46·10−4 ≈ +66,8 J·K−1·mol−1.
ΔrH° = ΔrG° + TΔrS° = −2 × 96 500 × 0,046 + 298 × 66,78 ≈ −8 878 + 19 900 ⟹ ΔrH° ≈ +11,0 kJ·mol−1 (même résultat avec les données à 353 K).
Commentaire : la réaction est endothermique ; elle n'est spontanée (e° > 0, ΔrG° < 0) que grâce au terme entropique TΔrS° > ΔrH° : réaction pilotée par l'entropie, et la f.é.m. augmente avec T.

3.4.4. ΔrS° = 2S°(AgCl) + 2S°(Hg) − 2S°(Ag) − S°(Hg2Cl2), d'où
S°(Hg2Cl2) = 2 × 96,25 + 2 × 76,02 − 2 × 42,55 − 66,78 ≈ 192,7 J·K−1·mol−1.
ΔrH° = 2ΔfH°(AgCl) − ΔfH°(Hg2Cl2) (Ag et Hg liquide sont des corps simples dans leur état standard), d'où
ΔfH°(Hg2Cl2) = 2 × (−127,1) − 11,0 ≈ −265,2 kJ·mol−1.

4ème partie — Diagramme potentiel-pH (C = 10−2 mol·L−1)

Conventions : frontière entre deux espèces dissoutes : [A] = [B] = C ; entre une espèce dissoute et une phase condensée pure : [A] = C. On utilise Ke = 10−14.

4.1. Tracé du diagramme

4.1.1. Hg22+ + 2e− = 2Hg(ℓ) : E = 0,80 + 0,03 log[Hg22+] ; avec [Hg22+] = C : E1 = 0,80 − 0,06 = 0,74 V (indépendant du pH).

4.1.2. HgO(s) + H2O ⇌ Hg2+ + 2OH−, Ks = [Hg2+][OH−]² = 10−26. Début de précipitation pour [Hg2+] = C = 10−2 mol·L−1 (l'énoncé écrit « mol·L−2 », coquille) : [OH−]² = 10−24, [OH−] = 10−12, pH = 2.
Domaines : Hg2+ pour pH < 2, HgO(s) pour pH > 2.

4.1.3. 2HgO + 4H+ + 2e− = Hg22+ + 2H2O. En présence de HgO, [Hg2+] = Ks[H+]²/Ke², et le potentiel du couple Hg2+/Hg22+ s'écrit :
E = 0,92 + 0,03 log([Hg2+]²/[Hg22+]) = 0,92 + 0,06 log(Ks/Ke²) − 0,12 pH − 0,03 log[Hg22+].
E°(HgO/Hg22+) = 0,92 + 0,06 log(10−26/10−28) = 0,92 + 0,12 = 1,04 V.

4.1.4. Frontière E2 entre Hg(+II) et Hg(+I) :
• pH < 2 (Hg2+/Hg22+, [Hg2+] = [Hg22+] = C) : E2 = 0,92 + 0,03 log C = 0,86 V.
• pH > 2 (HgO/Hg22+, [Hg22+] = C) : E2 = 1,04 − 0,12 pH − 0,03 log C = 1,10 − 0,12 pH.
Continuité en pH = 2 : 1,10 − 0,24 = 0,86 V. ✓

4.1.5. Hg22+ n'a de domaine que si E2 > E1 : 1,10 − 0,12 pH > 0,74 ⟺ pH < 3. Au-delà, la frontière de son couple oxydant (HgO/Hg22+) passe sous celle de son couple réducteur (Hg22+/Hg) : l'ion n'a plus de domaine de prédominance et se dismute :
Hg22+ + H2O → Hg(ℓ) + HgO(s) + 2H+. pHd = 3.

4.1.6. Pour pH > 3, il faut considérer le couple HgO(s)/Hg(ℓ) : HgO + 2H+ + 2e− = Hg + H2O.
E°(HgO/Hg) = [2 × E°(HgO/Hg22+) + 2 × E°(Hg22+/Hg)]/4 = (1,04 + 0,80)/2 = 0,92 V.
E3 = 0,92 − 0,06 pH (deux phases condensées, pas de convention de concentration). En pH = 3 : E3 = 0,74 V = E1 (point triple). ✓

4.1.7. Diagramme E-pH (0 ≤ pH ≤ 14) :

Domaine de pHFrontières (V)Espèces (de haut en bas)
0 – 2E2 = 0,86 ; E1 = 0,74Hg2+ / Hg22+ / Hg(ℓ)
2 – 3E2 = 1,10 − 0,12 pH ; E1 = 0,74HgO(s) / Hg22+ / Hg(ℓ)
3 – 14E3 = 0,92 − 0,06 pH (0,74 → 0,08)HgO(s) / Hg(ℓ)

Frontière verticale à pH = 2 entre Hg2+ (à gauche) et HgO (à droite), au-dessus de 0,86 V ; le domaine de Hg22+ est un trapèze limité par 0,74 V, 0,86 V et la droite de pente −0,12 qui rejoint 0,74 V en pH = 3.

4.1.8. Couples de l'eau (pressions de gaz 1 bar) : O2/H2O : E = 1,23 − 0,06 pH ; H+/H2 : E = −0,06 pH. Ces deux droites parallèles délimitent le domaine de stabilité thermodynamique de l'eau.

4.2. Exploitation du diagramme

4.2.1. Une espèce est stable dans l'eau si son domaine a une partie commune avec celui de l'eau. Ici toutes les frontières du mercure (entre 0,08 et 1,10 V) sont comprises entre les deux droites de l'eau :
• Hg(ℓ) : stable à tout pH ;
• Hg22+ : stable pour pH < 3 ;
• Hg2+ : stable pour pH < 2 ;
• HgO(s) : stable pour pH > 2.
Aucune de ces espèces n'oxyde ni ne réduit l'eau.

4.2.2.1. E°(Cu2+/Cu) = 0,34 V est inférieur à toutes les frontières du mercure à pH = 0 : le cuivre et les ions Hg(+II) ont des domaines disjoints, le cuivre est oxydé et le mercure se dépose sur la lame (dépôt gris brillant, amalgame) tandis que la solution bleuit (Cu2+). Avec le cuivre en excès, la réaction de bilan est :
Cu(s) + Hg2+ → Cu2+ + Hg(ℓ), avec E°(Hg2+/Hg) = (0,92 + 0,80)/2 = 0,86 V :
K = 102(0,86 − 0,34)/0,06 = 1017,3 : réaction totale. (Elle passe d'abord par Cu + 2Hg2+ → Cu2+ + Hg22+, K = 1019,3, puis Cu + Hg22+ → Cu2+ + 2Hg, K = 1015,3.)

4.2.2.2. On fixe le pH avec une solution tampon (acide faible et base conjuguée en quantités comparables, pH ≈ pKa), peu sensible aux ajouts modérés d'acide ou de base et à la dilution. Pour pH = 0, on utilise un acide fort à 1 mol·L−1, par exemple l'acide nitrique (pas HCl, dont les ions Cl− précipiteraient le calomel).

4.2.3. Dismutation pour une mole de Hg22+ : Hg22+ ⇌ Hg(ℓ) + Hg2+ (un électron échangé).
Ki = [Hg2+]/[Hg22+] = 10(0,80 − 0,92)/0,06 = 10−2.
Commentaire : Ki < 1, la dismutation est très limitée à pH = 0 : Hg(+I) y est stable, conformément au diagramme (Hg22+ y possède un domaine, car E°(Hg22+/Hg) < E°(Hg2+/Hg22+)). C'est au contraire la réaction inverse (médiamutation Hg + Hg2+ → Hg22+, K = 10²) qui est favorisée. Cependant, en présence de Hg(ℓ), 1 % du mercure dissous est sous forme Hg2+ : tout réactif qui consomme Hg2+ déplacera l'équilibre (voir 4.2.4).

4.2.4. L'EDTA complexe fortement Hg2+ (Kf = 1/Kd = 10²⁵) et abaisse [Hg2+] : la dismutation est déplacée.
Hg22+ + Y4− → Hg(ℓ) + HgY2−, K = Ki/Kd = 10−2 × 10²⁵ = 10²³ : la dismutation est totale.

4.2.5.1. La solution de nitrate de mercure (+I) contient Hg22+ à 10−2 mol·L−1 dans de l'eau pure (pH initial 7 > pHd = 3) : Hg22+ n'y est pas stable et se dismute en Hg(ℓ) et HgO(s) en libérant des ions H+. La solution devient acide, jusqu'à ce que le pH atteigne la zone où Hg22+ est stable (pH ≈ 3).

4.2.5.2. Réaction globale : Hg22+ + H2O ⇌ Hg(ℓ) + HgO(s) + 2H+, K = [H+]²/[Hg22+].
C'est la somme de la dismutation (Ki = 10−2) et de la précipitation Hg2+ + H2O ⇌ HgO + 2H+ (constante Ke²/Ks = 10−28/10−26 = 10−2) :
K = Ki·Ke²/Ks = 10−4. Il se forme donc bien du mercure liquide. (Vérification : pour [Hg22+] = C = 10−2, [H+] = 10−3, pH = 3 = pHd.)

4.2.5.3. Avec x l'avancement volumique : [Hg22+] = 10−2 − x, [H+] = 2x (autoprotolyse de l'eau négligeable) :
4x²/(10−2 − x) = 10−4 ⟹ 4x² + 10−4x − 10−6 = 0 ⟹ x ≈ 4,9·10−4 mol·L−1.
Composition (pour 1 L) :
• [H+] ≈ 9,8·10−4 mol·L−1, pH ≈ 3,0 ;
• [Hg22+] ≈ 9,5·10−3 mol·L−1 ;
• [Hg2+] = Ki[Hg22+] ≈ 9,5·10−5 mol·L−1 (valeur compatible avec Ks de HgO) ;
• [NO3−] = 2·10−2 mol·L−1 ; [OH−] ≈ 10−11 mol·L−1 ;
• solides/liquide formés : ≈ 4,9·10−4 mol de HgO(s) et ≈ 4,9·10−4 mol de Hg(ℓ) (en tenant compte des ~10−4 mol de Hg2+ restés dissous, un calcul plus fin donne pH ≈ 3,01, [Hg22+] ≈ 9,4·10−3 mol·L−1 et ≈ 5,8·10−4 mol de Hg(ℓ) ; l'ordre de grandeur est inchangé).

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